1. #11
    Avatar de GrandPapaMagie Présent depuis le Big Bang
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    Je suis choqué par tant de débauche, et en plus il y a Arkanne impliquée dedans. Est-ce bien raisonnable ?
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  2. #12
    Avatar de doulifee Membre illustre des forums
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    t'es blinde maintenant a ton age. Depuis le temps que tu traines par ici.
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  3. #13
    Avatar de Armestat Membre illustre des forums
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    Faut avouer qu'il est bon en ce qui concerne les images. Surtout celle où Necron se bat, elle est très bonne.
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  4. #14
    Avatar de T4l3T3ll3r Petit nouveau
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    Merci beaucoup pour le petit compliment Arm, je sommes très touchés ! J'espère que tu vas aimer le passage où l'on voit ton célèbre string léopard... Mais tout de suite la suite :

    Chapitre III?) La Justice transcendante


    Hélas qui pourra dire quelle chose est la pire, périr dans l'oubli des gouffres marins, ou vivre dans le tumulte et le chaos de l'injustice quotidienne ?
    Les lamentables clients du bar avaient choisi de vivre et de s'entretuer pour se distraire.
    Dniepr assassina plusieurs fois la seule créature qui fût totalement pure, Sarah.
    Chacune de ses renaissances était le comble de la défiguration.
    Le prêtre de son côté s'amusait à tuer des braillards pour perturber le patron.
    Or un jour il arriva qu'Akarnan trouva dans son biberon des plumes légères, qu'il devina aussitôt être de braillards.







    Ramoran assura qu'il s'agissait d'Edroym, et comme le témoin était particulièrement fiable, la chose fut entendue, et l'assassin fut condamné à périr, en étant attaché sous un nid de braillards, jusqu'à ce que leur fiente l'étouffe.
    Nécron cependant courroucé par ce qui lui semblait être le comble de l'injustice osa prétendre qu'il s'agissait d'une calomnie, et que son disciple n'avait rien fait.
    En fait, Necron en bon mafieux qu'il était, faisait un faux témoignage pour défendre un disciple qui lui était aussi dévoué que ses chiens, et qui égalait leurs talents à montrer des dents propres à effrayer Margot.

    L'auteur écrit tout ceci, en conformité avec la vérité, personne ne l'a payé pour écrire cela, il est dépourvu d'esprit partisan ! Donc prenez vous-en à la Réalité, pas à moi. Ma mère, si vous voulez tout savoir, dit toujours qu'elle est la voix de la réalité, donc je vous prie de vous attaquer à elle. Moi je ne suis responsable ni de ses actes ni de ses dérangements.
    Je divague, et j'en oublie l'issue du procès.

    Car il y a eu un procès, mais le juge était Arkanne ; toujours victime de ses flashs... C'est dire que la sentence fut tellement farfelue et dépourvue de sens, que je ne m'en souviens même pas !







    D'ailleurs on s'empressa de boire pour l'oublier... et ce fut tellement efficace, que nous devons admette que l'Histoire ne peut pas être écrite totalement, qu'il faut être humble devant les grands sujets, et qu'il y a toujours quelque chose qui échappe à la sagacité et à la mémoire de l'historien.
    En tout cas, de justice il ne fut pas question.
    Quand le droit est absent, les organisations criminelles prospèrent. Necron et Oni-K le virent bien, qui décidèrent de fonder les Gaga Nike.
    Il s'agissait d'une sorte de mafia gérée par de vieux croutons, qui voulaient se donner un air de jeunesse en se promenant en Nike. Hélas ils n'étaient pas seulement ridicules, ils étaient dangereux. Ils recrutèrent des vicieux qui s'ennuyaient dans ce monde chaotique, et pensaient trouver de frêles jouissances dans des carnages sanguinolents.
    Ils affectaient un certain style, une certaine élégance, qui les rendait sélectifs, un peu comme le salon de la marquise de Pompadour.
    Il y eut une courtisane très sérieuse qui commença dans la guilde par faire office de secrétaire. Elle se nommait Missy Rikku, et le Gaga en chef repéra très vite ses talents.
    Il y avait naturellement Edroym. A cet édifice un peu croulant, s'ajouta une pierre un peu bancale par son ivrognerie, Doulifee ; mais ses tares firent de lui un membre respecté.
    Un être un peu gras, qui devait avoir mangé beaucoup de frites dans sa vie, et dont le dos était couvert d'écailles semblables à celles qui tapissent le palais dans la bouche, rejoignit les rangs des Gaga Nike. Sa contribution fut grande, et prodigieuse, mais on ne détaillera pas trop.
    Il s'appelait Nairwolf.
    Le succès foudroyant de cette entreprise, incompréhensible pour qui n'a pas saisi la profonde déliquescence du forum, fut prouvé par une série de contrats juteux.
    Le premier meurtre des Gaga, fut celui de Naga, qui n'avait pourtant fait aucun mal, à part celui de disserter à pleines pages avec son infirmière.
    Mais les affaires étant les affaires, et n'ayant rien de mieux à faire, Edroym et Nécron découpèrent toutes les têtes de ce monstre de paroles.







    Qui était le commanditaire de ce crime infâme ? C'est là un grand mystère, car il procédait par lettres anonymes, et personne n'osait s'indigner de ce règne de l'arbitraire.
    Le sang coula, les pauvres noobs étaient une cible de choix. On tuait de préférence les jeunes innocents, car c'était moins risqué.
    Les victimes se multiplièrent rapidement, les victimes s'entassaient, empuantissaient l'atmosphère : Levitator tué en plein vol, Sir Izback qui de la mort n'est jamais revenu, jacou 2005 qui ne s'est pas représenté depuis, Aure4 dont la fin fut horrible, JSP Raven qui mourut lamentablement pour avoir eu le mauvais goût de se déguiser en Fargoth, Floppy le grand dont le nom plus que le surnom résume la vie et la mort, Inconnu 3000 dont je ne me souviens plus, GamesX, Vinc-mai, Cireka (de triste mémoire), Glarge etc etc.
    Je tiens à remercier au passage Missy pour son travail exemplaire d'archiviste ; ses archives méticuleusement notées sont pour les historiens un document de la première importance.
    Edroym devant ces amas eut l'idée lumineusement esthétique d'accrocher certains cadavres aux murs, d'en poser d'autres sur les étagères, ou bien de composer avec les mains coupées d'étranges bouquets pour décorer les tables.








    Un amateur d'art éclairé, Lame sanglante, par le cadavre alléché, proposa immédiatement ses services. Hélas il avait plus d'enthousiasme que de talent, et il fut réduit à chasser les mouches.
    Ces seigneurs du sang savaient garder les limites, et ne s'attaquaient jamais aux véritables intérêts des forumeurs puissants et installés. Selon qu'on était un puissant ancien, ou un misérable noob, les assassins vous prenaient pour complice ou pour cible.
    Un révolutionnaire idéaliste, plein d'optimisme, d'utopie, et de générosité (on aura tous reconnu Armestat)
    fut le seul à s'indigner contre les abus de la guilde.
    Mais cette voix puissante et prophétique ne fut entendue sur le forum que des lépreux et des handicapés.
    Le forum donc, pensait globalement pouvoir se passer de justice, car chacun trouvait son compte. Mais on n'imaginait pas le forfait inimaginable qui allait tout renverser.
    O chose effrayante à dire ! Le gudule avait disparu de la réserve ! Une douleur aigue tordit les estomacs des clients à l'annonce de cette nouvelle effroyable. La colère rendait les gens amers et sanglants, on ne savait plus à qui s'adresser, alors on invoqua la Justice pour résoudre cette affaire.
    Malheureusement la prière fut exaucée, et la Justice apparut.
    Mais il était déjà trop tard, la pénurie de gudule avait déformé les corps de manière irréversible. Si les illustrateurs n'ont pas pu rendre compte correctement de ces métamorphoses diverses et variées, il faut les comprendre un peu aussi, les gens qui manquent de gudule sont souvent incapables de remarquer les changements qui se produisent sous leurs yeux.
    La Justice quant à elle apparut en face de Thierry Augier, et il fut difficile de la reconduire au bon endroit, dans la salle du tribunal.
    Là elle décréta plusieurs choses étranges : elle félicita Nécron de savoir si bien se servir de ses serpillières, et malgré ses talents, rester toujours humble ; elle demanda à Armestat d'arrêter de courtiser Nécron de manière si visible, et si scandaleusement érotique ; elle dit à Missy que ses ailes de démon était franchement d'un goût déplorable, que seuls les sales ados boutonneux, gâtifiés précocement par des esthétiques gothiques tape-à-l'Å“il, pouvaient afficher avec autant de fierté, un tel signe d'immaturité. Elle consola Vae Primat de sa solitude, en lui racontant de grandes histoires épiques avec des héros bons et généreux, pour l'endormir. Elle enjoignit Ramoran de mettre ses armes et sa guilde à son service, elle voulut d'Edroym une prophétie.







    Quelqu'un fut accusé, justement ou injustement, il fallut lui trouver un avocat. Surgit alors du fin fond des forêts un homme d'affaire véreux, assez versé en théologie, véritable cardinal aux sombres dessins, quoiqu'il se prétendît lame blanche. On l'appelait Guiylan, et il défendit ce je ne sais plus qui contre les calomnies de l'autre, dont j'ai oublié le nom.
    Princesse-Sarah fut le témoin principal, ses révélations bouleversèrent le monde, et comme tout le monde était corrompu jusqu'au cou dans l'affaire, je ne sais plus qui retira sa plainte, et je ne sais plus quoi survint.
    Comme c'était n'importe quoi, ce qui devait arriver arriva : Soyo fit son apparition.
    Il ne voulait pas être client, il rêvait d'échafauder un grand lieu fédérateur à lui. Il imagina tout pour appâter le monde : les charmes adipeux de sa boulangère, l'adulation populaire du foot, et même les rivalités haineuses entre noobs et anciens.







    Mais, hélas ! ces sommets d'intelligence étaient trop élevés pour les forumeurs, et ces lieux péniblement bâtis sombraient tous dans l'oubli et le désespoir.
    Aussi se mit-il à réfléchir sérieusement, à la manière de Laura Ingals, lorsque se présente un cas de conscience. Il fit un voyage initiatique chez sa vieille tante Maïté. Elle l'encouragea à ouvrir un restaurant doté de tous les moyens modernes de la communication, de sorte que les plats seraient télévisés, et les traditions régionales de chez Soyo rencontreraient la modernité galopante.
    Hélas pour Soyo et Maïté, la rencontre n'eut pas lieu, car la modernité, c'était le gudule, et le gudule, ça vous empêche de vous intéresser à la gastronomie.
    Soyo médita encore, mais cette fois-ci à la manière de Nelly Olson quand elle s'aperçoit qu'elle n'est ni la plus belle, ni la plus intelligente. Ce fut là son erreur.

    Aveuglé par l'envie, il fit une vulgaire contrefaçon du gudule.
    Les tenanciers du happy bar ayant le monopole du gudule et du chaos, on ne put tolérer ce désordre.
    Dniepr sortit de la terre, plein d'une juste fureur, et ouvrit son estomac béant, qui fut pour Soyo tout à la fois la cause de sa mort, et son éternel tombeau. Au cours de ces funérailles gastriques, personne ne versa la moindre larme, pas même Sarah, qui fut rassurée de voir que les zombis aussi se nourrissent. La Justice n'eut rien à redire, car le zombi était dans son bon droit ; Le Solitaire ne fut pas fâché de se sentir encore plus seul... et tous furent satisfaits, sauf probablement Armestat, mais qui s'en soucie ?







    Mais de nouveaux venus arrivèrent fort mécontents car le destin exige toujours des mécontents ; tout d'abord Soyo fils, et ensuite la veuve-soyo. Soyo-fils était un pauvre garçon qui rechercha longtemps son père. Un jour il vit un homme qui avait vaguement une ressemblance, et le cÅ“ur empli de joie, il courut à lui, l'embrassa ! Hélas il ignorait que cette personne n'était autre que l'une des têtes de naga, qui trainait négligemment ici.
    Elle était sans scrupule, et décida de se faire une nouvelle identité, car il est bien plus estimable d'être le résultat d'une digestion de Dniepr, que le reste d'un crime bâclé des Gaga Nike.
    La manipulation avait été si bien réussie, qu'aujourd'hui encore ce déchet d'un crime malpropre se fait appeler Soyo. Il a fini par faire fortune dans la communication en faisant la publicité d'un centre commercial peu fréquentable.
    Dniepr eut pitié de l'erreur du fils Soyo, et décida de l'emmener rejoindre son père, tant est grande la miséricorde des zombis.
    Il ne restait plus de cette lamentable lignée qu'une veuve inconsolable, à qui le grand prêtre apprit l'horrible imposture du faux Soyo. Aussi furent-ils décidés, pour l'honneur de la famille, et afin que la veuve déplorable pût mieux faire son douloureux travail de deuil (ce genre de travail est parfois bien rémunéré) de traîner ce triste rebut de l'humanité devant l'impitoyable tribunal pythique.
    Ce fut le grand procès du siècle. Guiylan prit la défense du déchet nommé Soyo, et il embrouilla si bien les choses, que la Justice longtemps aveuglée par ses manÅ“uvres basses, donna de fausses heures pour les vraies séances du tribunal, et réciproquement.







    Et tandis que l'indigne défenseur riait sous cape, le patrimoine du vrai Soyo restait entre les mains du faux Soyo. Comme la justice faisait patienter tout le monde, quelqu'un eut la judicieuse idée de la remplacer par un terrorisme raisonné. On ignore qui posa la bombe qui fit éclater le restaurant de Soyo, mais cet acte fut accueilli presque unanimement comme un grand pas pour l'humanité.







    Seul Nairwolf posa des questions, pour savoir qui était à l'origine de tout cela. Etait-ce une ruse pour qu'on ne le soupçonne pas d'un crime légitime dont il était probablement coupable ? Trancher cette épineuse question relèverait de la calomnie, aussi ne dirai-je rien, afin de ne pas inquiéter notre estimable libérateur.
    Mais le procès eut lieu finalement.
    Et comme d'habitude la décision transcendante des juges fut telle qu'elle ne fut comprise que par ceux qui pouvaient saisir la raison ultime de l'univers et du Garfield, autrement dit, par personne. Aussi tout le monde eut-il à cÅ“ur d'appliquer à la lettre ce dont l'esprit leur échappait. Et on continua de faire des fêtes absurdes, sans que Soyo fût inquiété. Voilà une bien étrange conséquence de la perfection de la justice incarnée. Elle n'est comprise de personne, et s'applique encore plus mal qu'une justice simplement humaine.
    Cela nous montre la nécessité d'atteindre notre corps mystique.
    Ce qui fut fait aussitôt.



    ... A suivre ...
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  5. #15
    Avatar de del2101110417032348022 Forumeur permanent
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    vivement que ça parle de tonin ou de loup garou 1990
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  6. #16
    Avatar de T4l3T3ll3r Petit nouveau
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    Chapitre IV?) L'absainthe famille


    Le corps mystique est une incarnation de l'être absolu, c'est-à-dire un moment donné dans la temporalité, à partir duquel l'ordre des successions est vu de manière synoptique et synthétique, par un esprit qui le transcende. Ce regard d'éternité se manifeste en tant qu'être dans la temporalité. Le lieu même de la conjonction entre le temps et sa négation, est la famille, car elle est tout à la fois être et devenir, unité et multiplicité. Voilà toute l'étrange dialectique qui présida aux affaires commerciales du Happy Bar. Guidée par la dialectique du temps et de l'éternité, de la pauvreté et de la richesse, de la frigidité et de la volupté, et plein d'autres mystères encore, la veuve se précipita dans les bras amoureux de Dniepr, pour y trouver la volupté de la mort, l'éternel dispensateur de gudule, l'adorable pourriture, le baiser couvert de vermines, l'étreinte craquante et fracturée, le râle énorme des entrailles délabrées.
    En vue de la constitution de cette éphémère éternité, le couple fatal contracta un douloureux mariage. Guiylan en fut le notaire, et malheureusement il ne revint de la crypte que par morceaux, progressivement.







    Ils se jurèrent devant le prêtre Ramoran, de se rester fidèles et voluptueux jusqu'à ce que la vie les sépare. La pythie les bénit de son étrange folie, mais dans son Å“il, on voyait la lumière perfide du destin.
    Le succès de la veuve fit pleurer Sarah de jalousie, et enrager Missy. Son honneur de première courtisane en était bafoué, elle criait dans la nuit, tandis que les cloches sonnaient, et que des démons sortis de Super-Mario hurlaient avec une violence désespérée.
    Elle n'allait pas se laisser faire par une traînée, elle prouverait sa place éminente.
    Elle trouverait pour elle quelqu'un de mieux que le zombi même.
    Elle voulut confier sa douleur au Solitaire, mais elle le surprit alors qu'il s'adonnait à son loisir favori.
    Stupéfaite et mortifiée, elle se dit qu'elle ne pouvait faire confiance à personne, vraiment.
    Vae n'en finissait pas de sombrer dans ses bateaux et son gudule. Sarah trop occupée de ses glandes lacrymales, oubliait de laver les tables.
    Tant pis, Missy patiente attendait son heure.
    Justement l'heure arriva, les cloches sonnèrent, Dniepr partit dans de lointaines contrées...
    Peut être s'était-il lassé des glapissements convenus et répétitifs de son épouse ?
    En tout cas tout le monde fit bonne figure pour le départ du zombi, on fit une grande orgie gréco-latine, on dansa nus en strings léopards, en chantant :
    « To be dead,
    Or not to be »

    C'était un moment d'intense félicité... on baptisa cette troupe improvisée de chanteurs danseurs, les « boyaux band » car ils ne manquèrent pas, tant profonde était leur passion du chant, de dégueuler leurs tripes... C'est ainsi que Dniepr jeta un dernier regard attendri, et non sans verser une petite larme, devant le joli spectacle qu'on lui avait donné.
    Le rectum de Sarah enlaçait le foie d'Arkanne réduit en bouillie. Un testicule de solitaire, se gardait bien de se mêler à l'estomac crevé et plaintif de Vae. La rate de Necron n'en finissait pas de se dilater sur la scène sanglante. C'était beau.
    Quand tout le monde se fut remis de ses émotions dans le Happy Bar, les jours coulèrent tranquilles comme un ruisseau de sang.
    C'était le moment d'agir pour l'infâme Missy.
    Elle ingéra une potion de sa fabrication, pour dédoubler sa personnalité : son teint se cadavérisa brusquement, des antennes poussant dru lui défirent son brushing, et son postérieur se mit à gonfler démesurément, de sorte que son élégante jupe, déchirée, laissa apparaître une croupe affreusement lumineuse. Désormais, elle était docteur Luciole, et Missy Rikku successivement.
    Quel était le but de la manÅ“uvre ? Corrompre les fondations du bar par une étincelle savante de gaminerie. Les apparitions de Luciole faisaient de l'ombre au lampadaire. Ce nouvel éclairage était une sorte de cancer lumineux : les photons proliféraient de manière anarchique pour tuer la vraie et l'unique source de lumière.
    Mais Missy était intouchable en tant que membre éminent de la guilde. Nécron retenait ses chiens, et Dniepr était bien loin. Akarnan enrageait sourdement et méditait dans l'ombre. Pendant ce temps là, Vae buvait, la justice régnait, Nairwolf massacrait, Arkanne ronronnait, Edroym assassinait, Sarah pleurait, Ramoran persécutait, le Solitaire onanisait des débuts de nouvelles, et le pseudo Soyo ne faisait rien qui fût digne d'être mentionné ici.
    Soudain surgit du fin fond de la nuit un être vert, oblong, à la peau rugueuse et plissée. Sa démarche pataude et caractéristique trahissait une origine légumineuse. Les connaisseurs reconnurent avec affolement qu'il s'agissait d'un concombre, armé d'un arc.
    On appela Akarnan pour qu'il fasse cesser ce désordre horrible, mais curieusement il n'était pas là.
    Le concombre banda l'arc comme il put, et dans un faux mouvement, se planta la flèche dans le pied. Un liquide verdâtre empli de pépins s'en échappa doucement ; il le regardait sans savoir que penser, tandis que les zombifiés, écoeurés par cette étrange matière aqueuse et dépourvue d'alcool ou de poison, s'enfuyaient. Puis au bout d'un moment, il vint à la pensée de l'intrépide cucurbitacée que la flèche dans son pied lui avait infligé une blessure, et qu'en toute logique il devait éprouver de la douleur ; aussi s'avisa-t-il de crier : Aïe ! Comme on voit, il avait un esprit assez réfléchi, et c'est cette même capacité d'entendement qui lui fit voir que sa situation d'assassin raté était inappropriée au lieu. Il courut bien vite et bien loin, mais toujours en boitillant, car c'est ainsi qu'on fait quand on est blessé au pied.








    On décida de mener l'enquête ; les esprits les plus subtils du forum mirent à contribution leurs puissantes réflexions pour aider Nécron qui était chargé de résoudre ce mystérieux mystère. Tous se réunissaient dans le bar en buvant du gudule, et en méditant.



    On fit même venir un brillant esprit, Blibsnake, qui garda un silence lourd de sous-entendus. On n'a jamais compris ce qui se cachait au fin fond de la pensée de Blibsnake. Aujourd'hui encore, il reste une énigme aussi fascinante et éternelle que les pyramides d'Egypte. D'ailleurs je vous conseille vivement un documentaire très original sur le sujet, dont j'ai oublié le titre, mais où l'on vous expliquait que de tous temps l'homme est fasciné par la mort, et que d'ailleurs il est mortel. Guiylan retardait les opérations en marchandant le résultat futur de l'enquête. La méditation transgudulienne devait nécessairement apporter la solution. Il s'agissait de connecter les neurones aux puissances immanentes de l'assassinat, même s'il était raté, et qu'on ne savait pas qui en aurait été la victime, connexion rendue possible par la grâce du gudule et du Garfield, qu'ils soient bénis.
    Mais faute de neurones, la connexion n'eut pas lieu, et Nécron la mort dans l'âme, but six tonneaux de gudule, détruisant sans s'en rendre compte le peu de cellules grises qui restaient, et qu'il aurait pu mettre à profit pour démasquer l'assassin et la victime.
    Le soir il y eut une fête pour oublier tous ces ennuis, mais Nécron ravagé par l'idée que quelqu'un attaquait le monopole de la guilde, restait dans son coin. Quand il vit Luciole entrer dans le bar, il s'enfonça davantage dans l'obscurité pour ne pas subir une compagnie si déplorable pour sa réputation et sa constitution mentale. Tout le monde eut la même idée, tout le monde était planqué. Le Solitaire se recroquevilla derrière un bâton daedrique, Doulifee se noya dans un tonneau de Gudule, Ramoran mit un masque de noob analphabète pour révulser la luciole, Arkanne eut la brillante idée de périr étouffée sous un chat géant, opération qui lui fut bénéfique, car en perdant une vie, elle en reçut sept autres.








    Quant à Lyrendil il intervertit momentanément sa consistance intellectuelle avec sa consistance corporelle, ce qui lui permit de n'être perçu que comme un air diffus diaphane et transparent.
    Luciole pleurait seule en buvant son gudule, quand soudain elle reçut dans la cuisse une flèche cruelle. Cet incident ne lui fut pas désagréable, car elle fut le centre de l'attention ; elle rêvait qu'elle était une victime éternelle, qu'elle était aveugle, manchote, sourde et tétraplégique. Les journaux parlaient d'elle, on avait pitié d'elle, elle nageait avec volupté dans une piscine de larmes.


    Le concombre, jouissant probablement de protections secrètes, réussit encore à s'enfuir.
    Aujourd'hui il est loin, et de lui ne reste que le chant que composa alors pour lui Ramoran, le poète immortel :

    Un vert concombre eut un jour un désir :
    Devenir fort, laisser un souvenir
    Au monde entier et sauver la planète.
    Il s'entraînait à détruire les têtes
    Des ennemis, mais cassa seulement
    Les quatre bras d'Akarnan, l'ornement
    Du Happy Bar. Le forum irrité
    Contre son cas n'eut aucune bonté,
    Et décida de traquer le concombre.
    Il s'est caché dans de sombres décombres...
    Il peut frapper d'un coup, traitreusement.
    Frappez tuez aujourd'hui le dément !

    Quant à Luciole, en fait on n'eut pas pitié d'elle, en effet, Dniepr revenant de son voyage, la dévora sèchement. Pourtant Missy était toujours vivante. Les mystères sont partout, Missy consulta Blib sur tant d'énigmes, mais il garda son air de sphinx ou de dragibus.
    Mais Dniepr avait apporté de son heureux voyage de quoi rendre l'espoir et le bonheur à un bar en perdition, et saisi d'embarras.
    Pourtant cette bonne nouvelle, il l'annonça en pleurs, la voix brisée. On sentait toute la fierté du zombi anéantie, noyé dans un flot de larmes, il était aussi émouvant qu'un épisode de Plus belle la vie. Mais écoutons sa plainte, qui fit les délices pendant longtemps du bar.
    « C'est dur à avouer mais je me croyais unique, le seul et vrai possesseur du gudule... ce n'est pas facile à avouer (une larme coula de sa joue) mais il y a d'autres gudules »
    Devant une si surprenante nouvelle, Missy oublia sa libidineuse jalousie, Arkanne perdit la conscience qu'elle était un chat, Nécron fit maladroitement tomber ses kunaïs, Edroym perdit toute cruauté, Ramoran écrivit en phonétique, tant était grande la stupeur. Mais écoutez la suite.
    « Des murmures dans la crypte m'avait (Dniepr en perdait l'orthographe) suggéré l'existence de nouvelles gudules. J'ai emprunté un noir tunnel qui m'amena non aux abords de Balmora, mais dans les profondeurs du mont Ecarlate...
    Là j'ai découvert, tiens-toi bien Edroym, non pas de noirs cadavres ambulants, ni même de pesteux gangrenés mais pire que ça ; tenez vous bien des gnomes aux chapeaux rouges, aux visages rubiconds, aux teints violacés, à l'Å“il pétillant.
    Ils vivent dans une grande clairière illuminée par des cristaux rouges, violets. Il y pousse des champignons. Des multitudes d'araignées y habitent. Elles sont toutes différentes des autres... les gnomes leur parlent... Elles vivent en liberté et en bonne intelligence. Un paradis pour Gudule. Je croyais que ça n'existait que dans ma crypte mais non...
    C'était horrible, les gnomes m'ont vu, accueilli avec gentillesse et délicatesse (tu imagines l'horreur !!!) ils m'ont fait goûter tous leurs breuvages... ça a pris du temps, beaucoup de temps.








    Fort sympathiquement, ils m'ont proposé des échantillons que j'ai amenés pour vous... »
    Il convia tout le monde à goûter ses trouvailles dans un apéritif monumental et macabre, à treize heures du matin. Malheureusement personne ne fut là pour le rendez vous, et le zombi alla s'immerger dans sa cuve profonde, consolant sa peine par les gloussements ineptes de sa veuve. Mais l'annonce de Dniepr avait entre temps fait ses dégâts, et une pauvre fille qu'on appelait Umika, chargée d'éplucher les oignons dans la guilde des Gaga Nike, trouvant dans ces paroles salvatrices du mort vivant l'espérance d'une autre vie, alla tambouriner à la porte du bar. C'est ainsi que l'heureuse populace des gudulisés croissait et se multipliait par l'effet d'une espérance sans cesse agitée, sans cesse trompée.
    Un beau jour il plut à Dniepr de livrer enfin le BOMBASTIK GUDULE.
    « C'est un mélange entre du gudule et des champignons poussant uniquement entre les doigts de pieds de gnomes... je vous conseille pour une première fois une mini dose. La première fois que j'en ai bu, j'ai eu l'impression d'une explosion dans mon cerveau qui s'est accompagnée d'une inertie certaine ; mes gestes étaient d'une lenteur effrayante mais j'étais dans une certaine sérénité qui me permettait de ne plus rien entendre, ou alors très, très loin... je voyais des pluies de pâquerettes tombées et des sauterelles qui sautaient de l'une à l'autre en me faisant de grands sourires...
    C'était bien. »
    Le BOMBASTIK fit rapidement ses ravages... Nécron halluciné s'imagina qu'il savait danser le tango comme un dieu, et que la pythie fondait dans ses bras tandis que des pétales rouges de roses tombaient en dessinant un gros cÅ“ur sur le parquet brillant et magistralement nettoyé par Sarah. C'est un ainsi que par la grâce des paradis artificiels, les piètres danseurs, les séducteurs lamentables vivent ce qu'ils ne vivront jamais.
    Autrement Arkanne dotée brusquement, on ne sait pourquoi, du nez de Dorothée, étrangla Umika avec des chaussettes rouges et jaunes à petits pois.
    Contre de tels débordements, le nouveau pape, Benoit XVI, voulut extirper le gudule et l'hérésie du bar. Il prononça même un exorcisme, assez vain du reste :
    Exeat Diabolus ex Arkannae Stomacho !
    Numquam bibam potionem istanc !
    Il la but finalement, cette potion, ce poison, contraint par les archanges arachnides.
    Juste à ce moment là, l'altière Oni K passa, et elle remplaça aussitôt le Christ dans son cÅ“ur. Le Christ fit sa descente du cÅ“ur pour rejoindre d'autres cieux ; l'image gracieuse de la criminelle fut plantée dans ce cÅ“ur avec les gros clous saignants de l'amour.
    Hélas Oni n'eut pour lui que mépris. C'est ainsi que le pape mourut, d'un chagrin d'amour, comme une vulgaire midinette. Mais on ne s'en est pas encore aperçu. L'évènement n'a pas fait sensation. On s'est d'ailleurs habitué au Bombastik, on s'est beaucoup ennuyé.
    Il était temps que Dniepr apportât sa nouvelle trouvaille de chez les gnomes, tandis que le prêtre, Blibsnake, et Lame Sanglante étaient lamentablement affalés. Le grand prêtre désespéré de tout, même de la désespérance, essaya le nouveau breuvage, nommé ABSOLUTE GUDULE, qui lui apparut comme un rafraîchissement insipide.








    Mais sans qu'il en eût conscience, le breuvage insidieux agissait avec lenteur dans son corps moisi. Soudain, Ramoran se précipita sur Blibsnake, lui fendit le crâne avec son marteau daedrique pour piétiner avec dégoût sa cervelle gisante. On le récussita toutefois, car Blib avait un destin. Du reste Blibsnake ne montra aucune rancune, car il ne s'agissait guère que de sa petite vie.


    Un soir Dniepr posa furtivement un nouveau tonneau ; on ne s'en aperçut pas tout de suite, car des clones venus de l'enfer envahirent tout à ce moment précis. Une longue lutte, apocalyptique forcément, opposa les forces obscures entre elles. Finalement les clones on été conjurés. A moins qu'il s'agisse des originaux. On n'en sait rien, cela n'a pas d'importance.
    La seule chose importante à noter, c'était le tonneau en fait. Il fut confié à Nécron, qui eut la gentillesse de se cloner mille fois pour que personne n'osât l'attaquer. Dans un élan inspiré la pythie baptisa ce nouveau gudule : MYSTIK. Tout le monde en voulait. Le solitaire en rêvait dans sa tour ; au loin l'équipage échoué de Gaara, privé de son rhum, regrettait comme Ulysse le sol natal, et songeait au gudule. Un célèbre dresseur d'Ogrims, Amano vint même accourir des lointaines ténèbres du mont écarlate pour goûter à l'étrange élixir. Amano qui d'habitude était si fier ; Amano qui n'aurait jamais daigné poser ses pieds dans un endroit si mal fréquenté ; Amano si occupé de l'instruction des noobs... Amano... Amano... le Grand Amano, Amano en personne, pour le MYSTIK gudule était venu. Mais quand il sut de quoi il s'agissait, il repartit tout de suite en courant. On ne l'a jamais revu.
    Mais laissons la parole au zombi, il va nous expliquer l'essence ultime du MYSTIK :
    « En fait, la nature profonde et vraie de chacun sera révélée... Normalement en rêve. Toutefois, comme j'ai, comme à mon habitude, forcé sur les doses, les personnes buvant ce nectar vont très certainement se transformer en ce qu'ils sont réellement... Pour une période indéterminée variant pour chaque individu en fonction de sa force de caractère et du contraste entre ce qu'elle montre et ce qu'elle est réellement... »
    Quel secret intime devait cacher Amano pour refuser si obstinément de se le découvrir à lui-même ? Sans doute quelque chose de très con.
    Dniepr sans se troubler de cette fuite reprit la parole :
    « Quand j'ai bu, je me suis vu comme une pâquerette dans un champ, fragile et sensible ployant sous le vent, profitant du soleil, de l'air pur, mais fière et heureuse de vivre, de respirer et d'aimer la vie... »
    Gaara revint à la nage. Il absorba courageusement le MYSTIK. Mais je ne me souviens plus de ce qui a été révélé de son être ultime. Il est reparti.
    Arkanne se révéla être une étoile filante. Je pense qu'elle a mal vu, elle était la fileuse en fait, qui tisse le destin, ou bien la mauvaise étoile qui préside aux désastres d'une existence.
    Edroym comprit qu'il n'était qu'un vulgaire Goldorak. Mortifiant.
    Akarnan ne toucha pas à ce breuvage empoisonné.
    Ramoran affirma qu'il était un grain de poussière... mais je ne suis pas sûr que le gudule ait bien percé la résistance de ses masques, donc cela reste sujet à caution.







    Tout montre que les assassinats, le mariage et la drogue ne parvenaient pas à satisfaire les aspirations mystiques des avortons misérables qui se débattaient dans le flacon nauséeux du bar. Mais le Mystik avait du moins montré au grand prêtre la voie vers la sombre lumière. Il gravit seul les Superbiae Montes, autrement dit, les Monts d'Orgueil, pour y pérenniser par un monument éternel leur vie ridicule. Là, la pythie sur son autel de lasagnes, proférerait des vérités incroyables...
    Arrivé sur la cime, le prêtre déclama un sonnet élisabéthain dont la verbeuse puissance fit surgir directement un temple tout fait, en préfabriqué il est vrai.
    Voici ce sonnet historique :

    La Montagne d'Orgueil est désormais propice,
    Sa cime accueille enfin le Gudule sacré :
    Il est le fondement du sanctuaire ancré
    De toute éternité dans l'éphémère vice.

    J'exige que le feu, que les sanglants sévices
    Qui détruisent les corps, les tordent et les créent,
    Que tout ce qui s'agite à l'aube, à la vêprée,
    Devant toi s'agenouille et soit à ton service !

    Je vois l'arbre pousser du poison Akarnien,
    Ses ramures de marbre ont formé des ogives.
    Sa nocturne rosée comme un vitrail dérive
    La lumière en faisceaux colorés dodoniens.
    Voyez fleurir le Temple ! Il attend sa Pythie !
    Viens rendre ton oracle, O eternal beauty !

    Tout le monde se prosterna, il le fallait bien, car l'affaire promettait d'être juteuse. Et en effet les pauvres esprits venaient consulter l'oracle pour les tracas quotidiens qu'ils subissaient, souvent par la faute de la guilde des Gagas. Ils ignoraient quel pacte secret liait intimement le temple et la guilde.
    Souvent les prophéties de la pythie étaient une caution métaphysique et morale aux actes les plus immoraux et les plus physiques.
    Malgré toutes ces turpitudes, quelque chose de véritablement saint animait ce sanctuaire, qui pouvait féconder mystiquement le monde. C'est pourquoi le zombi un soir vint consulter la pythie à propos de sa descendance prochaine.








    Voici l'oracle qui fut rendu :

    A l'heure du coq mort
    Soudain, sans effort,
    Dans le bar, parurent
    Trois âmes impures.

    Leur teint violacé,
    Leurs lèvres glacées,
    Etaient des repères
    Pour Dniepr, le père.

    Mais, oh, quelle horreur,
    Quelle indicible peur !
    Le troisième flottait
    Sur un nuage bleuté.

    Sur son front il portait
    Une étoile dorée.

    Ce charabia voulait dire, d'après le prêtre, que la veuve enfanterait trois zombinets d'affilée, dont un serait une sorte d'intrus dissimulé dont le but serait de détruire les forces noires incarnées par son père. L'oracle était donc double, favorable et défavorable en même temps.
    Pour l'enfantement il fallait cuire la veuve dans une marmite posée à l'Est, agrémentée de reste de chair de Soyo vomie par Dniepr, tandis qu'une marmite miroir sur un bûcher opposé, complètement à l'Ouest, ferait office de ventre maternel. On récupéra la sourde oreille de Soyo. Edroym versa des hectolitres de sang pour la libation enfantine. Onika consentit le sacrifice d'une centaine de ses clones, ainsi que celui d'un petit lapin. On reçut un colis anonyme contenant les entrailles de Benoit XVI. Vae apporta des cadavres ambulants ficelés, certes c'était pitoyable, mais l'intention était là. Ramoran donna quatre gouttes de son sang, vieillies en fût de chêne. Nairwolf leur donna une immunité quelconque, et Necron des poupées Barbie.
    Par la grâce des marmites mystiques et de l'invocation, les zombinets infligèrent au monde leur naissance.








    Et voici comment le père traumatisé m'a raconté cette abominable tragédie :
    « Une tête en colère, pâle, boursouflée, les lèvres violettes, quelques cheveux... son corps crevassé, osseux est difforme.
    Ecoute, écoute, je l'ai appelé Barbak le zombinet. Il était si affreux si répugnant, un vrai zombi... il avait mes yeux ! (euh, mes orbites creuses)
    On n'avait pas le temps de s'attarder, une nouvelle tête arriva... Des yeux pervers, une énorme tête sur un corps malingre...
    C'est une fille ! Oh comme elle n'est pas belle ! Une vraie zombinette, elle s'appellera Mortitia...
    Enfin une troisième tête sortit de l'antre nauséabond... je le pris dans mes bras, dans un grand silence...
    Il avait une marque sur le front. Son teint était rouge, ses yeux noirs comme la nuit, son front plein de protubérances... Comment l'appeler celui-là ? Il ne le savait pas. »
    Personne ne le sut, d'ailleurs. On se contenta de l'appeler par le sobriquet de Sansnom, pour ne pas se creuser la tête dans des recherches onomastiques trop compliquées.
    Barbak dévora tout les cadeaux à la naissance, y compris la vénérable sourde oreille de Soyo. Il s'accrochait aux mollets de quiconque passait à côté, et faisait pour cette raison la plus grande fierté de son papa, tandis que les deux autres mortifiés, ne mangeaient jamais rien.
    Edroym, non qu'il eût un quelconque sentiment de pitié, mais parce qu'il sentait combien cette situation était féconde en perversités, recueillit Mortitia l'outragée, et l'éduqua au crime, du moins lorsque Barbak, trop occupé de manger, ne lui tenait plus la jambe.
    Sansnom fut parrainé par la Pythie, en raison de ses tréfonds mystiques. Ils dévoraient bien, tuaient abondamment, se moquant de l'innocence et du veuvage, et profanaient déjà les tombes en sautant de leurs berceaux, ils étaient tout à fait mignons en somme, mais ils ne parlaient pas.
    La parole ne va pas sans sacrifice : c'est une grande vérité zombinothrologique, observée depuis la nuit des temps, mais depuis un certain temps on l'avait oubliée. Heureusement que l'intemporelle pythie veillait, pour nous le dire expressément par ses flashs.

    Barbak

    Il mord à peine levé
    Les morts qu'il a rêvés.
    Sa force est sans égale
    La vie un vrai régal.

    Il fallait un repas spécial pour qu'il prît parole, mais personne ne s'en soucia : voilà comment les mauvaises éducations rendent aphasiques. Il n'émit jamais dans sa vie que des cris inarticulés tels que :
    BUUUUUAUAUAUAUUAUAUAUAEURRRRRRRRRRRRRRPPPPPPPPPPPP PPSSSST
    Cela dit, Barbak eut une vie prospère ; quand on peut manger autrui sans recevoir de coups, il est ridicule de vouloir palabrer.
    On s'occupa davantage de la fragile mais sournoise Mortitia, dont la Pythie dit :

    Une fleur venimeuse
    Et la tombe se creuse.
    Le sabre est sa vie,
    La mort lui fait envie !

    Ramoran comprit fort justement qu'il fallait planter une rose spéciale dans le cÅ“ur d'une n00b innocente, laquelle se remplirait du sang en l'aspirant goulûment. Ensuite, il fallait replanter la rose épanouie dans le cÅ“ur de Mortitia, de telle sorte que l'assassinat fût consubstantiel au sang.








    Cela fut exécuté assez proprement, même si ce n'est guère qu'Umika qui s'en chargea. Je dois avouer que ce point reste controversé, et que le meurtre floral fut si élégamment et discrètement exécuté que des experts y ont reconnu la main d'Edroym ou d'Oni-K. Mais on peut objecter qu'Oni n'en avait pas matériellement la possibilité à l'époque, car elle soignait sa vieille tante à Saint Martin les fossés. Edroym pour sa part a toujours nié. D'un côté, il n'avait aucune raison de ne pas assumer la paternité d'un crime si beau, de l'autre, il peut néanmoins avoir menti par principe. Et puis après tout peut être qu'Umika n'était pas si gaudiche. On n'en sait rien en fait. L'histoire n'est qu'un vaste foutoir hypothéticodéductif.
    Nous ne parlerons pas de la manière dont Sansnom acquit la parole, précisément à cause d'un certain serment qui eut lieu à l'occasion.
    Curieusement, lors de la prise de parole des zombis, un être silencieux passa, perdu dans ce monde de bruits incompréhensibles. Etait-ce un signe ? ou un cygne ? Ce n'est pas Dniepr qui avait la réponse il était reparti dans ses contrées fumeuses, et revenait parfois, avec de nouveaux breuvage : GUDULE POWER, poison anthracite aux vertus explosives, GUDULE SARAH, qui fit philosopher des générations de dindons sur le sens de la vie, INTERNATIONAL GUDULE, qui donna aux poivrots le don des langues, chose qui leur permit de dire en anglais, allemand, canadien, belge, hébreux, araméen, espagnol, akkadien, italien, breton, et espéranto, les inepties qu'ils disaient en français.
    Tout était dans l'ordre, le mysticisme des zombis allait sauver le HS. Enfin. Il était temps.
    Hélas ce beau rêve se brisa net d'un coup.
    Un Ogre fit soudain irruption dans le bar.
    Son nom était Rokhen, de sinistre mémoire.
    Il prononça les mots tabous qui brisèrent tous les efforts de la vaillante communauté d'un coup :
    « Bonzour, je voudrais de l'eau... »
    Une nouvelle ère s'ouvrait, sinistre.



    ... A suivre ...
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  7. #17
    Avatar de Arkanne Présent depuis le Big Bang
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    Eh, bien, qui ça peut être, ce petit T4l3T3ll3r ?
    Après 13 jours sans net je suis perdue !
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  8. #18
    Avatar de Nairwolf Membre illustre des forums
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    Pourquoi chuis une chêvre ?

    Un bouc, pourquoi pas, mais une chêvre ?

    Sinon chapeau pour les montages, même si certains sont pas du grand art, ça demande vraiment beaucoup de travail.

    Et bravo aussi si tu as relu tous les topics du HB.
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  9. #19
    Avatar de Ramoran Membre illustre des forums
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    Il est difficile de pénétrer dans l'esprit de gens qui ont eu l'idée saugrenue de faire tout ce travail autour d'un sujet pareil. Néanmoins je proposerais l'hypotèse suivante.
    1? Thèse : Le démon est un bouc.
    2? Antithèse : Le démon est femme (la tentation etc.)
    3? Synthèse : Le démon est chèvre.
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  10. #20
    Avatar de Arkanne Présent depuis le Big Bang
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    Message original par Nairwolf:
    Pourquoi chuis une chêvre ?

    <span class="ev_code_GREEN">Un bouc, pourquoi pas, mais une chêvre ? </span>Sinon chapeau pour les montages, même si certains sont pas du grand art, ça demande vraiment beaucoup de travail.

    Et bravo aussi si tu as relu tous les topics du HB.
    As-tu voté ségo ? Si oui, c'est compréhensible et ça te donne une possibilité de déviner qui est l'auteur.
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