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Afficher la version complète : [Fic] Néant et poussière



Katchahoy
14/10/2011, 15h18
Salut à tous, comme c'est la mode en ce moment, j'ai décidé d'écrire un peu et de vous le faire partager. Pour le moment, j'ai prévu une douzaine de chapitres. J'espère que ça vous plaira ! http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/clindoeil.png

CHAPITRE PREMIER : A votre Service !

« Réveille-toi !
Tout est noir. Sourd.
- Le lâche pas, Gaby !
Une lumière ? Tout est si flou.
- Allez mon gars, ouvre les yeux, dis quelque chose !
Je sens qu’on m’appelle. Ma main. Oui, c’est ça, je tends la main. Prenez-moi, prenez tout, je veux vous rejoindre !
- On est en train de le perdre, t’attends quoi pour charger les poignées ?
Plus que quelques secondes. J’arrive. J’ai tellement sommeil. Je veux dormir, et j’aurai bientôt toute l’éternité à vous offrir.
- C’est prêt ! A trois !
Je me demande si j’ai bien fait tout ce que j’avais prévu. Mes affaires sont-elles en ordre ? Ai-je oublié quelque chose d’important ? Oh, Nina. Est-il trop tard ? J’aurais tant aimé te montrer cet endroit. Toute cette lumière, si intense, si pure ! Elle est incomparable à tout ce que mes yeux ont jamais pu m’offrir. Elle m’enlace, me berce, m’envahit. Je serai bientôt tout à elle. Le temps d’un soupir.
- Encore ! »
Que… j’étouffe, je brûle ! Un millier de spasmes m’envahit, et me voilà qui tombe, tombe encore, retournant inexorablement vers le fond, les ténèbres. La lumière fuit, effrayée, et se diffuse dans l’immensité jusqu’à disparaître. Il n’y a plus que moi, descendant aux Enfers ; ou peut-être n’y a-t-il pas d’autre enfer que l’éternité qu’il me reste à purger dans ma chute, sans pouvoir sentir le vent glisser le long de mon cou, ni aucun frisson parcourir ma peau ? Oh, Dieu, si mes péchés étaient seulement pardonnables…

« Il est malade ce type ! hurla le sergent.
- Déconne pas le bleu, rallonge-toi, renchérit Gaby.
Je lâchai prise. Le sergent pissait le sang, c’était pas beau à voir. Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé. Il m’a semblé que je m’écrasais au sol, mais qu’au moment de l’ultime impact, j’avais brusquement repris mon souffle. L’instant d’après, je sentais le sang couler dans ma gorge tel un torrent s’élançant dans le vide pour embrasser la mer. Le sergent, lui, n’a rien vu venir. Je lui ai offert un aller simple pour l’infirmerie. Ah ! Mais qui refuserait quelques instants en compagnie de Rachel, notre femme fatale, notre amazone ? Il me remerciera. Ça ne fait aucun doute.

- Encore sous le choc, le bleu ? lança Gaby.
Gaby… On avait démarré ensemble, aux sessions d’entraînement. Il était bien plus âgé que moi, et surtout, il était déjà soldat avant d’être recruté. Il ne m’a jamais appelé autrement depuis. Je n’ai jamais su s’il avait été sur le front pendant la guerre, mais cela me semblait très peu probable au regard de l’étendue du massacre… non, du Cataclysme, comme ils l’appellent, qui désintégra en majeure partie la surface du globe. C’était il y a quatorze ans. J’imagine que seuls ceux qui servaient dans les états-majors auraient pu y survivre. Quoi qu’il en soit, je n’ai jamais jugé opportun de lui poser la question. Les gens préfèrent oublier.
- Je sais pas trop. J’ai les os en compote, répondis-je.
- C’est un miracle si t’es en vie, j’espère que t’en es conscient, ajouta Gaby, l’air inquiet. »

J’esquissai un sourire. Un miracle ? Peut-être bien. Pour quelqu’un qui n’était pas fait pour le job, je ne m’en sortais pas trop mal. L’opération d’aujourd’hui, par contre, fut un total échec. Nos ennemis nous attendaient, contre toutes nos prévisions. Quelque chose avait merdé. Daniel et Clay reçurent une balle chacun, en pleine tête, à peine entrés dans l’entrepôt. Quant à George, son corps carbonisé devait être récupéré par le Service dans la soirée. Et moi… j’avais le visage en sang. Une barre d’acier reçue en pleine tête, puis le noir total. Et me voilà dans ce qu’ils appellent le bloc, une sorte de salle d’opération réaffectée, à peine entretenue, avec du matériel d’époque. Pas de chirurgien, juste des soldats, formés pour administrer les premiers secours. Pour le reste, il fallait s’en remettre au destin.

En repensant à tout ça, il est vrai que j’avais l’impression de devenir chaque jour plus détaché et cynique. A bientôt vingt ans, peu de choses m’effrayaient encore, après tout ce que j’avais vécu ces deux dernières années dans le Service. A peine levé, et sans doute encore convalescent, je n’avais qu’une envie : retourner là-bas et leur flanquer une raclée. Gaby savait très bien qu’il ne pourrait pas me retenir. Je me levai de ma civière et lui lançai un dernier regard ; il ferma les yeux l’espace d’une seconde en signe de compréhension.

En sortant du bloc, je remarquai les fissures qui couraient le long des murs et du plafond. L’eau s’infiltrait partout, dessinant des taches sombres sur lesquelles on pouvait voir se développer tout un écosystème de mousses et de champignons. La pluie faisait son œuvre, mais la plomberie rouillée y était sans doute également pour quelque chose. Je descendis au rez-de-chaussée et passai devant les pipelettes de l’accueil. L’une d’elles était noire de peau, je crois qu’elle s’appelait Lydia, ou peut-être Suzy. Elle me dévisagea.
« Il est debout ! s’écria-t-elle.
Je pris un air satisfait.
- Ce n’était rien, voyons. Juste une égratignure, répondis-je.
- Vous m’en direz tant !
Elle me tendit ma veste. Je lui adressai un sourire de courtoisie, et pris le chemin de la sortie.
- Pas si vite ! J’ai besoin de votre nom, pour le registre, lança-t-elle à mon intention.
J’arrêtai ma course pour me retourner.
- Vidic. Jared Vidic. »

Katchahoy
14/10/2011, 15h18
Salut à tous, comme c'est la mode en ce moment, j'ai décidé d'écrire un peu et de vous le faire partager. Pour le moment, j'ai prévu une douzaine de chapitres. J'espère que ça vous plaira ! http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/clindoeil.png

CHAPITRE PREMIER : A votre Service !

« Réveille-toi !
Tout est noir. Sourd.
- Le lâche pas, Gaby !
Une lumière ? Tout est si flou.
- Allez mon gars, ouvre les yeux, dis quelque chose !
Je sens qu’on m’appelle. Ma main. Oui, c’est ça, je tends la main. Prenez-moi, prenez tout, je veux vous rejoindre !
- On est en train de le perdre, t’attends quoi pour charger les poignées ?
Plus que quelques secondes. J’arrive. J’ai tellement sommeil. Je veux dormir, et j’aurai bientôt toute l’éternité à vous offrir.
- C’est prêt ! A trois !
Je me demande si j’ai bien fait tout ce que j’avais prévu. Mes affaires sont-elles en ordre ? Ai-je oublié quelque chose d’important ? Oh, Nina. Est-il trop tard ? J’aurais tant aimé te montrer cet endroit. Toute cette lumière, si intense, si pure ! Elle est incomparable à tout ce que mes yeux ont jamais pu m’offrir. Elle m’enlace, me berce, m’envahit. Je serai bientôt tout à elle. Le temps d’un soupir.
- Encore ! »
Que… j’étouffe, je brûle ! Un millier de spasmes m’envahit, et me voilà qui tombe, tombe encore, retournant inexorablement vers le fond, les ténèbres. La lumière fuit, effrayée, et se diffuse dans l’immensité jusqu’à disparaître. Il n’y a plus que moi, descendant aux Enfers ; ou peut-être n’y a-t-il pas d’autre enfer que l’éternité qu’il me reste à purger dans ma chute, sans pouvoir sentir le vent glisser le long de mon cou, ni aucun frisson parcourir ma peau ? Oh, Dieu, si mes péchés étaient seulement pardonnables…

« Il est malade ce type ! hurla le sergent.
- Déconne pas le bleu, rallonge-toi, renchérit Gaby.
Je lâchai prise. Le sergent pissait le sang, c’était pas beau à voir. Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé. Il m’a semblé que je m’écrasais au sol, mais qu’au moment de l’ultime impact, j’avais brusquement repris mon souffle. L’instant d’après, je sentais le sang couler dans ma gorge tel un torrent s’élançant dans le vide pour embrasser la mer. Le sergent, lui, n’a rien vu venir. Je lui ai offert un aller simple pour l’infirmerie. Ah ! Mais qui refuserait quelques instants en compagnie de Rachel, notre femme fatale, notre amazone ? Il me remerciera. Ça ne fait aucun doute.

- Encore sous le choc, le bleu ? lança Gaby.
Gaby… On avait démarré ensemble, aux sessions d’entraînement. Il était bien plus âgé que moi, et surtout, il était déjà soldat avant d’être recruté. Il ne m’a jamais appelé autrement depuis. Je n’ai jamais su s’il avait été sur le front pendant la guerre, mais cela me semblait très peu probable au regard de l’étendue du massacre… non, du Cataclysme, comme ils l’appellent, qui désintégra en majeure partie la surface du globe. C’était il y a quatorze ans. J’imagine que seuls ceux qui servaient dans les états-majors auraient pu y survivre. Quoi qu’il en soit, je n’ai jamais jugé opportun de lui poser la question. Les gens préfèrent oublier.
- Je sais pas trop. J’ai les os en compote, répondis-je.
- C’est un miracle si t’es en vie, j’espère que t’en es conscient, ajouta Gaby, l’air inquiet. »

J’esquissai un sourire. Un miracle ? Peut-être bien. Pour quelqu’un qui n’était pas fait pour le job, je ne m’en sortais pas trop mal. L’opération d’aujourd’hui, par contre, fut un total échec. Nos ennemis nous attendaient, contre toutes nos prévisions. Quelque chose avait merdé. Daniel et Clay reçurent une balle chacun, en pleine tête, à peine entrés dans l’entrepôt. Quant à George, son corps carbonisé devait être récupéré par le Service dans la soirée. Et moi… j’avais le visage en sang. Une barre d’acier reçue en pleine tête, puis le noir total. Et me voilà dans ce qu’ils appellent le bloc, une sorte de salle d’opération réaffectée, à peine entretenue, avec du matériel d’époque. Pas de chirurgien, juste des soldats, formés pour administrer les premiers secours. Pour le reste, il fallait s’en remettre au destin.

En repensant à tout ça, il est vrai que j’avais l’impression de devenir chaque jour plus détaché et cynique. A bientôt vingt ans, peu de choses m’effrayaient encore, après tout ce que j’avais vécu ces deux dernières années dans le Service. A peine levé, et sans doute encore convalescent, je n’avais qu’une envie : retourner là-bas et leur flanquer une raclée. Gaby savait très bien qu’il ne pourrait pas me retenir. Je me levai de ma civière et lui lançai un dernier regard ; il ferma les yeux l’espace d’une seconde en signe de compréhension.

En sortant du bloc, je remarquai les fissures qui couraient le long des murs et du plafond. L’eau s’infiltrait partout, dessinant des taches sombres sur lesquelles on pouvait voir se développer tout un écosystème de mousses et de champignons. La pluie faisait son œuvre, mais la plomberie rouillée y était sans doute également pour quelque chose. Je descendis au rez-de-chaussée et passai devant les pipelettes de l’accueil. L’une d’elles était noire de peau, je crois qu’elle s’appelait Lydia, ou peut-être Suzy. Elle me dévisagea.
« Il est debout ! s’écria-t-elle.
Je pris un air satisfait.
- Ce n’était rien, voyons. Juste une égratignure, répondis-je.
- Vous m’en direz tant !
Elle me tendit ma veste. Je lui adressai un sourire de courtoisie, et pris le chemin de la sortie.
- Pas si vite ! J’ai besoin de votre nom, pour le registre, lança-t-elle à mon intention.
J’arrêtai ma course pour me retourner.
- Vidic. Jared Vidic. »

bee61
15/10/2011, 03h10
j'étais sure que tu te lancerais Katcha http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/langue.gif
beau début, on débarque directement en pleine action, et on a envie de savoir qui sont ces gens et dans quoi ils se sont embarqués .. j'imagine de futurs flashbacks pour nous éclairer http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/happy.gif
j'aime bien ton style d'écriture, vivant, surtout à travers ce récit à la 1ère personne http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/yes.png

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l'amicale des TROLLS te félicite de suivre l'exemple de ton maître à penser en matière de fics http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/langue.gif http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/langue.gif

DevilAngelG2
15/10/2011, 04h54
Et un de plus qui n'a pas résisté à la mode du moment http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/happy.gif

Début très réussi et ça change d'univers au moins! http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/yes.png
Vraiment sympa, une arrivée directement dans le vif du sujet, on se demande qui sont les personnages, pourquoi on est arrivé là ? C'est très prometteur.

A quand la suite ? http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/happy.gif

Kingsalt20
15/10/2011, 16h08
Oh ! Katcha écrivain ! http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/love.gif

Bon début ! http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/yes.png

Un membre de la famille Vidic ! Et bah ça promet.

bee61
16/10/2011, 02h32
oui, super idée, si on part sur une fic vue du côté "grand méchant templier" , ça changera http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/happy.gif

Shadowinds995
16/10/2011, 05h42
Vraiment bien! http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/yes.png Même si trop courte http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/langue.gif Je veux un gros pavé moi...http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/rire.png