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Afficher la version complète : [Fic]La Vendetta del Figlio



Linkpogo
26/12/2011, 13h57
Bonsoir à tous! J'ai mis longtemps à me décider pour publier ma fiction sur le forum. Je publierais chapitre par chapitre, en fonction de l'engouement.

Voilà, en espérant que ça vous plaise!

Description:
Italie, XVIe siècle de notre ère. Quelques années après la chute des Borgia qui tenaient Rome d'une poigne de fer, la confrérie des Assassins a encore beaucoup à faire! L'ordre des Templiers n'est pas mort, loin de là et de nouvelles intrigues gagnent le reste de l'Europe...
Ezio Auditore et ses assassins poursuivent la lutte!
Parmis ces femmes et hommes courageux se révoltant contre l'injustice, un jeune homme en particulier décide d'affronter ses fantômes du passé. La Vérité s'écrit dans le sang, mais souvent cette vérité dépasse le cadre de la seule vengeance: cette Vérité sera plus que cela. Suivont l'histoire d'un assassin de la confrérie du Maestro Ezio Auditore, suivont l'histoire de Matteo Andreoli.


MEMOIRE 1 (première partie)


An de grâce Mille cinq cent sept, Gubbio, région de l’Umbria, péninsule italienne.

« Cela fait maintenant quelques années que Rome, ainsi que toutes les autres provinces d’Italie ne sont plus soumises à la terreur des Borgia, et cela s’en ressent dans la vie de tous les jours de tout un chacun. Mais nos ennemis les templiers sont toujours présents, là à nous guetter et à sucer la moindre parcelle de vie des populations sous leur joug écrasant. Le Maestro affirme que nous n’avons — pour l’instant — rien à craindre de Giuliano della Rovere, alias le Pape Jules II. Je suis du même avis que le Maître. Mais tout comme lui je me méfie de ce sodomite décadent et par extension de tout ecclésiastique, fut-ce n’importe quel rang qu’il occupe. En effet, depuis la chute de l’Espagnol et de sa famille damnée, d’autres templiers se sont manifestés au sein de l’Eglise.
Mais aujourd’hui, ce n’est pas une cible que Maestro Ezio a désigné que je vais quérir, mais une tare qui s’inscrit plus personnellement dans Ma vérité. »

- Eh oh ! uccellino* mio ! reviens parmi nous !

Le jeune assassin fut tiré de ses pensées par cette voix qui appartenait à une femme. Il leva ses yeux vers elle ; elle mesurait une tête de moins que lui, ses cheveux noir ébène encadraient son visage fin et mutin. L’étincelle de vie dans ses yeux marrons dorés l’interrogèrent, perçant la pénombre qui engloutissait la moitié de son visage, pour cause la capuche de maraudeuse sur sa tête.
Ils étaient dans l’amphithéâtre romain au pied de la ville, où l’herbe régnait en maître sur la pierre, là où personne, ni badaud ni garde, ne pouvait en faire son sujet d’attention.

- Tu peux toujours abandonner cette entreprise et rentrer à Rome…

L’assassin plongea ses yeux verts dans les siens, lui laissant lire sa détermination.

- …Ou faire ce que tu as à faire, conclu-t-elle.
- La messe dominicale va bientôt s’achever, je vais y aller. Tu ferais mieux de rentrer chez ta tante, Lisa.

Sur ces paroles, l’homme vêtu de blanc se mit en marche.

- Promets-moi juste de rentrer à Villa Col Dei Canali, et vivant ! lui lança-t-elle.

L’assassin ne répondit pas et poursuivit son chemin vers la ville haute.

Gubbio était une ville très austère avec des pierres grises foncées, des rues étroites, et une architecture dite romane étagée sur cinq niveaux sur le flanc du mont Ingino. Les origines de la ville étaient très anciennes : nommée Iguvium, c'était une ville importante des anciens habitants d'Umbria dans les périodes préromaines, et était célèbre pour la découverte des Tables eugubines, un ensemble de pièces en bronze qui constituaient, réunies, le plus grand texte historique antique sur cette région. Après la conquête romaine du deuxième siècle avant Jésus Christ, la ville est demeurée importante, comme l'attestait encore son théâtre romain, le second en taille qui reste au monde.

La jeune femme quant à elle s’en alla par les champs, dans la direction opposée, faisant face au Monte Cuco, pour regagner leur village natal, tout en ayant une ultime pensée pour son ami.

« Bonne chance, Matteo ! Et reviens-moi vite ! »

?
? ?


L’assassin courait et sautait de toit en toit, un moyen de se déplacer dans la plus grande sécurité en évitant les gardes dans les rues et de dominer du regard et de surprise sa proie, tel un aigle dans le ciel scrutant le monde d’en bas avant de piquer et d’enfermer sa victime entre ses serres.
Il était enfin arrivé au niveau de l’esplanade, dominée par le Palais des Consuls et de la Basilique Sant’Ubaldo. Il avait rapidement repéré et éliminé deux archers qui surveillaient les alentours par les hauteurs, se servant de ses couteaux de lancer aussi silencieux que précis.
Il atteignit finalement le toit de l’édifice administratif après quelques minutes, se perchant sur son clocher. Il était sûrement en avance, la preuve en était l’ombre de l’aiguille sur le cadran solaire accroché sur la façade adjacente.
Enfin après quelques instants les hautes portes de l’édifice religieux s’ouvrirent et une multitude de fidèles catholiques en sortirent. Il y avait aussi de nombreux gardes et soldats de la ville.
Matteo concentra son regard. Tout à coup son environnement visuel se modifia et le panorama devint entièrement sombre, jusqu’à devenir tout à fait noir. La foule en contrebas s’illumina comme d’innombrables lumières blanches, parsemée de quelques autres rouges ; les soldats. Enfin, parmi les religieux deux individus dont il connaissait l’importance se distinguaient ; ils brillaient d’une lumière plus intense, d’une lumière dorée. Le cœur du jeune maître assassin fit un bon énorme dans sa poitrine.

« I fratelli Montefeltro… »




Le chef du Conseil Gino Montefeltro se gratta la barbe brune qui recouvrait son menton. Son expression faciale trahissait son agacement. Il se retourna enfin vers le cardinal Sergio Montefeltro, son frère.

- Cela fait bien huit jours, huit long jours que ce morpione de Guido Malatesta n’est plus venu rendre son rapport !
- Cesse de maugréer mon cher frère, ce petit imbécile a bien dû trouver quelque passe-temps sur la route de Pesaro !
- Ne lui cherche pas des excuses ! ce maraud est une plaie ! depuis le début je l’ai dit et je le maintien, il nous faut un homme sérieux pour faire l’intermédiaire avec la capitainerie de Falconara !
- Pour si peu de chose…
- Pour si peu de chose ? Comment peux-tu qualifier cette relique ainsi, toi qui est consacré, qui plus est ?
- Cet artéfact censé être puissant…
- Il suffit, Sergio ! Des oreilles malintentionnées pourraient entendre notre bavardage !


Le vicaire regarda autour de lui. Personne alentour ne semblait épier leur conversation.

- Tu prends trop à cœur cette légende d’assassins qui sèment le trouble un peu partout en Italie ; ce ne sont que des racontars transmis de soldat à soldat, des histoires de tavernes…
- Des histoires de taverne ? mon pauvre Sergio, sors un peu de ton fief ! Ces assassins ne sont peut-être jamais venus ici, à Gubbio, mais ils existent réellement ! Ils ont fait tomber ces porcs de Borgia !
- Arrête, Gino ! Ce ne sont que des on dit ! Aucun homme ne peut entrer tout seul dans une forteresse comme le Castello Santo Angelo sans qu’aucun ne l’aperçoive et puisse décimer une vingtaine de gardes ! cesse de me casser les oreilles avec tes légendes ! rugit le cardinal.
- Dommage que tu n’y crois pas, mon frère, car le jour où ton heure viendra, il sera trop tard…
- Je rentre à mon logement maintenant, je suis épuisé. Nous nous réunirons à nouveau demain.

Le cardinal prit congé de son frère le Capo Consiglio qui lui se rendit au palais.


? ?
?



Matteo se décida à passer à l’action. Il avait repérés les frères Montefeltro mais malheureusement ils s’étaient séparés. Agissant seul, il devait choisir de prendre en chasse l’un ou l’autre, prenant le risque que le deuxième lui échappe. Tant pis. Il en aura déjà un aujourd’hui. L’assassin redescendit la façade sud et s’introduisit dans le palais administratif.
Une fenêtre laissée ouverte donnait sur un couloir assez bien éclairé, dont le sol était garni d’un tapis ocre.

« Se frayer un chemin jusqu’au bureau du chef du Conseil… »

Il descendit deux volées d’escaliers, toujours tapis dans l’ombre. Les corridors intérieurs étaient moins ouverts, pour cela ils étaient plus éclairés par des chandeliers. Parfait. Cela rendait encore meilleure sa couverture de ténèbres. Au dernier croisement, qui donnait sur le couloir principal, il vit de loin Gino Montefeltro devant la porte de son cabinet.

- Vous deux, restez devant cette porte quoi qu’il se passe ! venez m’informer immédiatement si des nouvelles de Guido arrivent !
- Bien messere !
- Quant aux autres, je veux que vous renforciez les tours de garde dans tout le bâtiment ! personne ne rentre dans le Palais sans mon autorisation ! encore moins un assassin !

Sur ces dernières directives, il pénétra dans son bureau et s’enferma à double tour.




Matteo avait attendu une heure derrière cette armure décorative, attrapant crampe sur crampe, le temps d’étudier le tour de garde des soldats. Il aurait pu plaindre les deux gardes debout devant la porte, mais c’était rien comparé à ce qu’il allait leur faire.

« Reposez en paix. »

Sur cette pensée, il décocha une fléchette dont la pointe était imbibée de poison dans la nuque du garde le plus proche de lui. Ce dernier ne tarda pas à se sentir mal. Il titubait, provoquant l’inquiétude de son coéquipier.

- Luigi, que t’arrive-t-il ? cesse donc de t’agiter !

Le malheureux ne répondait guère, crachant du sang et s’écroulant par terre, le corps tout entier parcourut de spasmes.

- Je vais appeler quelqu’un ! A l’aid…

Il ne termina jamais sa phrase, coupé court par un couteau planté dans la glotte. Matteo retira le coutelas et s’en servit pour abréger les souffrances de l’empoisonné. Maintenant, il ne lui restait guère que quelques instants pour accomplir la moitié de sa vengeance…
La porte, très bien fermée, était le dernier obstacle. Fermée de l’intérieure et pas le temps de faire le tour à l’extérieure pour briser la vitre.
L’assassin sortit une petite sacoche de poudre d’une poche de sa ceinture, celle qu’il utilisait dans ses fumigènes, il en versa une certaine quantité dans la serrure. Puis il gratta une pierre à étincelle qui alluma une mèche qu’il avait coincée dans la serrure auparavant et quand la poudre explosa, l’accès fut libéré.
Matteo devait se dépêcher, le vacarme de l’explosion devrait faire rappliquer la garde en quatrième vitesse. Quand il entra dans le bureau somptueusement décoré, il trouva Gino assis dans son confortable fauteuil, l’air serein.

- Je savais que ce jour arriverait, assassin. Je suis sans aucune défense, à ta merci.

Matteo contourna le bureau et se tint devant le chef du Conseil.

- Avant que je ne te fasse quitter la lumière du jour, je voulais que tu sache pourquoi je suis ici. Ce n’est pas mon maître qui m’envoie, mais c’est pour accomplir le dessein qui me tient le plus à cœur que je suis ici aujourd’hui.
- Serais-tu venu ici comme âme vengeresse ? s’étonna le gras personnage.
- En effet. Malheureusement pour moi, tu n’as pas l’air de me reconnaitre, il est vrai que le son de ma voix a changé en dix années. Alors laisse-moi me présenter en tant que vengeur d’Angela et Antonio Andreoli, les tanneurs de Gubbio !

Gino Montefeltro écarquilla les sourcils. Il se souvenait à présent.

- Mais tu es… ! Matteo ! le petit Matteo !


à suivre!

DevilAngelG2
26/12/2011, 14h20
Vraiment passionnant, j'étais tellement dans l'histoire que la fin est arrivée trop vite.
En tout cas continues Link, c'est bien écrit, beaucoup de descriptions des personnes et des lieux qui permettent de se plonger dans cet univers http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/yes.png
Petite remarque on écrit "suivons" et pas "suivont" mais ça c'est pour être chieuse http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/langue.gif

Rien à rajouter http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/happy.gif

Elyya
26/12/2011, 14h27
Arff ....j'adore ! http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/love.gif continue !

Blabla382010
26/12/2011, 16h26
Je me demandais quand est-ce que tu allais le faire http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/clindoeil.png
En tout cas, je la trouve toujours aussi bonne !

Katchahoy
26/12/2011, 18h28
Belle initiative, et c'est bien écrit. Peut-être un peu trop dans l'action mais la lecture reste agréable.
Quand j'ai vu le titre j'ai tout de suite pensé à Ezio (ne t'en inspire pas trop quand même). http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/rire.png

Bref, continue !

bee61
27/12/2011, 03h01
oui ça remue http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/happy.gif
mais c'est bien, c'est vivant .. par contre, oui on sent l'inspiration, à prendre comme un hommage j'imagine, mais sans abuser comme le souligne Katcha (sorti du coma apparemment http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/langue.gif) .. garde l'influence mais ne la sers pas de trop près http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/happy.gif

Linkpogo
27/12/2011, 06h08
Blabla: j'ai hésité, en effet! J'ai mis le lien dans ma signature exprès, mais je me suis quand même décidé! Par contre je crois que je vais racourcir mes chapitres originaux pour le forum!

Katchahoy et bee: L'action dans le premier chapitre est fait exprès, c'est l'accroche comme introduction, car après il y a deux ou trois chapitres plus "plats". Une mise en scène cinématique, on va dire ça comme ça! Pour l'inspiration d'Ezio, je pense oui, peut-être car c'est ma première histoire dans l'univers d'AC, le temps de prendre mes repères... Mais tu verras par la suite que Matteo n'est pas qu'une copie d'Ezio, même s'il lui ressemble un peu.

En tout cas merci pour vos impressions! voilà la suite:

MEMOIRE 1 (deuxième partie)

L’assassin perçut des bruits de pas se rapprocher. Sans hésiter il fit apparaitre sa lame secrète qui sortit dans un chuintement métallique et l’abattit dans la glotte de sa dernière victime. Les globes oculaires du Capo Consiglio semblaient vouloir s’échapper de leurs orbites, devenant vitreux. Il mourut rapidement, sans le moindre bruit ou mouvement. Seul un filet de sang s’échappait de la commissure de ses lèvres. Matteo l’avait fait ! Un nouveau pas, le début de sa quête personnelle ! Il ne put empêcher une larme s’échapper de son œil droit mais il l’effaça rapidement de sa main libre, affichant une première émotion sur son visage depuis qu’il était en ces lieux : de la colère mélangée à de la tristesse et de la satisfaction. L’assassin lui ferma les paupières.

- Requiescat in pace !

Il lâcha le corps sans vie de sa victime, il devait faire vite, il entendait l’agitation provenant du couloir. Il ouvrit la fenêtre et s’enfuit, juste au moment où les gardes apparurent dans la pièce.

- Assassino ! sonnez l’alarme, vite ! à l’assassin ! le conseiller Montefeltro est mort !



Matteo parcourait à toute allure les toits de la ville, pour échapper à ses poursuivants. Les cloches de la ville tintaient pour donner l’alerte. Derrière lui, une dizaine de soldats légers entrainés à la poursuite le talonnait.
Mais l’expérience parlait plus et il réussit à disparaitre de leur champ de vision. Juste assez de temps pour sauter les dix mètres qui le séparaient du sol. Il atterrit dans tas de foin en contrebas, y restant caché à la barbe des soldats à proximité.

- Mais où a-t-il pu bien passer ! on l’a contourné exprès pour le cueillir ici ! râla l’un d’entre eux.
- Il ne s’est tout de même pas envolé ! protesta un autre.
- Par ici vous autres ! furent-ils appelés.

Ils s’éloignèrent, suivant d’autres gardes, quittant la ruelle. Tous sauf un. Le dernier soldat regardait ce tas de paille suspect depuis quelques instants et avait fait fi de l’appel de ses camarades ; il avait la furieuse envie d’y planter son épée qu’il avait dégainée. Mais l’assassin fut le plus rapide. Surgissant comme un serpent de sa cachette il embrocha la poitrine du malheureux et l’attira dans la paille. L’homme vêtu de blanc cacha le cadavre soigneusement et s’en alla incognito.



Finalement il regagna l’amphithéâtre désaffecté pour y retrouver sa monture qui l’attendait tranquillement. Mais quand il saisit les rennes du cheval il sentit une pointe froide s’appuyer dans sa nuque, qui le fit s’arrêter dans son mouvement.

- C’est fini, Matteo.

Le susnommé se retourna et fit face à trois individus vêtus d’accoutrements blancs similaires au sien.

- Kader, Laura et Emmanuela…

Celui qui lui avait parlé avait la peau cuivrée et un air aussi sérieux et calme que sa mission lui commandait. Les deux autres étaient des femmes. La première était tout aussi froide qu’extrêmement belle, malgré sa capuche couvrant sa chevelure d’or. Aucun son ne sortit de sa bouche. Quant à la deuxième, elle baissa les yeux quand ceux de Matteo croisèrent les siens.

- Je suis désolée, Matteo. Nous sommes obligés de t’arrêter. Ne m’en veux pas, c’est déjà assez dur de te regarder en face…
- Je ne t’en veux pas, Emmanuela. Tu as fait ce que tu devais faire.

Il regarda à nouveau ledit Kader.

- Le Maître veut à tout prix qu’on te ramène à Rome. Je ne t’attacherais pas les mains, ce serait évidemment inutile.
- Evidemment…
- Kader, il faut se mettre en route, les soldats risquent de rappliquer. Finit par dire la blonde.
- Alors en route ! ordonna le chef du groupe.

Matteo savait ce qu’il risquait en agissant de son propre chef, sans en avertir le Maître. Et il savait ce qui l’attendait une fois rentré à Rome…

à suivre!

DevilAngelG2
27/12/2011, 06h22
Et il se passe quoi ensuite, qu'est ce qui va lui arriver, c'est quoi l'histoire personnelle de Matteo ? En gros voici quelques questions qui me trottent dans la tête quand je lis ton histoire. En d'autre terme, je suis fan ^^

Franchement, c'est vraiment agréable à lire, vivement le prochain chapitre http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/yes.png

Linkpogo
28/12/2011, 08h53
Voici la suite, bonne lecture!



MEMOIRE 2



Rome, deux jours plus tard. Île tibérine, quartier du Centro.


Matteo se trouvait dans cette grande salle où jadis il avait été officiellement investi du titre d’Assassin il y avait maintenant deux années. Elle avait toujours le même aspect semi-lugubre et toujours la même décoration inchangée depuis des années : de longs tapis rouges ornés de motifs, des tentures de la même couleur avec le symbole des assassins brodé au fil d’or dessus, le tout éclairé par plusieurs chandeliers à quatre ou cinq branches dont la lumière était en partie absorbée par les épais murs de pierre.
Toute la fraternité était présente mis à part deux apprentis qui étaient actuellement en mission dans le royaume de France. Etaient présents les sept autres maîtres assassins et les dix apprentis qui n’étaient pas en mission. Enfin le Maestro était quant à lui sur l’estrade de pierre, contemplant tout d’abord l’assemblée, puis plus particulièrement le jeune homme debout au milieu de la salle, au centre des autres qui étaient rangés côte à côte de part et d’autre du grand tapis.
Le jeune homme tremblait de froid, malgré les braseros — cette salle, la plus basse du bâtiment, se trouvant au sous-sol, n’avait jamais été gagnée par les rayons bienfaisants du soleil comme Phébus accordant sa bénédiction aux humains en son temps ; seule la faible lumière des chandelles chassait les ténèbres — mais Matteo arrivait à se contrôler de telle sorte que quiconque ne devine ses spasmes.

- Matteo, tu as trahis ma confiance et celle de tes camarades. Par ton comportement égoïste, tu aurais pu non seulement perdre ta vie inutilement mais aussi payer ta sottise de la vie de quelques-uns de tes fratelli !

Le blâmé ne répondit pas. Premièrement parce qu’il n’en avait l’envie, deuxièmement car parfois, se taire était la plus judicieuse des choses à faire.
Pourtant les autres attendaient tous qu’il se justifie. Evidemment, personne n’oserait le contraindre à ce qu’il obéisse, si ce n’était le Maître. Ce dernier pourtant ne voulut le sermonner davantage. Le jeune Andreoli risqua à relever les yeux : tel un roc, Ezio Auditore se tenait debout sur l’estrade devant lui. Aux traits de son visage, il pouvait lire la maturité et la sagesse de ses quarante-huit ans vécus, le tout renforcé par ses yeux marron qui avaient vus bien des combats et des atrocités, bien plus que des joies.

- Hors de ma vue. Qu’on l’enferme dans sa chambre. Peter, je te confie la tâche de garder sa porte. Emmène-le.
- Bien Meister Ezio.

Ledit Peter inclina la tête respectueusement et précéda Matteo qui le suivi docilement. Il était le plus grand de tous les assassins, en taille et en carrure, mesurant deux mètres cinq, ce qui était rare. Il portait dans son dos une immense épée espadon, le seul vestige qu’il avait gardé de son ancienne vie de garde Suisse* au service du Pape. Le jeune assassin en savait très peu sur lui, mis à part qu’il était âgé de trente-neuf ans et qu’il avait quitté son ordre quelques années plus tôt, ne supportant plus la débauche de la Papauté et avait rejoint un groupe de mercenaires. Puis finalement il avait accepté de rejoindre le Maître.

Ezio Auditore confia les ordres de missions à Abdelkader qui se mit à les distribuer à chacun, selon sa mission. Puis ils s’en allèrent tous. Tous sauf une. Elle était la plus grande des femmes assassines, ses cheveux couleur châtain attachés en queue de cheval basse reposaient sur son épaule droite. Ses yeux verts se posèrent sur son Maître qui lui tournait le dos, sûrement plongé dans ses réflexions, comme souvent. Elle se permit de rabattre sa capuche blanche en arrière et fit quelques pas hésitants en avant.

- Maître, je n’ai pas eu d’ordre de mission. Je…
- Oui, en effet, Nina. J’ai à te parler.

L’assassine ouvrit la bouche mais la referma aussitôt, jugeant que les questions étaient inutiles pour l’instant. Pourtant elle n’avait qu’une petite idée du sujet de conversation qui allait être abordé ; c’était à coup sûr à propos de Matteo.

- L’apprentie Emmanuela m’avait indiqué que ton frère avait quitté Rome sans m’en informer et qu’il se rendait à Gubbio. Alors je l’ai immédiatement mise à sa poursuite, sous le commandement de Kader et de Laura, malgré la demi-journée de retard sur lui.

Ezio Auditore se retourna enfin pour lui faire face.

- Finalement, reprit-il, cinq jours après, quand ils sont tous revenus, Kader m’a informé des exploits de ton frère. Il a assassiné le chef du Conseil de Gubbio, Gino Montefeltro.

A ce nom, les yeux de la femme s’écarquillèrent une fraction de seconde, mais elle tenta de rester impassible. Elle ne savait pas comment réagir, exprimer une certaine satisfaction ou alors, passer outre des sentiments dont elle avait peur qu’ils l’entravent ?
Seulement cela n’échappa pas au chef de la Fraternité qui semblait la percer de son regard qui se voulait inquisiteur. Il frotta sa moustache à l’endroit de la cicatrice qui barrait sa bouche, une sorte de tic qu’il avait depuis toujours.

- Je suppose que ce nom ne t’est pas inconnu.

La belle femme brune baissa les yeux, fixant les motifs du tapis, se remémorant de vieux souvenirs qu’elle n’oublierait sans doute jamais.

- Non, en effet. Et je sais aussi pourquoi il l’a assassiné.
- Car il était un Templier ? pourtant je n’en ai pas donné l’ordre.
- Non, le fait que cet… homme était un des ennemis jurés des Assassins n’est qu’une heureuse coïncidence.
- Alors pourquoi l’a-t-il éliminé ? tu dois le savoir, j’attends ta réponse.
- Parce que cet homme a fait partie des commanditaires de la mort de nos parents.

A ces mots-là, l’Auditore eu de la compassion à l’égard de son protégé qu’il avait consigné dans une des chambres hautes du repaire, cette compassion qui remplaça son incompréhension et sa colère précédente, malgré qu’il ait le don de rester calme.

- Mais mon frère n’est qu’un idiota testa dura ! je lui avais déjà sommé de laisser cette stupide histoire de vengeance qui ne faisait que le faire souffrir ! à plusieurs reprises !

A ce mot ‘vengeance’, bien des images qu’il pensait révolues lui revinrent devant les yeux. Le Maître scruta le visage de la belle tueuse, déformé par l’irritation. Il la fixa avec un sentiment de pitié. Comment pouvait-elle dire de telles choses ?

- Ce sera tout, Nina. Tu peux te retirer. Va rejoindre Abdelkader et les autres.
- Bien Maître. Je vous remercie.

Elle inclina la tête et prit congé de son chef.
Ezio attendit qu’elle soit partit.

- Ma pauvre enfant, comme tu as tort. Ne t’ai-je pas enseigné que la Vérité s’écrit dans le sang ? ton petit frère a eu raison d’agir ainsi. Dit-il dans la solitude de la salle.



? ?
?


Matteo ne supportait pas d’être enfermé dans cette chambre. Il aimait trop la liberté et les grands espaces. C’était la seule pièce du repère qui comprenait des barreaux, qui plus est en métal à la fenêtre. Elle était rarement utilisée pour séquestrer des individus lors de missions. Aujourd’hui, c’était lui qui était enfermé. Il aurait pu se justifier, mais il avait préféré garder le silence, estimant que cette affaire ne le concernait que lui. Même pas sa sœur, vu qu’elle s’en moquait.
Il était assis sur le lit inconfortable. Il ne pouvait qu’attendre.

Finalement le soir arriva, témoin la lumière solaire qui faiblissait et le tumulte des citoyens alentours s’étouffant de plus en plus.
Il entendit des bruits de pas dans le couloir. Puis le son d’une clé dans la serrure, tournée et la porte fut déverrouillé. Le panneau de bois s’ouvrit sur une silhouette qu’il ne pensait pas voir de sitôt. C’était le Maître en personne qui lui apportait son repas ! Ezio lui tendit le plateau d’argent où trônaient une miche de pain, une pomme, une assiette de légumes et une tranche de jambon. Il lui tendit ensuite une petite carafe d’eau.

- Mange.

Le jeune homme obtempéra tout en le remerciant d’un signe de tête. Le Maître posa une chandelle sur la table en bois près de la fenêtre.

- Peter, tu peux disposer. Matteo n’est plus consigné à présent.

Le colosse répondit par un borborygme qui était sans doute un mot prononcé dans sa langue germanique puis les lourds pas dans le couloir indiquèrent qu’il s’en alla.
L’Auditore retourna son attention sur le jeune Andreoli.

- Ta sœur m’a rapidement indiqué le motif qui a guidé ta pensé et ton bras.

Matteo posa sa carafe sur le plateau après avoir bu une gorgée.

- Vous savez maintenant pourquoi j’ai agi ainsi. Même si vous me jugez stupide et irresponsable, et que vous me dégradiez du rang d’Assassin, cela m’est égal.

Le Maître ne répondit pas tout de suite, mais ses yeux étaient remplis de compréhension. Ce que le jeune homme ne manqua pas de remarquer.

- J’ai eu tort de te blâmer tout à l’heure, Matteo. Mais je ne connaissais pas tes motivations à ce moment-là.

Matteo croyait qu’il n’avait pas bien entendu. Son Maître était-il en train de lui présenter ses excuses ?

- C’est tout à fait compréhensif que tu as voulu laver l’honneur de ta famille, et de venger tes parents. Mais il ne faut pas oublier avant tout ses amis, ses camarades.
- Qu’est-ce que vous en savez ? vous avez sans doute perdu des êtres chers vous aussi, si vous me parlez ainsi.

Les yeux d’Ezio le regardaient vaguement, empreints de nostalgie.

- Oh oui, mon cas était similaire au tiens. Ma famille avait été victime d’une conspiration atroce, mon père et mes deux frères ont été exécutés comme de vulgaires criminels et ma mère, ma sœur et moi avons été contraints de fuir Florence comme des parias.

Le jeune assassin l’écoutait sans mot dire. Il avait cessé de manger.

- J’ai enfilé le même accoutrement que tu portes aujourd’hui, je n’avais que dix-sept ans, et j’ai finalement fait vengeance. Comme toi. Seulement la guilde des Assassins n’existait plus à l’époque depuis longtemps, c’est moi qui l’ai reformée. Je n’avais de compte à ne rendre à personne. Mais je ne savais pas à quel point ce complot impliquait de plus grand, puis j’ai été guidé par mon oncle Mario et Macchiavelli.
- L’écrivain !
- En effet. Il fait partie des Assassins lui aussi, mais n’a plus beaucoup de contacts avec nous depuis que j’ai pris la tête de la guilde. Mais c’est à toi de me raconter ton histoire ! chacun de nous a subit une injustice ou l’autre au court de sa vie !

Le jeune assassin n’était en réalité pas très disposé à déballer son passé. Mais il devait beaucoup à Ezio Auditore et aux Assassins, et il ne voulait pas les abandonner.

- Sache que tu es un homme libre, un ami et un allié, et si tu ne veux pas parler de ton passé, je ne m’en offenserais pas. Libre à toi…
- Non ! non. Je vais… je veux vous raconter ! s’exclama le jeune brun. De toute façon je pense que ça m’ôtera un poids de me confier à vous…

?


An de grâce Mille quatre cent quatre-vingt-dix-sept, Villa Col Dei Canali, à une demi-journée de Gubbio.

Antonio Andreoli était le tanneur le plus réputé de Gubbio et des alentours. Il était un homme s’efforçant d’être juste et bon chrétien, il aimait sa femme Angela et ses deux enfants, Nina, son aînée de dix-sept ans et le petit Matteo de douze ans.
L’homme était un maître ouvrier trapu et bien fort, maniant le cuir comme personne d’autre et confectionnait des vêtements, des capes et des bottes comme aucun autre.

Il finit de charger le chariot avec les sacs de grains à côté des jambons et s’essuya le front.

- Angela ! il est temps de partir ! appela-t-il. Dis aux enfants de venir !

C’était la quatorzième heure de la journée. Il était temps de partir pour être rentrés à la ville à la tombée de la nuit.
La fille du tanneur rejoignit rapidement son père, dès qu’elle avait entendu sa voix. Tandis que sa mère était encore dans la maison de sa cousine, celle qui leur donnait des produits du terroir local en échange de quelques vêtements en peau. Angela monta au deuxième et dernier étage, là où elle était sûre de retrouver son fils. Elle entra dans cette chambre et sourit en le voyant assis sur le bord de la fenêtre à côté de la petite fille aux cheveux noirs.

« Ils sont si beaux et innocents ces deux-là ! J’espère que ça va durer. » Se dit-elle.

La petite fille se prénommait Lisa, c’était l’enfant de sa cousine Anita. Elle s’entendait à merveille avec Matteo et était contente de le retrouver à chaque fois que la famille Andreoli montait au village pour récupérer des denrées une fois tous les deux mois.
Son père avait été emporté par la maladie alors qu’elle n’était qu’un nourrisson, elle ne vivait qu’avec sa mère et sa tante Silvia.

- Matteo ! allez viens ! il est temps de rentrer à la maison.

Le petit d’homme fit la moue, la mine dépitée.

- Ne t’en fais pas ! on se reverra bientôt ! promis la petite fille.

Elle se leva et il l’imita. Puis elle lui déposa une bise sur la joue et lui dit au revoir. Enfin le garçonnet suivit sa mère en dehors de la maison.
Les Andreoli étaient enfin au complet. Ils étaient tous installés sur le chariot et le chef de famille tira les rennes du cheval de trait pour le faire avancer.

- Arrivederci ! lancèrent en chœur Anita, Silvia et la petite Lisa.

Les Andreoli leur répondirent de la main et finalement quittèrent le village.




Deux jours plus tard.

Nina rentrait de l’école de la ville, tenant Matteo par la main. Les deux enfants arrivaient dans la rue montante où se trouvait leur maison, à flanc de colline comme toutes les autres, serrées les unes contre les autres.

- Mais lâche-moi ! le Père Sparviero t’a déjà dit que je n’étais plus un bambin !
- Calme-toi, Testolina* ! il a aussi dit que tu étais encore immature !
- Ça veut dire quoi ‘’immature’’ ?
- Ça veut dire que t’es encore un bambin !
- Méchante !

Les deux enfants entrèrent dans l’atelier de leur père en riant pour l’une et jurant pour l’autre. Ils furent néanmoins vite sommés de faire silence par leur mère qui leur intima de monter dans leur chambre. Quand ils passèrent par la cuisine, la pièce principale, ils remarquèrent un inconnu qui s’entretenait avec leur père. Ils virent juste ses cheveux longs et ondulés, bruns tirant progressivement vers le gris ; il devait être âgé d’au moins cinq décennies. Mais ils ne purent s’attarder car leur mère les pressait de monter.

- C’est qui cet homme étrange ? demanda la grande sœur.
- J’n’en sais rien ! et je m’en moque !
- Pourtant on devrait savoir ! insista la fille.
- Laisse-moi Nina ! mêle-toi de ce qui te regarde !
- Et si ce maraud avait une grosse bourse avec lui ? ça ne t’intéresserait pas de lui chiper quelques sous ? demanda naïvement la sœur.
- Tu crois ?

Elle sourit à sa victoire. Son petit frère ne résistait pas à l’envie de commettre des farces.

- Allez viens ! on va les épier discrètement, en se tenant en haut des escaliers !
- D’accord !


Les deux compères sortirent de leur chambre et firent ce qu’ils avaient prévu. Du haut des marches, ils avaient en effet de quoi entendre toute la conversation.

- … mais Antonio ! Tu ne comprends pas ! Cet artéfact est très important ! Même plus important que ma vie, ou la tienne ! ou même celle de tes enfants !
- Arrête de dire de telles choses, coglione de Rocco ! tu fais peur à ma femme !
- Excuse-moi, Antonio. Mais ces hommes ne doivent pas mettre la main dessus. En aucun cas !
- Cela ne nous concerne pas. Ecoute, je veux bien te loger ici jusqu’à demain, mais après tu devras partir !
- Je te remercie, même si je suis un peu déçu.

Les deux enfants avaient sursauté en entendant leur père crier de cette façon. Jamais il ne s’était emporté de la sorte. Il avait encore le visage rouge de colère, tandis que ce ‘’Rocco’’ était entré dans la petite pièce où leur mère l’invita à loger pour la nuit.
Nina et Matteo préférèrent regagner leur chambre, heureusement que la mamma ne les avait pas repérés.



Le lendemain soir.

Le Père Sparviero avait piqué une colère. Ce jour-là, Matteo ne tenait pas en place, il enchaînait bêtise sur bêtise, faisant rire les autres élèves, faisant monter l’ire du professeur.

- Quand papa et maman sauront quel a été ton comportement, tu vas passer un sale quart d’heure !
- N’en rajoute pas ! déjà que le Père viendra demain pour parler à papa, t’as pas besoin de leur raconter aujourd’hui !
- Oh, ce n’est pas moi qui vais me faire gronder de toute manière…

Ils entendirent des cris de soldats et des hennissements, tout ceci à proximité de la maison.

- Mais qu’est-ce que…

Nina ne put terminer sa phrase qu’une main se colla sur sa bouche, ainsi qu’une autre sur celle de son frère. Un homme les tira dans une ruelle sombre, heureusement personne ne les avaient vus.

- Tanneur ! où est la relique ?
- Je ne vois pas de quoi tu parles, Gino.

Antonio Andreoli était tenu par deux gardes, tandis que leur capitaine, un homme à la solde de Cesare Borgia, le questionnait à l’instar d’un inquisiteur.

- Tu oses te moquer de moi, Gino Montefeltro ? tu n’es qu’un pazzi !
- Tu ferais mieux de filer vers ton maître Borgia, Gino. Un jour le peuple va se soulever pour renverser les opportunistes comme toi et ton frère le faux dévot ! lança le tanneur tel du venin.

Le pauvre artisan se prit un coup de poing de la part du capo, qui le fit ployer.

- S’il te plait, Antonio, évitons les bains de sang ! dis-moi où est passé cet homme !
- Plutôt mourir. Vous ne gagnerez jamais !

Un nouvel individu était arrivé, accompagné d’une garde personnelle. C’était un évêque.

- Ah, fratello mio !
- Gino, que se passe-t-il ? as-tu récupéré ce que nous cherchons ?
- Sergio, c’est cet homme qui ne veut pas révéler où est partit celui qui nous a volé la relique.
- Imbeccile ! Il faut faire mourir les hérétiques s’ils ne se repentent pas !

Sergio accompagna ses paroles en tirant l’épée de son frère de son fourreau et la planta dans le ventre du malheureux tanneur.

L’homme qui retenait les enfants Andreoli, qui n’était autre que Rocco, dut garder ses mains serrées très fort pour ne pas qu’ils crient et courent vers leur père assassiné. Il sentait les larmes des deux enfants tremper ses mains.
Il décida en outre de les forcer à ne pas regarder quand les bourreaux empalèrent aussi Angela Andreoli.

- Venez les enfants. Chuchota-t-il. On ne peut plus rien faire pour eux.

Puis il les emmena loin de Gubbio, quittant la ville à la faveur de la nuit tombée.


?


Matteo avait fini son repas. Dehors, l’astre lunaire projetait un halo blafard sur la ville millénaire. Son récit et ces derniers évènements avaient rouvert une plaie en lui. Mais il voulait en parler à son Maître, ça le soulageait son fardeau.

- Tu as eu une vie difficile depuis. Je te comprends. Dit simplement Ezio.
- On se ressemble.
- Oui. Sur bien des points. Allez, repose toi maintenant, il est tard.
- Mais je ne vous ai pas tout raconté !
- On verra çà demain. Il faut dormir maintenant. Je te confierais une mission également.
- Bien Maître.

L’Auditore quitta la chambre, laissant son élève se coucher. Il descendit à son bureau. Ce récit le faisait réfléchir.

« Un artéfact ? Ou une relique ? Si les frères Montefeltro sont près à tuer pour ça, c’est que c’est assez important… de plus, s’ils étaient à la solde de Cesare Borgia… »

Le Maestro s’installa sur le siège du bureau et souffla la chandelle. Il fallait se reposer, une journée chargée les attendait.


à suivre!

__________________________________________________ _____________

*Peter Vogt : c’est le nom d’un véritable lutteur suisse.
*Garde Suisse : Vous vous souvenez de ces soldats portant une armure sombre, grands et très forts dans le jeu ? Eh bien je me suis documenté et j’ai découvert que Ubisoft s’est permit quelques libertés, car la Garde Suisse a été créée par le Pape Jules II, et non de Rodrigo Borgia, alias le Pape Alexandre VI son prédécesseur. L’espadon que porte Peter est une grande épée que les gardes Suisses portaient parfois.
*Testolina : p’tite tête.

Assassin-Alpha
29/12/2011, 16h39
Ouah vraiment bien !
J'aime beaucoup, bien que les quelques expressions Italiennes me genent et qu'il y a trop de noms pour que je puisse tous les retenir c'est cool je met ta fic' dans mes favoris.

Continue http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/yes.png

bee61
30/12/2011, 02h56
ah bin ça traîne pas, pas le temps de souffler http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/langue.gif
bon, si on sent l'influence, tu réussis à pas coller aux scénars des jeux ..
les dialogues sont bien rythmés, mais je trouve que les personnages phrasent un peu trop par moment ..
mais l'ensemble est agréable à lire http://webtools.fr.ubi.com/forums/smileys/happy.gif

Linkpogo
30/12/2011, 13h26
Bonsoir tout le monde! Merci à vous tous qui me lisez et surtout à ceux qui me commentent!

Assassin-alpha: Merci de ton commentaire et ne t'inquiètes pas, les mots italiens sont traduits à la fin du chapitre en général et tous les personnages ne sont pas 'très importants', l'essentiel c'est de retenir les principaux!

bee: merci! Oui, beaucoups de dialogue mais dans une histoire en texte uniquement, j'ai beaucoup de difficultés à faire passer les pensées sans dialogues...

En tout cas note importante: les 7 premiers chapitres ont été rédigés à l'été 2011, plusieurs mois avant la sortie de ACR!

MEMOIRE 3



Quartier Campagna, le lendemain matin :


Emmanuela avait grimpé agilement dans le pommier, se tenant sur une épaisse branche elle cueillait quelques fruits pour le voyage. Ce larcin en plein début d’après-midi ne semblait même pas déranger la famille de paysans qui regroupaient en tas l’herbe séchée de la parcelle de champ en jachère pour en faire du fourrage destiné aux bêtes de somme. En effet quelques disciples Assassins comme Emmanuela avaient défendus leurs pommiers trônant au centre de leur parcelle de champ et leur hameau d’une attaque de brigands l’an passé, donc ils étaient ravis de laisser la jeune apprentie récolter quelques fruits dorés.
Matteo, assis sur une murette à la lisière du champ, contrôlait que son brassard en cuir contenant sa lame secrète était bien fixé, un geste quasi-inutile mais qui s’était transformé en tic quotidien. La murette baignant dans le soleil, elle était chauffée par les rayons de l’astre tutélaire. Le jeune maître Assassin écoutait la mélodie des insectes butineurs et des différents oiseaux ; les corbeaux qui croassaient et les moineaux piaillaient. Parfois un rapace dans le ciel entièrement bleu faisait du surplace, battant de ses ailes puissantes la colonne d’air chaud, échappant de temps à autre un cri perçant en guettant patiemment un quelconque petit rongeur explorant imprudemment l’étendue campagnarde. L’assassin confirmé, après avoir vérifié le bon fonctionnement du système de sa lame rétractile, baissa sa capuche blanche qui ondula à cause d’une légère onde de vent, puis il ébouriffa ses cheveux châtains foncés et courts. Puis il scruta à côté de lui à quelque distance, sa coéquipière Laura, la beauté froide et dangereuse. La blonde restait un mystère pour lui, comme pour la majorité des autres Assassins. Tout ce qu’il savait d’elle c’est qu’elle avait fui un mariage arrangé à Milan qui ne lui plaisait pas et que, venue se réfugier à Rome, elle avait eu des déboires avec des soldats des Borgia et que le Maître l’avait aidé et par la suite enrôlée.
Cette femme qui montrait rarement ses émotions, faisait tomber son masque quand elle était en présence d’animaux. A cet instant, elle tenait dans ses bras un chat gris docile qui lui mordillait affectueusement le pouce entre deux ronronnements, alors qu’elle le caressait. Le petit félin aux yeux dorés tournait la tête à chaque gratouille, sur le sommet du crâne, ses poils rebroussés, sur ses fines oreilles, sous son menton blanc ou encore sous son ventre doux. Les yeux bleus de la femme pétillaient tandis que quelques-unes de ses mèches blondes dépassant de sa capuche frémissaient au gré du vent chaud et doux.
En effet, son comportement quasi-maternel tranchait vraiment avec les autres fois où il l’avait observée trancher une jugulaire, percer un poumon avec une dague ou encore décocher un carreau d’arbalète dans la tempe d’un soldat — le tout sans hésitation — et parfois même sans cette précieuse formule de réconciliation avec les ennemis, Requiescat in pace.
Ses yeux croisèrent ceux verts de Matteo puis lentement son sourire s’effaça. Elle déposa gentiment le félin sur le bout de la murette et lui accorda une dernière caresse. Puis elle s’approcha de l’Andreoli.

- Le Maître ne va plus tarder à présent. Dit-elle simplement.

Matteo se leva de la murette en pierres et atterrit au sol en soulevant un peu de poussière. Il mit ses mains en porte-voix et appela leur troisième équipière.

- Emmanuela ! Cria-t-il. Viens maintenant, on va y aller !

La discepola* sauta de son arbre et courut les rejoindre. Ils regagnèrent le sentier proche après avoir salués les paysans d’un signe de main, retrouvant leurs chevaux qui les attendaient tranquillement, attachés à une rambarde en bois. Ils défirent les liens et grimpèrent leurs montures quand ils entendirent le claquement de sabots qui trahissait le trot d’un autre équidé s’approchant.
Ils levèrent les yeux et contemplèrent, dans son habit blanc et rouge typé noble, le Maestro Ezio Auditore, qui dégageait un charisme intimidant mais qui inspirait confiance. Il arrêta son cheval en face d’eux et les regarda tour à tour. Les trois jeunes gens inclinèrent légèrement la tête avec respect tout en frappant leur poitrine de leur main gauche, en signe de loyauté.

- J’espère que vous vous êtes bien préparés pour ce voyage. Dit le chef des Assassins.
- Nous sommes prêts ! Répondit simplement la blonde.
- Bene. Alors en route vers Pise ! Ordonna-t-il.

Ils enfoncèrent leurs talons dans les flancs de leurs bêtes qui dans un hennissement passèrent la porte dans la muraille qui entourait la ville millénaire, puis ils cavalèrent vers le nord, vers la Toscane.


???



Le voyage devait durer quelques jours. La première nuit, s’étant arrêtés au pied d’une colline dans un plateau, les femmes avaient insisté pour prendre le premier tour de garde. Puis de la deuxième heure à l’aurore le Maître et Matteo s’assirent à leur tour de part et d’autre du feu de camp, tandis que les femmes allaient s’allonger pour s’endormir rapidement. Ezio, qui avait laissé ses cheveux longs libres sur ses épaules, scrutait minutieusement un ancien rouleau en parchemin* qu’il manipulait avec beaucoup de précaution, tandis que Matteo passait le temps en sculptant des branches au couteau en masses informes avant d’alimenter le feu avec.
Soudain, le descendant d’Altaïr Ibn La-Ahad rangea soigneusement son rouleau et contempla le firmament sombre étoilé. La brise du soir le fit frémir, mais la couverture en laine douce vint renforcer la chaleur du foyer réconfortant. Il baissa la tête après quelques instants et regarda son protégé avec un sourire chaleureux.

- Allons, Matteo ! Veux-tu poursuivre le récit de ton enfance ? j’aimerais savoir.

Une foule de souvenirs submergèrent la mémoire du jeune homme de vingt-deux ans. En vérité il avait hâte de lui raconter la suite, depuis que son maître l’avait laissé dormir la veille.

- Oui Maître. Cet homme, Rocco, n’avait pas d’autre choix que de nous emmener, ma sœur et moi, à Rome…



?



An de grâce Mille quatre cent quatre-vingt-dix-sept, Rome, quartier Antico.


En général, les filles de joie, ou appelées communément courtisanes, vivaient non loin de la maison de passe où elles officiaient. Seulement Camilla était restée habiter ici, avec son frère Rocco, dans la masure de leurs défunts parents.
Elle était furieuse. Et les poings sur les hanches, les yeux furibonds à la vue de ces deux mioches, pas très ravie d’accueillir de nouveaux habitants dans la bâtisse en bois.
« Ce n’est que pour quelques temps ! » avait tenté de la rassurer son frère. La jeune adolescente de dix-sept ans Nina, aux cheveux longs ébouriffés, la scrutait de ses yeux verts d’un regard curieux mais aussi avec une certaine distance. Quant au gamin Matteo, tout aussi barbouillé et fatigué, il avait les yeux distraits, fixant un point devant lui. Camilla soupira une énième fois. Après tout, elle pouvait les laisser, livrés à eux-mêmes. Rocco n’avait pas précisé qu’elle devait jouer à la nourrice.
Elle replaça une de ses mèches blondes derrière son oreille droite puis ouvrit la porte donnant sur l’extérieur.

- Bon, la vie est déjà difficile pour tout le monde, alors il va falloir que vous vous débrouilliez pour occuper vos journées et trouver de quoi vous mettre sous la dent. Vous pourrez revenir ici pour vous réfugier et dormir, mais ne m’attirez pas des ennuis !

Les deux enfants la regardaient sans mot dire. Elle allait leur sortir une pique pour les faire parler, agacée, mais elle se retint en repensant ce à ce que son frère lui avait brièvement raconté, sur leur tragédie. Finalement elle partit, les laissant livrés à eux-mêmes.




Cela faisait maintenant quelques mois que les orphelins Andreoli avaient débuté leur nouvelle vie à Rome. Leurs débuts dans la ville millénaire furent difficiles, bien qu’ils ne s’éloignent de la maison de Camilla et Rocco qu’au fur et à mesure, explorant de plus en plus les alentours. Puis ils avaient intégré une bande de cinq autres orphelins qui volaient leur pitance sur les étals des marchands ou, plus rarement, dans les maisons. Ils avaient appris l’endurance, la fuite et parfois s’esquintaient mains, coudes et genoux en grimpant les maisonnettes pour semer les habitants volés qui leur promettaient la main coupée pour ne plus recommencer s’ils les attrapaient.
C’étaient Aldo, Franca, Fabiola, Emmanuela et Alessandro qui les avaient initiés, leur apprenant toutes les astuces qu’ils connaissaient pour pouvoir survivre ainsi à Rome. Le frère et la sœur étaient devenus de vrais petits maraudeurs, comme n’en comptait plus la ville, surtout depuis l’avènement du nouveau Pape et son système tyrannique.

Un jour qu’il était rentré plus tôt, sans sa sœur, Matteo trouva la pièce principale de la maison vide. Il allait appeler présence quand il vit enfin descendre de l’étage Camilla qui souriait, l’air confuse et gênée, remontant maladroitement ses bas sous sa robe bleue et verte. Elle était suivie de près d’un inconnu qui était vêtu d’un uniforme noir, un officier. Il réajusta son long manteau en cuir sur ses épaules.

- Oh tiens ! Salut Matteo. Rit nerveusement la courtisane. Je te présente Osvaldo, un ami !

Mais le jeune Andreoli restait muet, se contentant de dévisager l’inconnu aux cheveux noirs gominés et mal rasé qui jouait avec une mèche de cheveux de la sœur de Rocco.

- Oh, il n’est pas très bavard, mais il est gentil ! Dit-elle à l’officier, comme pour excuser le garçon. Hein Matteo, tu es gentil ?

Encore une fois le garçon ne répondit pas et commença à grimper les escaliers en bois qui craquaient à chaque marche, pour enfin atteindre les chambres. Les deux amants se tenaient près de la porte d’entrée à présent. Le jeune adolescent les vit s’embrasser d’un rapide baiser puis Osvaldo s’en alla, accompagné d’un dernier « au revoir » de la blonde. Elle ferma la porte et se retourna, souriant à Matteo.

- Ça va ? Demanda-t-elle.
- Oui. Répondit-il simplement.

Puis il monta dans sa petite chambre, une pièce qu’il devait partager avec sa sœur.
Qu’est-ce qu’il regrettait que Rocco soit partit pour un si long voyage ! A chacune de ses longues absences, Camilla en profitait pour amener un homme après l’autre dans la maison.




Trois années plus tard :


Matteo était couché sur le toit pierreux et froid d’une maison appartenant à une série de plusieurs accolées les unes aux autres. A côté de lui Aldo, dans la même position que lui, scrutait le port devant eux à quelques mètres, les deux mains en visière contre son front pour protéger ses yeux des rayons de soleil.
Leur nouvelle cible : une caravelle provenant de Sardaigne ; plus précisément sa cargaison.

- Es-tu sûr que ça vaut le coup d’aller piller la cale de ce bateau ? C’est tout de même très risqué ! Redemanda l’Andreoli.
- Je te l’ai dit et redit, Matteo ! Grogna le plus âgé de la bande. Il n’y a que peu de marins de garde le midi, ils vont tous manger et boire dans les tavernes du port. A nous les pecorino sardo* et les gâteaux aux amandes !

L’enthousiasme de son aîné redonna de la hardiesse à Matteo qui sourit à son tour.

- Allez, on y va, on suit le plan !

Les deux garçons descendirent de leur perchoir avec agilité, tels des petits singes, ces animaux qui habitaient sur un autre continent, se préparant à leur entreprise.
Depuis quelques mois ils n’étaient plus que six, car Nina avait rejoint un homme mystérieux qui était arrivé depuis peu à Rome et qui avait formé une sorte de guilde. Depuis, même Matteo ne la croisait que très rarement. Elle avait abandonnés ses pantalons et tunique en laine sales pour des vêtements de cuir et une tunique à capuche blanches. Le frère cadet ne comprenait pas ce que signifiait ce déguisement étrange mais avait fini par mettre sa sœur de côté comme elle l’avait fait si bien avec lui.
En bas, les quatre autres enfants de la bande se mettaient déjà à l’ouvrage, Fabiola simulant une blessure quelconque et Alessandro appelant à l’aide pour attirer les deux hommes qui gardaient la passerelle d’accès en bois au bateau, tandis que Franca et Emmanuela précédèrent Aldo et Matteo ; les deux premières faisant le guet sur le pont tandis que les deux derniers s’engouffraient dans la cale. Les deux adolescents n’avaient jamais vu autant de nourriture stockée en un seul endroit, mis à part au marché. Des centaines de fromages et autres articles pullulaient et les odeurs parfumées de lait caillé et fermenté se mêlaient agréablement aux senteurs d’oranges et de citrons acides, de pommes aux senteurs fruitées et au bois renfermé ; tous ces aliments n’attendaient que d’être engouffrés dans leurs sacs de toile. Ils savaient qu’ils ne pourraient tout emporter mais ils prirent le maximum qu’ils pouvaient transporter.
Finalement, après quelques minutes, ils remontèrent sur le pont. Mais quelle ne fut pas leur désagréable surprise, voir l’horreur en découvrant la dizaine de soldats qui leur faisaient face, constituant un obstacle entre eux et la passerelle pour regagner la terre ferme.
Franca et Emmanuela étaient détenues entre deux gardes tandis que Fabiola et Alessandro avaient sûrement pu s’éclipser, vu que Matteo ne les voyait nulle part. Il sentit son cœur battre encore plus vite que lorsqu’il était stressé dans le ventre du bateau, à tel point qu’il croyait qu’il allait exploser dans sa poitrine. Il put lire la terreur dans le regard d’Emmanuela, seulement plus jeune que lui de quatre ans, tandis que la colère se lisait sur le visage de Franca qui, telle une furie, s’arracha de la poigne de l’homme qui la tenait et lui lança un coup de pied de toutes ses forces et qui le fit tituber en arrière, puis trébucha sur un cordage et tomba et s’affala lourdement sur le plancher du pont. Ses camarades éclatèrent de rire, ce qui augmenta son courroux et son humiliation. Dès qu’il fut relevé, il attrapa la jeune furie par les cheveux, dégaina son épée et lui transperça le ventre sous les cris des autres enfants et les yeux écarquillés de ses compagnons d’arme chez qui les rires s’effaçaient instantanément. Emmanuela pleurait tandis que le tueur réalisa son geste trop tard, bouche bée. Les autres gardes furent écartés par un nouvel arrivant qui était vêtu tout de noir et qui semblait être leur chef. Celui-ci frappa le soldat qui avait tué la fille comme pour le punir et se retourna vers les autres, les sourcils froncés.

- Qu’est-ce qui se passe ici, imbeccili ? aboya-t-il.
- On a arrêtés ces morveux qui pillaient le bateau ! répondit un garde en désignant les deux jeunes maraudeurs.

Le chef fixait à présent les deux garçons aux pieds desquels reposaient deux sacs comportant leur butin. Puis il s’approcha d’eux, de plus en plus. Il s’approcha de Matteo, replaçant quelques mèches de ses cheveux noirs derrière son oreille gauche. Un sourire mauvais fendit son visage mat. L’adolescent apeuré avait les yeux rivés sur les dents presque jaunes de l’officier.

- Toi, je te reconnais, sale petit pouilleux ! t’es Matteo, le parasite qui vit chez cette idiote de Camilla !
- Et toi tu es Osvaldo, un des chiens fous des Borgia !

L’officier abattit sa main droite sur le garçon, sa paume rencontra violement la jeune joue. Cela faisait quelques temps qu’il voulait éliminer ce petit bouseux. Matteo tituba un peu sous la force du coup, se massant la peau avec sa main pour calmer la douleur. Mais c’en fut trop pour Aldo qui voulait aider son ami et se rua sur Osvaldo en hurlant puis enfonça sa tête dans son ventre. Osvaldo alla se cogner la tête contre la paroi en bois du pont supérieur, étonné de l’audace de ces jeunes. Les yeux écarquillés et confus, il se frotta le crâne à l’endroit où la douleur l’élançait.
Puis tout se passa vite. L’officier rejoignit dangereusement le chef de la bande de maraudeurs, abattit son poing sur son nez puis dégaina son fauchon pour finalement lui ouvrir la gorge d’un coup net et précis. Une giclée de sang chaud arrosa le visage de Matteo qui se mit à pleurer à son tour. Plein de haine envers cet homme, ses larmes de rage ruisselant sur ses joues, il attrapa un épieu accroché au mât du bateau et perfora le poumon de l’homme en noir qui se retourna bien trop tard. Ce dernier abaissa son bras armé, ayant perdu la force de le tenir, le souffle coupé et sentant son énergie vitale s’enfuir de son corps. Il tendit son autre main vers le garçon comme pour l’attraper et ses lèvres frémissaient, voulant articuler mais aucun son ne sortit de sa bouche. Puis finalement ses yeux vacillèrent et il s’écrasa sur le sol. Les autres soldats, effarés de ce qui venait de se passer sous leurs yeux, eurent quelques secondes de blocage, choqués, certains la bouche bée. Puis ils sortirent de leur léthargie comme un seul homme et se ruèrent vers le jeune adolescent, lames dégainées.
Matteo sentait l’adrénaline consumer son corps entièrement à présent. Il avait l’impression que tout autour de lui marchait au ralentit. Il attrapa la main d’Emmanuela et la tirait de toutes ses forces, courant pour s’échapper. Malheureusement le passage vers la passerelle n’était toujours pas dégagé, il décida alors de monter les escaliers pour se réfugier sur la proue. Il grimpa les quelques marches quatre à quatre, trainant la jeune fille, puis la poussa vers l’avant du bateau et se retourna pour donner un violent coup de pied dans la tête d’un soldat qui dépassait le pont supérieur, le faisant chuter lui et trois de ses camarades entassés derrière. Malheureusement pour les deux enfants, ce geste ne freina les soldats qu’un court moment et ils accédèrent enfin à la proue à leur tour, réclamant dans leurs cris le sang des deux infortunés. Matteo voyait leur fin approcher tandis que la petite brune derrière lui était recroquevillée sur elle-même en sanglots. Aucune issue. D’un côté les hommes sans pitié et de l’autre, de l’eau salée à perte de vue ; le quai et les maisons habités semblaient si loin…
Mais au moment où l’un des soldats allait enfin abattre son épée sur le maraudeur, le jeune Andreoli entendit un bruit violent comparable au tonnerre et le soldat devant lui s’affala, un trou percé au milieu du front, le sang commençant à s’y échapper. Puis en quelques secondes il vit l’apothéose d’une silhouette blanche qui virevoltait entre les gardes, comparable à un aigle majestueux qui perçait de ses serres ses victimes qui tombaient, la glotte percée ou une profonde estafilade dans le ventre. Puis cette silhouette s’immobilisa au milieu des cadavres qui baignaient dans des mares de sang qui rougissait les planches de bois. Quel massacre ! Matteo n’avait que ce mot à l’esprit, mais la mort de ses tortionnaires ne lui faisait ni chaud ni froid. Au contraire, il ressentait une certaine satisfaction du fait de constater que ses amis avaient été vengés.
Enfin l’homme encapuchonné gagna la proue en un saut gracieux et fluide et s’arrêta au-dessus du garçon qui tremblait encore de peur.

- C’est fini petit, personne ne vous fera plus de mal aujourd’hui. Dit-il simplement.

Matteo avait la bouche bée et les yeux qui semblaient vouloir quitter leurs orbites. Il admirait l’homme au visage sombre caché sous sa capuche immaculée, le soleil derrière la tête qui lui conférait un halo digne des représentations des saints sur les vitraux d’une cathédrale, lui rendant cet air impérial et mystique dont le jeune adolescent ne se lassait pas de contempler et d’admirer.
Etait-ce un dieu, un titan qui se dressait là devant lui ? il ne saurait dire, mais il était fasciné.
L’homme lui tendit sa main pour l’aider à se relever.

- Je suis Ezio Auditore, chef des Assassins. J’ai admirés ton courage et ta bravoure. Quel est ton nom ?
- Ma-Matteo. Matteo Andreoli. Répondit simplement le jeune.
- La libération de Rome a commencée et j’ai besoin de gens courageux et loyaux comme toi !

Il était clair et direct en tout cas. Matteo réfléchit rapidement. Deux de ses compagnons étaient morts, les autres étaient partis, il ne lui restait qu’Emmanuela et une vie de misère à marauder dans les bas quartiers. Il n’avait que peu d’idée de ce que cette nouvelle vie allait lui apporter, mais il savait qu’il ne voulait plus de cette vie de misère. Il ne savait pas exactement de quoi serait fait l’avenir, mais à cet instant précis il savait qu’il pourrait changer bien des choses en rejoignant cet homme.

- Je suis honoré de vous rejoindre et impatient d’apprendre. Mais Emmanuela vient avec nous. Exigea-t-il presque.

Ezio tourna la tête vers la petite fille qui s’était relevée aussi, séchant ses larmes de sa manche rapiécée. Elle avait à présent un regard déterminé, comme son ami.

- Bien sûr. Venez, je vais vous présenter à vos fratelli.


?



Matteo tassa le tas de cendres de sa botte, effaçant les derniers vestiges du feu de camp. C’était l’aube et bientôt les premiers rayons de soleil du nouveau jour allaient les caresser.

- Vous connaissez la suite. Conclu-t-il à l’attention de son Maître.

Ce dernier ne répondit pas tout de suite. Il avait encore un élan de compassion qui lui nouait la gorge. Il mettait en parallèle sa triste histoire de famille avec la sienne. Mais le jeune maître Assassin avait perdu ses deux parents d’un coup, tandis que lui, il avait eu encore sa mère. De plus le jeune avait connu la misère bien plus tôt dans sa vie que lui. Mais il devait lui rappeler que l’avenir serait sûrement encore plus éprouvant que le passé, malgré sa formation.

Le récit de Matteo avait duré jusqu’au petit matin. Enfin, ils réveillèrent les deux femmes. Après un frugal déjeuner vite avalé, ils se remirent en selle pour Pise.


???


Naples, cinq jours après l’assassinat de Gino Montefeltro.


Adraste* Lavigne ôta son tablier de cuir et le plia sur sa table de travail. Ses potions et autres drogueries étaient prêtes. Preuve était le cadavre aux yeux globuleux et aux lèvres verdâtres purulentes attaché sur le fauteuil de bois adjacent. Il avait exercé son art encore une fois, admirant son chef d’œuvre.
De ses mains gantées, il réajusta son masque bordeaux. En effet l’odeur puissante des mélanges pouvait parfois étourdir et même le cadavre commençait à puer, l’odeur du trépassé était renforcée par le breuvage qu’il l’avait forcé à avaler et qui remontait de ses entrailles.

Ce jeune médecin français d’une trentaine d’années, né de l’union d’une noble lyonnaise et d’un fidèle chef de mercenaires au service de l’Eglise, avait tué plus de patients qu’il n’en avait sauvés, empoisonnés plus de malheureux qu’il n’en avait guéri… Surtout si ces malheureux s’opposaient au Saint Ordre des Templiers.
Enfin, il rangea ses précieuses fioles dans sa sacoche de cuir accrochée à sa ceinture, prenant soin de ne pas les entrechoquer pour ne pas les casser accidentellement.
Le matin même, il avait reçu une lettre relatant les derniers événements à Gubbio. Il devait maintenant rejoindre son paternel, Domenico Mazzei da Napoli à Pise, où les Templiers avaient retrouvé ce maraud de Guido Malatesta, cette fripouille qui avait informé les autres Templiers de la mort de Gino et qui avait fui Gubbio comme un couard, à peine arrivé.

Quel ennui ! Ces intrigues de reliques sacrées qui régissaient l’Ordre ne l’intéressait guère, mais il trouvait son compte dans le fait que son père avait besoin de ses talents d’homme de médecine et lui, il avait l’occasion de mettre en œuvre de nouvelles expériences.
Bref, peut-être allait-il pouvoir exercer son art à nouveau, dans la douce et chaleureuse Toscane…


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Adraste : du grec adrásteia qui signifie ‘de qui on ne peut échapper’.

Discepola : disciple.

Parchemin : Le parchemin désigne une peau de couleur claire apprêtée par un artisan parcheminier.
Il sert comme support à l'écriture pour des lettres et des rouleaux, puis plus tard pour des livres, depuis sa forme ancienne de codex.

Pecorino Sardo : spécialité de fromage de Sardaigne.

Linkpogo
24/01/2012, 17h08
Salut tout le monde! Désolé si ça fait double-post, mais comme il ya un écart de près d'un mois, je vous poste la suite!


MEMOIRE 4

Automne de l’an de grâce Mille cinq cent sept, Pise, région de la Toscane, péninsule italienne.


Les quatre cavaliers vêtus de blanc étaient entrés dans la ville portuaire. Pise était bien le genre de ville aux bâtisses imposantes reflétant l’assommante lumière solaire de leurs murs blancs et à l’air marin qui avait un effet bénéfique sur le système respiratoire.
Ils quittèrent leurs montures à une écurie à la porte dans la muraille et continuèrent leur chemin à pied.
C’était jour de marché aujourd’hui, semblait-il ; en témoignaient les étals riches et colorés des marchands dans l’artère où ils se trouvaient. Des odeurs d’épices, de fruits et de produits de la mer emplissaient leurs narines, découvrant leurs différents parfums portés par le vent tiède et doux qui soufflait.
Ezio fit signe de la main de s’arrêter à ses disciples. Le petit groupe planté en plein milieu de l’artère obligeait les foules de passants à se fendre et de passer autour d’eux pour les éviter.


Nous devons nous séparer maintenant. Déclara le Maestro. En groupes de deux. Emmanuela, tu suis Matteo ; allez à cette adresse, dans le quartier des prieurs, vous y retrouverez Abdelkader. Quant à Laura et moi, nous nous rendons à la cathédrale. Quoi qu’il en soit, nous nous retrouvons tous au plus tard ce soir à l’adresse indiquée.
Bien mentore ! Approuvèrent les Assassins.

Matteo saisit le bout de papier que lui tendait son ainé. Ezio et la femme blonde s’éloignèrent de la Piazza San Francesco où se situait le marché, laissant là les deux autres.


C’est la première fois que je viens à Pisa. Commenta la brune. Tu connais cette ville, Matteo ?
Oui, j’y suis venu deux ou trois fois avec ma famille, il y a des années. Répondit l’Andreoli. Elle n’est pas plus grande que Florence, elle est en guerre perpétuelle contre elle, d’ailleurs.
Ça ne se voit pas.
Tu sais, ces guerres sont livrées principalement par des armées de mercenaires appelés condottieri. Les condottieri sont des troupes de soldats en provenance de tout le continent, mais plus particulièrement des Etats germaniques et de Suisse, menées par les capitaines italiens à la solde de leurs riches employeurs.
Tu en sais des choses !
Eh oui, mon père était un bon enseignant ! sourit le brun. Mais tu sais Emmanuela, ces mercenaires ne sont pas vraiment disposés à risquer leur vie outre mesure et la guerre devient ainsi une guerre de sièges et de manœuvres, occasionnant peu de batailles rangées. Et mon père pensait qu’il est aussi dans l’intérêt de ces mercenaires, dans les deux camps, de prolonger ces conflits… pour assurer la pérennité de leur contrat.
C’est absurde ! Se révolta la cadette. Cela n’a aucun sens !
Pour le peuple, non. Mais pour ces hommes, seul l’argent compte.

La discepola acquiesça tout en réfléchissant à cette explication.


Bon, en route !

Les deux Assassins marchèrent vers l’adresse indiquée.
Après une bonne demi-heure de marche, ils arrivèrent à destination. La rue était presque déserte. C’était une maison aux murs rouges bordeaux, accolée entre deux autres mitoyennes, de trois étages. Matteo frappa deux coups à la porte d’entrée et attendit. Puis elle s’ouvrit à moitié, laissant apparaitre dans l’entrebâillement un individu encapuchonné.


Niente è reale… Commença l’Andreoli.
…tutto è lecito*. Compléta l’autre.

A la suite de cette formule, il ouvrit complètement la porte, laissant les deux nouveaux venus pénétrer la demeure.


Bienvenue à Pise, Emmanuela, Matteo. Quels sont les ordres du Maitre ?
Saluti, Kader ! Ezio nous a demandé de nous en référer à toi. Pendant ce temps Lui et Laura se sont rendu à la cathédrale, sans dire pourquoi. Nous avons rendez-vous ce soir ici.

L’arabe su immédiatement ce qu’était venu faire le Maître ici, à Pise. Il espérait que ce dernier trouve ce qu’il convoitait…


Bien. Montons, je dois vous présenter quelqu’un.

Les deux assassins suivirent leur frère et gravirent les escaliers qui menaient à l’étage.
Ils découvrirent une grande salle à manger, avec une table en bois et un chevalet près de la fenêtre derrière lequel était assis un individu.


Buon giorno ! Bienvenue dans ma modeste et peu spacieuse résidence ! S’exclama ce dernier avec un fort accent germanique, après s’être levé et effectué moult révérences.

Matteo arqua un sourcil tandis que la petite brune réprima un rire. L’individu avait une longue chevelure châtain, des yeux clairs et un bouc naissant. Son visage ovale et sa peau blanche lui donnaient un air délicat et sympathique.


Voici le signore Albrecht Dürer*, peintre et mathématicien de Nuremberg. Présenta Kader. Et voici Emmanuela et Matteo.

Les deux assassins saluèrent le châtain en lui serrant la main. Ce dernier rendit sa poignée de main au brun mais ne lâcha pas la main fine de la jeune femme, lui déposant un baisemain.


Donna mia… S’inclina-t-il tendrement.

La pauvre rougit et retira bien vite sa main, gênée, tandis que le bavarois lui fit un clin d’œil. Abdelkader qui avait compris le petit manège de son protégé s’empressa de devancer Emmanuela en paroles.


Veuillez ne pas prêter attention aux manières de votre hôte, c’est juste que l’huile d’olive ne lui réussit pas… Les mettait-il en garde, se massant la tempe.
Alors, quelle sera notre mission ? Demanda la femme, espérant changer de sujet.


Le peintre alla chercher son tableau et le leur montra. C’était une gravure représentant différentes formes géométriques et des calculs qui n’étaient que charabia pour les trois autres.


Voici une partie de mon œuvre. C’est un traité de mathématique sur le point de percer à jour des mystères même de la Nature ! Expliqua ce dernier.
Nous devons l’escorter jusqu’à sa ville natale. Informa l’assassin basané.
Et pourquoi sommes-nous aussi nombreux pour ce type de mission ? Demanda Matteo.
Des gens avec beaucoup d’argent et impatients veulent mes travaux, mais ils n’ont pas l’air commode. De plus on a déjà essayé d’intenter à ma vie. Répondit-il encore.
Vous pensez qu’il s’agit des mêmes personnes ? Questionna la petite brune.
Je ne sais pas, mais je paie bien pour le voyage de retour !

Le peintre sortit d’un buffet une bourse bien pleine qu’il tendit à Kader. Ce dernier vérifia. Le sac de toile était bien remplit de ducats d’or.


Attendons ce que dit le Maitre. Dans tous les cas, nous nous mettrons en route demain.

Le peintre appuya les dires de Kader en les gratifiant d’un sourire et… en dévisageant avec insistance Emmanuela, une lueur pleine de lubricité dans le regard. La pauvre, ne savant plus où se mettre, détourna les yeux vers la fenêtre.


Bon, vous avez fait un voyage harassant jusqu’ici, je pense qu’une petite collation vous fera le plus grand bien ! S’exclama le germain.

Il sortit d’un placard un grand pain, un jambon salé et un bocal d’olive qu’il disposa sur la table devant eux. Puis il compléta le tout en apportant du fromage de la cuisine et un couteau, ainsi qu’une carafe en cristal contenant du vin bien rouge.


Buon appetito ! Souhaita-t-il. Je vous prierais juste de faire très attention à ma cruche en cristal! Elle vient de Murano et de ce fait coûte très cher, de plus j’aimerais la ramener à Nuremberg en souvenir !

Les Assassins se mirent à table et débutèrent leur repas, tandis que le peintre alla se remettre à son ouvrage.



Ω Ω Ω



Pendant ce temps :


Ezio et Laura étaient arrivés à la Piazza Dei Miracoli, la Place des Miraculés, où se situaient la cathédrale du Duomo et son campanile penché*. La place était constituée d’une vaste esplanade recouverte par endroits de pelouses et bordée sur un flanc par les murs de la ville, qui formait le cœur religieux et monumental de la cité.
Des ecclésiastiques se promenaient çà et là de l’édifice recouvert de marbre blanc et vert.


Andiamo, Laura.

Les deux assassins se rendirent à l’est de la cathédrale et commencèrent à grimper la façade imposante à l’insu des promeneurs qui n’avaient rien remarqué. Arrivés sur le toit de l’aile nord, ils couraient sur les tuiles de marbre blanc pour se diriger vers le dôme central de l’édifice en forme de croix qui se trouvait plus au sud de leur position. Arrivés à la base du dôme, ils arrêtèrent leur course.


Ezio, les murailles alentour sont gardées de soldats en factions ! constata la blonde. Il vaut mieux que je reste ici pour prévenir leurs mouvements.
Tu as raison, Laura. Approuva le maître. Je te fais confiance, à ton signal je serais prêt à sortir.

L’assassine acquiesça et l’Auditore franchit les colonnes qui donnaient à l’intérieur de la coupole. Laura, quant à elle, elle escalada le dôme par les fines marches sculptées pour accéder au sommet où trônait la croix dorée. En effet, d’ici elle avait une vue incomparable sur la piazza Dei Miracoli ainsi que sur toute la cité pisane. Elle apercevait même plus loin le fleuve Arno qui se frayait un chemin sous les ponts fluviaux et entre les nombreuses habitations. Un aigle au plumage sombre déploya ses ailes et s’élança dans les airs au-dessus de la cathédrale. La blonde le suivit du regard un moment puis se concentra sur les gardes en faction alentour.

Linkpogo
24/01/2012, 17h17




Ezio se glissa dans l’ouverture sculptée dans la paroi qui donnait sur deux escaliers descendants et opposés qui donnaient sur un chemin de service faisant tout le pourtour de l’intérieur de la coupole, seulement séparé du vide par une balustrade circulaire en fer forgé. En dessous, les bancs en bois destinés à accueillir les ouailles et des rangées de colonnades aux chapiteaux sculptés. Ces mêmes colonnes soutenaient des étages supérieurs desquels le Maestro aperçu, rangés, divers matériels d’entretien et de chevalets de peintres.
Il fit le tour du chemin de service pour regarder vers le fond de l’édifice : des lustres rattachés au splendide plafond également sculpté étaient disposés à intervalle régulier jusqu’à la mosaïque du Christ qui s’étalait sur tout l’abside* du chœur.
L’ancien florentin ne manqua pas de remarquer le seul groupe de personnes présent en ces lieux qui y étaient regroupés et qui avaient une discussion animée, bien que leur conversation fût inaudible de sa position.
L’assassin décida de se rapprocher pour épier. Il enjamba alors la rambarde, sauta sur une colonne adjacente — se raccrochant à son chapiteau — puis il en gagna un autre à côté par un nouveau bond. Il prit appui avec ses pieds sur le cylindre et s’élança en arrière, se retournant dans les airs et se rattrapant au dernier moment au lustre qu’il venait d’atteindre. Il s’y hissa complètement, vérifiant que la chaîne qui le raccordait au plafond était suffisamment solide pour supporter son poids supplémentaire.
Ezio se propulsa une nouvelle fois pour attraper une barre transversale, puis toujours dans son élan, se balança et se servit de son nouvel appui pour gagner le lustre suivant. Il fit encore une fois ce type de manœuvre et atteint le dernier luminaire.
Il était à présent à bonne proximité du chœur et pouvait aisément contempler les comploteurs. Il devina aisément à qui il avait affaire : des Templiers. La plupart de ces individus portaient leur symbole, à savoir cette broche en forme de croix en métal richement décorée au centre de laquelle trônait une pierre rouge. Ils étaient six en tout : deux hommes aux riches vêtements, un homme en accoutrement de médecin, un cardinal et un capitaine qui portait le blason de la Couronne britannique.







Ça suffit ! C’est assez de vos jérémiades ! Tout le monde ! Tonna l’homme au masque de médecin.

Les autres se turent immédiatement, ils avaient l’air de craindre ce dernier. Seul celui qui était le plus âgé du groupe n’avait pas parlé et ne semblait guère craindre le dottore. Il était vêtu d’une élégante manière, une barbe bien taillée et grisonnante, un air bonhomme et sympathique.


Allons, Adraste, il n’est pas la peine de nous emporter inutilement ! Dit-il doucereux. Et vous autres, de s’inquiéter à l’extrême.
Bien père. Obtempéra l’homme au masque.

Les autres Templiers remercièrent intérieurement leur chef de modérer son fils au tempérament trop autoritaire.


Pour ce qui est du Royaume d’Henry*, il n’y a pour l’instant aucune inquiétude à avoir. L’épée de la Pucelle* est toujours en sécurité, non ? Demanda le chef.
Oui, bien sûr. Répondit le capitaine anglais.
Alors continue ton bon travail, Thomas de Leicester. Les moyens mis en œuvre par nos prédécesseurs en Royaume de France pour la récupérer étaient tolérés grâce à la dernière Inquisition, mais en ces périodes présentes, il nous est nécessaire de rester plus prudent.

Le dénommé Thomas inclina la tête en signe de révérence.


Bien. Venons-en aux faits actuels : fais entrer ce couard de Guido ! ordonna le chef à son fils en faisant un geste de la main.

Le médecin alla chercher le maraud enfermé dans une petite niche du chœur.


Allez, avance ! Imbeccile !

Le petit homme roux et à l’air mutin s’arrêta au milieu du cercle formé par ses maîtres. Il portait ses bras devant son visage, comme pour se protéger de coups qu’il allait essuyer.


Allons maraud ! N’as-tu rien à dire ? Demanda le cardinal, impatient.
Cesse de le brusquer, cardinal Montefeltro ! Ordonna le Maître des Templiers.
Signore Mazzei, je vous conjure de m’épargner ! Implora le pleutre. Je ne voulais causer aucun tort ! Mais dès que j’ai ouï dire qu’un Assassin était en maraude à Gubbio, c’était plus fort que moi, je n’ai pu rester et délivrer mon message ! j’ai néanmoins apprit par cette occasion la mort du Capo Consiglio Gino Montefeltro et je suis venu ici vous attendre !

Le piteux messager commença à verser des larmes, poussant des gémissements et des plaintes, tout en se signant continuellement de la croix.


Bien. Nous ne pouvons de toute évidence t’en vouloir de craindre cette secte dangereuse qui veut causer la perte de notre monde ! Sourit avec compassion le Maître des Templiers.
C’est vrai ? Demanda Guido, baissant lentement ses bras.
Mais oui, mon enfant ! Nous allons te guider sur le chemin de la rédemption !
Je ferais tout ce qu’il y a à faire pour m’absoudre ! Clama le messager, les yeux pleins d’espoir.

Le cardinal de Gubbio apposa les mains sur la tête du malheureux et prononça une courte prière en latin.


Adraste ! ordonna le Mazzei. Guide donc notre ami sur le chemin de la rédemption !
Oui père.

L’espoir dans le regard du pauvre Malatesta fit place à l’horreur quand il entendit cette sentence et la main gantée de cuir du médecin empoisonneur le saisir d’une poigne de fer.


Non ! Mon Maître ! Je vous conjure de m’épargner ! Brailla le malheureux.

Mais ce dernier se fit trainer par l’alchimiste français dans une chambre à l’écart pour lui administrer le dernier breuvage de plantes qu’il avait concocté, aux effets dévastateurs sur l’organisme.
Les autres attendirent un moment, guettant les moindres glapissements du malheureux, qui finirent par s’arrêter.
Quand le calme fut revenu, le Maître de l’Ordre reprit la parole.


Allons, chacun retourne d’où il vient. Une nouvelle activité des Assassins depuis la mort de Cesare il y a quelques mois ne présage en effet rien de bon pour nos objectifs. Conclut-t-il.

Les membres acquiescèrent puis quittèrent le chœur pour se disperser mais Domenico Mazzei retint l’un d’eux pour continuer à lui parler.


Allons, Helmut ! qu’en est-il de notre affaire avec le peintre ?

Le noble bavarois se retourna pour faire face à son supérieur.


Je crains que son séjour à Pise ne prenne fin, nous laissant peu de marge de manœuvre. Mais sinon, un accident est vite arrivé sur le voyage de retour à Nuremberg… Proposa le germain.
Bien. Mais n’oublie pas que nous avons besoin de ses recherches ! Elles sont primordiales pour mettre la main sur l’artéfact ! Prévint le chef. Je compte sur toi, vu qu’on ne peut compter sur cet imbécile de Guido ! De plus, le cardinal de Gubbio flaire l’incompétence dans ce domaine !
Faites-moi confiance, Herr Mazzei ! Je m’en charge !

Les deux derniers Templiers se séparèrent enfin et quittèrent le lieu saint.



Linkpogo
24/01/2012, 17h18



Laura vit des individus appartenant à différentes classes de gens sortir de l’édifice catholique. Quelques instants après, elle entendit le sifflement de son Maître qui lui signalait sa présence sur le toit de marbre. Elle descendit le rejoindre.


Alors ? Demanda-t-elle.
Moi qui suis venu chercher des réponses personnelles ici, voilà que je surprends des Templiers en pleine conspiration ! S’exclama-t-il.
A quoi devons-nous nous attendre ? Demanda-t-elle.
A ce que la sainte Madonna me punisse de ne plus me rendre à son chevet pour la réconforter… Lui répondit-il avec un regard lubrique.
Vous feriez mieux de ne pas trop blasphémer, mentore, le Seigneur ne vous pardonnera pas !
Depuis quand es-tu si dévote, Laura ?

La blonde rit tout en descendant les derniers mètres du dôme et gagnant les côtés de son mentor de sa démarche féline, à pas de velours.



Depuis jamais ! Mais c’est toujours avec recueillement que j’arpente les édifices religieux. Cela me rappelle mon ancien temps…

Ezio la regardait, elle avait les yeux dans le vague, plongée dans ses souvenirs. Mais il la fit revenir à la réalité bien vite.


Plus sérieusement, je vais laisser de côté ma quête personnelle* pour quelques temps, dans l’immédiat, nos impératifs changent. Retrouvons d’abord les autres à la cache de Kader.

La femme acquiesça et suivit son mentor en direction de la cité.


Ω Ω Ω


Matteo était assis sur le rebord de la fenêtre, un pied également posé dessus, l’autre se balançant dans le vide. Il contemplait le quartier baignant dans la lumière du soleil couchant. Quelques étoiles accompagnaient la Lune dans sa prise de pouvoir de la voûte céleste encore bleue où elle règnera toute la nuit. L’Andreoli dégustait encore une des succulentes figues mûres au sirop rafraichissant que son ‘frère’ avait cueillit sur une colline à l’extérieur de la ville où les figuiers côtoyaient les oliveraies.
Il entendit un clapotis. Emmanuela sortit de la baignoire qu’elle déboucha pour vider l’eau, puis attrapa un drap accroché à proximité avec lequel elle s’essuya énergiquement. Puis elle se servit d’une autre serviette pour se sécher les cheveux, qu’elle coiffa en turban sur sa tête. Elle se rapprocha du brun et lui chipa le reste du fruit, lui offrant un sourire avant de croquer dedans. Matteo la contempla. Elle n’était pas encore une assassine confirmée, mais déjà une très jolie femme bien faite, du haut de ses dix-huit printemps. Elle se dirigeait à présent vers le lit pour saisir ses habits. Elle défit son turban, laissant ses cheveux noir et mouillés tomber sur son dos, ils atteignaient ses fesses. Puis elle enfila sa panoplie.
Matteo et Emmanuela n’étaient jamais gênés de se voir nus l’un l’autre, il n’y avait pas d’ambiguïté entre eux, ils se considéraient comme frère et sœur et se respectaient mutuellement bien plus qu’avec les autres.

L’Andreoli saisit un nouveau fruit sucré dans sa poche et reporta son attention vers l’extérieur tout en croquant dedans. Puis l’ayant fini, il s’essuya les mains à son pantalon, avant de remettre ses gants.


Ezio et Laura ne vont pas tarder à nous rejoindre. Dit-il pour briser le silence.
Oui. Tenons-nous prêts alors.

Un bruit à l’extérieur attira l’attention de l’assassin. Cela venait d’en-dessous de lui. Il baissa la tête et constata que la fenêtre de la chambre inférieure était ouverte. Curieux, il sortit et descendit le mur de pierre pour l’atteindre. Quand il vit à l’intérieur les deux individus mettre l’atelier d’Albrecht sens dessus-dessous, il s’engouffra de suite dans la chambre. D’un bond il fondit sur le premier qui n’eut le temps de se retourner et lui balança un magistral coup de pied dans la tête qui l’envoya se cogner contre le mur et l’assomma. Mais quand il vit le deuxième sortir une dague pour poignarder le peintre qui venait d’ouvrir la porte, alerté par le raffut, il n’eut que le réflexe de dégainer un couteau de lancer qui vint se figer rapidement dans la nuque du malandrin qui tomba raide mort.


Mais qu’est-ce qui se passe ici ?! Demanda Albrecht, sous le choc.
Des voleurs ! Prévint l’Andreoli.

Ils furent vite rejoints par Kader qui arrivait derrière le peintre. Celui-ci pointa du doigt en direction de son compagnon.


Matteo ! L’autre s’enfuit !

Le brun se retourna pour voir à temps le malfrat qu’il avait précédemment assommé — pas si sonné que ça — s’enfuir par la fenêtre, gagnant le mur de la maison voisine d’un bond, remontant jusqu’au toit.


Je vais le poursuivre !

L’Andreoli laissa à Kader le soin de fouiller le cadavre dans l’atelier, puis s’élança à la poursuite de l’autre.
Le fuyard était un bon bougre à escalader les murs et courir sur les toits, mais Matteo l’était bien plus, il se déplaçait de cette façon depuis plus longtemps que l’autre. Le malandrin parcourut ainsi une dizaine de toits, mais voyant que l’assassin à sa poursuite gagnait du terrain, il dû changer de tactique pour le semer. C’est pourquoi il sauta sur la tonnelle en toile en contrebas face à lui puis s’enfonça dans la foule de passants, sous les protestations et les insultes du marchant abrité sous ladite tonnelle maintenant déformée.
Matteo avait aussi gagné le sol. L’avait-il perdu ? Ces citoyens qui formaient une foule presque compacte étaient les derniers badauds qui regagnaient leurs demeures respectives.
En temps normal, il ne pourrait retrouver sa cible parmi cette foule.
En temps normal.
Mais il était un Assassin. L’Andreoli se concentra. Les quelques gardes aux coins des rues ne semblaient que se soucier de comment ils allaient dépenser leur paie, peut-être à la taverne ou la maison de passe, se débarrassant de leurs armes encombrantes ; des nobles gras et paisibles qui marchaient d’un pas fier, ne soupçonnant pas leurs porte-monnaie pleins de florins s’en aller avec le premier coupe-bourse qui passait ; ou encore ces quelques courtisanes qui camouflaient leurs gloussements derrière leurs éventails en voyant le jeune et charismatique assassin se diriger dans leur direction.
Mais il n’avait pas l’intention de les rencontrer, celui qui l’intéressait venait de se dérober dans une ruelle sombre à quelques pas derrière elles. Il s’empressa de s’engouffrer entre les murs des bâtisses à son tour.
Plongée dans la pénombre, la ruelle était vide de toute présence humaine. Du moins, en apparence…
Matteo s’avança prudemment jusqu’au milieu d’elle. Soudain, il sentit un déplacement d’air dans son dos et fit une roulade en avant sur les pavés pour éviter le coup de lame qui voulait l’occire. Il se redressa et dégaina son épée pour parer à temps les coups de son adversaire qui avait surgit d’un recoin. C’était bien le malfrat de chez Dürer ! Il essuya encore quelques passes d’arme mais finit par prendre l’avantage en balayant rapidement les pieds de son adversaire, le mettant ainsi à terre. Il fit valser son fauchon* d’un coup de lame et pointa l’extrémité sur sa gorge, le menaçant d’estoc.


Pour qui travailles-tu ? Répond ! Ordonna l’assassin.

L’autre sourit, les sourcils froncés.


Ma vie ne t’appartient pas, coglione ! insulta-t-il.
Je te jure devant Dieu que je vais te pourfendre si tu ne parles pas !
Tu perds ton temps, assassin ! Je ne trahirais pas mon maître, tue-moi, plutôt !

Matteo contempla son visage pendant quelques instants qui parurent une éternité. Le maraud était déterminé, gardant son sourire moqueur figé sur ses lèvres ; il était déterminé à mourir. L’Andreoli ne se le fit pas dire deux fois et enfonça sa lame.


Stupido ! Injuria Matteo, qui aurait préféré qu’il crache le morceau.

Puis il rangea son épée au fourreau et se mit à fouiller le trépassé. Dans une sacoche, il saisit une pièce d’argent brillante dans la lumière lunaire, qu’il contempla entre ses doigts.
L’assassin reconnue l’effigie : c’était un Gros de Prague* ce qui voulait dire que ces deux hommes étaient à la solde d’un haut personnage germanique, donc du Saint Empire Romain. Sûrement d’un partisan de l’Ordre du Tempe…

Il fallait tout de suite prévenir Ezio et les autres…

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‘’Niente è reale, tutto è lecito’’ : ‘’Rien n’est vrai, tout est permis’’ : J’ai fait des recherches sur des sites italiens, c’est la traduction (pas littéraire par rapport à nous en français).

Albrecht Dürer : C’est un peintre, graveur et mathématicien allemand ayant réellement existé et célèbre.

Cathédrale du Duomo et le campanile : Il s’agit de la célèbre cathédrale et de la tour de Pise.

L'abside : du latin absis lui-même dérivé du grec ἁψίς (voûte, arcade), est la partie qui termine le chœur d'une église, soit par un hémicycle, soit par des pans coupés, soit par un mur plat.
L'abside, située à l'arrière du chœur est généralement orientée vers l'est.

Henry : Il s’agit à cette époque d’Henry VII d’Angleterre, de la dynastie des Tudors, père du célèbre Henry VIII.

La Pucelle : Il s’agit de Jeanne d’Arc, qui mourut en 1431, vendue aux anglais. Elle était la dernière à posséder l’épée d’Eden après les légendaires Arthur Pendragon et Persée, puis les Templiers s’en emparèrent.

La quête personnelle d’Ezio : Nous verrons çà dans Assassin’s Creed Revelations !

Fauchon : épée

Gros de Prague : Le gros de Prague est une unité monétaire d'argent, créée sur les conseils de banquiers et d'avocats lombards, en 1300, par le roi de Bohême Venceslas II. Elle est longtemps la monnaie de référence en Europe centrale. Son nom est issu du latin denarius grossus ou ‘gros denier’.

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Désolé du triple post, mais le chapitre est assez long, je ne peux mettre que 10000 caractères par réponse...

bee61
24/01/2012, 17h56
j'aime bien, c'est bien rythmé et cohérent sur la durée:)
le petit bémol, c'est les points à la place des tirets dans les dialogues, ça perturbe un peu ...
je te trouve bien aimable avec le lecteur, avec toutes ces notes ; je les laisserais se dém.. de faire l'effort de chercher sur le net ou dans un dico, moi !! (c'est mon côté farceur ça:p)

sinon, du jambon salé, du fromage et des olives, bravo pour crever de soif, la carafe a pas du faire long feu :D

allez hop, au boulot, la suite

Linkpogo
24/01/2012, 18h18
Dans mon texte original ce sont des tirets, mais c'est la mise en page du forum qui les remplace...Eh oui que veux-tu, pas de frigo a l'époque, fallait du sel pour conserver tous ces aliments! Donc la carafe... Et je pense qu'ils avaient un estomac en béton a l'époque!!!;)

Et un fanart de Matteo un peu trop rapide (certains l'ont peut-être déjà vu)

http://fc03.deviantart.net/fs71/f/2011/215/2/e/assassin__matteo_by_linkpogo-d43319i.jpg

Linkpogo
30/01/2012, 17h27
Voci la suite!

MEMOIRE 5 (partie 1)


Le lendemain matin, aux alentours de Pise.

Les cinq Assassins s’étaient réunis à la sortie de la ville. Ils se séparaient ce matin même, dans la fraicheur de l’air et les premières lueurs de l’aube, l’heure à laquelle les hommes de Dieu se consacraient à la Prime, une prière de l’office divin. Matteo avait les yeux dirigés vers la voûte céleste bleue métallique, sur laquelle des nuages rosés par les rayons solaires étaient éparpillés en une rosace tourbillonnante. Absorbé dans sa contemplation, il se remémorait l’attaque de la veille et de l’homme auquel il avait pris le pouvoir d’enlever la vie. Le vent lui fouettait le visage, tandis que les cloches au loin sonnaient la septième heure et que quelques pigeons roucoulaient déjà de bon matin.


Matteo ! arrête de rêvasser ! le peintre arrive ! l’interpella Emmanuela.
Le rêveur sortit de sa léthargie et quitta le ciel des yeux pour se concentrer sur des événements plus terre à terre. En effet, un chariot à quatre roues tiré par deux chevaux bruns s’éloignait de la porte dans la muraille de la cité et se dirigeait dans leur direction. Le conducteur n’était autre qu’Albrecht Dürer, l’artiste qu’ils devaient escorter jusqu’à sa ville natale, Nuremberg en Bavière.
Arrivé à la hauteur des membres de la Fraternité, il les salua avec un geste de la main et stoppa ses chevaux. Ezio commença à converser avec ce dernier tandis qu’Abdelkader et Matteo jetaient un coup d’œil au contenu du chariot. Quelques meubles, deux malles de livres et les fournitures de l’artiste formaient ses bagages.


Deux de mes assassins formeront ton escorte pour ce voyage, et ce jusqu’à destination ! expliqua le Maître de la Confrérie au peintre. Mais peut-être devrais-je en laisser un à Nuremberg, par protection ? Proposa-t-il.
Grazie Ezio, mais là-bas je bénéficierais de la grâce de haut dignitaires et de riches mécènes ! remercia le bavarois en massacrant la langue péninsulaire avec son accent germanique.
Le peintre chevelu et au bouc saillant sortit une bourse pleine de monnaie et la présenta à l’Auditore.


Veuille accepter ces quelques Ducats pour votre peine et aussi c’est ma contribution pour que les chemins de la Liberté restent accessibles à tous !
Ne t’inquiète pas, tant que des hommes et des femmes se battent pour elle, la Liberté ne portera jamais aussi bien son nom ! Merci à toi mon ami et fais bien attention sur le chemin du retour ! S’exclama Ezio. Laura et Matteo ! C’est à vous que je confie la vie d’Albrecht !
La blonde inclina rapidement la tête, le poing serré contre la poitrine puis elle monta sur son cheval. Quant à l’Andreoli, il n’avait pas entendu les ordres de son mentor, trop absorbé à vérifier tous les biens de l’allemand. C’est Kader qui le rejoignit et lui tapa sur la tête pour attirer son attention.


Eh ! ça fait mal ! protesta Matteo.
J’n’aurais pas besoin de te battre si tu écoutais quand on te parle ! Rit le basané. Tu es chargé d’escorter notre ami il perverso…
Sérieux ?! protesta le brun, les yeux exorbités.
Viens par là. Ordonna l’assassin d’origine arabe en faisant signe du doigt.
Il l’attira à deux pas du groupe et désigna du menton l’allemand et d’autre part la benjamine du groupe.


Tu te souviens de son accueil, hier ?
Euh oui. Qu’y avait-il de spécial ? demanda Matteo, qui ne comprenait pas où son camarade voulait en venir.
Ce type est un vrai obsédé et la discepola Emmanuela est une fille très timide et avant tout trop gentille, il va la faire tourner en bourrique et elle sera trop gentille pour lui donner des baffes.
Kader interrompit son explication et saisit le menton de son fratello pour orienter son regard vers l’autre groupe. En effet, Albrecht recommençais son petit numéro comme la veille.


Moi les femmes, je les respecte énormément ! Sourit le peintre à l’attention de la pauvre brune qui ne savait plus où se mettre.
Eh bien… C’est une bonne chose… balbutia-t-elle en tournant les yeux vers son maître, cherchant de l’aide.
Mais ce dernier se contentait de rire doucement en se tenant le menton.


Jeune demoiselle, soyez forte et aguerrie ! Et surtout, gagnez toujours plus en superbe ! Complimenta encore le Dürer en faisant un baisemain amoureux à la brune.
Kader rit à son tour en remarquant Matteo la bouche bée.


Alors, tu saisis ?
Je saisis… Mais à part moi, la deuxième personne qui l’escorte, c’est Laura—donc une femme— de plus, faut reconnaitre que du haut de ses vingt-et-un ans, son charme sous toutes ses formes ne va pas laisser notre ami indifférent… Il ne va pas laisser cette occasion passer ! Répondit Matteo.
Peut-être, mais elle, comparé à Emmanuela, c’est une créature dangereuse !
En effet, Albrecht s’attaquait déjà à sa nouvelle cible. Il s’inclina devant la charmante blonde et lui offrit un magnifique sourire en guise de préambule.


Cara mia* ! Sache que si tu le veux, je te respecterais chaque matin, chaque midi et chaque soir* ! Chantonna-t-il presque.
La blonde soupira. Et pour toute réponse, elle dégaina un couteau de lancer avec une rapidité déconcertante et le lança sur l’artiste. Le projectile l’effleura et alla se planter dans l’herbe à côté de lui. Une fraction de seconde plus tard, son pantalon tomba, faute de ceinture découpée à cause de la lame, le laissant seulement en sous-vêtements.
Tous les autres assassins rirent à gorge déployée, tandis que le défroqué dégluti tout en ramassant son vêtement.


Alors tu vois ! Pas de souci à se faire pour Laura ! Elle saura le remettre à sa place ! Conclut Kader.
C’est vrai que vu comme ça, le voyage se passera dans le calme… Répondit Matteo.
Les deux hommes rejoignirent enfin les autres et l’Andreoli s’apprêtait à monter sa monture quand Ezio se posta face à lui.


Tu ferais mieux de prendre place aux côté de Dürer sur le chariot. Comme çà, si Laura et toi êtes séparés, il y en aura de toute façon un en protection permanente.
Bien Maître.
Prend ceci également.
Le mentor tendit un mécanisme à poudre que le brun saisit et l’aida à fixer sur son brassard gauche.


Tu en auras sûrement besoins lors de cette mission.
Merci Maître.
Une dernière chose, n’oubliez pas de m’envoyer un message une fois arrivés à destination.
Ce sera fait. Approuva l’Andreoli.
Matteo grimpa sur le véhicule en bois, s’assis à côté d’Albrecht sur le banc de pilotage et s’empara des rênes. Emmanuela tendit une arbalète à sa sorella* puis enfin ils se saluèrent tous une dernière fois.
Enfin ils se séparèrent, le convoi vers le nord, en direction des Alpes et au-delà, tandis que les trois autres cavaliers prenaient la direction de Rome, la ville millénaire.


----------------

Cara mia : ma chère

‘’Je te respecterais chaque matin, chaque midi et chaque soir’’ : Inspiré d’un sketch de Stéphane Rousseau.

Sorella : sœur en italien. Je vais utiliser assez souvent les mots ‘fratello’ et ‘sorella’ pour désigner les membres de la Fraternité entre eux et ainsi éviter les confusions pour les lecteurs que si j’utilisais ‘frère’ et ‘sœur’.

http://fc08.deviantart.net/fs71/f/2011/280/8/6/laura_di_marzo_by_linkpogo-d4bwsfv.png

bee61
30/01/2012, 18h06
si nous aussi, on est blonde à forte poitrine, on peut t'écrire , c'est ça ?:p

c'est sympa, bien rythmé, des traits d'humour, c'est bien:)
j'aime bien le coup du lancer de couteau, j'en ai souvent rêver irl:rolleyes:
mais, qu'est-ce qu'ils sont bavards, tous ces braves gens !!

Linkpogo
30/01/2012, 18h17
En fait, ce n'est que le tier du chapitre, donc c'est pour ça que ça te parait beaucoup comme du blablattage... Il y a plus d'action à la fin du chapitre-ci et des combats dans le chapitre suivant. Je comprend que selon la découpe des message, ici les chapitres peuvent générer moins de dialogues en général et le déroulement de l'histoire aller plus vite, mais cette histoire, je le rapelle, a été écrite sur fanfic-fr.net où les chaiptres sont hébergés en format web (donc plus grande capacité de stockage qu'un message sur forum! ^^' Par exemple, la MEMOIRE 5 fait plus de 4000 mots pour à peu près 24000 caractères...

Ah, et pour ces dames, il y aura peut-être de l'éxagération de bonnet entre le texte et les illustrations (en effet si Laura a 21 ans et sans chirurgie à l'époque, pas de poitrine Xsize! Mais bon, j'assume mon fantasme dans mes dessins, héhé...;))

bee61
30/01/2012, 20h14
c'est vrai que ça pose des problèmes de découpage ces limites de caractères, on ne verra pas de nouveau Dostoïevski ou de nouveau Proust sur le net, je crois ..
par contre, ça relance les techniques de narration du feuilleton dans les journaux façon XIXème siècle ..
sinon, j'ai pas trouvé que les dialogues étaient du blablatage, ils sont sympas:)

Linkpogo
31/01/2012, 07h08
Oui, quand je disais blablatage, j'n'ai pas utilisé le mot exact, mais c'était pour signaler que mes personnages aiment la communication! ;)

MEMOIRE 5 (partie 2)


Bellinzona, Vallée Ticino, Confédération helvétique, quelques jours plus tard.


La vallée du Tessin était une terre riche en rivières, verte et boisée et propice à toute sorte de cultures, entourée de montagnes au nord et par le fleuve Pô au sud. Bellinzona était l’un des points de ralliement des Assassins et servait aussi de cache pour des missions. Dans cette ville, une petite auberge discrète pouvait les abriter en toute discrétion et de façon incognito ; elle était gérée par les Traditori, un vieux couple de catholique fervents et fiers qu’Ezio avait aidés par le passé.
Matteo avait aidé Albrecht à ranger le chariot dans l’atelier interne de l’auberge, puis il rejoignit Laura dans le salon d’accueil.
Celle-ci était en train de payer dame Rozaria Traditori, une petite vieille énergique et sympathique, à l’allure solide et à la démarche franche malgré sa patte folle qui rabotait le sol du bâtiment. Ses cheveux blancs et courts semblaient former une couronne de sagesse et l’expérience de la vie qui se lisait sur son visage fatigué et ses yeux pâles cohabitaient avec son humeur joviale.
Matteo alla saluer Elio Traditori, le vieux mari au sourire perpétuel et cloué sur son vieux fauteuil, à l’identique de la dernière fois où il était venu ici, à croire qu’il ne s’en séparait jamais.


Venez mes enfants, suivez-moi ! ordonna la petite vieille.
Les deux assassins, suivis du peintre germanique qui les avait entretemps rejoints, se calquèrent sur les petits pas rapide de l’octogénaire. Les murs qui les entouraient renvoyaient l’odeur aigre de la vieille brique tandis que les escaliers en bois cirés grinçaient sous leur pas et que les flammes des chandelles semblaient vaciller dès qu’ils passaient devant. Ils arrivèrent devant une porte au bois commun mais légèrement décorée de motifs gravés. La maîtresse des lieux l’ouvrit, découvrant une chambre assez spacieuse où deux lits étaient disposés de chaque côté de la pièce accolés chacun à un des murs blancs opposés. Une étroite armoire et un meuble avec un bac d’eau surmonté d’un miroir complétait le mobilier. Rozaria alla ouvrir la fenêtre pour laisser entrer l’air pur, rafraichissant la chambre malgré son entretient impeccable.


Vous êtes sûrs qu’une chambre et deux lits suffiront ? demanda-t-elle encore une fois. Ah ! je sais ! Matteo et toi dormirez ensemble, j’ai compris ! souri-t-elle.
L’Andreoli sentit le rouge lui monter aux joues et s’apprêta à répondre mais sa coéquipière le devança.


Oui, c’est ça ! assura la blonde. C’est pour se sentir en sécurité ! Inventa-t-elle.
La vieille sembla se contenter de cette réponse et après leur avoir indiqué l’heure du souper les quitta. Matteo fit les grands yeux envers sa sorella qui se contenta d’hausser les épaules, tandis qu’Albrecht s’abstint de commenter sous peine de représailles de la part de la dangereuse mais non moins séduisante blonde. Oui, les deux hommes ne pouvaient le nier et le remarquaient bien— de plus, depuis qu’ils avaient pénétré l’auberge, les deux assassins avaient retiré leurs capuches— la jeune femme en profita pour tirer sa soyeuse chevelure blonde en arrière, les attachant en queue de cheval et passant ses mèches derrière les oreilles. Le peintre avait trouvé un jeu : il essayait de contempler les magnifiques yeux bleus limpides de l’assassine à chaque occasion tout en se gardant de se faire prendre.
Matteo quant à lui savait pourquoi ils n’avaient pris qu’une chambre à deux lits : pendant que le peintre dormirait, les deux assassins se reposeraient à tour de rôle, chacun montant la garde une partie de la nuit. Mais il était étonné de la façon dont Laura avait expliqué à Rozaria leur choix.
Finalement il laissa ses questions de côté et aida le peintre à ranger sa malle dans un coin.


Attention, Matteo ! Je tiens à cette malle presque autant que ma vie ! Prévint l’artiste.
Pourquoi ? Que contient-elle ? Demanda l’Andreoli.
Eh bien… Divers souvenirs de l’Italie ! Assura le peintre.
Pour preuve, il ouvrit la malle et leur dévoila son contenu : en effet, divers bibelots, miroirs, et autres objets, ainsi qu’un tableau enveloppé d’une toile.


On fera attention alors. Assura la blonde, qui contemplait l’extérieur, les coudes posés sur le rebord de la fenêtre.





Les trois voyageurs étaient descendus dans la salle à manger pour prendre le repas du soir. C’était la plus grande pièce de l’auberge, composée d’un côté de la cuisine qui en faisait partie intégrante et le reste était garni de six grandes tables, une armoire et une cheminée et percée de trois fenêtres. Rozaria avait préparé une bonne soupe de légumes bien épaisse, juste de quoi se remplir le ventre. L’automne voyait ses températures commencer à baisser et l’hiver arrivait à grands pas pour lui prendre sa place. La chaleur du foyer de la cheminée était réconfortante et la bonne odeur titillait les narines et ouvrait l’appétit des estomacs durs à convaincre.
Le trio se mit à table. En entrant dans la salle, ils avaient remarqué que les seuls autres pensionnaires de l’auberge étaient un groupe de six joyeux saltimbanques qui riaient à gorges déployées, animant l’établissement de leur humeur chaleureuse et emplissant les oreilles de leur brouhaha.


Le carnaval de Venezia est pourtant passé depuis belle lurette… Pensa à voix haute Albrecht.
Tu ne crois pas si bien dire… Répondit Matteo.
L’un des joyeux lurons, un arlequin au costume aux couleurs vives—une chemise et un pantalon bouffant aux bandes bleues et vertes, ainsi qu’un masque de carnaval et un chapeau— les remarqua et se leva en faisant le pitre et déambula jusqu’à eux.


Allons, fiers compagnons ! Joignons nos amis à notre petite effronterie ! chantonnait-il.
Il ramassa trois pommes dans le panier disposé sur la table des assassins et se mit à jongler tout en dansant. Le peintre souriait, il était charmé. Jusqu’au moment où le bouffon fit mine de perdre l’équilibre et laissa tomber ses fruits. Mais Matteo les rattrapa en un éclair.


Eh bien ! Tu as de bons réflexes dans les mains mon fieffé coquin ! Foi d’Arlequin !
Les autres itinérants applaudirent à tout rompre l’exploit de l’homme en blanc. Ils avaient bien noté la vitesse dont il avait fait preuve.


Tu ferais mieux de réviser ton numéro. Conseilla le brun, qui avait cependant compris que le bienheureux avait fait semblant de perdre l’équilibre. Mais pas devant notre table. Per favore*.
Mais non, je vais le recommencer et cette fois-ci je ne vais pas le rater ! clama le saltimbanque.
Soudain un éclair jaillit et atterrit sur la table en bois, à quelques centimètres des roubignoles de l’arlequin. Ce dernier baissa lentement la tête, scrutant le poignard planté nettement dans une rainure entre deux lattes de bois. Puis il releva la tête, Matteo se pinçait l’arête du nez devant une Laura au regard pourtant neutre, la main encore dressée devant elle dans son mouvement de lancer.


Tu feras ton numéro ailleurs, on t’a dit. Ordonna-t-elle froidement.
Le pitre n’en revenait pas. Albrecht déglutit. Le peintre savait que cette magnifique créature était très dangereuse et qu’elle n’hésiterait pas à faire regretter quiconque lui faisait répéter les choses. A moins qu’elle ne répétait rien et passait à un exemple concret tout de suite après le seul et unique avertissement…


Eh bien, jolie lame que tu as là, carina mia* ! susurra une voix féminine.
Derrière l’arlequin, une autre saltimbanque s’approchait. Elle était vêtue d’un accoutrement similaire au premier, mais son costume était composé de bandes pourpres et dorées.


Moi aussi je lance les couteaux. Expliqua-t-elle à la blonde. Les gentils nobles adorent mon spectacle, surtout quand mon frangin fait office de cible !
Mais Caha, ne leur dis pas ça ! protesta le bouffon.
Tais-toi un peu Cahin ! nos amis ne sont pas d’humeur à s’amuser on dirait.
L’arlequine caressa sensuellement la lame plantée dans le bois de la table tout en scrutant langoureusement le visage sans émotions mais dur de la blonde, alors qu’Albrecht dévorait la femme masquée des bottes à la cagoule, surtout son décolleté.


Veuillez encore nous excuser du dérangement. Finit-elle d’un ton mielleux.
Elle saisit le manche du couteau néanmoins et essaya de le retirer mais en vain. Finalement elle lâcha l’affaire et saisit son frère par l’épaule.


Allez viens Cahin. Allons manger. Ordonna-t-elle.
Les deux masqués regagnèrent leurs places sous les regards inquisiteurs des assassins et l’indifférence factice de leurs quatre autres compagnons. La vieille Rozaria arriva à temps entre les tables avec un chariot qu’elle avait poussé depuis la cuisine sur lequel une scintillante marmite de cuivre était posée. Il était temps de détendre l’atmosphère.


La soupe est prête, mes enfants. Allez, régalez-vous et n’hésitez pas à en redemander ! clama-t-elle.
à suivre...

bee61
31/01/2012, 12h08
attention à toi mon gaillard ...
la Guilde des Arlequines va veiller de près à la façon dont tu vas traiter sa figure la plus emblématique, sa fondatrice
et dis à Albrecht de se méfier des décolletés empoisonnés:p

Linkpogo
31/01/2012, 15h44
Je fais partie de la ligue des arlequins expatriés à Constantinople, Bee! Dürer est un vrai obsédé!

MEMOIRE 5 (fin)

Les deux Assassins et le peintre étaient partis de bonne heure le lendemain matin. Ils avaient attelés leurs chevaux reposés et avaient repris la route. Le silence régnait, aucun n’avait commenté même ce qu’il s’était passé la veille. Après quelques heures de route, ils avaient bientôt atteint la chaîne de montagnes.
Cependant, Matteo avait un mauvais sentiment. Il scruta sa sorella qui chevauchait à côté du chariot à la même hauteur que le conducteur. Finalement, sentant qu’on la regardait elle tourna la tête et contempla les orbes verts du brun qui croisèrent les siens azurs. Laura lui rendit son regard préoccupé et, d’un léger hochement de tête, ils s’étaient mis d’accord sur la manœuvre à utiliser. La blonde saisit donc son arbalète fixée dans son dos et l’arma rapidement puis guida sa monture pour se tourner sur le côté et décocha son carreau qui fondit rapidement sur sa cible derrière le chariot. Le projectile transperça l’épaule d’un de leurs poursuivants qui chuta en arrière sous la force du coup et tomba de cheval.

- Les saltimbanques ! prévint la blonde à ses compagnons.

En effet, leurs poursuivants n’étaient autres que les six artistes de rue qu’ils avaient croisés la veille à l’auberge. Heureusement, grâce à Laura, seuls cinq des leurs étaient encore en état de se battre. Cahin et Caha en tête, suivis d’un bateleur, d’un pyro-jongleur et d’une acrobate.

- Tuez-les et emparez-vous du chariot ! ordonna l’arlequine.

Le bateleur et l’acrobate cavalaient de part et d’autre du chariot profitant que l’assassine était prise à partie par les deux bouffons. Les deux premiers réussirent à trancher d’un coup d’épée l’attelage des chevaux de trait ce qui fit stopper le chariot, privé de moyen de traction. Le bateleur fendait les airs de grands tours de bras avec sa lame, espérant trancher l’assassin. Mais Matteo comprit que cet individu ne savait pas magner correctement une épée et, dégainant la sienne, il plaça un bon coup dans l’autre. Les lames s’entrechoquèrent et après quelques échanges l’Andreoli fit valser celle de l’autre dans les airs. Surpris, le bateleur ne prit pas le temps nécessaire pour réagir et l’Assassin en profita pour lui infliger un rapide coup de lame rétractile dans la glotte, il mourut instantanément. Mais ce que Matteo n’avait pas prévu, c’est que la femme acrobate profita de la diversion de feu son compagnon pour se redresser sur son cheval et virevolta d’un salto sur le chariot.

- Matteo ! sur les bagages ! prévint Albrecht.

L’assassin se retourna mais essuya un coup de pied sur la tête. Il para les suivants avec ses bras, lâchant son épée qui tomba sur le chemin poussiéreux.

- Albrecht ! va te mettre à l’abri sous le chariot ! ordonna le brun.

Le peintre obéit et descendit en dessous. Pendant ce temps, Laura avait fort à faire entre les deux arlequins et le pyro-jongleur. D’ailleurs ce dernier n’arrêtait pas de lancer des boules enflammées sur elle. La blonde les parait tous de son épée mais devait en même temps esquiver les couteaux de Caha.

- Je te l’avais dit que moi aussi je lance les couteaux, ma jolie ! ricana cette dernière.

Laura esquiva encore une lame de justesse mais elle lui effleura la joue droite, laissant un filet de sang gicler au passage. Ce qu’elle ne put esquiver en revanche, c’était la nouvelle balle de feu qui atterrit dans les jambes de sa monture qui sous la douleur se cambra et fit chuter sa cavalière.

- Merda ! quelle plaies ceux-là ! jura-t-elle.

Elle se releva rapidement, sa vie en dépendait, malgré la douleur dans le dos à cause de la chute. Elle dégaina deux couteaux de lancer et les projeta en direction du pyromane, une des lames interceptant une énième balle de feu et de ce fait la renvoya en plein sur lui. L’infortuné sentit la lame se planter dans son ventre et le feu commença à lécher sa tunique puis finalement il s’enflamma entièrement. Il finit sa vie sans aucune aide et dans des cris atroces de douleur. Mais la blonde ne lui prêta pas plus d’attention que ça et se concentra cette fois-ci sur Caha. L’arlequine était descendue de sa monture. Laura lui fera payer cette erreur. Les deux se lançaient mutuellement des projectiles affutés, s’esquivant l’une l’autre dans un exercice habile et précis. Mais dans ce domaine elle se valait toutes les deux.

«Il faut que j’essaie autre chose !»

Et c’est ainsi que tout en continuant de lancer ses couteaux, elle se rapprochait au fur et à mesure de l’arlequine.

- Et si on essayait six lames en même temps ?! proposa Caha en ricanant sous son masque.

La bouffonne lança ses projectiles qu’elle tenait entre ses doigts une main après l’autre, ne laissant aucune chance à son adversaire. Laura voyait au ralentit les couteaux fondre sur elle. Mais dans un mouvement calculé au millimètre près, elle fit une roulade en avant, esquivant les armes mortelles et se redressa aussitôt pour arriver devant Caha qui ne s’y attendait pas. Elle la saisit à la gorge.

- Alors, comment tu comptes te battre au corps à corps, catin ?! cracha la blonde.
- Je te retourne la question, idiota ! tu n’as plus de couteaux !

En effet, Laura tâta sa veste à la recherche d’arme mais n’en trouva point. Elle n’avait plus son épée non plus. L’arlequine ricana en pensant à sa future victoire, mais son rire stoppa net quand l’assassine lui transperça tout de même le cœur de sa lame secrète.

- J’ai toujours une lame en permanence sur moi. Lui susurra-t-elle. Requiescat in pace !

Enfin la blonde laissa le corps inerte de son adversaire chuter mollement dans la poussière. Elle devait à présent s’occuper de son dernier ennemi, à savoir Cahin. D’ailleurs, où était-il passé celui-là ?
Laura sentit ses bras saisis en arrière et un bras entourant sa gorge. Elle était prise au piège.

- Tu vas payer pour avoir tuée ma moitié ! entendit-elle derrière elle.



Matteo faillit perdre l’équilibre sur une des malles du peintre, mais une fois avoir désarmée l’acrobate, cette dernière n’était plus qu’une rigolote sans défense. Il en profita pour la faire chuter du chariot et se jeta sur elle pour l’achever d’un coup de lame secrète dans la gorge.

- Requiescat in pace, toi aussi. Murmura-t-il.

Il se redressa, s’essuyant le front imbibé de sueur, malgré sa capuche qui le protégeait du soleil lourd. Le bavarois sortit de dessous le chariot et essuya la poussière sur ses habits.

- Ma belle tunique florentine ! elle est abimée ! pesta-t-il. Eh Matteo ! Ezio prend-t-il en compte les assurances pour les accidents de voyage…

Il arrêta de parler en voyant le signe de main de l’Andreoli lui intimant de se taire. Devant eux, Laura était prise en otage par Cahin, le dernier de la bande. Le rictus permanent de son masque stupide semblait se moquer d’eux.
- He bien, Assassin ! que comptes-tu faire cette fois-ci ? livre-moi l’artiste germanique et je la libère, malgré le fait que j’ai bien envie de la tuer pour venger ma sœur !

Matteo sentait que l’arlequin ne plaisantait plus, il ne s’exprimait plus en vers. Sa voix mélangeait colère et tristesse, même le désespoir.
- Qui sont vos commanditaires ? les Templiers ? demanda Albrecht.
- Peu importe ! C’est la vie de votre compagnon qui est en jeu, si vous ne faites pas ce que j’exige ! menaça-t-il, une lame sous la gorge de la blonde.

Matteo saisit sa dague.

- Qu’est-ce que tu crois pouvoir faire! se moqua le ravisseur. Tu lances ton couteau, elle sert de bouclier ! tu t’approches, je la tue !
- Vas-y Matteo ! encouragea la blonde.

L’Andreoli fixa les yeux déterminés de sa sorella. Elle était prête à risquer sa vie. Mais il ne pouvait pas se permettre de laisser les autres mourir pour lui. D’autres compagnons par le passé étaient morts pour lui, même si c’était complètement différent. Depuis, Ezio l’avait recueilli, l’avait formé et avait fait de lui un maître Assassin. Il se devait donc d’assurer le succès total de l’issue de cet affrontement. De plus, c’était son mentor même qui lui donnait la victoire, une fois de plus.
Il rangea sa dague, tendit son bras vers la tête de l’arlequin qui ne comprenait pas à quoi rimait cette mascarade, lui qui était fort en vers. Puis il appuya sur la gâchette et dans un vacarme raisonnant une sorte d’éclair jaillit de son brassard.
La balle avait pénétré le masque puis le visage de Cahin, entre es yeux. Celui-ci relâcha son emprise sur Laura tout doucement, dénué de vie, puis chuta à son tour au sol.

Matteo scruta l’arme à feu que l’inventeur Da Vinci avait construite pour Ezio, jadis. C’était la première fois qu’il l’utilisait et il l’aimait déjà. Il releva les yeux et accourut vers sa sorella qui fouillait déjà le cadavre à ses pieds. Elle en sortit une lettre dont le sceau était brisé et un pendentif en forme de croix métallique orné d’un rubis.

- C’étaient bien des Templiers. Expliqua-t-elle.

L’Andreoli se retourna vers le peintre qui les rejoignait.

- Albrecht, je crois que tu ne nous a pas tout dit.

Le bavarois soupira. La blonde lu la lettre.

- Oui c’est vrai. Mais ce que je vous ai dit est véridique. Ces gens veulent mes travaux à tout prix ! assura-t-il. En fait, c’est le résultat de mes recherches qu’ils veulent.
- Et qu’est-ce ? demanda-t-elle.

Elle tendit la lettre. L’artiste lu et déglutit.

- Qu’est-ce ?! redemanda la blonde, plus violement.
- Ça s’appelle Pomme d’Eden… murmura Albrecht.

bee61
01/02/2012, 18h40
ah mais, cette fin de chapitre m'avait échappé:mad:
soyons clairs : cette arlequine n'était qu'un vulgaire fake, namého !!
d'ailleurs elle n'avait même pas empoisonné ses lames .. tss ...:p

Linkpogo
01/02/2012, 21h47
ah mais, cette fin de chapitre m'avait échappé:mad:
soyons clairs : cette arlequine n'était qu'un vulgaire fake, namého !!
d'ailleurs elle n'avait même pas empoisonné ses lames .. tss ...:p

Haha Bee! J'étais sûr que t'allais péter un rond dans une botte de foin! Allez, console-toi en pensant que quand j'ai écrit ce chapitre, j'ignorais que Cahin et Caha avaient leur propre histoire dans les Project Legacy (je connais toujours pas l'histoire là d'ailleurs et si tu connais un site où je peux trouver les histoires du PL en français, STP, fais moi signe!).
Mais bon, c'était un beau combat, non?

bee61
02/02/2012, 10h30
ah bon ? première nouvelle pour l'histoire dédiée à Cahin et Caha .. du coup je suis preneuse aussi pour la lire

quant à la dernière question .... no comment, à part qu'on en a écartelé pour moins que ça:p

Finiarel01
02/02/2012, 19h22
Top cette Fic! je viens de la lire d'une traite, elle me plait énormément! J'adore l'expression "petit d'homme" dans la mémoire 2... Tu es un fan de mowgli?

Linkpogo
02/02/2012, 23h21
Merci Finiarel&!!!! Quant a petit e'homme, c'est pas que dans mowglie!!

bee61
03/02/2012, 11h00
exact, récurrent dans les écrits "coloniaux" de Kipling, lu dans "La Guerre du Feu" de Rosny-Ainé, et très (trop) souvent dans la littérature qui met en scène "le bon sauvage" qui a un peu de bon sens "paysan" (au sens plus ou moins péjoratif du terme) mais qui parle toujours bizarrement pour marquer son infériorité intellectuelle .. inversement, l'extra-terrestre s'exprime très souvent parfaitement, parce qu'il est intelligent et cultivé, lui : mais quand même moins que nous, puisqu'il perd quand il veut nous envahir, namého

Linkpogo
17/02/2012, 16h47
Bonjour à tous! Voici la suite de cette fiction, depuis le temps...

MEMOIRE 6 (première partie)

Vallée Ticino, à un jour de cheval au nord de Bellinzona, Confédération helvétique.


C’était la dix-septième heure de la journée. L’astre solaire continuait à décliner progressivement vers l’ouest. Les assassins avaient parcouru une très longue distance à l’intérieur de la Confédération, les chevaux avaient été très sollicités.
Mais maintenant ils s’étaient arrêtés au bord d’un petit lac pour se reposer. Albrecht faisait passer le temps en achevant un autoportrait qu’il avait commencé à peindre pendant son séjour à Pise. Les oiseaux alentours offraient des chants agréables qui se complétaient à la mélodie des clapotis voisins. Matteo contemplait la surface de l’eau limpide sur laquelle se reflétait l’œil du ciel et ses puissants rayons. Soudain la surface fut troublée puis brisée par un corps qui remonta rapidement, dévoilant une chevelure blonde flamboyante et des mains qui la tirèrent vers l’arrière, dégageant un visage fin dégoulinant d’eau.
Laura regagna la berge. Elle saisit un drap emprunté à Dürer avec lequel elle se sécha énergiquement le corps, puis un autre pour s’essuyer les cheveux, qu’elle enroula finalement en turban sur sa tête. Elle récupéra son pantalon sur une pierre où étaient posés ses vêtements et l’enfila. Puis elle s’assit sur la roche.

- Matteo, je suis prête, qu’on en finisse. Appela-t-elle.

Le brun sortit de ses rêveries et se concentra sur son objectif : il devait faire un nouveau bandage dorsal pour sa sorella. Il s’approcha donc de la femme qui levait les bras à l’horizontale. Il commença son labeur et fit un tour de buste en dessous de la poitrine de la blonde. Puis un autre.

- Qu’y a-t-il ? demanda-t-elle d’un œil suspicieux. Va plus vite, on n’a pas toute la journée ! Tu n’as jamais vus de seins ? Ça te trouble à ce point ?
- Bien sûr que si !rétorqua l’Andreoli pour sa défense, piquant un fard. Désolé, c’est bientôt fini !

La vérité était qu’il n’avait jamais vue une peau aussi blanche… Laura avait une couleur de peau diaphane, elle semblait de ce fait constituée de porcelaine comme en provenait des pays d’Orient, elle était si délicate qu’elle semblait pouvoir se briser si on la touchait. De plus, les égratignures et les ecchymoses sur son dos rendaient encore plus manifeste ce grain de peau.
Comparé à lui, à sa peau dorée par le Soleil, il avait toujours eu une peau bien cuivrée—même s’il ne pouvait rivaliser avec Kader, loin de là— il avait l’habitude d’intercepter les rayons qui lui donnaient cette teinte. Le fait que la blonde était si pâle était sûrement dû au fait de ses origines nobles de Campanie*. D’après il Mentore, les Di Marzo, comme beaucoup de familles de la haute noblesse, intégraient bien le concept des différentes cours d’Europe, à savoir de se vêtir de façon à couvrir intégralement toutes parties du corps et de sortir très peu à l’extérieur, ce qui expliquait cette peau pâle par rapport au commun peuple. Laura avait gardé cette ancienne façon de vivre de sa famille, malgré le fait qu’elle ait rejoint les assassins.
Matteo avait fini. Il regrettait que ce moment soit passé vite, en effet le contact de ses doigts sur la peau délicate de l’ancienne aristocrate était indescriptible… Doux, plaisant, sensuel… il sentit une douce chaleur brûler ses joues et se gifla mentalement pour se remettre les idées en place.
Laura saisit le reste de ses vêtements et replaça son équipent. Ses armes, son brassard, sans oublier ses couteaux de lancer qu’elle avait récupérés sur ses dernières cibles et qu’elle chérissait tant.

- Le miroir. S’il te plait. Demanda-t-elle au brun, la main tendue.

L’Andreoli soupira, fouillant dans sa poche la glace empruntée au peintre.

- Tu crois que c’est le moment de te contempler ?! on n’a pas toute la journée ! ta balafre te trouble à ce point ? pesta-t-il.

La blonde échappa un rire cristallin. C’était la première fois que le brun l’entendait rire, de ce qu’il se souvenait en tout cas. Il finit par lui tendre l’objet convoité et elle se scruta dans la glace.
En effet, l’égratignure sur sa joue droite infligée par Caha plus tôt dans la journée n’était pas des moindre.

- Bienvenue dans la fratrie des balafrés. Lâcha l’Andreoli d’un ton blasé.

Laura ne put s’empêcher de sourire à cette nouvelle remarque, ce que Matteo ne manqua pas de noter. Encore un sourire et c’était le festival aujourd’hui ! C’était la première fois depuis bien longtemps qu’il voyait un aussi joli minois— plus joli que sa sœur Nina, Emmanuela et même encore Lisa— et très étonnant de la part de la blonde, si froide et distante d’habitude ; il n’aurait jamais pensé qu’elle en était capable. La preuve qu’il ne la connaissait que très peu.

- Et toi Matteo, elle est où ta marque de guerre indélébile ? demanda-t-elle d’un ton léger.
- Ça, c’est un secret ! sourit-il de toutes ses dents, camouflant ainsi sa gêne.

Oh oui, il ne pourrait pas lui montrer sa cicatrice, la plus embarrassante de la Fraternité, voir même la plus embarrassante du monde.

- Eh ! pourquoi tu ne le dis pas ?! insista-t-elle.
- Tu le sauras un jour, peut-être… Souffla-t-il. Mais ce jour-là, je serais obligé de te tuer !

La mystérieuse Laura s’apprêta à rétorquer une nouvelle fois mais elle fut interrompue par un raclement de gorge. Les deux assassins tournèrent la tête dans la même direction. A quelques pas, Albrecht les attendait, les mains sur les hanches.

- Je ne veux surtout pas vous presser, mais il serait judicieux de ne pas s’attarder ici. Nuremberg n’est plus qu’à deux jours de voyage, plus tôt nous seront arrivés, plus tôt vous pourrez reprendre votre, comment dire, conversation somme toute intéressante…
- Ça va, bouclez-la vous ! ordonna la blonde.
- On vient, Albrecht ! dit simplement Matteo.

Le peintre haussa les épaules et s’en retourna au chariot. La femme attacha ses cheveux en queue de cheval et rabattit sa capuche blanche sur sa tête.
L’artiste avait remballé son matériel et monta sur le chariot, il fut vite suivit de Matteo qui le rejoint sur la banquette. Quant à la blonde, elle monta la monture du pyromane ; de toute façon dans son état, il n’en avait plus besoin et c’était en contrepartie d’avoir tué son cheval à elle. Ainsi les morts restaient avec les morts et les vivants étaient les seuls à gagner un salaire sous le Maître des étoiles.
Puis ils se remirent en route.


...

Linkpogo
17/02/2012, 16h48
Au même moment, à Rome, quartier du Centro


L’agent du Vatican Subdolo* restait en retrait à quelques pas de la petite foule. Il assistait au discours de l’orateur public qui parlait déjà depuis presque deux heures.
Le frère Fiebre* éternua une seconde fois en l’espace de quelques secondes. Il s’essuya le nez sur sa manche et se retourna vers ses interlocuteurs, leur faisant face à nouveau, souriant.

- Excusez-moi mes amis, je crois que la saison d’automne ne me réussit pas !

L’attroupement, composé d’une vingtaine de personnes, ria de ce petit désagrément que subissait le moine catalan. Ce dernier repris la parole, plus sérieusement.

- L’Eglise n’est cependant pas blanche, mes frères, et les Papes ne font absolument rien pour convaincre les fidèles de changer leur mode de vie ! Les gens de l’Eglise eux-mêmes ne veulent pas changer ! pourquoi doit-on payer des indulgences au Vicaire du Christ, alors que ce dernier a enseigné les foules gratuitement et a toujours aimé son prochain ? Pourquoi l’Ancien Testament et les Evangiles ne sont-ils qu’en latin ? Les ecclésiastiques seraient-ils les seuls à avoir le droit de lire les Saintes Ecritures ?

Le moine resta silencieux quelques secondes, piétinant une feuille morte qui voletait sur les pavés au gré du vent. Il pouvait aisément observer les réactions de ses interlocuteurs : certains lançaient des répliques approbatrices, d’autres étaient étonnés par telle audace envers le Vatican, d’autres encore chuchotaient entre eux. Quelques-uns en avaient assez et quittaient l’auditoire.
Fiebre reprit son discours :

- Non mes frères ! il est temps de faire la volonté de Dieu et de son Christ ! Repentez-vous de vos fautes, pécheurs ! Le seigneur Jésus a donné sa vie pour vous racheter, alors suivez-le sur le Chemin et marchez-y ! n’allez plus à la paroisse ! rejetez l’autorité du Pape ! fuyez les sermons pleins de fables des évêques ! Mais revenez de vos péchés et lisez la Parole de Dieu quotidiennement ! avec un groupe de dévoués bénévoles, nous avons commencé l’entreprise de la traduire en italien pour que chacune et chacun puisse la lire !

Un groupe d’hommes, des civils tels des copistes ou encore des tanneurs et un autre moine— les amis qui accompagnaient Fiebre—s’avancèrent vers la foule et commencèrent à distribuer des copies à chacun.

- Frère Martin que voici ainsi que nos compagnons de travail vont à présent vous distribuer la Parole de Dieu en italien. Nous n’avons traduit que les Evangiles et une partie du Nouveau Testament* pour l’instant, mais nous avançons à vive allure dans nos activités ! L’intégralité de l’Ancien et du Nouveau Testament sera disponible dans quelques années, j’espère ! Prenez, le don gratuit de la Parole ! Eprouvez grâce aux Ecrits Sacrés ce que les prêtres enseignent sans y croire eux-mêmes, à leurs faux enseignements contraires aux Ecritures ! Le Seigneur lui-même avait dit : ‘’ Je sais qu’après mon départ des loups tyranniques entreront chez vous et qu’ils ne traiteront pas le troupeau avec tendresse, et que, du milieu même de vous, des hommes se lèveront et diront des choses perverses pour entraîner les disciples à leur suite’’. Ces paroles sont consignées dans les Actes des Saint Apôtres et illustrent bien notre triste époque. Vous pourrez vous-même le vérifier !
- Tout cela n’est qu’hérésie ! tonna soudain une voix s’élevant du milieu de la foule.

En effet, les auditeurs s’étaient écartés de celui qui venait d’héler l’orateur. Vêtu d’une tunique et d’un pantalon en laine noire ainsi que d’un chapeau-tarte* en soie, des gants et une ceinture de cuir, l’agent du Vatican ; de plus, il portait une broche en motif de croix avec un rubis ornant son centre, prouvant son obédience. Il s’avançait, un regard inquisiteur mais aux expressions faciales douces, content d’avoir pris sur le fait son fautif. Le fautif en question, frère Fiebre, le regardait approcher d’un air neutre.

- Quelle est l’hérésie ? Le fait de cacher la Parole de Dieu jalousement et d’enseigner de fausses doctrines ou bien de la partager gratuitement, comme le Seigneur l’a enseigné ? Questionna ce dernier.
- Le fait de livrer de faux enseignements et détourner les bons catholiques de la sainte Eglise de Rome ! Scanda l’agent. Vous, récupérez-moi ces immondes torchons !

Les sous-fifres sous les ordres de ce dernier s’avancèrent et arrachaient les traductions des mains des badauds qui assistaient au discours depuis des heures.

- Ces fantaisies sont confisquées au nom du Vatican et seront brûlées pour la purification. Repend-toi, Fiebre, renonce à tes égarements et tu bénéficieras de la clémence du Pape. Ajouta Subdolo.

Le moine catalan le regarda de haut, du fait de sa grande taille, de ses yeux noisette sincères.

- Il m’est impossible de réfuter la Vérité. Répondit ce dernier. Je ne renoncerais pas à ma sainte mission de traduction !
- Alors tu seras brûlé pour hérésie, le bûcher sera alimenté par tes copies ! sentencia l’agent.

L’homme vêtu de noir le pointa du doigt et deux de ses acolytes vinrent et entourèrent le moine, le saisissant chacun par un bras.

- Qu’on le fasse brûler sur cette même place publique sur laquelle il discoure depuis trois jours ! ordonna-t-il.

Ils l’attachèrent, lui liant les mains derrière le dos et l’entravant sur un poteau. A ses pieds, ils jetèrent les traductions et y mirent le feu. Le foyer croissait rapidement, commençant à lécher les pieds et les jambes du moine. Subdolo se retourna vers la foule horrifiée et afficha un rictus mauvais.

- Voilà ce qui arrive aux hérétiques qui prônent le désordre par des écrits contraires à l’Eglise ! repentez-vous pécheurs et priez pour que le Pape vous accorde sa clémence !

Il jeta un regard aux compagnons de Fiebre qui l’avaient aidé à traduire.


- Vous en premier ! repentez-vous ! ordonna-t-il.

Tous les compagnons s’inclinèrent en faisant le signe de croix et implorèrent miséricorde. Tous sauf un, le frère Martin.

- Toi là ! quel est ton nom ? demanda Subdolo.
- Martin, messere.
- Repend-toi Martin ! et donne-moi cette copie, que je la mette à brûler avec les autres !

Martin ne réagit pas. Il était bouche-bée et regardait tour-à-tour l’envoyé du Vatican et son ami Fiebre brûler vif dans d’atroce souffrances. Les cris étaient insupportables à entendre, l’odeur âcre de brûlé était pestilentielle, il avait envie de vomir. Mais le pire dans tout ça, c’était la peur de mourir.
Mais qu’allait-il faire ? Allait-il renoncer à cette magnifique entreprise qui permettrait à chaque chrétien de bénéficier de la Juste Voie à suivre ? Non ! Il devait continuer cette œuvre, qui honorerait bien plus que la mémoire de Fiebre.

- Je dois obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ! s’exclama-t-il en poussant Subdolo qui trébucha en arrière.

Puis Martin s’enfuit à toutes jambes, rangeant ses copies dans sa besace, quittant le plus vite possible cet endroit. Il courait aussi vite qu’il pouvait, à en perdre haleine, slalomant entre les passants, poursuivit par les hommes de main de l’agent qui réclamait son sang.
Il ne prenait pas le risque de regarder derrière lui, rien qu’en entendant les protestations des badauds et les cris rauques de ses poursuivants, il savait qu’il n’avait pas intérêt à s’arrêter.
Pourtant, arrivant au bout du quartier, il atteignait les rives du Tibre. Il changea de direction, longeant le fleuve jusqu’à atteindre le Ponte Sisto qui traversait le cours d’eau, reliant l’île Tibérine. Il s’engagea sans hésiter et sans ralentir sa course. Mais que pouvait-il bien faire à continuer ainsi ? Il devait impérativement semer ses poursuivants et se cacher jusqu’au moment propice pour quitter Rome.
Seulement il dû s’arrêter en plein milieu du pont. En effet, devant lui des cavaliers qu’il reconnut appartenant à la même affiliation que ses poursuivants lui barraient la route. Et il ne pouvait rebrousser chemin, Subdolo, bien qu’exténué, était là pour l’accueillir avec ses hommes. Martin gagna un des parapets et regarda par-dessus le bord. Mais il constata que c’était pure folie que de se jeter en bas, juste pour échapper à ses ravisseurs. Il se signa et monta sur le rebord. Les gens autour regardaient la scène avec un mélange d’horreur pour certains, d’incompréhension pour d’autres. Car le moine avait décidé de se jeter dans le vide !

- Ne fais rien de stupide, Martin ! clama Subdolo. Rend-toi et je t’amènerais devant le Pape lui-même auquel tu te confesseras et qui décidera sûrement de te pardonner !
- Je ne crois pas qu’il sera aussi clément !

L’agent haussa les épaules en souriant narquoisement.

- Tant pis !

...

Finiarel01
17/02/2012, 19h11
Mais c'est que ça devient de mieux en mieux! L'intrigue du frère Martin est un nouveau rebondissement qui arrive à point nommé dans le récit!

Linkpogo
05/03/2012, 18h24
Salutations! Désolé du retard!

MEMOIRE 6 (2e partie)

Ezio marchait tranquillement parmi le commun peuple, comme il était appelé par les nobles. Il était en compagnie de Kader avec qui il était en grande discussion.

- … c’est une mise à l’épreuve, rien de plus.
- Cela a-t-il un rapport avec sa vendetta d’il y a quelques jours ? demanda l’arabe.
- Oui et non. Je veux savoir s’il est capable de mener à bien une mission où il devra endosser de très grandes responsabilités. Affirma l’Auditore.
- Pourquoi ? demanda Kader. Qu’a-t-il de si important ce peintre, finalement ? Pourquoi ces hommes en ont-il après ces travaux ?
- Il est sur le point de faire une découverte très importante et Matteo se rendra compte qu’il ne pourra se contenter de l’escorter jusqu’en Allemagne. Il devra veiller sur Albrecht plus longtemps que ce qu’il pense.
- Pourquoi ne pas lui avoir tout dit alors ?
- C’est un test, comme je te l’ai dit. Je te l’ai déjà affirmé, qu’un jour, vous autres les jeunes, en serez amenés à prendre la tête de la Fraternité. Je me fais vieux et vous prendrez la relève. Nos actions ne se limitent pas l’Italie mais au monde entier. Pour cela plusieurs maîtres assassins doivent veiller sur les différentes régions d’Europe. Il faut s’étendre également et récupérer le retard sur les Templiers qui ont déjà investis plusieurs autres contrées du Globe.
- Je comprends. Affirma Abdelkader, les yeux fixant une scène devant lui, alors qu’ils gagnaient le pont Sisto.
- De plus, reprit Ezio, je dois terminer cette quête personnelle que j’ai entamée, elle m’obligera à me rendre en Palestine, donc pendant mon absence, il faudra des Capo* pour gérer la Guilde…

Ezio s’arrêta de parler, regardant dans la même direction que son élève et ami.

- On dirait qu’il se fait encercler ! constata l’arabe en désignant du doigt le moine debout sur le parapet.
- Allons-y ! ordonna Ezio.

Les deux assassins accoururent vers l’attroupement avec une vitesse incomparable. Kader saisit un fumigène qu’il lança sur le groupe de gens d’arme, les aveuglant ainsi d’un rideau opaque grisâtre. Ezio s’élança et, sortant ses deux lames secrètes, planta deux hommes qui moururent sur le coup, leur corps tombant également à la renverse sous l’élan et le poids du Maestro.

- Evitons trop de sang et partons mettre à l’abri ce malheureux ! Scanda Ezio.

Kader obtempéra et attrapa le moine qui toussait dans le nuage de fumée pour s’enfuir. Ezio les rejoint, laissant les autres dans la confusion, les chevaux paniqués se cambrant et faisant chuter leurs cavaliers.

Les deux assassins et le sauvé avaient couru une bonne distance, se mettant à l’abri des regards en gagnant un toit assez élevé où personne ne pouvait les épier.

- Merci, merci ! gratifia le religieux reconnaissant en s’inclinant poliment devant ses bienfaiteurs.
- Allons, relève-toi et dis-nous ce qu’ils te voulaient.
- Oui bien sûr !

Le moine raconta ses mésaventures, n’omettant aucun détail.

- Je me nomme Martin Luther* finit-il par se présenter. J’étais venu à Rome en pèlerinage, mais le Vatican m’a donné un tel choc… Puis j’ai rencontré le frère Fiebre, que je n’avais plus vu depuis trois mois. Je l’ai aidé à traduire ces écrits et rédiger ces copies… il ne reste plus que moi on dirait.

Les deux assassins avaient compris qu’il était sincère.

- Quoi qu’il en soit, tu n’as plus l’air d’être le bienvenu ici. Commenta Ezio.
- Hélas ! je crois que je vais regagner ma terre natale, je reviendrais peut-être ici un jour, mais dans longtemps…
- Kader t’accompagnera en dehors de Rome. Vous partirez cette nuit.

L’arabe approuva en inclinant la tête et le moine les remercia encore grandement.

- C’est un modeste merci, mais acceptez en cadeau une de ces copies s’il vous plait.

Ezio regarda le manuscrit qu’il lui tendait et le remercia.

- Je ne m’intéresse pas particulièrement à la Bible, mais j’accepte ton cadeau. Allez, il est temps de quitter cet endroit.

∏ ∏ ∏



Quelques jours plus tard, aux portes de Nuremberg.


Le peintre Dürer et son escorte composée de deux assassins avaient enfin atteint leur destination. Une ville fortifiée, dont la beauté vantée par l’artiste se trouvait sûrement derrière ces remparts hauts et glauques.


- Là ! les hommes du duché viennent à notre rencontre pour nous accueillir ! s’exclama Albrecht, souriant.

En effet, une vingtaine de cavaliers en uniforme se précipitaient à leur rencontre.

- N’est-ce pas un grand service d’accueil ? Demanda Matteo à Laura, inquiète.

Mais ils ne bronchèrent pas, attendant patiemment que ces hommes les rejoignent. Si Albrecht était sous la protection du seigneur de la ville, alors ce groupe prendrait sûrement la relève et leur mission à eux s’achèverait ainsi.
Les vingt cavaliers s’arrêtèrent à quelques mètres du petit convoi. Des arbalétriers les mirent en joue. Le sourire de Dürer s’effaça, faisant place à de l’incompréhension totale. Un des cavaliers s’avança vers eux, visiblement le chef du groupe.

- Au nom de sa Grandeur le duc, vous êtes dorénavant en état d’arrestation ! veuillez-vous rendre sur le champ ! Ordonna-t-il.

Les trois voyageurs levèrent les mains, montrant ainsi leur soumission.

- Quel accueil ! Sourit ironiquement Laura.



_____________________________________



Campanie : région d’Italie méridionale.

Subdolo : sournois.

Fiebre : signifie fièvre en espagnol.

Traduction de la Bible en italien : en réalité, la première traduction en italien est datée de 1603 par un protestant du nom de Giovanni Diodati. Le frère Fiebre et sa traduction n’est qu’une invention de ma part pour mon histoire.

Chapeau-tarte : C’est un couvre-chef moyenâgeux informe généralement en tissu ou en soie, souvent accompagné d’une plume plantée sur le côté.

Capo : chef.

Martin Luther : religieux allemand qui, quelques années plus tard, fut à l’origine du Protestantisme.

Linkpogo
05/03/2012, 18h27
Et en bonus, début de la

MEMOIRE 7 (première partie)


Château fort de Nuremberg, Nuremberg, Bavière.


Le froid cachot était plus silencieux qu’une tombe. L’éclairage fade des torches accrochées au mur du couloir et les rayons du soleil qui pénétraient à l’intermédiaire par le moyen de la petite fenêtre barrée la baignaient d’une lumière tamisée presque agréable. Des courants d’airs soufflant un air tiède auraient étés mortels en hiver. La cellule avait assez de place pour contenir une vingtaine de prisonniers à leur aise, quoique minime.
Laura, Matteo et Albrecht occupaient l’espace composé de pierres sombres et froides, le sol garni de paille. La jeune femme blonde était assise, les bras croisés, tandis que l’Andreoli était accroché au mur opposé à la porte en bois massif, scrutant l’extérieur à travers les barreaux et le peintre quant à lui, il avait arrêté de réclamer d’avoir une entrevue avec le Duc pour plaider sa défense.
Matteo à son tour abandonna son passe-temps et se tourna vers l’artiste qui soupirait, il voulait en savoir plus sur le dirigeant de cette ville. Albrecht l’éclaira sur le sujet avec toutes ses connaissances.

- c’est Albert IV le Sage, le duc de Bavière. Mon mécène. Je ne comprends pas pourquoi il agit ainsi, je suis son protégé ! se révolta l’artiste.

Matteo pouvait lire la détresse et l’incompréhension sur le visage de son ami. Il était vraiment perdu.

- Pour l’instant, tout ce que l’on peut faire, c’est de prendre notre mal en patience et attendre. Décréta la blonde.

Les deux autres ne répondirent que par leur silence.





Quelques heures plus tard, ils entendirent le grincement des gonds mal huilés d’une porte du corridor. Laura se redressa tandis que l’Andreoli se tenait près du mur le plus éloigné.
La porte du cachot s’ouvrit. Deux gardiens, accompagnés d’une troisième personne, un personnage vêtu de vêtements de fonctionnaire de Cour.

- Eh bien Albrecht ! cela fait un moment, n’est-il pas ?

L’interpellé releva la tête, tirant ses longs cheveux châtains en arrière.

- Steiner ! s’exclama le peintre. Oui, trop longtemps ! mais pourquoi nos retrouvailles se font dans cet endroit ?

L’autre sourit tout en se grattant sa barbe grisonnante.

- Çà, je ne peux pas vraiment te le dire ici, mais simple précaution.
Le fonctionnaire scruta les deux compagnons de Dürer. Un jeune farouche et une jeune femme au regard glacial. Son sourire s’agrandit.

- Eh bien, qu’attendons-nous ? s’impatienta le peintre.
- Il n’y a que toi qui es convié à être introduit devant le duc. Tes compagnons de voyages devront attendre ici.

Albrecht se leva et s’avança vers la sortie. Il stoppa sa marche et se retourna pour scruter ses compagnons qui ne prononcèrent aucun mot. Seul Matteo lui fit un hochement de tête qui semblait signifier que ça allait. Enfin l’artiste sortit de la cellule et suivit les trois autres à travers les couloirs des sous-sols.

Pendant ce temps, dans la cellule des Assassins :

- Je ne sais pas à quoi rime tout çà, mais il faut sortir d’ici ! déclara Matteo.

Laura regarda le brun escalader à nouveau le mur pour atteindre la fenêtre. Il s’y accrocha et vit le soleil décliner lentement dans le ciel. Puis il regarda le plafond de la cellule : il était juste constitué de planches de bois, mais peu importe, aucun prisonnier ne pouvait l’atteindre. Aucun, sauf peut-être un Assassin. L’Andreoli prit appuis dans les minces interstices entre les pierres et finalement atteint les planches. Il toqua trois coups dessus, comme pour s’assurer qu’elles pouvaient être déplacées ; effectivement elles sonnaient creux. Il frappa un bon coup de poing pour en déloger une, puis une autre. Il avait créé un passage suffisamment large pour qu’il puisse passer. Il prit garde de ne pas se raccrocher aux clous puis se hissa enfin au-dessus.
Il était dans une petite pièce, une réserve à pommes de terre et autres denrées alimentaire stockées dans des tonneaux et des caisses en bois. Sûrement à côté des cuisines.
Il se retourna et tendit la main à sa sorella qui entre-temps avait aussi escaladé le mur. Elle saisit sa main et il la hissa à son tour dans le trou. L’assassine prit bien soin de refermer le trou, même si cela n’était pas nécessaire.
Matteo scruta à nouveau la nouvelle pièce. Les deux seules issues étaient l’unique porte ou alors il y avait deux fenêtres qui perçaient le même mur.

- Derrière, ce sont logiquement les cuisines. Expliqua la blonde. Faut la jouer discret pour ne pas alerter les gardes.

Matteo acquiesça.

- C’est pourquoi il faut passer par l’extérieur.
- Non, par l’intérieur. Rectifia Laura.
- Euh non, par l’extérieur. On peut facilement se faire repérer à l’intérieur !
- C’est une forteresse, Matteo. Ce qui signifie que les moindres remparts, chaque chemin de ronde est gardé ! argumenta-t-elle, les poings sur les hanches. Au moins à l’intérieur, personne ne s’attendra à nous et nous pourrons nous tapir dans l’ombre ! comment tu avais fait à Gubbio, l’autre fois ?
- Je suis rentré à l’intérieur. Avoua-t-il.
- Eh bien tu vois ! s’exclama-t-elle, victorieuse.
- Je maintiens qu’on passe par l’extérieur, ainsi on aura accès au donjon plus rapidement.

La blonde soupira.

- On ne va pas se disputer. Tu veux aller dehors ? Vas-y ! quant à moi, j’emprunte les couloirs et les escaliers !
- Très bien ! alors à tout à l’heure !
- Ciao !


Matteo sortit par l’encadrement mural. Il prit appui sur les volets de bois qui avaient été de toute évidence rajoutés récemment. Puis il continua son ascension en s’agrippant aux reliefs dans la muraille, tantôt des pierres qui dépassaient, tantôt des meurtrières. Puis après quelques mètres à la verticale, il se hissa au sommet.
L’Andreoli avait bien réussi à apparaître sur le toit de l’édifice. C’était la tour nord du château. Il avait une vue magnifique sur la forteresse et surtout sur la ville en contrebas avec ses maisons au style typiquement continental.
Les toits sombres absorbaient les rayons du soleil qui chauffait le monde des mortels.
Ce qui contrastait fortement avec la blancheur des murs de chaque édifice.
L’architecture des bâtiments était très typique de ce climat, avec des colombages composant la majorité. Enfin, il se reconcentra sur son objectif. Il marchait incliné sur le chemin de ronde, se dissimulant parfois derrière un créneau pour se soustraire à la vue des gardes. Car en effet, comme l’avait deviné sa coéquipière, il y en avait, et une bonne dizaine. Ses talents d’infiltration allaient être mis à contribution encore une fois, à fond.
Sa sorella et lui avaient été dépouillés de toutes leurs armes, mis à part leur lame secrète que la plus grande majorité des gens ne soupçonnaient pas du tout l’existence.
Heureusement, les gardes faisaient leur ronde dans un parcours régulier, ce qui lui permit de repérer les moments où il pouvait passer entre chaque sentinelle aisément.
Premier groupe passé. Le deuxième, après avoir attendu caché derrière un créneau, il put continuer son parcourt. Enfin la dernière garde, il dû passer de l’autre côté du chemin, juste accroché au bord par les mains, les pieds dans le vide. Il progressa lentement mais sûrement, prenant son temps. En effet, un seul mouvement futile et se serait la chute ! Finalement il passa les trois groupes et pu regagner le chemin de ronde.

En y réfléchissant, d’après les dires de Dürer, ce duc de Nuremberg était son principal mécène et protecteur, donc il n’y avait aucune raison de lui vouloir du mal, cette arrestation était sans aucun doute une méprise. Mais Matteo voulait en avoir le cœur net. Il fallait juste qu’il fasse en sorte de ne tuer personne jusqu’à ce qu’il soit fixé sur le sort du peintre.
Le donjon où Albrecht avait été emmené n’était plus qu’à une centaine de mètres, encore un petit effort. Il courut rapidement et furtivement, se dérobant toujours à la vue de quiconque. Puis il atteint l’épais mur aux pierres froides de la tour la plus haute du château et entama son ascension. Les prises étaient très minces mais il pouvait prendre son temps. L’Andreoli devait atteindre l’une des rares fenêtres qui avaient été percées ; en effet, cette forteresse avait gardé son aspect originel avec de rares modifications. Les anciennes meurtrières inutiles n’avaient même pas été bouchées. Matteo endurait. Le vent frais lui fouettait le visage, s’engouffrant sous sa capuche, le faisant frissonner de tout son corps. Il n’était plus qu’à quinze mètres de la fenêtre, plus que dix, plus que cinq… Il entendait déjà les voix de plusieurs personnes, dont une qu’il reconnut appartenant à Dürer...

à suivre!

bee61
06/03/2012, 16h05
ouh là, j'avais pris du retard dans la lecture ...
c'est toujours aussi bien documenté, et tu as réussi à effacer le petit côté cours d'histoire et de langue du début, c'est tout bon

ravie de voir que tu laisses enfin ces pauvres arlequines tranquilles:p

Linkpogo
06/03/2012, 17h35
Merci Bee! Tu sais,je suis impardonable, vu que les chapitres 1 à 8 sont écris depuis longtemps...
MEMOIRE 7 (suite)

Pendant ce temps, au Repère des Assassins sur l’Ile Tibérine, à Rome :

Nina finit d’escalader le Repère. Elle avait atteint le toit et se hissa sur les tuiles. Elle marcha tranquillement jusqu’à l’autre bout de la toiture en terrasse, soulevant sous ses pas quelques brins de pailles semés par ses semblables qui s’époussetaient après un quelconque saut de la foi bien réussi. Elle gagna le pigeonnier et attrapa le dernier pensionnaire qui avait dû arriver il y a quelques instants. En effet, elle l’avait vu voler depuis le nord jusqu’ici. Elle le saisit dans sa main droite et le caressa, puis de ses doigts elle détacha précautionneusement le petit papier ficelé à sa patte. Elle replaça délicatement le volatile parmi ses congénères, ce dernier tout heureux se précipita sur une mangeoire tout en roucoulant. Enfin, tout en se dirigeant vers l’entrée haute de la planque, elle déroula le papier et lu son contenu.

Assise à proximité d’une des rares fenêtres du cabinet, Emmanuela fixait de ses yeux clairs l’échiquier trônant sur la table en bois devant elle. Il y avait plus de pièces noires que blanches disposées sur les cases. Elle déplaça une tour blanche. Elle ne savait plus depuis quel moment elle avait perdu l’avantage. La seule chose évidente, c’est que son adversaire la laminait. La jeune brune remit une mèche de cheveux en place derrière son oreille, puis elle releva la tête pour fixer dans les yeux l’homme à la carrure imposante qui gloussait se son timbre caverneux.Ce dernier passa une main sur son crâne rasé— ses cheveux auburn existants mais très courts— et sourit de toutes ses dents, accentuant les formes de sa mâchoire carrée.
- Keine Möglichkeit für Sie!*prononça Peter de sa voix guttural, tout en bougeant sa reine noire.
Emmanuela ne répondit pas à la provocation. Elle analysa encore une fois toutes les issues possibles et imaginables et essaya une ouverture. Mais cela allait lui être fatal ! Encore quelques coups et la brune paya son erreur par la nouvelle victoire du colosse. Elle se résigna.
- Mais comment fais-tu pour gagner à chaque fois ?! Pourtant j’ai appris ce jeu avant toi !
Peter riait pour seule réponse. A l’autre bout de la pièce, Il Maestro releva les yeux de ses vieux documents syriens du douzième siècle et sourit. Il décida de s’accorder une pause pour se détendre et se leva pour examiner le plateau de soixante-quatre cases et admirer la dernière victoire de Peter.
- Ne perds pas ta volonté, discepola ! Peter a un avantage sur toi : la tactique, proclama Ezio.
- Mais Maître, j’avais aussi une stratégie ! S’exclama-t-elle. (Elle baissa les yeux). Pourtant, au bout de quelques coups, il a pris le dessus et à partir de là je n’ai rien pu faire…
- Tu as les capacités, Emmanuela. Il faut juste que tu aies plus confiance en toi. Et surtout, le plus important, toujours avoir un coup d’avance sur ton adversaire.
- Toujours avoir un coup d’avance… répéta-t-elle.
L’ex garde suisse se leva et commença à ranger le jeu. L’Auditore administra une petite tape affective sur l’épaule de la brune.
- Tu as encore des choses à apprendre, Emmanuela. (Il sourit). Mais tu es déjà une Assassins chevronnée.
A peine le mentor eut-il achevé sa phrase que la nouvelle venue entra dans le cabinet. Sa frange toujours coupée parfaitement et ses cheveux châtains attachés, elle s’avança près du bureau en bois de cèdre. Les trois autres assassins présents tournèrent leur regard sur elle. Nina posa son poing droit sur son cœur pour saluer Ezio puis lui tendit un petit paquet de tissus tacheté de sang séché.
- Au rapport, maître. Dit-elle simplement.
- Ah, Nina. Cela s’est bien déroulé ? s’enquit-il.
- Si, Ser Ezio. Le préposé du Pape, Subdolo, est allé rejoindre ses ancêtres. Abdelkader s’en est chargé personnellement et m’a demandé de vous remettre ceci. Il est encore à vadrouiller dans le quartier du Vaticano.
Elle désigna le paquet qu’Ezio était en train de déballer. Il découvrit la broche ayant appartenu auparavant à l’agent du pontife, une croix de fer ornée d’un rubis. Il murmura quelques mots inaudibles pour les trois autres, comme s’il psalmodiait une prière et déposa le trophée dans un coffret trônant sur une étagère, rejoignant d’autres broches nombreuses. - As-tu autre chose à me transmettre ? demanda-t-il, tout en sachant d’avance la réponse. Peter et Emmanuela suivaient l’échange depuis le début.http://fc01.deviantart.net/fs70/f/2012/006/f/a/nina_andreoli_by_linkpogo-d4lhvxk.png
- Oui. Le marquis Charles de La Motte* a livré sa dernière bataille aujourd’hui. Avec ça, la conquête des françois en prend un sacré coup et retarde à longue échéance, à défaut de stopper, une alliance entre la couronne du Lys Bleu et de la Papauté.
Elle souligna ses paroles en décrochant de son dos une épée charentaise dont la garde finement ciselée contenait un lys gravé. Elle la tendit à Ezio mais celui-ci la refusa d’un geste de main.
- C’est une très belle épée, mais tu mérites de la garder, ragazza*.
- Grazie, mentore.
La belle inclina la tête tout en faisant part de sa gratitude. Ezio retourna à son bureau et se remit à son travail, tandis que le colosse et la discepola quittaient la pièce. Faisant claquer les talons de ses bottes foncées sur le sol en pierre, la grande sœur de Matteo s’avança à son tour vers le bureau et se posta juste devant son Maître qui s’était replongé dans l’étude de ses documents anciens. Sentant la lumière du jour s’appauvrir sur ses papiers, l’Auditore releva la tête pour plonger ses yeux noirs profonds dans ceux émeraude limpides de sa lieutenante. Nina n’avait, depuis qu’elle était entré dans l’Ordre, jamais plus été troublée par quoi que ce soit ni quiconque. Sauf Ezio Auditore da Firenze, le capo de la Fraternité. Plongée dans ses yeux sombres et profonds, elle pouvait y lire son tumultueux vécu, son expérience, sa joie mêlée à sa tristesse ; tout cela rien qu’en le fixant face à face. Tous savaient qu’ils avaient chacun un passé plus ou moins tragique, mais seul le Maître avait dans son regard la chose de plus, celle d’avoir vécues des choses incroyables, qu’aucun d’eux ne pouvait sûrement imaginer. Et ces documents vieux de quelques trois siècles en arrière devaient avoir un lien avec ces choses.Mais Nina laissa ses observations de côté et se souvint du pourquoi elle était resté en présence du Maestro. Elle réussit enfin à articuler.
- Un message a été envoyé de Germanie. (Elle posa le petit papier sur le pupitre). Ils sont arrivés à Nuremberg.
Ezio déroula le message et lu son contenu. Seuls quelques mots y étaient inscrits : « Arrivés à Nuremberg ». C’était l’écriture de Laura.
- Très bien. Tu peux te retirer Nina. Grazie a te*. Maintenant, laisse-moi seul.
- Bien mentore. Enfin la jolie assassine se retira, laissant le Maître se plonger dans le temps de la Terre Sainte et des Croisades.

À suivre!

Linkpogo
24/06/2012, 18h09
Bonjour à tous! Je sais, çà fait longtemps (3 mois), mais bon, vau mieux tard que jamais! Voici la suite et fin de la MEMOIRE 7:

Laura venait de passer le seuil de la porte du petit garde-manger. Matteo avait choisi de passer par dehors, elle avait préféré rester à l’intérieur au chaud. Elle, Laura Di Marzo, unique héritière légitime de la famille Di Marzo, avait quitté la noblesse et la vie de château. Le comble aujourd’hui, c’est qu’elle se déplaçait justement dans un château. Les cuisiniers et les serviteurs qui s’affairaient autour des fours et des ustensiles de cuisines lui rappelaient d’où elle venait. La bonne odeur lui donnait l’eau à la bouche. Heureusement, personne ne faisait attention à elle ici, tous affairés à préparer le souper. Elle quitta les cuisines pour s’engouffrer dans un couloir aux dimensions importantes. Quelques patrouilles. Ce duc Albert était quelqu’un de très prudent, si ce n’était paranoïaque. Les chandelles accrochées sur chaque mur de façon régulière et périodique lui faisaient remonter ses souvenirs dans la villa des Di Marzo, lui rappelaient combien elle avait le sang bleu.
Elle se redemandait parfois pourquoi elle avait quitté cette vie d’or, de soie et de dentelle pour l’échanger définitivement contre cette vie sans rien à elle, où elle côtoyait continuellement le Sang et la Mort.
Pourtant ses motivations premières, il y avait quelques années, n’étaient pas aussi désintéressées qu’on pouvait le croire. L’année de ses dix-huit printemps, ses parents l’avaient envoyé à Milan pour épouser un riche banquier bourgeois qui aurait contribué à renforcer la puissance des Di Marzo. Mais la jeune et capricieuse Laura, qui avait déjà évité à un premier mariage alors qu’elle n’avait que seize ans, avait décidé d’échapper à son destin à nouveau. Sur la route la menant au duché milanais, elle avait trouvé le moyen de s’enfuir. Puis elle avait atteint à Rome, inconnue de tous heureusement, mais son physique avantageux la desservait. Après avoir échappé plusieurs fois à toute sorte de prédateur mâle, elle avait fini par buter sur un obstacle incarné sous la forme d’une dangereuse secte, les Adeptes de Romulus. Malgré ses talents d’épéiste confirmée — ayant été formée à l’escrime depuis toute petite— elle ne pouvait plus grand-chose seule contre plusieurs. Elle ressentait toute l’injustice s’acharner sur elle. Elle qui n’avait pas eu la liberté de choisir sa destinée, n’était à ce moment-là pas libre de choisir la vie, confrontée à ces brutes épaisses.

- On va te déchirer comme un bout de carne* tendre ! avait braillé un de ces pouilleux.
- Non, laissez-moi ! avait-elle alors supplié en dernier recours, alors qu’ils la saisissaient à plusieurs, l’entravant.
Elle était bien impuissante et sentait le désespoir et la panique grandir en elle.

- Allez, écarte les jambes comme une bonne catin ! ria l’un d’eux tandis qu’un autre imitait les aboiements d’un chien sauvage.

Elle sentit les larmes chaudes rouler sur ses joues tandis qu’elle sentait leurs mains crades remonter sa robe courte et son pantalon dessous.
- Non ! sanglota-t-elle. Non, mon Dieu, je vous en supplie, non !
Seulement ses mots inutiles s’étranglaient dans sa gorge.

Mais c’est à cet instant-là, quand tout espoir disparaissait, que la lumière de la liberté brilla de plus belle. En voyant ces rustres vêtus de peaux de loup ridicules de faire transpercer, démembrer et empaler, qu’elle comprit le chemin qu’elle devait emprunter. Cet homme qui avait pliés ses adversaires —son sauveur— se retourna. Elle avait su à ce moment même qu’elle devait à son tour porter cette capuche blanche et devenir son disciple et libérer Rome et les autres villes, comme il le lui proposait.

Bref, l’Assassine blonde chassa tous ces souvenirs de ses pensées pour se concentrer sur l’instant présent. Elle devait retrouver cet obsédé charmeur de ces dames de peintre.
Laura sauta et s’agrippa sur une corniche qui faisait le pourtour du long hall et continua sa promenade en hauteur.
Un garde isolé. A pas feutrés, elle arriva à sa hauteur, tendit les bras et l’attrapa une main au cou, l’autre sur la bouche, pour éviter de donner l’alerte.
Elle l’étouffa jusqu’à ce qu’il perde connaissance et le cacha dans un recoin sombre le laissant dormir paisiblement comme un bambino*. Puis elle continua son chemin.
Garde suivant.
La jolie blonde continua ainsi, se jouant des militaires ducaux jusqu’à arriver à destination : le donjon. Elle arriva enfin devant une double-porte finement gravée. Elle devait à coup sûr donner sur une sorte de grand bureau ou bibliothèque aménagée, là où ils avaient dû emmener Dürer. Elle colla son oreille contre le panneau de bois massif, parvenant à entendre des voix à l’intérieur, malgré l’épaisseur. Elle reconnut celle d’Albrecht, donc elle ne s’était pas trompée. Elle tira lentement et doucement sur la poignée, mais comme elle s’y attendait, elle était verrouillée. Elle prit son élan et sans hésiter elle se jeta sur la porte pour la défoncer carrément. Après être entrée, elle se redressa tout en freinant sa course et ce qu’elle vit la désorienta :
Devant elle, des soldats se retournaient pour voir la nouvelle arrivée. Ces mêmes soldats entouraient jusqu’à présent un homme gras et richement vêtu assis—le duc— à côté d’Albrecht également assis. Mais elle comprit ce qu’il se passait quand elle remarqua la lame menaçant la gorge de l’homme enrobé, cette même lame raccrochée au bras lui-même relié à un individu vêtu de blanc et dont la tête était recouverte d’une capuche blanche cachant la moitié haute de son visage.

- Matteo ! s’exclama-t-elle, prise au dépourvu.
- Toujours avoir un coup d’avance ! échec et mat !


∏ ∏ ∏

Le lendemain matin, bibliothèque privée du Duc Albert, dit le Sage, palais de Nuremberg.


Le duc avait mis à l’épreuve les deux gardes du corps de son ami et protégé Albrecht Dürer, mais par la même occasion avait failli provoquer un incident. En effet, il n’avait pas prévu que les Assassins étaient des êtres exceptionnels et faisaient preuve de talents hors norme. Mais tout était rentré dans l’ordre et seule son admiration à leur égard se lisait encore sur son visage gaillard.
Après avoir exposé ses recherches en Italie, Albrecht avait commencé à discourir sur ses récentes spéculations devant la petite assemblée d’une dizaine de personnes : le duc lui-même, Laura et Matteo, quatre gardes rapprochés et confidents du seigneur, dont Steiner et trois autres érudits.


- J’étais malheureusement plongé dans une impasse pendant quelques semaines. Miné par le découragement, j’avais pris la résolution de rentrer à Nuremberg à peine trois mois passés à Rome. Puis la veille avant mon départ prévu, je suis allé fouiner dans certaines archives du Vatican, avec l’aimable autorisation d’un cardinal amateur de vin, mais pas alcoolique pour autant. Bref, je m’y suis rendu et là j’ai fait la découverte de ce qui a donné un nouvel élan à mes investigations !
- Et quelle est-elle, Albrecht ? dis-le nous, je t’en conjure ! s’impatienta le duc.

Le peintre et homme de sciences déplia un portrait au fusain qu’il avait dessiné : un souverain sur un cheval de parade, tenant dans une main une épée et dans l’autre une étrange sphère qu’il brandissait haut*.

- Messieurs ! et mademoiselle, pardon ! je vous présente le souverain le plus puissant du millénaire dernier : Carolus Magnus, ou Charlemagne !

Ce nom n’était pas d’une grande importance aux oreilles des deux assassins, mais ils ne pouvaient nier qu’ils savaient quelque chose à son sujet. Laura avait lus quelques ouvrages relatant l’Empire Carolingien du neuvième siècle, qui précéda le Saint Empire Romain Germanique qui se prétendait comme digne et légitime successeur.

- Eh bien, mon ami, raconte nous ! Quelle découverte importante as-tu mis au jour ? s’impatienta le seigneur.

Albrecht désigna sur son dessin la sphère que le souverain brandissait.

- Ceci ! Grace auquel il conquit jadis presque toute l’Europe, depuis l’Empire Romain antique, soumettant les sarrasins de la péninsule ibérique, les saxons païens et autres, confiée par le Pape Léon III au jour de Noël de son sacrement : la Pomme.

Laura et Matteo échangèrent un rapide regard. Le duc Albert haussa un sourcil, complètement perdu.

- Une pomme ? ne me dis pas qu’il a conquis ses territoires avec un simple fruit ?! Demanda le grassouillet personnage, frustré par son incompréhension.
- Pardonnez-moi, votre altesse, je voulais préciser : la Pomme d’Eden. Un objet ancien, existant depuis des temps immémoriaux grâce auquel Charlemagne a mené à bien ses campagnes militaires. (Le peintre marqua une pause, puis reprit). Je spécule que cet objet est encore à portée de main, caché dans la dernière demeure de ce souverain.
- Où donc ?
- Avec lui dans son mausolée, à Aix-la-Chapelle.


à suivre!

Vocabulaire:


Bambino : enfant.
« Keine Möglichkeit für Sie! » : "Sans possibilité pour toi !"
Charles de La Motte : agent des Templiers dans Brotherhood (inclus dans la DLC « La disparition de Da Vinci »).
Ragazza : jeune fille, jeune femme.
Capo : chef, leader.
Grazie a te : merci à toi.
Carne : viande.
Charlemagne : l’idée d’utiliser ce personnage historique m’est venue en tombant par hasard sur une photographie d’une statue le représentant, sur laquelle il tient un globe dans sa main. Ce globe me fait penser à la Pomme d’Eden, puis je n’avais plus qu’à construire mon idée dessus.


Note de l'auteur: Voilà voilà, je vais essayer de me remettre à l'écriture de cette fiction, tout doucement, mais sûrement. J'espère vraiment avoir la motivation nécessaire, parce que c'est juste çà qui me manque.

bee61
24/06/2012, 19h30
ce serait bien que tu te remotives pour produire plus régulièrement, ça éviterait d'avoir à tout relire pour se remémorer :p

bon, à part ta libido qui te travaille toujours autant, ça déroule bien sans temps mort, c'est bien rythmé :)
j'aime bien le rebond sur Charlemagne

Linkpogo
25/06/2012, 21h24
Ha ha! l'arlequine de ton avatar est plutôt bien roulée aussi... si on continue dans ce sens!^^
Bon, trêve de plaisanteries! Voilà la suite!

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La froideur de la couchette inconfortable revint à lui comme par miracle. Puis ses yeux aux iris d’un vert profond clignèrent quand ils captèrent le rayon de soleil qui vint brûler ses rétines. Il tourna la tête et vit l’homme grisonnant tirer un rideau pour occulter les rayons de l’astre tutélaire. Il releva la tête quand l’écran bombé se retira et rentra dans la couchette dans un bourdonnement léger. Se frottant les yeux, il se releva et fit quelques pas en direction de la grande vitre donnant une vue imprenable sur la ville en contrebas grouillante de vie. Puis, après plusieurs secondes de contemplation, il se retourna pour fixer l’individu aux cheveux poivre et sel qui se frottait la barbe, les yeux rivés sur le moniteur trônant sur son bureau.

- Eh bien, monsieur Lucci. Il semblerait que votre séjour au début du seizième siècle se déroule à merveille, lâcha ce dernier. Mais il est temps de faire une pause. Il me semble que les séjours prolongés dans l’Animus peuvent avoir des conséquences néfastes pour votre santé psychique.

Le dénommé Lucci passa une main dans sa tignasse blonde cendrée tout en s’approchant du bureau d’un pas assuré.

- Des ‘dégâts psychiques’ ? c’est quoi cette embrouille ?
- L’expérience avec cette machine indique qu’un dérèglement de la personnalité apparaisse au bout d’un certain temps. Je ne peux pas le certifier à cent pourcents, mais l’exemple de certains de vos prédécesseurs placés dans cette machine me revient et ils avaient ces fameux dégâts de santé en commun. D’où m’est venue cette hypothèse.

Mais Lucci ne prêtait plus attention à l’explication du scientifique. Il était absorbé dans ses réflexions. Quel est l’intérêt d’Abstergo Industries dans la recherche de reliques dites sacrées ? Pour des antiquaires et des collectionneurs, d’accord. Mais pour une société misant sur l’avenir et les technologies de demain ? L’Animus est une machine incroyable, certes, mais quel intérêt d’explorer les souvenirs d’un ancêtre ayant appartenu à une secte aussi mystérieuse que la Confrérie des Assassins ?

- Ezio Auditore… Ce personnage mérite qu’on s’intéresse à lui.
- Qu’a-t-il de si intéressant ? demanda le blond, mais le scientifique ne répondit pas. Eh bien, expliquez-moi, Vidic !

L’homme barbu sortit une carte d’accès de la poche droite de sa blouse blanche, se leva et se dirigea vers la porte de sortie de la salle.

- Eh bien, monsieur Lucci, c’était le Mentor des Assassins au début du seizième siècle, ce qui signifie qu’il devait être un personnage aussi important que votre ancêtre Matteo.
- Sûrement. Mais personne ne peut le certifier. Les Assassins ont laissé très peu de traces dans l’Histoire de l’Humanité, les indices sont maigres et cet individu, comme beaucoup d’autres, font partie des anonymes du passé.

Le dénommé Vidic se permit un sourire malicieux.

- Là s’avèrent les faiblesses de votre profession d’historien, monsieur Lucci. Des faiblesses heureusement palliées par la Science de la mémoire génétique !

Il avait raison. Il ne pouvait pas le nier. En tant qu’historien, il devrait être ravi d’avoir une machine permettant d’explorer le passé d’une manière exacte qui plus est. Mais pourtant, il ne l’était pas, bizarrement.

- Pour en revenir à cet Ezio Auditore, je vais demander au Département des Origines Génétiques de lancer une recherche sur un éventuel descendant existant de cet homme. En attendant, nous nous concentreront sur votre participation au projet et à Matteo Andreoli.
- ‘Ma participation’ ? Vous m’avez forcé à monter sur cette machine !
- Disons que nous vous avons recruté pour ce projet. Vidic ouvrit la porte où était inscrit en toutes lettres Section 09 en noir. Nous reprendrons le travail demain, conclut-il.

Il disparut derrière la porte, laissant le blond seul dans la grande salle de l’Animus.
Lucci tournait en rond depuis quelques minutes puis il décida d’aller s’asseoir dans le fauteuil, au bureau. Il scruta l’écran d’ordinateur.

2010 Tuesday, Jun 29
07 : 04 PM

Plusieurs raccourcis de dossiers étaient présents sur l’écran principal, mais ils nécessitaient tous un code d’accès qu’il ne possédait pas, évidement. Finalement, après quelques instants, il se résigna et quitta le bureau pour se diriger dans la pièce à côté qui était sa chambre provisoire, tant qu’il devait participer à ce projet.
Il s’assit sur le lit tiré en quatre épingles et saisit l’assiette froide sur le plateau repas. Il mangea quelques légumes puis reposa le plat. Enfin, il scruta la chevalière à son auriculaire gauche. Elle était composée entièrement d’argent, avec un motif moulé représentant un chevron stylisé. Elle avait appartenu à son aïeul Quinto Lucci qui avait émigré d’Europe à la fin du dix-neuvième siècle et qui était venu s’installer au Québec. Elle était aussi le seul souvenir que lui avait laissé sa mère, le laissant orphelin alors qu’il n’avait que cinq ans.
Et c’est à cause de cette même chevalière que la Section 09 s’est intéressée à lui soudainement. Depuis qu’ils l’ont mis dans l’Animus, voilà trois jours, il a eu le temps de comprendre à quoi correspond ce chevron sur l’anneau d’argent : il s’agit du symbole des Assassins. Il n’avait jamais porté cette bague auparavant. Puis il y a quelques jours il l’avait trouvé en faisant de l’ordre dans de vieilles affaires, comme le font au moins une fois dans leur vie la majorité des nord-américains, et il avait décidé de la porter, jugeant que ça faisait ‘classe’. Depuis, sa vie avait changée : il était devenu le cobaye de Warren Vidic.
Le blond s’étendit sur le lit tout en ressassant en boucle ces derniers événements, puis pensant à ses proches, ses collègues de travail…
Finalement, il s’endormit.



Le lendemain, il retrouva Vidic puis replongea de nouveau dans sa mémoire génétique en s’installant dans l’Animus. De toute façon, il n’avait pas le choix. Il vit de nouveau le logo d’Abstergo s’animer sur l’écran bombé, symbolisant le temps de chargement puis différentes informations s’affichèrent :

ANIMUS IDENTIFICATION

··· ··− ·−−− · − ·−−−− ··−−−

SUBJECT 12 ANCESTOR
PAUL LUCCI MATTEO ANDREOLI


ANCESTOR SYNCHRONIZATION

Enfin le cobaye —ou Sujet 12— retrouva les traits de son ancêtre dans le décor triste de la zone virtuelle appelée la Chambre Blanche où une infinité de traits blancs lumineux constituaient une étendue déserte. Puis il fut projeté dans un nouveau souvenir.

À suivre!

ndla: Alors? Vous ne vous y attendez pas, n'est-ce pas? (chapitre écrit à l'hiver 2012)

Voilà, le prochain chapitre n'est même pas encore sortit de ma tête! Ca va être dur! J'ai pensé à ton idée de publier en épisodes, je pense que je vais faire ainsi, si je n'arrive pas à faire autant que d'habitude (au moins 3000 mots) mais plutôt 1500 mots.

bee61
26/06/2012, 09h22
oui, c'est mieux sur le net, plus digeste que des pavés .. et plus rapproché, ça évite d'oublier les épisodes précédents ; en plus ça va t'aider pour ton découpage

Linkpogo
27/06/2012, 18h03
Allez, j'ai fait un effort comme promis, voilà l'épisode suivant!

MEMOIRE 8 (partie 1)


Aux environs d’Aix-la-Chapelle, Rhénanie du Nord.

Les deux Assassins, Laura et Matteo, étaient à Aix-la-Chapelle* depuis presque deux mois après avoir quitté Nuremberg. Le duc Albert les avaient chargés de mission, c’est-à-dire escorter Steiner le chef de la garde ducale, malgré qu’il soit accompagné d’une dizaine d’hommes, et Albrecht lui-même, bien sûr, pour poursuivre son travail de recherche sur la Pomme d’Eden.
Malheureusement, ils n’avaient rien trouvé de concluant dans le palais de Charlemagne à Aix, aussi ils se résignèrent à étudier des archives et toute une bibliothèque d’un monastère situé à quelques lieues au sud-est, côtoyant les marécages, sagement recommandé par l’archevêque de la ville. Et donc cela cinq semaines qu’ils étaient là, à éplucher les livres, codex et grimoires anciens. Les moines autour d’eux semblaient ne pas exister, tellement ils étaient discrets, mais cela ne les dérangeaient guère, cette compagnie silencieuse était des plus appréciable.

- Quelle plaie ! ça fait des jours et des jours qu’on est ici, à chercher le moindre petit indice et rien ! C’est d’un ennui mortel ! se plaignit Matteo.

Il fut dévisagé par sa sorella et par les quelques moines présents avec eux dans la bibliothèque.

- Ce n’est pas une raison pour déranger tout le monde avec tes gémissements de gamins, idiota ! gronda à voix basse la blonde.

En effet, les hommes pieux autour d’eux semblaient être à bout de patience à force d’être dérangés, eux, par ce jeune importun, d’autre étaient sur le point de violer leur veux de silence juste pour le réprimander copieusement à l’aide de qualificatifs pas très catholique ; c’est pour dire combien l’Assassin n’était pas très discret, violant lui-même son credo qui lui sommait la discrétion…
Matteo haussa les mains, s’inclinant.

- Il faut dire que ce que nous convoitons n’est connu que des anciens ou consigné par écrit dans les temples monastiques, comme celui-ci, donc malheureusement pour toi mon ami, il te faudra encore faire preuve de patience. Expliqua Dürer.
- Mouais… je vais plutôt aller voir Steiner et les autres dehors, eux au moins ils ont eu raison de ne pas rester plus de deux heures le premier jour où on est arrivés ici.

L’Andreoli accompagna la parole par l’acte et se leva de sa chaise, quittant la bibliothèque et rabattit sa capuche sur sa chevelure foncée, sous les yeux de la blonde. Albrecht profita de son inattention pour reluquer sa poitrine. Mais Laura revint à son livre et croisa le regard du peintre.

- Qu’est-ce que tu regardes ?!
- Moi ? oh heu… rien ! rien du tout ! rougit ce dernier.



Matteo allait gagner la sortie du monastère quand il entendit une voix faible l’interpeller.

- Vous ! hé, vous ! pss ! par ici !

Le brun se tourna vers la gauche et aperçut un homme en soutane brune, trapu, dans l’entrebâillement d’une annexe.

- Oui, c’est vous que j’appelle ! j’ai quelque chose à vous dire !

Matteo rejoignit l’étrange moine et retira sa capuche.

- Que veux-tu, moine ? tu n’es pas censé garder le silence en vue de prières exclusives ?
- Nan, nan ! ça c’est que les pieux qui font ça ! grimaça-t-il. Moi je suis le frère Klein, je m’occupe de cultiver la terre le matin et je fais la poussière le samedi après-midi, mais j’n’aime pas ça, ça me fait éternuer !

L’Assassin dû faire de nouveau preuve de patience pour ne pas sortir de ses gonds.

- Et alors ? en quoi ça me concerne ?
- Eh bien au lieu de faire la poussière, je lis les vieux grimoires ! mais ils sont pas tous passionnants ! et un jour, j’ai découvert un ouvrage intéressant dans la bibliothèque privée du frère supérieur, un livre appelé Orbis Regis, ou l’Orbe du Roi ! bon, je sais que je pourrais être puni d’être entré dans la bibliothèque privée du frère sup…
- Attend, tu as bien dis l’Orbe du Roi ? le coupa l’Assassin, qui était au moins futé pour faire le rapprochement avec ce qu’ils recherchaient.
- - oui ! Orbis Regis, l’Orbe du Roi ! c’est assez difficile comme littérature, ça parle de Charlemagne justement, j’ai ouïe dire que vous faites des recherches sur le sujet.
- Eh bien montre-moi où est cette bibliothèque privée, frère Klein, s’il te plait.
- Viens, suis-moi !

Matteo suivit le petit moine aux cheveux roux rasés, à travers tout le monastère. Les autres confrères les regardaient d’un œil méfiant, mais reprenaient leurs activités finalement. Ils arrivèrent à proximité d’une porte entrebâillée, donnant sur un cabinet où Matteo aperçut le frère supérieur absorbé par son travail, assis à son bureau. Klein le retint en le tenant par le pan de sa tunique.

- Zut ! J’avais oublié de te dire : le frère supérieur est affairé dans son cabinet à cette heure-ci !
- et c’est quoi le problème ?
- ben le problème, c’est qu’on accède à la bibliothèque personnelle que par un escalier situé dans le cabinet du frère supérieur… si près du but… tu vois ce balcon intérieur au-dessus du cabinet ? C’est là-haut que se trouve la fameuse bibliothèque.
- eh bien, tu ne pouvais pas le dire plus tôt ?! Ça va être facile !

L’Assassin sourit et se dirigea vers un grand crucifix de taille humaine et se hissa dessus.
- Mais qu’est-ce qu’il fait ?! se demanda à voix haute le moine.

Matteo tint en équilibre sur la branche droite de la croix et d’un bond s’élança sur le rebord du vitrail voisin, puis sur le rebord de la fenêtre adjacente. Il ouvrit cette même fenêtre et prit un meilleur appui et s’élança à nouveau, vers l’intérieur, sur le grand lustre qui arrivait à mi-hauteur des colonnes qui soutenaient le balcon intérieur. Il attendit que le lustre cesse de balancer puis grimpa la chaîne de fixation avant que le tout ne craque. Puis arrivé à la hauteur de la balustrade du balcon il sauta dessus. Il se hissa et atteint une dernière porte qui le séparait de la bibliothèque. Il jeta un coup d’œil en bas et vérifia que personne ne l’avait vu agir. Seuls les hochements de tête approbateurs de Klein lui répondirent. Il ouvrit donc la porte et pénétra dans le lieu privé. C’était une pièce hexagonale assez large pour contenir les rayonnages qui couvraient chacun des murs. Seul un côté contenait moins de livre, celui par lequel il était entré, dans lequel était le cadre de la porte. Au milieu de la pièce se trouvait la bouche de l’escalier encadrée d’une rambarde contre laquelle était appuyé un escabeau en bois replié.

« Il y a trop de livre ici ! Je ne pourrais jamais le trouver si vite tout seul ! » Pensa Matteo.

L’Assassin retourna sur le balcon et héla le moine.
- Klein ! Dans quel rayonnage se trouve ce livre ?!
- Sur le côté nord-ouest par rapport au balcon, deuxième étagère en partant du haut ! répondit le moine.

L’Andreoli retourna à l’intérieur et se tourna vers le côté indiqué. Chaque bibliothèque contenait une vingtaine d’étagères et comme par hasard, l’Orbis Regis se trouvait presque tout en haut ! Matteo plaça l’escabeau et grimpa dessus jusqu’à la dernière marche. Il localisa rapidement le livre convoité, une couverture en cuir brun où était inscrit sur la tranche le titre de l’ouvrage. Le brun dû l’attraper du bout des doigts et se demanda comment le petit moine pouvait se l’approprier chaque jour, sa petite taille l’empêchant de s’en emparer, logiquement. Mais Matteo mit la logique de côté pour le moment, il avait plutôt envie de quitter cette bibliothèque obscure, uniquement éclairée par une lucarne plafonnière qui éclairait de la lumière solaire différent recoin, selon l’heure de la journée.il redescendit de l’escabeau, le replaça presque à l’identique de comment il l’avait trouvé, sortit sur le balcon, referma la porte discrètement. Et maintenant, comment allait-il faire pour redescendre avec le livre qui l’encombrait ? il opta pour la facilité : il sortit une ficelle de sa poche et l’enroula autour du livre de sorte qu’il ne s’ouvre pas lors de la chute et il le lança délicatement sur la grande table en bas où se trouvaient juchées quelques pages des copistes. Le livre atterrit dans un bruit mat, pile sur le plat de la couverture, sans rebond. Heureusement, sans aucun écho dans ce grand bâtiment qui le favorisait plutôt. Personne n'avait remarqué sa petite manœuvre, semblait-il. Finalement, Matteo grimpa sur le rebord et s’élança sur le lustre, attrapa la chaîne du luminaire et dans le même élan se réceptionna sur la croix. Puis il descendit de l’idole, levant la tête vers le lustre qui balançait dangereusement, menaçant de se décrocher à tout instant. Mais il tint en place, ses mouvements de balance s’épuisant au fur et à mesure. Le brun dévisagea Klein qui avait récupéré le livre et qui le tenait sur son cœur comme si sa vie en dépendait, essuyant la sueur de son front tout en soupirant de soulagement.

- Allons-y ! ordonna l’Assassin en se déplaçant aussitôt, suivit de près par le moine.

Linkpogo
27/06/2012, 18h05
(désolé du double-post)

Ils retrouvèrent Laura et Albrecht dans la salle d’étude et d’archive du monastère, la blonde s’essuyait les yeux fatigués, tandis que le peintre continuait d’éplucher un bouquin. Matteo lui arracha l’ouvrage des mains et avant qu’il n’ait eu le temps de protester, il lui mit l’Orbis Regis sous le nez.

- Voilà ce que nous sommes venus chercher ! dit-il comme simple explication.
- Orbis Regis ? Répéta Albrecht en examinant la couverture. Mais oui, c’est ça ! Je m’y mets tout de suite ! Par contre, c’est écrit en latin, ça va me prendre un moment, peut-être une demi-journée, voire plus…
- C’est grâce à Klein, c’est lui qui m’a mis sur la piste ! déclara Matteo. D’ailleurs, ne peux-tu pas nous résumer de quoi il en retourne ? demanda l’Assassin au moine.
- Oh, diverses légendes plus ou moins connues, des fables, hélas ! je crois que vous en connaissez plus sur le sujet que moi, donc c’est à vous de creuser…

Le peintre, sans sortir le nez du bouquin fit signe de la main aux trois autres qu’ils pouvaient disposer.

- Allez vous changer les idées, je reviendrais vers vous dès que j’aurais trouvé !

Les deux Assassins ne se firent pas prier, ils sortirent prendre l’air en dehors du bâtiment, tandis que le moine s’éloigna à ses occupations, interpellé par l’un de ses confrères.

- J’envoie un message au Mentore, pour lui signaler que la mission avance, finalement. Déclara Laura.

Matteo ne la quitta pas d’une semelle, la suivant sur le toit du monastère où elle lança un pigeon voyageur qu’elle avait acquis en ville. Ils avaient retiré leurs capuche tous les deux, les rayons du soleil en plein après-midi faisaient briller la chevelure platine de l’Assassine.

- Vivement qu’on soit rentrés à Rome ! soupira le brun.
- Hn ! tu as le temps, tant qu’on n’a pas trouvé cette relique, je crois qu’on n’est pas près de rentrer ! La Germanie, c’n’est pas si différent que chez nous, non ?
- Oui, sauf qu’ici il fait pas très chaud, y’a pas beaucoup de soleil et la langue allemande n’est pas de tout repos ! grogna le brun.
- Tu vas arrêter de geindre sans cesse ?! le réprimanda la blonde.

Matteo fit la moue, vexé. Laura s’approcha de lui, souriante, une expression rare chez elle qui pourtant faisait des efforts ces derniers temps. Elle le regarda dans les yeux puis elle posa son front contre le siens. Puis elle fit glisser sa joue contre la sienne, ils avaient tous les deux les yeux clos à présent. Ils s’abandonnèrent à ces caresses somptueuses et délicates. Puis leurs bouches se rencontrèrent et ils s’embrassèrent passionnément, se happant les lèvres farouchement. Mais finalement ils se séparèrent après quelques secondes qui leur parurent pourtant une éternité.

- On ne peut pas… souffla-t-elle, baissant les yeux.
- Je sais. Désolé.

Elle se détacha de lui et lui tourna le dos, confuse et honteuse d’avoir asséné cette sentence qui les faisait souffrir. Elle regrettait déjà. Elle allait lui proposer qu’ils retournent à l’intérieur retrouver Dürer, mais elle sentit des bras entourer sa taille et le menton de Matteo se poser délicatement au creux de son épaule gauche. Elle inclina la tête de son côté par réflexe, son cou parcourut d’un frisson agréable au contact des lèvres posées dessus. Puis Laura posa ses mains sur celles de son amour interdit, entrecroisant leurs doigts, restant encore un bon moment ainsi, sans prononcer mot. Ils n’avaient pas besoin de parler dans ces très rares moments volés ici où là.



Le soleil s’était couché depuis près de trois heures, la plupart des moines s’étaient couchés depuis un moment déjà. Laura et Matteo avaient rejoint Albrecht dans la salle d’archives. Il avait fini de lire le livre et leur avait expliqué que ce livre n’avait, à part plusieurs contes et légendes, aucun indice en son sein qui pouvait les aider. Le peintre était déjà en train de s’excuser de les avoir entraînés dans une aventure avortée. Matteo saisit le livre et le feuilleta rapidement.

- Je suis vraiment désolé de vous avoir entraînés ici, mes amis, je crois malheureusement qu’il faut se résigner et rentrer chez nous…
- Attend, et ça c’est quoi ? demanda Matteo en désignant une illustration au peintre. Tu ne trouves pas que ça ressemble à la gravure que tu as commencée l’autre jour ?

Albrecht scruta attentivement l’illustration et ses yeux s’écarquillèrent.

- Oui, effectivement, ça ressemble à Melancholia ma gravure, avec l’ange et la sphère ! s’exclama ce dernier. Pourtant, je l’ai déjà regardée et j’ai lu la légende qui l’accompagne, rien d’alarmant…
- T’es sûr ? tu ne vois pas la carte qui brille à travers le dessin ? demanda l’Assassin.

Il montra à la blonde également, mais elle ne vit rien non plus.

- Désolée Matteo, je ne vois rien de plus non plus.
- Bon c’est pas grave, donne-moi du papier et un crayon, je vais la redessiner dessus !

Albrecht lui procura ce qu’il avait demandé et Matteo mit dix bonnes minutes pour transposer la carte.

- Et voilà !
- Effectivement, c’est bien une carte ! et ces mots, c’est du latin ! Carolus Magnus et Aquis Villa… ce qui veut dire Charlemagne et Aix-la-Chapelle, son nom en latin ! Albrecht regarda la carte à nouveau, avec plus d’attention. Mais oui ! C’est une carte à l’intérieur de la chapelle de la basilique ! Et ces chiffres romains correspondent sûrement à des leviers secrets à déplacer pour ouvrir un passage !

- Et on aura la Pomme ! s’exclama Laura qui s’autorisa un sourire.
- Nous partons demain ! Excellent travail, Matteo ! Congratula l’artiste. Au fait, comment diable as-tu fait pour voir cette carte ? Quel est ce prodige ?
- Je… je ne sais pas, je savais même pas que j’ai ce don, c’est naturel pour moi pourtant…

La blonde scruta les yeux du brun.

- Je crois que tu as un point commun avec le Mentore, Ezio ! Vous partagez cette acuité spéciale, un don spécifique à seulement certains d’entre nous, les Assassins. Expliqua la blonde. Du moins, c’est vaguement ce que je connais à ce sujet.

Albrecht referma le livre.

- Bon, tu pourras rendre ce livre à ton ami Klein, nous nous satisferons de cette carte ! Allez dormir les amis, une grosse journée nous attend demain !

Les deux Assassins saluèrent le peintre et chacun alla rejoindre son lit.
Le plus dur restait à faire.



À l’autre bout du monastère, deux silhouettes ne dormaient pas. Occultées dans un coin, elles semblaient en pleine conversation à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes.

- Alors comme çà, les Assassins ont finalement réussi à localiser la relique ?
- Oui, plus ou moins, monseigneur. Mais le gros du travail reste à faire !
- Pour çà je vous fais confiance. Mettez la main sur cette relique et ne me décevez pas !
- Oui monseigneur. Et les Assassins, on les élimine ?
- Non, laissez-les trouver la relique pour nous, puis occupez-vous en quand ils l’auront délogée ! À présent je m’en vais. Que le Père de tout Entendement soit avec vous !
- Amen !

À suivre!

Aix-la-Chapelle : Aachen en Allemand

__________
Qui sont donc ces deux ombres inquiétantes?
Vous le saurez dans le prochain épisode! Ne ratez pas la suite des aventures de Matteo et Cie!!!


LOOOOL!!!

bee61
28/06/2012, 11h30
non c'est bien ce truc du double-post imposé par l'interface du forum, ça aère et ça permet de faire une pause dans la lecture (j'ai du mal à lire longtemps sur écran, alors que je peux passer des journées complètes sur un livre, plus le bruit des pages que je tourne, l'odeur du papier, celle de l'imprimerie .. bref.. )

en plus ça donne l'impression que tu as réussi un chapitre sans reluquage mammaire:p

c'est bien aussi de restreindre un peu les expressions étrangères (ça fait moins linguiste) et les notes de bas de page (le rythme y gagne)

Linkpogo
28/06/2012, 13h16
Ouais, mais le "chapitre" là n'est en fait que la moitié de l'original, parce qu'à la base je rédige sur Word, pas sur le forum, donc je n'arrive pas encore à m'imposer les 10000 caractères maxi (en fait je trouve que, pour moi, c'est trop restreint ces limites...).

Pour le contenu en lui-même, pas d'action ici-bas, mais dans la deuxième partie oui, de plus je crois que la deuxième partie est moins longue (je crois). Et pour le vacabulaire, t'as raison, autant que les lecteurs se démer... se débrouillent un peu et qu'ils consultent le petit Robert ou Larousse, etc.

Linkpogo
28/06/2012, 15h18
MEMOIRE 8 (deuxième partie)

Le lendemain après-midi, à Aix-la-Chapelle.

Les Assassins avaient assisté à la fin de la messe dominicale, malgré le malaise de Matteo pour les choses consacrées. Steiner et les autres gens d’armes du duc avaient préféré quant à eux rester dehors. Dans le saint lieu les fidèles avaient déjà vidé les lieux depuis un bon moment déjà, ne se trouvaient encore là que quelques ecclésiastiques qui s’affairaient à leurs occupations ou prières. La cathédrale était pratiquement vide, laissant les trois amis circuler sans attirer l’attention. Ils se dirigèrent directement vers la chapelle palatine.

- Voilà ! D’après le plan, l’entrée serait derrière l’autel ! rappela Albrecht.

Ils trouvèrent un petit promontoire sculpté derrière l’autel, avec ce qui semblait être des motifs représentant les quatre éléments dans chaque interstice.

- Allez Matteo, c’est à toi de jouer ! encouragea la blonde.

Le brun acquiesça et fixa les sculptures du regard, de ses yeux perçants. Devant lui, les formes s’illuminèrent bientôt, restant en surbrillance.

- On dirait un système codé. Expliqua-t-il.

Puis il appuya plusieurs fois sur les quatre symboles, les uns après les autres, essayant plusieurs combinaisons, jusqu’à ce que l’une d’elle soit la bonne. Il sentit la vibration de la dernière touche sur son doigt, puis ils purent entendirent un petit déclic sourd derrière eux. Ils se retournèrent et aperçurent un nouveau promontoire, beaucoup plus petit que le premier, de forme vaguement pyramidale, avec un sommet plat, large comme un bras et haut jusqu’au genou. Ils s’approchèrent et se placèrent autour, le scrutant curieusement.

- Eh bien, Matteo, vas-y, continue ! incita le peintre.
- C’est toujours moi qui a le beau rôle ! pesta le brun, faussement outré.
- Tu as commencé, tu continues ! répliqua la seule femme du groupe.
- ce n’est que la porte dit Albrecht.
- quoi?!
- ce qui nous intéresse est plus bas, souterrain. Et surtout plus grand expliqua le peintre.

Matteo posa la main sur le promontoire et des lignes de lumière bleue se mirent à scintiller sur chaque côté et sur le sol sous leur pied, formant une sorte de plateforme puis un cercle lumineux les entourèrent et ils disparurent.
Ils réapparurent quelques instants plus tard complètement autre part. Le même autel lumineux, mais ils étaient maintenant dans une sorte d’immense salle intérieure où justes quelques points lumineux périodiques bleus sur les murs éclairaient le tout. Chaque côté était, à proximité des murs, bordé de précipices remplis d’eau qui coulait continuellement.


- Il y a de l’eau ici ? c’est incompréhensible, il ne peut pas y en avoir autant ! s’exclama la blonde.
- Oh si Laura, cette eau provient sûrement des nappes phréatiques souterraines ! expliqua Dürer. À la base, Aix-la-Chapelle fut bâtie par les Romains en tant que cité thermale !

Les deux Assassins se contentèrent de cette explication puis se mirent à marcher.

- En route ! Ordonna Matteo. Restez sur vos gardes, on n’est jamais à l’abri d’une mauvaise surprise. Nous devons trouver cet artéfact.

Ils marchèrent jusqu’à atteindre une immense porte à l’autre bout de la salle. Derrière, des escaliers les attendaient, descendant dans les profondeurs. Puis après une seconde porte, une autre salle, puis une succession de grandes salles, paraissant vides. Les escaliers aussi étaient éclairés par des traits de lumière bleuté sur leurs arrêtes, les arrêtes des murs, au sol et au plafond.

- C’est tout simplement prodigieux ! s’extasiait l’artiste, les yeux brillants devant tel prodige.

Ils arrivèrent finalement devant une autre immense porte, cette fois ci décorée de nombreux motifs gravés, et d’un piédestal. Matteo se plaça dessus. Ils entendirent un mécanisme s’enclencher et de la lumière pure sortit du piédestal et s’infiltra dans chaque rainure des gravures. Puis les portes s’ouvrirent lentement. Derrière, ils découvrirent un long mais étroit couloir cette fois ci.
Sans plus attendre, ils s’y engouffrèrent. Au bout, ils trouvèrent une source encore plus puissante de lumière: sur un autel, un orbe doré trônait.
Matteo s’approcha pour le scruter.

- Attend Matteo, tu devrais faire preuve de méfiance !

Mais le brun ne prêta pas attention à la mise en garde de l’artiste et effleura la Pomme d’Eden du bout des doigts. À ce moment-là, combien il ne pouvait décrire l’effet de bien-être qui s’emparait de son corps petit-à-petit, cette chaleur bienfaisante qui le réconfortait, telle une mère pleine d’amour qui tenait son nourrisson dans ses bras. Finalement, il s’en empara. À ce moment-là, l’orbe se mit à luire avec plus d’intensité, d’une lumière dorée presque bleuté, de manière irréelle. Des rayons de lumières étaient projetés par l’objet, semblant le hérisser de pics acérés comme le dos d’un hérisson ; d’autres rayons quant à eux semblaient jaillir de nulle part et formaient une sorte de grille aux lignes perpendiculaires. Matteo n’avait jamais vu tel prodige. Il se retourna pour voir la réaction de ses camarades.

- Avez-vous vu çà… ?

Laura et Albrecht n’étaient plus là. Mais où pouvaient-ils bien être ?

- Laura, Albrecht !? Bon sang, où êtes-vous passés ?!

Aucune réponse. L’Assassin descendit de l’autel et les appela sans cesse de nouveau. Toujours pas de réponse. Il tenait toujours dans sa main la relique qui elle, scintillait toujours autant, libérant son pouvoir à son insu.
Soudain, un gargouillis résonna derrière lui. Il se retourna, mais ce qu’il découvrit lui glaça le sang. Aux murs étaient cloués, l’un opposé à l’autre, ses deux amis, la poitrine déchiquetée, attachés de sorte que les dépouilles sanguinolentes se vidaient de tout fluide corporel. Mais Matteo n’eut même pas le temps de pleurer ou de vomir de dégoût, car une énorme main griffue et velue faillit lui déchirer le visage. Il fit un bond en arrière, puis un autre, suivit de quelques autres esquives, car les griffes acérées menaçaient toujours de lui trancher la gorge. Finalement il cacha la Pomme du mieux qu’il pouvait dans sa veste, dégaina une dague de sa main gauche et sa lame cachée de l’autre et réussi à arrêter les attaques suivantes. Il eut le temps de bien voir à quoi il avait affaire : un visage sardonique et de grandes oreilles de chauve-souris, cela ressemblait à une créature dont il avait entendu la description à l’époque où il était en classe : l’Incube. Il eut le temps d’esquiver un autre qui portait des attributs féminins, soit une Succube.
Il se mit en position de combat et commença à attaquer le deux monstres à l’aide de ses lames. Il n’avait pas de mal à les frapper mais ces deux derniers étaient très agiles et ne retenaient pas leurs coups non plus, l’obligeant à esquiver quasi-continuellement. Mais ce qu’il redoutait arriva : les deux créatures l’encerclaient, l’une devant et l’autre derrière lui. Alors que l’Incube devant lui tenta une attaque puissante en joignant ses deux pattes antérieures, il les abattit sur l’Assassin qui réussit à l’arrêter et lui planta sa lame rétractable dans la jambe gauche. Le monstre chuta en arrière, visiblement très affecté par cette blessure.

Linkpogo
28/06/2012, 15h20
Matteo saisit l’occasion et allait lui donner le coup de grâce, mais bien avant qu’il puisse laisser retomber son bras armé, la Succube vint le maîtriser par derrière, l’étouffant presque de ses mains griffues. Pourtant l’Andreoli réussit à se dégager en assénant des coups de coude dans les côtes de la créature. Il fit volte-face et esquiva un coup d’épée du monstre qui était armé à présent. Bizarrement elle savait se battre à l’escrime comme un duelliste émérite et feinta un coup d’estoc. Feinta, car Matteo, ayant réussi à esquiver la pointe de l’épée, ne vit que bien trop tard le coup de pied fracasser sa tempe. Il chuta lourdement au sol et fut bien vite désarmé. Et maîtrisé. L’Incube derrière lui semblait avoir oublié sa douleur et vint lui retenir les bras à grand’ peine. La Succube quant à elle cherchait à lui subtiliser l’artéfact. Il essaya de la repousser avec ses jambes mais elle le vainquit finalement et s’empara de la relique.

- Noooon ! hurla Matteo, tel un damné, alors que la relique lui échappait.

Seule une claque magistrale de la créature face à lui le fit taire. Il redressa la tête et tout à coup, le décor macabre avait disparu. Devant lui se tenait Laura, bel et bien vivante.

- Enfin, tu t’es calmé ! mais qu’est-ce qui te prend bon sang ?! cria-t-elle.

Matteo cligna des yeux. Son front était tout en sueur, la respiration haletante, l’adrénaline retombait progressivement. Il regarda au-dessus de lui, c’était Albrecht qui lui tenait les bras. Il n’y comprenait plus rien.

- Je vous ai vu sans vie, accrochés aux murs, vous vidant de votre sang ! Uffa ! que s’est-il passé ?
- Oh rien, t’as piqué une crise tel un dément et tu m’as légèrement planté ta lame dans la cuisse. À part ça, tout va bien. Sourit le peintre.
- Ah ? bon…
- Mais non ça ne va pas ! brailla Dürer, changeant d’attitude. T’as faillis nous tuer ! Depuis quand tu essaie de tuer tes compagnons ?!
- Mais… et les deux monstres ?

Le brun cherchait toute trace de Succube alentour, mais rien d’autre que ses amis dans les parages. Laura quant à elle, ramassa la relique à terre, mais celle-ci ne s’illumina pas.

- C’était une illusion provoquée par cet orbe, sûrement une protection pour ne pas que n’importe qui mette la main dessus. Proposa-t-elle comme explication.
- Une sorte de barrière de sécurité ? demanda le peintre.
- Cette chose horrible a voulu nous tuer ! il faut la laisser ici et partir ! Asséna l’Assassin.
- Attend, Matteo ! Nous sommes arrivés jusqu’ici, ce serait dommage de repartir alors que nous avons atteint ce but !

Matteo réfléchit à ces paroles. Cet orbe avait failli le forcer à tuer son ami et son amante, deux êtres qui comptaient beaucoup pour lui. Et surtout, surtout, cette sensation de bien-être fou quand il était en contact avec l’objet, comme s’il l’attirait. C’était épouvantable et pourtant si attirant.

- Matteoo… Matteoo ! Ne me laisse paaas… Hi hi hi ! Je connais tes peurs les plus profondes, je les sens tapies au fond de toi ! Montre-les-moi !
- Vous avez entendu cette voix ? demanda l’Andreoli à ses amis.
- Non. Il n’y a que nous ici. Déclara la blonde.

Matteo sentit ces rayons de lumière lui chauffer le visage à nouveau, puis il se rendit compte qu’il fixait de nouveau la Pomme d’Eden. Il enfuit aussitôt sa face dans ses mains.

- Merda ! si tu y tiens, Albrecht, prend-la, cette foutue Pomme ! Mais cache-la bien, je ne veux plus la voir ! gémit presque le brun.

Laura aida son fratello à se relever et ils décidèrent de sortir de cet endroit funeste. L’Assassine avait fait un bandage de fortune autour de la blessure du peintre qui grimaçait mais faisait tout pour ne pas hurler alors que la douleur le lacérait à chaque pas. Les deux vêtus de blanc le soutenait pour qu’il ne tombe pas sous la douleur.

- Je ne t’oublie pas mon petit Matteo ! Matteoo ! Tu ne perds rien pour attendre ! Tôt ou tard, tu devras y faire face !

L’Assassin essayait tant bien que mal de ne prêter aucune attention à cette voix sardonique qui l’appelait. Il se disait que tout irait mieux une fois dehors, à l’air libre.

Mais ils n’étaient pas encore au bout de leurs épreuves.


À suivre…

Voilà, finalement j'étais (un peu) inspiré pour ce chapitre! Et je sais bien dans quelle direction je vais pour le suivant et les événements se précisent dans ma tête. Je vais essayer de tenir un chapitre par semaine au moins, soit deux épisodes par semaines. Merci de m'avoir lu et à bientôt!

Linkpogo
05/07/2012, 16h33
Salut à tous! Je suis légèrement déçu de ne pas avoir eu de commentaire pour le dernier épisode, mais comme je suis inspiré et que j'écris avant tout pour moi, c'est pas grave.
La suite!

MEMOIRE 9 (partie 1)

Aix-la-Chapelle, Rhénanie du Nord.

Les deux Assassins et le peintre étaient enfin sortis de la cathédrale. Ils devaient vite rentrer au monastère pour nettoyer la blessure à la jambe de Dürer et enfin informer leur Mentor qu’ils avaient mis la main sur la Pomme d’Eden.
- Retrouvons Steiner et ses soldats, ils nous prêteront assistance. Décréta la blonde.
Mais déjà, une mauvaise surprise les attendait. Ils retrouvèrent le contingent des dix gens d’armes du duc de Nuremberg au sol, tués et leurs chevaux avaient dû prendre la fuite. Aucun habitant ne traînait dans les parages. Mais au fur et à mesure que leurs yeux se réhabituaient à la lumière éclatante du soleil d’hiver, ils apercevaient clairement Steiner, la corde au cou sous un arbre, encore vivant assis sur son cheval. Autour de lui étaient massés une vingtaine de soldats vêtus de noir, ne portant aucun blason distinctif, sauf un homme à la carrure imposante et à la chevelure blonde flamboyante, attachée en une queue de cheval qui lui arrivait jusqu’aux omoplates. Celui-ci souriait de toutes ses dents.
- Rendez-vous Assassins ! Donnez-moi l’objet trouvé dans le temple et je vous épargnerais, vous trois et le capitaine bavarois !
- Et à qui avons-nous l’honneur ? demanda Albrecht, esseyant de gagner du temps en voyant que Laura voulait tenter quelque-chose, les mains derrière le dos, cherchant une arme…
- Je suis Helmut Heisenkreuz, mais connaître mon identité ne servira à rien si vous mourez ! il regarda Albrecht. Vous, vous avez déjà échappé à mes saltimbanques que j’avais lancé à vos trousses, mais ces fichus Assassins ont tous fait rater ! alors j’ai décidé de m’occuper de vous moi-même, en récoltant le fruit de votre labeur par la même occasion !
- Nous sommes venus ici nous recueillir, nous n’avons rien d’un quelconque objet spécial, mentit le peintre.
- Ne faites pas les innocents ! votre ami moine m’a tout raconté !
Helmut claqua ses doigts et l’un de ses hommes poussa devant lui un moine aux mains attachées dans le dos, jusqu’à le pousser au sol où il se ratatina sur le pavé, soulevant la poussière. Matteo le reconnu sans peine.
- Klein ! Espèce de traître ! Accusa l’Assassin, par dépit.
- Je suis désolé Matteo, je n’avais pas le choix, je…
Le petit moine n’eut jamais le temps de terminer sa phrase qu’il fut égorgé par le soldat, sur ordre de son capitaine. Matteo ferma les paupières, gardant le souvenir du sang jaillir et se répandant sur les pavés en une marre rouge. Le pauvre moine tomba à genou et son corps chuta sur le côté.
- Alors comme çà vous tuez systématiquement vos alliés dès qu’ils ne vous sont plus utiles ? s’indigna le peintre.
- Oh non mon fils, il n’était pas notre allié, il avait fait le choix de se taire.
Les Assassins se tournèrent vers le nouveau venu qui avait pris la parole, accoutré d’une soutane identique à Klein.
- Le frère supérieur du monastère ! S’exclama Albrecht. Pourquoi… ?
- Klein ne vous a jamais trahit, c’est nous qui l’avons obligé à coopérer en menaçant de tuer ses vieux parents. Malheureusement à l’heure qu’il est, ils ne sont plus non plus de ce monde…
Matteo fulminait ! Encore un ami qui était mort à cause d’eux. Il s’approcha de la dépouille de Klein, lui ferma les yeux et murmura sa dernière bénédiction.
- Requiescat in pace, mon frère.
Les cavaliers d’Helmut finirent par les encercler, ne leur laissant aucune échappatoire.
- Bref, donnez-nous la relique, je n’attend pas ! ordonna ce dernier.
Albrecht regarda tour à tour ses deux compagnons qui lui firent signe de la tête.
- Bon, très bien.

Le peintre sortit la Pomme de sous son manteau et la tendit au frère supérieur qui vint en prendre possession. Puis il retourna auprès du capitaine aux cheveux flamboyants et la lui remit. Une fois qu’Helmut fut en possession de la Pomme, il la rangea soigneusement dans une sacoche attachée à son cheval.

- Töten Sie sie alle! Tuez-les ! ordonna-t-il.
Sur quoi ses soldats dégainèrent leurs épées. Mais les deux Assassins réagirent immédiatement, Laura sortant deux couteaux de lancer et élimina les gardes les plus éloignés tandis que Matteo fit jaillir sa lame secrète et planta le premier cavalier. La blonde élimina les deux suivant grâce à ses projectiles, le brun répliqua en découpant la selle d’un autre à l’aide de sa dague, le faisant chuter et l’égorgeant dans un mouvement de bras avec sa lame ; le tout en quelques secondes.
- Battez-vous, bande de lâches ! Vous êtes dix fois plus nombreux qu’eux ! beugla Helmut.
Ce dernier hurlait tout en tirant les rênes de son cheval, le faisant faire demi-tour et il s’en alla au galop, frappant au passage du plat de l’épée le cheval de Steiner qui se précipita aussi. Steiner commençait à étouffer, étranglé les pieds dans le vide.
- Laura, aide-le ! Prévint Matteo.
L’Assassine asséna un coup à un soldat, le pourfendant, puis elle projeta un couteau de lancer qui trancha net la corde du pendu qui chuta lourdement au sol, mais au moins il était indemne. Matteo quant à lui se débarrassait aussi de ses adversaires à l’épée maintenant, un à un. Albrecht était en train de prendre la poudre d’escampette pour pouvoir se mettre à l’abri mais il fut pris dans la ligne de mire d’un cavalier muni d’une arquebuse.
- Merda ! jura l’Assassin quand il buta contre quelqu’un d’autre.

Ce n’était pas un soldat, c’était le frère supérieur qui essayait de fuir la mêlée ! Matteo ne réfléchit pas, il poussa violemment le moine de sorte que celui-ci se prenne la balle destinée au peintre. L’arquebusier perdrait trop de temps pour recharger son arme, c’est pourquoi il dégaina à son tour son épée pour finir son travail. Le corps du frère supérieur avait à peine touché le sol que l’Assassin avait paré déjà deux coups de lame. Ce type avait l’air coriace ! Seulement il n’eut pas à faire longtemps avec celui-là car il fut décapité par une épée qui venait derrière lui. Quand son corps tomba, Matteo découvrit derrière Steiner, qui n’avait pas perdu de temps et avait emprunté une épée à un soldat qui n’en aurait de toute façon plus besoin et vint les aider.

- Il faut que tu rattrapes Helmut ! ordonna ce dernier.
L’Assassin ne répondit même pas et sauta sur un cheval, l’obligeant à galoper comme un damné.
- Matteo, attrape !
Laura lança son arbalète à son fratello qui l’attrapa sans s’arrêter. Helmut le devançait de quelques minutes.
- Allez mon grand, donne tout ce que t’as ! encouragea-t-il sa monture.
Le cheval réagissait aux ordres de son maître et son galop redoublait d’intensité. Le capitaine s’était aventuré sur une colline raide, galopant parallèle au sentier en contrebas. Matteo l’apercevait, il le rattrapait.
- Matteoo ! Matteoo ! Prend garde à la Croiiix !

Encore cette fichue voix dans sa tête ! Il essayait de l’ignorer, mais elle résonnait dans son cerveau comme une âme damnée de Dieu. Il devait se concentrer sur sa cible : Helmut.
Le sol pierreux de la colline ne l’aidait pas, le cheval, qui galopait toujours comme une furie, manquait plusieurs fois de chuter. Mais au moins, la monture de sa cible courait les mêmes risques.
L’Assassin tenta sa chance. Il épaula l’arbalète de Laura, visa longuement. Il n’avait pas le droit à l’erreur, il n’avait qu’un seul tir. Puis il relâcha la détente. Le carreau d’arbalète fila à toute allure droit devant et se ficha en plein dans le mille.
La pointe en métal se planta dans le radius gauche de l’équidé d’Helmut et il chuta en avant lourdement ; le blond quant à lui n’était pas en reste : il fit un vol plané vertigineux et atterrit sur le dos.
Matteo n’avait pas raté son coup ! Il fit néanmoins ralentir son cheval jusqu’au trot pour éviter de perdre l’équilibre sur le sol inégal et ainsi partager un sort similaire au blond. Il le rejoignit et descendit de sa monture, se dirigeant tout d’abord vers le cheval au sol en piteux état, hennissant à la mort, et lui enfonça sa lame dans l’encolure pour abréger ses souffrances. Puis il récupéra la sacoche contenant la Pomme d’Eden, vérifiant au préalable qu’elle était bien là. Enfin il vint au chevet du germain. Helmut n’avait rien à envier à son cheval : dans sa chute sur le dos, il avait atterrit sur un rocher saillant qui lui perforait la cage thoracique, il n’en avait plus pour très longtemps.

- Profite de tes derniers instants pour expier tes fautes : pour qui travailles-tu ?
- Oh ! ton Maître ne te l’as pas dit ? Que nous sommes toujours là, aux aguets, préparant le peuple pour qu’il cesse de s’autodétruire ?

Helmut cracha une gerbe de sang qui l’étouffait. L’Andreoli fouilla sa veste et en sortit le pendentif qu’il s’attendait à voir : la Croix de fer des Templiers, sertie d’un rubis en son centre.

- Je me doutais bien de çà, Templier ! Surtout quand tu as avoué que tu avais envoyé les saltimbanques. Mais je veux savoir qui est ton chef, qui tire les ficelles ?

Le blond ricana, ce qui provoqua une nouvelle quinte de toux.

- Peu importe, la vie me quitte… Mais tu le sauras bien assez tôt, car j’ai échoué, et il arrive…

Tout à coup Matteo sentit le déplacement d’air et para l’épée qui allait s’abattre sur son crâne et planta sa lame secrète dans la glotte d’Helmut qui mourut aussitôt, son bras armé sans vie retombant au sol. L’Assassin ferma les paupières de sa victime et baissa la tête comme dans une posture de recueillement.

- Requiescat in pace.

Puis il se releva, saisit la sacoche contenant l’artefact et remonta sur son cheval. Il avait récupéré cet objet maudit, il devait à présent retrouver ses compagnons pour se préparer au pire à venir.

À suivre...

bee61
05/07/2012, 16h42
bin j'avais déjà lu les épisodes précédents aussi, mais quand on a déjà dit 3-4 fois, "c'est bien continues", au bout d'un moment on tourne en rond:p
tu tiens un bon rythme, ça tourne bien .. j'aime bien le truc de la voix dans la tête:)

sinon, c'est pas mierda plutôt que merda ?:p

Linkpogo
05/07/2012, 16h51
bin j'avais déjà lu les épisodes précédents aussi, mais quand on a déjà dit 3-4 fois, "c'est bien continues", au bout d'un moment on tourne en rond:p
tu tiens un bon rythme, ça tourne bien .. j'aime bien le truc de la voix dans la tête:)

sinon, c'est pas mierda plutôt que merda ?:p

çà c'est pas de l'italien, malheureuse! avec le "i", c'est du... de l'autre pays, que je ne prononcerais pas le nom!!!! Hérésie!

En tout cas pour les commentaires c'est clair, vu qu'e tu es la seule qui a la gentillesse de m'encourager, snif... merci, merci!

bee61
05/07/2012, 17h21
ah le beau pays dont la superbe équipe de foot a magnifiquement écrasé une bande de comiques notoires ?:p

Linkpogo
05/07/2012, 17h33
ah le beau pays dont la superbe équipe de foot a magnifiquement écrasé une bande de comiques notoires ?:p

Si tu parles de l'edf, je suis tout à fait d'accord avec toi!

bee61
05/07/2012, 17h36
non, les chèvres je regarde jamais .. j'ai regardé que la finale
**sifflote**

Linkpogo
05/07/2012, 17h57
On s'éloigne du sujet là! (mauvaise fois *ON*)

Linkpogo
09/07/2012, 19h07
MEMOIRE 9 (partie 2)

Château de Fougères, Duché de Bretagne.

Le combat faisait rage depuis quelques heures déjà. La forteresse de Fougères était une immense citadelle qui, à première vue, semblait imprenable. En effet, avec des murs de plus de soixante mètres de haut, tous épais d’environ trois mètres, avec des miradors à chaque recoin, de hautes tours de guet ; elle abritait en plus de tout çà une importante garnison de mercenaires d’élite, sous le commandement des Ducs. Une seule force armée avait décidé cette folie de l’assiéger, à savoir les troupes royales anglaises, seulement quelques années après une précédente attaque subie par le château. Ces dernières avaient non seulement un contingent non négligeable de soldats, mais aussi des machines de guerre très sophistiquées, à savoir des pièces d’artillerie lourde et des tours d’assaut. Depuis un moment déjà, les troupes insulaires avaient réussi à faire une brèche dans un coté sud de la muraille, essayant d’entrer dans la citadelle mais étaient repoussées en masse par les soldats ducauts.
Mais les troupes royales étaient beaucoup plus importantes et tenaces, sans compter encore quelques machines de destruction qui étaient rescapées des sabotages ennemis. Tous les soldats se précipitaient de nouveau dans la brèche en forçant plus violemment, avec le succès escompté cette fois ci. Ils s’y engouffraient en masse, comme une source intarissable, tranchant tout opposition sur leur passage.
Un petit groupe d’assaillant se distinguait depuis le début des hostilités, en effet, ces guerriers ne s’étaient pas précipités dans la bataille, mais se défendaient simplement semblant attendre quelque chose.


Maintenant c’est sûr, la défense de cette forteresse va tomber d’ici quelques heures. Qu’en pensez-vous?
C’était un homme portant un pourpoint léger, aux cheveux noirs et à la peau mate qui s’était adressé à ses cinq camarades.


Je pense que c’est le moment pour commencer nos investigations. Déclara une femme à la chevelure châtain.
Kader, on pourrait commencer par les geôles! Proposa la deuxième femme, aux longs cheveux noirs.
Emmanuela a raison. On va commencer par-là, on aura plus de chances de retrouver Tiepolo, approuva le plus imposant de tous.
alors on est d’accord, conclut le dénommé Kader. Emmanuela, Nina et moi irons fouiller les sous-sols à la recherche de Tiepolo. S’il n’est pas emprisonné ici, on interroge un maximum de gardes… ah oui, Peter et Albert, vous resterez dehors pour une éventuelle couverture ou des renforts. Ne vous faites retarder par personne, même si c’est un soldat ducal! Vous saurez ce qu’il vous reste à faire. Nous sommes des Assassins après tout. Dès que quelqu’un sait quelque chose, ou qu’on le trouve, on se tire. Nous agissons dans l’ombre pour éclairer le monde.
Les autres approuvèrent la décision de leur chef. Ils se couvrirent tous de leur capuche blanche.


Dans ce cas, allons-y!
Ils s’exécutèrent tous et pénétrèrent dans la forteresse. Ils supprimèrent tout homme se mettant en travers de leur route, puis Emmanuela, Nina et Kader entrèrent dans les sous-sols. Pendant ce temps, les deux autres étaient dans l’immense cour centrale de la citadelle, dans la mêlée des deux armées.
Les forces coalisées ducales diminuaient de plus en plus, les Anglais avaient de plus en plus le dessus, rongeant la moindre parcelle de terrain. Dans un coin de la cour, des centaines d’assaillants essayent de forcer de lourdes portes les séparant de l’intérieur du château. Soudain une silhouette atterrit devant eux. Elle avait sauté du haut du donjon. C’était un homme, enveloppé dans une sorte de long manteau noir et un pourpoint en métal moulé représentant un lion.


What’s that ?! entendit-on dans les rangs anglais.
Ils avaient tous arrêté les hostilités, attentif au nouveau venu. Celui-ci se redressa, il avait la tête couverte, la tête presque intégralement bandée, le nez et la bouche couverts, laissant juste ressortir des yeux entièrement verts luisants et inquiétants, seule parcelle de son visage visible. Ses mains étaient d’une couleur pâle presque cadavérique, ce qui n’augurait rien de bon ; de plus il se dressait de toute sa hauteur, imposant comme un roc, toisant longuement l’assemblée devant lui, puis il dégaina de son dos un immense marteau de guerre et se mit en position d’attaque.
Un officier anglais se ressaisit et hurla.


tous sur lui!
Et comme si leur vie en dépendait, beaucoup en firent comme il l’avait ordonné. On ne vit bientôt qu’un amas de soldats là où on pouvait observer quelques instants auparavant le dernier arrivé.
Grossière erreur.
Dans un élan impressionnant, tous furent éjectés au loin dans un grand fracas et des gerbes de sang et lambeaux de chairs. Plus d’une centaine de soldats! Son grand marteau dégoulinait de liquide écarlate, les os brisés et les membres déchiquetés semblaient s’éparpiller au gré du vent.


C’est complètement inhumain ! hallucinait l’officier.
Le colosse ricana sous son bandage, un rire grave et caverneux, semblant sortir tout droit des Enfers. Tous les soldats assaillants encore vivants étaient figés de terreur.

Au sommet d’une muraille, bien en arrière étaient posté un homme accoutré en médecin et un autre portait l’uniforme d’un officier de la Couronne anglaise.


Le Golem est un vrai monstre! Il va tous les laminer! Protesta l’officier.
Certains maux sont nécessaires pour amener l’humanité sur la Voie. Répondit le médecin.
Mais il les massacre tous ! Ces soldats ont une famille, des enfants, des parents !
Et alors ? Leur sort ne serait pas différent face aux armées ducales. À qui va ta loyauté, Thomas de Leicester ? À ton roi ou à notre Saint Ordre ?
Il l’avait piégé. Une fois de plus, il s’était laissé avoir par ses sentiments devant ce fou ! Il devait mieux tenir sa langue, s’il ne voulait pas qu’elle gonfle du venin et entraîne sa mort.


Je suis fidèle aux Templiers ! affirma Thomas.
Bien. Alors prouve-le, ne remets plus en doute mes actes ! dis le médecin en s’éloignant. Tu pourrais le regretter. Je m’en vais à présent. Retrouve Tiepolo et ramène-le à Mazzei. Ou sinon ce n’est pas la peine de revenir.
Thomas de Leicester tint sa langue cette fois-ci. Il détestait ce type, Adraste Lavigne, malade mental portant la bure de l’homme de médecine. La belle imposture ! Mais il savait se faire discret et se faire passer pour honorable aux yeux de ceux qui ne le connaissait pas réellement, c’est-à-dire presque tout le monde. Et cela le rendait extrêmement dangereux. Thomas s’épongea le front de sa manche, mais la sueur dégoulinait continuellement de sa chevelure rousse. Il reporta son attention sur la dernière expérience du médecin fou, le Golem.
En bas, la situation s’était brusquement retournée à l’avantage des assiégés, malgré leur infériorité numérique.


alors! Personne pour relever mon défi?! Tonna le Golem.
L’officier anglais en bas essayait tant bien que mal de convaincre ses hommes de combattre le géant, mais sans succès.


celui qui arrivera à le vaincre sera récompensé de cent pièces d’or immédiatement! Tenta-t-il d’appâter.
Mais personne ne semblait être débloqué de la torpeur par cette offre alléchante.


moi je le ferais !
L’officier se retourna pour faire face à un homme aussi plus grand que les autres, portant une capuche blanche qui lui cachait la moitié du visage. Sûrement un mercenaire.


tu es…sûr de toi?
absolument.
d’accord tu peux toujours essayer, mais ne compte pas sur nous pour ramasser tes restes à la cuillère!
L’Assassin fit une grimace sous sa capuche puis s’avança vers le champion adverse qui se mit à ricaner aussi.


combien de temps comptes-tu tenir devant moi, demi-portion?
assez longtemps pour te réduire en pâture aux insectes.
L’autre fit les gros yeux à cette remarque qui semblait très sérieuse, puis il ricana à nouveau.


tu l’auras voulu.
Et sur ce, il se mit à fendre les airs de son lourd marteau, essayant d’atteindre l’audacieux. Ce dernier dégaina une longue épée de son dos et se mit à attaquer à son tour. Au grand étonnement de tous, il réussissait à tenir tête au colosse.


tu te défends bien en fait, mais ça ne suffit pas! Déclara l’autre en le faisant tomber à la renverse.
Puis il abattit sa masse sur lui mais l’autre para au dernier moment avec sa lame, ce qui fissura le fer du marteau. Le mercenaire put enfin se relever et se mit à assaillir son adversaire à son tour.


il se défend bien! Commenta un soldat parmi tant d’autres, qui avaient tous cessé de combattre, tant d’un camp que de l’autre.
mais il se bat n’importe comment! Ajouta un autre.
C’est un Suisse. Affirma un autre homme encapuchonné qui n’était autre qu’Albert, aux côtés des soldats. De ce fait il a largement l’étoffe pour battre ce monstre !
Tout s’était arrêté. L’Assassin était par terre, après avoir roulé longuement sur le sol. Des morceaux d’acier du pourpoint de son adversaire gisaient aussi. Peter était agenouillé à présent, la tête baissé, un peu sonné par le choc. Ses cheveux étaient auburn. Il releva enfin le visage, laissant transparaître des traits crispés par la fureur. Il se redressa et souleva sa grande épée espadon avec laquelle il avait fini par briser la massue de son adversaire.


Non ! C’est impossible ! Personne ne peut me battre ! Il m’a donné le pouvoir de… !
Mais c’était trop tard. En un seul moulinet de bras, Peter avait fracassé le crâne du Golem. Sur cette démonstration de bravoure, les soldats anglais se reprirent et recommencèrent leur mêlée envahissant de plus en plus la forteresse.

À suivre...

bee61
09/07/2012, 19h23
bizarre les points à la place des tirets pour les dialogues, mais ça doit être l'interface qui t'a fait ça ..

je tique sur le Golem, dans la tradition juive, yiddish en particulier, c'est pas ça en fait .. là tu serais plus proche de la créature du docteur Frankenstein que d'un golem, je trouve

Linkpogo
09/07/2012, 19h50
bizarre les points à la place des tirets pour les dialogues, mais ça doit être l'interface qui t'a fait ça ..

je tique sur le Golem, dans la tradition juive, yiddish en particulier, c'est pas ça en fait .. là tu serais plus proche de la créature du docteur Frankenstein que d'un golem, je trouve
Ouais je sais, je me suis (un peu) torturé pour le nom de ce monstre. Je sais que le Golem n'est pas du tout comme je le décrit, surtout qu'est-ce qu'une légende juive vient faire ici? J'ai aussi essayé le simple "le Géant", voir de l'amener dans une autre langue, mais je trouve que ce n'était pas original pour un sous. À moins que quelqu'un sais comment on dit "Géant" en breton, ce serait mieux, je modifierais exprès mon texte pour!
Sinon pour les points oui, c'est le forum qui me fais çà. Je les corrigeait un a un au début, mais ce coup-ci j'ai laissé tombé!

Linkpogo
12/07/2012, 20h02
MEMOIRE 9 (fin)

Kader et ses compagnes Assassines avaient fouillé toutes les cellules de toutes les étages, mais ce qu’il craignait était un fait : plus aucun prisonnier n’était présent. Du moins, plus aucun vivant.

Les gardes ducaux avaient eu sans doute l’ordre d’exécuter tous les prisonniers peu de temps après le début du siège de la citadelle. Mais aucune trace de Rocco Tiepolo, l’homme qu’ils recherchaient. Ni mort, ni vivant.


Kader, nous devons partir d’ici rapidement, il a dû s’enfuir à l’aide de complices peu avant l’attaque ! s’exclama Nina.
Je le pense aussi. Répondit l’Assassin au teint basané. En route ! Retrouvons Albert et Peter et fions d’ici !
Les deux femmes acquiescèrent et ils remontèrent les étages pour atteindre la surface. Ils gagnèrent une muraille intérieure, dernier rempart séparant le donjon des armées anglaises qui commençaient à saper ses défenses. Les quelques gardes ducaux qui étaient restés en faction pour protéger le donjon et ses geôles n’avaient pas été un problème pour les trois Assassins qui s’en était débarrassé aisément grâce à leurs compétences.
Presqu’imperceptible à cause des bruits et cri de la bataille qui faisait rage de l’autre côté de la muraille, les Assassins faillirent ne pas entendre le cri de protestation d’un garde breton qui avait été projeté de son chariot.


Quelqu’un ! Arrêtez cet homme ! C’est un prisonnier qui s’échappe !
C’était Emmanuela qui indiqua l’agitation à ses deux camarades.


Là-bas ! C’est Tiepolo qui s’enfui ! Il était encore dans la forteresse !
Il s’enfuit à cheval ! prévint Nina en pressant ses fratelli.
Les Assassins usèrent à nouveau de leurs compétences d’escalade et de franchissement d’obstacles pour gagner rapidement la petite cour pour intercepter l’ex prisonnier.


Allez-y, ragazze ! Je vais chercher Peter et Albert ! clama Kader.
Les deux femmes volèrent à leur tour des chevaux des gardes présents et se mirent à la poursuite de Rocco, tandis que Kader se jeta en plein dans la bataille pour rejoindre ses deux autres frères.



Tiepolo avait gagné la ville de Fougère qui jouxtait la citadelle. Il avait une vue imposante sur la cité dans toute sa splendeur. Le soleil était presque à son zénith, quelques habitants flânaient encore aux étals de nouveaux commerçants qui venaient d’arriver. Le fait qu’un tiers de cette ville se dressait à flanc de colline, avec le soleil baignant abondamment ce quartier de ses rayons, faisait penser à un joyau. Au sommet trônait fièrement l’un des plus importants édifices: le beffroi. Il regarda tour à tour quelques bâtiments principaux qui entouraient la place du marché, à quelques centaines de mètres de là. Il arriva enfin en bas et après quelques croisements de rues arriva dans une artère principale où il y avait foule et de nombreux étals avec des marchands de toute sorte de produits.
Mais Rocco enfonça ses bottes dans les flancs de sa monture : en effet il n’était pas là pour admirer le panorama, il devait fuir car les soldats ducaux et les Assassins le poursuivraient d’un moment à un autre. Il progressait à présent dans la ville en préférant passer par les petites ruelles peu fréquentées pour ne pas attirer l’attention. Malheureusement, il entendait déjà les cris des Anglais qui réclamaient sa tête. Rocco risqua à jeter un coup d’œil derrière lui pendant sa fuite. Mais un nombre considérable de soldats anglais le pourchassait. Il aurait très bien pu s’arrêter quelques secondes et régler leur compte, mais d’une, les renforts étaient rapides, de deux il était seul, bien qu’il soit un combattant émérite. Pour couronner le tout, une douzaine de militaires ducaux qui avaient eu vent de sa fuite accouraient devant lui, le piégeant et refermant l’étau. Rocco hâta sa monture et déborda trois gardes à pied devant lui qui ne s’attendaient pas à ce qu’il force leur fragile barrage. Ils profitèrent de cette ouverture pour continuer à progresser dans le dédale de rues. Il essayait dans sa fuite, de s’orienter. À sa gauche au loin, à la périphérie de la ville, s’élevaient de minces tours, des églises imposantes et sur sa droite se dressaient des châteaux d’eau. Continuant sa fuite dans le dédale de ruelle, il finit par semer ses poursuivant et réussi à passer la muraille de la ville. Il adapta son allure pour ne pas éveiller les soupçons de gardes qui n’étaient pas au courant de son statut d’évadé. Puis il se dirigea vers la lisière de la forêt, un peu plus loin.



Rocco contempla son reflet dans l’eau du petit lac sylvestre. Le crépuscule arrivait et la lumière se faisait de plus en plus rare. Il avait retiré sa chemise, restant torse nu et respirant l’air aux fortes odeurs de pins. Il s’aspergea le visage et frotta ses yeux profondément cernés, puis remit une mèche de ses longs cheveux noirs derrière l’oreille. Les petits clapotis de la faune marécageuse développaient un concert aux sonorités singulières.
Rocco contempla à nouveau son reflet dans l’eau. Une ombre inquiétante se dressait derrière lui, prête à le frapper de sa lame.
Il se retourna à toute vitesse et fit basculer l’individu par-dessus lui, le projetant dans l’eau. Rocco n’avait pas d’arme. Son adversaire émergea et fendait l’air de sa lame pour pourfendre le mercenaire évadé. Ce dernier esquiva puis fit une balayette à l’autre. Il attrapa son épée au vol et transperça son crâne par l’œil droit. Il remarqua l’uniforme.

« Un soldat anglais ! »

Cela signifiait qu’il était encerclé ! Il eut à peine le temps de faire volte-face qu’un carreau d’arbalète vint se figer dans sa jambe droite. Il s’écroula, gémissant, se retenant de crier sous la douleur. Il avait connu pire comme douleur. Mais ce qui allait venir, il pouvait le redouter grandement :
C’était l’homme connu sous le nom de Le Docteur escorté par un contingent de soldats anglais…


Tu es fait, Tiepolo !



Les Assassins avaient tous laissés leurs chevaux à la lisière de la forêt, à l’écart des militaires. Ils avaient gagné les branches des arbres pour pouvoir se déplacer en toute furtivité et ainsi dominant leur environnement, pouvant fondre sur leurs ennemis si nécessaire. La discepola Emmanuela guidait ses compagnons à travers les arbres, suivant les soldats.


Hâtons-nous, il faut arriver avant eux ! clama-t-elle.
Je crains qu’il ne soit trop tard, Emmanuela. Déplora Nina. Regardez par-là !
Ils suivirent un contingent qui s’était détaché du groupe principal et qui se dirigeait vers une clairière, à quelques mètres de là. Les Assassins les rejoignirent bien vite, mais c’était trop tard : les Anglais avaient encerclé Tiepolo.


Tu es fait, Tiepolo !
Les Assassins se firent plus discrets encore, si c’était possible. Ils devaient changer leurs plans. Deux soldats attachèrent l’évadé de la citadelle de Fougère.


Eh bien, Tiepolo ! continua l’homme à l’accoutrement de médecin. Où diable as-tu caché la Relique ?


À suivre…