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NIC0LZ0RN
27/06/2007, 14h34
Bonsoir,

Une amie a publié un roman écrit dans une prose poétique, et j'aimerais vous faire part d'un extrait, pour que vous me disiez votre avis. Je vous souhaite bonne lecture, en espérant que cela vous plaira.

Traversé d'une évidence. Ainsi s'expliquait-il, des années plus tard, cette fulgurance. Face à lui, se tenait celle dont il ferait sa femme.
A la fin des battages, Pierre ne demanderait pas seulement au régisseur une place à l'année; il emporterait du père consentement pour sa fille Claire.
Et tout s'était enchaîné très vite.
Claire, d'abord, qui avait dit oui. Etait-ce la haute taille de cet inconnu qui l'avait impressionnée? Ou encore son regard irisé, venu de loin en effet, et qui parlait quand Pierre, lui, ne disait mot? N'étaient-ce pas bien davantage les inflexions pondérées de sa voix, du velours dans ce monde tranchant d'hommes au parler rogue? Weber, ensuite. Interloqué, il s'était vite rendu à la réalité: si sa fille, à trente-deux ans, n'avait encore scellé mariage, ce n'était pas faute de joliesse, c'est qu'il avait peiné à la doter suffisamment pour encourager les prétendants. Aujourd'hui, il avait cette parcelle, idéale pour les pommes de terre, de l'autre côté du canal. Trente-six ares, quarante-deux centiares. Zindt, qui n'apportait rien, n'en serait pas mécontent. A 1'ouvrage, il ne manquait pas de courage, loin de là! Econome, à l'évidence, et astucieux. Cette idée par exemple, qu'il avait eue le matin de neige où l'on ne pouvait battre, de transformer les vieux tombereaux en cases à fermentation, pour y mélanger les menues-paille aux betteraves, plutôt que de les jeter au fumier! Lormier lui-même, toujours le premier à innover, n'y avait pas pensé! Pas vantard, non plus. Avec quelle patience et quel tact n'avait-il pas démontré à Léon que le manège ne tuerait pas ses chevaux à lui donner le bon rythme, qui n'était pas celui des labours! A Jussecourt-Minecourt, où il avait été engagé pour la Saint-Martin précédente, il l'avait vérifié; là-bas, en Champagne, les céréales sont reines, et Monsieur de Hédouville le lui avait bien dit: il ne suffit pas d'avoir une machine à battre, encore faut-il savoir s'en servir; il y faut d'abord de l'observation: regardez les grains! un bon grain peut monter directement au grenier ou partir au moulin! Pour l'heure, on n'en saurait pas davantage. Discret, donc, Zindt. Mais efficace. En tout cas, respectueux des usages. Alors... On ferait au plus simple. Et au plus vite. Justement, Célestin venait d'arrêter les comptes du dernier exercice. Il avait achevé l'inventaire, vérifié les approvisionnements et, de toute façon, l'année à venir ne pouvait être pire que 1867, si pluvieuse et désastreuse pour la vente des foins.
Mais bigre! Céder sa fille à un étranger... A bien y réfléchir, Célestin se l'avouait: ne l'était-il pas lui aussi, étranger? Venu de l'autre côté du département; et depuis, impossible d'entrer au conseil municipal! A plusieurs reprises, i1 avait dû céder la place à Colas, régisseur au moulin, chez le baron, et qui ne manquait pas une occasion de le narguer, depuis qu'il était adjoint au maire.
On s'était donc entendus pour le premier dimanche de février, autour d'un vin de Valleroy que Célestin avait ouvert pour marquer la solennité de l'engagement.
Pierre Zindt n'était pas seulement étranger. Il était seul.
Des frères, des soeurs, il en avait eu, tous partis Dieu seul savait où, vendre leurs bras après la mort de leurs parents. Là, chez les Weber, il trouverait une vraie famille. Ceux de Bertrambois feraient le déplacement: pas question de laisser passer une occasion de festoyer! Et puis, cet étranger, allons voir un peu; il la marie, c'est déjà bon signe, elle allait rester fille!
Ma foi, la noce se passa fort bien. Tout régisseur qu'il fût, Célestin Weber était très proche de ses ouvriers, menant à vrai dire la même vie qu'eux: toute dédiée au travail. Lalie avait régalé la tablée: bouillon d'échine de cochon, pâté lorrain, oie farcie, gratin de pommes de terre, pintades aux châtaignes; pain de froment, brioches et tartes enfin. Tout s'était fait en règle, n'était-ce pas le plus important? Sentiments, là-dedans? Evidemment! Mais ne pas le dire, surtout ne pas le dire! De la rectitude, de la probité; de l'ordre. Surtout de l'ordre. Claire avait bien reconnu en Pierre les qualités de son père. Et elle était confiante .
Et tout s'était enchaîné très vite.
Chaînes et trames. Trames et drames.

NIC0LZ0RN
27/06/2007, 14h34
Bonsoir,

Une amie a publié un roman écrit dans une prose poétique, et j'aimerais vous faire part d'un extrait, pour que vous me disiez votre avis. Je vous souhaite bonne lecture, en espérant que cela vous plaira.

Traversé d'une évidence. Ainsi s'expliquait-il, des années plus tard, cette fulgurance. Face à lui, se tenait celle dont il ferait sa femme.
A la fin des battages, Pierre ne demanderait pas seulement au régisseur une place à l'année; il emporterait du père consentement pour sa fille Claire.
Et tout s'était enchaîné très vite.
Claire, d'abord, qui avait dit oui. Etait-ce la haute taille de cet inconnu qui l'avait impressionnée? Ou encore son regard irisé, venu de loin en effet, et qui parlait quand Pierre, lui, ne disait mot? N'étaient-ce pas bien davantage les inflexions pondérées de sa voix, du velours dans ce monde tranchant d'hommes au parler rogue? Weber, ensuite. Interloqué, il s'était vite rendu à la réalité: si sa fille, à trente-deux ans, n'avait encore scellé mariage, ce n'était pas faute de joliesse, c'est qu'il avait peiné à la doter suffisamment pour encourager les prétendants. Aujourd'hui, il avait cette parcelle, idéale pour les pommes de terre, de l'autre côté du canal. Trente-six ares, quarante-deux centiares. Zindt, qui n'apportait rien, n'en serait pas mécontent. A 1'ouvrage, il ne manquait pas de courage, loin de là! Econome, à l'évidence, et astucieux. Cette idée par exemple, qu'il avait eue le matin de neige où l'on ne pouvait battre, de transformer les vieux tombereaux en cases à fermentation, pour y mélanger les menues-paille aux betteraves, plutôt que de les jeter au fumier! Lormier lui-même, toujours le premier à innover, n'y avait pas pensé! Pas vantard, non plus. Avec quelle patience et quel tact n'avait-il pas démontré à Léon que le manège ne tuerait pas ses chevaux à lui donner le bon rythme, qui n'était pas celui des labours! A Jussecourt-Minecourt, où il avait été engagé pour la Saint-Martin précédente, il l'avait vérifié; là-bas, en Champagne, les céréales sont reines, et Monsieur de Hédouville le lui avait bien dit: il ne suffit pas d'avoir une machine à battre, encore faut-il savoir s'en servir; il y faut d'abord de l'observation: regardez les grains! un bon grain peut monter directement au grenier ou partir au moulin! Pour l'heure, on n'en saurait pas davantage. Discret, donc, Zindt. Mais efficace. En tout cas, respectueux des usages. Alors... On ferait au plus simple. Et au plus vite. Justement, Célestin venait d'arrêter les comptes du dernier exercice. Il avait achevé l'inventaire, vérifié les approvisionnements et, de toute façon, l'année à venir ne pouvait être pire que 1867, si pluvieuse et désastreuse pour la vente des foins.
Mais bigre! Céder sa fille à un étranger... A bien y réfléchir, Célestin se l'avouait: ne l'était-il pas lui aussi, étranger? Venu de l'autre côté du département; et depuis, impossible d'entrer au conseil municipal! A plusieurs reprises, i1 avait dû céder la place à Colas, régisseur au moulin, chez le baron, et qui ne manquait pas une occasion de le narguer, depuis qu'il était adjoint au maire.
On s'était donc entendus pour le premier dimanche de février, autour d'un vin de Valleroy que Célestin avait ouvert pour marquer la solennité de l'engagement.
Pierre Zindt n'était pas seulement étranger. Il était seul.
Des frères, des soeurs, il en avait eu, tous partis Dieu seul savait où, vendre leurs bras après la mort de leurs parents. Là, chez les Weber, il trouverait une vraie famille. Ceux de Bertrambois feraient le déplacement: pas question de laisser passer une occasion de festoyer! Et puis, cet étranger, allons voir un peu; il la marie, c'est déjà bon signe, elle allait rester fille!
Ma foi, la noce se passa fort bien. Tout régisseur qu'il fût, Célestin Weber était très proche de ses ouvriers, menant à vrai dire la même vie qu'eux: toute dédiée au travail. Lalie avait régalé la tablée: bouillon d'échine de cochon, pâté lorrain, oie farcie, gratin de pommes de terre, pintades aux châtaignes; pain de froment, brioches et tartes enfin. Tout s'était fait en règle, n'était-ce pas le plus important? Sentiments, là-dedans? Evidemment! Mais ne pas le dire, surtout ne pas le dire! De la rectitude, de la probité; de l'ordre. Surtout de l'ordre. Claire avait bien reconnu en Pierre les qualités de son père. Et elle était confiante .
Et tout s'était enchaîné très vite.
Chaînes et trames. Trames et drames.

GrandPapaMagie
27/06/2007, 17h20
http://forums.ubi.com/images/smilies/cry.gif

Armestat
28/06/2007, 01h27
<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><div class="ip-ubbcode-quote-title">quote:</div><div class="ip-ubbcode-quote-content">Bonsoir, </div></BLOCKQUOTE>
Bonjour! Hé oui, tu vois, ce mot est très poli et bien souvent oublié par la majorité des écrivains. Cependant, il installe un climat de confiance, de communion direct entre le narrateur et le lecteur. Cependant, tu aurais pu écrire "Bonjour," , terme plus générique: ton roman n'a pas l'air de se dérouler un soir, et qu'est ce qui te dit que les gens ne lisent que le soir?

<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><div class="ip-ubbcode-quote-title">quote:</div><div class="ip-ubbcode-quote-content">
Une amie a publié un roman écrit dans une prose poétique, et j'aimerais vous faire part d'un extrait, pour que vous me disiez votre avis. Je vous souhaite bonne lecture, en espérant que cela vous plaira. </div></BLOCKQUOTE>

Le style de ta phrase d'accroche est assez brouillon, on n'a pas très envie de continuer... Tu parles de la publication d'un roman? Quel est ce roman? Tu parles d'une amie? Photo?

Et je te suggère de remplacer "Disiez" par "donniez", les académiciens apprécient et récompenses ces richesses de langages qui donnent au français ses si belles sonorités.

<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><div class="ip-ubbcode-quote-title">quote:</div><div class="ip-ubbcode-quote-content"> Traversé d'une évidence. Ainsi s'expliquait-il, des années plus tard, cette fulgurance. Face à lui, se tenait celle dont il ferait sa femme. </div></BLOCKQUOTE>

Cette phrase aurait été

(Pour raisons personnelles, j'interrompt là cette petite critique entre amis. Je la reprendrais lorsque j'aurais le temps.)

NIC0LZ0RN
29/06/2007, 15h10
GrandPapaMagie, je ne comprends pas bien la raison de tes pleurs.
Armestat, je serais curieuse de connaître la suite.

GrandPapaMagie
29/06/2007, 18h55
Je pleurs car je me sens impuissant : l'incompréhension m'assaille.
Pourquoi le forum Hors-Sujet de The Elder Scrolls pour faire connaître la prose d'une amie* ?



*amie qui a de fortes chance d'être toi-même qui n'ose pas le dire.

soyo07
30/06/2007, 01h03
fichtre ! si ça continue, je vais rappeler toute l'équipe du centre commerciale ! Je trouve le texte bien écrit mais ça manque tout de même de sexe de drugs et de rock & roll, à moins qu'une petite secrétaire sans poil et célibataire ne vienne troubler le destin de Pierre... à moins que Claire......

- Chérie ! lança Pierre d'un regard avide d'en finir avec ce bouillon d'échine de cochon qui lui brisait le coeur !
- oui reprit la belle du haut de son prénom parvenant difficilement à masquer cet état d'ivresse providentiel.
- Tu crois toi que tu serais capable de donner à bouffer à tes futurs progénitures de l'échine de cochon en bouillon ?
- Attends Darling, es-tu sérieux, c'est pas parce que mon père avec son champ de poireaux s'est cru permis de conduire d'épouser un étranger que je vais faire copain-copine avec toute l'Alsace Lorraine ! Moi, dès que j'ai fini ma tarte à la choucroute, je me casse en Bretagne rejoindre Jolaventure !
- Arrête veux-tu pas de scène de ménage entre nous, d'autant plus que dans le contrat de mariage est bien précisé que tu t'engageait à faire la vaisselle !
- Ecoute, j'ai 32 ans, 36 ares et 42 centiares, ce qui fait de moi la fille la plus titrée de toute la contrée ! ALors c'est pas un misérable pouilleux dans le genre je suis sans famille et je m'appelle Rémi qui va m'empêcher de vivre ma vie comme bon me semble !
- Célestin nous regarde Claire ! souris ! Pour lui ce mariage représente un tournant, un virage, un rond point dans un champ de pommes de terre, un feu vert sur l'avenue de ses rêves, un ..
- Stop ! Célestin n'est pas mon père ! c'est Lormier ! Mon père n'est même pas au courant !
- Quoi ! Mais alors je suis ton oncle ! Lormier n'est autre que mon frère jumeaux !
- Nom d'une pipe mais quel âge as-tu Pierre ?
- 75 ans Claire !
- Merde !

Que feras claire de son champ de pommes de terre ? Le canal qui la sépare de ses nombreux ares et centiares lui donnera t-il la force d'en finir avec Pierre ? pourquoi Pierre lui at-il caché son âge ! Célestin est il un mec à secrétaire sans poil ? que fait GPM ? Et Ramoran est-il présent pour le mariage de sa soeur ?

Jolaventur
30/06/2007, 02h11
Soyo retourne regarder le jt de la ferme de JP Pernaut

GrandPapaMagie
30/06/2007, 05h30
<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><div class="ip-ubbcode-quote-title">quote:</div><div class="ip-ubbcode-quote-content">Originally posted by soyo07:
que fait GPM ? </div></BLOCKQUOTE>
Personnellement, j'attends les cinq dernières pages pour débarquer, tuer Pierre, sauver Claire et planter des pommes de terre comme tout bon Deus Ex Machina qui se respecte.

Arkanne
30/06/2007, 12h36
<span class="ev_code_GREEN">Claire avait bien reconnu en Pierre les qualités de son père. http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif</span>

Vous êtes affreux ! Au lieu de reconnaître un maître en psy de bazar, vous ne faites que railler !

Je suis sûre que vous allez broder sur les ... qualités de son père. http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif

Jolaventur
30/06/2007, 12h37
c'est normal c'est son papa
tous les papa aime leur petite fille

Edroym
01/08/2007, 11h14
Ouh, ça sent l'inceste tout ça. On demande d'urgence un psychothérapeute au rayon librairie de l'arrêt de bus n?33.

Quelqu'un de pas si con que ça a écrit:
"le premier homme qui compara la femme à une rose était un poëte
le second était un imbécile"

J'ai une idée de fin pour le roman de ton amie.

Claire, lassée par son mari et ses amants médiocres se suicide en ingurgitant de l'arsenic .Certes, ça c'est déja vu, mais ça avait tellement bien marché!

Armestat
01/08/2007, 13h50
On a toujours pas eu le photo, soit dit en passant.