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eldaura
14/08/2006, 11h48
Commenter cette phrase du philosophe : "je n'y pense pas donc je n'y suis pas"


Un soir que René Descartes (1596, la Haye ; 1650, Stockholm) prenait son bain, il appela Marie, sa fidèle femme de chambre (1612, Plougnoux-les-vaches ; 1661, Bosquet-aux-poules) afin de lui demander de rajouter de l'eau chaude dans sa baignoire. En effet, tel Archimède de Syracuse, il aimait à réfléchir en faisant sa toilette. Les petits canards jaunes flottant dans l'eau savonneuse lui titillaient les neurones et facilitaient grandement ses cogitations fréquentes. Quand Marie arriva avec un broc d'eau chaude tout juste sortie de la cheminée, il venait d'arriver à sa fameuse conclusion, et s'écria en la regardant : "Eurêka ! Je pense, donc je suis !" (ce n'est que plus tard qu'il publia son cogito en latin, Marie n'aurait pas compris). La servante le regarda d'un air effaré, se figea sur place, dubitative, pendant une longue minute, versa l'eau chaude, puis repartit aux cuisines non sans lâcher d'un air désabusé : "J'y pensions point, or donc j'y sommes pâ, vindiou ! L'étions dérangé c't'homme-là...." Contrairement à l'avis largement répandu, il ne s'arrêta pas à sa conclusion précédente, mais réfléchit encore quelques heures à la réponse de sa camériste avant d'écrire un petit livret encore inconnu à ce jour de la plupart de ses éxégètes, dans lequel il livrait ses conclusions relatives à la phrase a priori banale de la brave femme.

"Je n'y pense pas, donc je n'y suis pas". Nous notons pour commencer l'ambiguité des pronoms "y". A quoi se réfèrent-t-il ? Le premier, à la phrase précédente du philosophe, bien sûr. Il faut donc comprendre ici "Je ne pense pas que penser induit être donc je n'y suis pas". Mais le second ? Le second se rapporte au lieu, la salle de bain, voire même à la baignoire. Etant donné que la servante se sent extérieure à la pensée du grand homme, elle comprend qu'elle n'a plus rien à faire dans la salle de bain et retourne donc à ses tâches ménagères. Mais pour René bien sûr la phrase pouvait être poussée plus loin. On peut supposer qu'il pensait que le "y" se référait au monde en général. Dès lors, tout se bouscula dans sa tête et il sombra dans une violente folie passagère. On peut en résumer les différentes étapes :

"Je pense donc je suis". Penser c'est douter de tout dans un grand mouvement en spirale allant de la périphérie (les opinions triviales) vers le centre (les convictions profondes, les axiomes premiers). Ce mouvement de doute aboutit à détruire toute certitude exceptée le sentiment intuitif de l'existence du "je", du sujet pensant. Mais penser et se considérer comme sujet revient à se désolidariser de sa propre existence, un peu à la manière d'un acteur qui jouerait et s'observerait en train de jouer dans le même instant. On ne peut donc pas vivre et se sentir vivre, être et se sentir être. C'est pourquoi René formula une nouvelle conclusion provisoire (car il sentait qu'il tenait une idée extraordinaire qui allait le mener loin) qui exprime le fait que penser au fait qu'on pense revient à mettre de côté sa propre existence :

"J'y pense donc je ne suis pas". Et pourtant il était. Puisqu'il pensait toujours au fait de ne pas y penser. Il fallait donc affiner l'idée. Etre dissocié de sa propre existence n'est pas ne pas être, c'est être, mais à côté de soi-même. C'est être, mais ailleurs. C'est donc ne pas faire un avec le monde, en d'autres termes ne pas y être tout en étant. Il fallait donc rajouter le fameux complément de lieu ne correspondant d'ailleurs à aucun lieu, une sorte de complément de non-lieu. Il était une nouvelle fois obligé de reformuler sa pensée pour aboutir à :

"J'y pense donc je n'y suis pas". Mais alors, comment faire pour y être quand même ? Il fit alors une terrible erreur de logique qu'on s'explique mal encore aujourd'hui. Il formula la négation de sa précédente formule par "Je n'y pense pas donc j'y suis". Comment expliquer une telle erreur ? On sait bien depuis l'antiquité que la négation de "A implique B" n'est pas "non-A implique non-B". Peut-être que l'eau froide lui avait ralenti les neurones, peut-être avait-il faim ou mal au ventre. Toujours est-il qu'il continua en persistant dans son erreur. Si pour y être il fallait ne pas y penser, alors il fallait cesser de douter. Cesser de douter, c'est s'enferrer dans la certitude. Pour parler autrement, c'est avoir la foi. Mais cette proposition rentre en contradiction flagrante avec le cogito à partir duquel il avait commencé son raisonnement. Ne plus douter, c'est ne plus être, c'est ne plus exister en tant qu'individu au sein du monde, c'est donc ne plus y être, étant donné qu'on y est noyé dans un grand tout qui vous submerge. Il était bien obligé d'admettre comme conclusion finale :

"Je n'y pense pas donc je n'y suis pas". CQFD. Ainsi croire était le meilleur moyen de ne pas être. Satisfait, il sortit de son bain, enfila son plus beau peignoir et alla directement dans la cuisine prendre une petite collation. Durant tout le repas, il tenta d'expliquer sa découverte à sa bonne. Mais la pauvre n'y entendait rien. D'ailleurs elle n'était pas là pour penser. Alors que René, repu, partait prendre un repos bien mérité, elle aurait seulement dit, en nettoyant la table : "J'pensions pas, moi ! Donc j'essuie."

Pour la petite histoire on peut noter que René revint plus tard sur son erreur et se remit en bons termes avec l'inquisition. Il renia ses idées subversives et proposa une fort jolie quoique totalement fantaisiste preuve de l'existence de Dieu, sans doute pour s'amender.

eldaura
14/08/2006, 11h48
Commenter cette phrase du philosophe : "je n'y pense pas donc je n'y suis pas"


Un soir que René Descartes (1596, la Haye ; 1650, Stockholm) prenait son bain, il appela Marie, sa fidèle femme de chambre (1612, Plougnoux-les-vaches ; 1661, Bosquet-aux-poules) afin de lui demander de rajouter de l'eau chaude dans sa baignoire. En effet, tel Archimède de Syracuse, il aimait à réfléchir en faisant sa toilette. Les petits canards jaunes flottant dans l'eau savonneuse lui titillaient les neurones et facilitaient grandement ses cogitations fréquentes. Quand Marie arriva avec un broc d'eau chaude tout juste sortie de la cheminée, il venait d'arriver à sa fameuse conclusion, et s'écria en la regardant : "Eurêka ! Je pense, donc je suis !" (ce n'est que plus tard qu'il publia son cogito en latin, Marie n'aurait pas compris). La servante le regarda d'un air effaré, se figea sur place, dubitative, pendant une longue minute, versa l'eau chaude, puis repartit aux cuisines non sans lâcher d'un air désabusé : "J'y pensions point, or donc j'y sommes pâ, vindiou ! L'étions dérangé c't'homme-là...." Contrairement à l'avis largement répandu, il ne s'arrêta pas à sa conclusion précédente, mais réfléchit encore quelques heures à la réponse de sa camériste avant d'écrire un petit livret encore inconnu à ce jour de la plupart de ses éxégètes, dans lequel il livrait ses conclusions relatives à la phrase a priori banale de la brave femme.

"Je n'y pense pas, donc je n'y suis pas". Nous notons pour commencer l'ambiguité des pronoms "y". A quoi se réfèrent-t-il ? Le premier, à la phrase précédente du philosophe, bien sûr. Il faut donc comprendre ici "Je ne pense pas que penser induit être donc je n'y suis pas". Mais le second ? Le second se rapporte au lieu, la salle de bain, voire même à la baignoire. Etant donné que la servante se sent extérieure à la pensée du grand homme, elle comprend qu'elle n'a plus rien à faire dans la salle de bain et retourne donc à ses tâches ménagères. Mais pour René bien sûr la phrase pouvait être poussée plus loin. On peut supposer qu'il pensait que le "y" se référait au monde en général. Dès lors, tout se bouscula dans sa tête et il sombra dans une violente folie passagère. On peut en résumer les différentes étapes :

"Je pense donc je suis". Penser c'est douter de tout dans un grand mouvement en spirale allant de la périphérie (les opinions triviales) vers le centre (les convictions profondes, les axiomes premiers). Ce mouvement de doute aboutit à détruire toute certitude exceptée le sentiment intuitif de l'existence du "je", du sujet pensant. Mais penser et se considérer comme sujet revient à se désolidariser de sa propre existence, un peu à la manière d'un acteur qui jouerait et s'observerait en train de jouer dans le même instant. On ne peut donc pas vivre et se sentir vivre, être et se sentir être. C'est pourquoi René formula une nouvelle conclusion provisoire (car il sentait qu'il tenait une idée extraordinaire qui allait le mener loin) qui exprime le fait que penser au fait qu'on pense revient à mettre de côté sa propre existence :

"J'y pense donc je ne suis pas". Et pourtant il était. Puisqu'il pensait toujours au fait de ne pas y penser. Il fallait donc affiner l'idée. Etre dissocié de sa propre existence n'est pas ne pas être, c'est être, mais à côté de soi-même. C'est être, mais ailleurs. C'est donc ne pas faire un avec le monde, en d'autres termes ne pas y être tout en étant. Il fallait donc rajouter le fameux complément de lieu ne correspondant d'ailleurs à aucun lieu, une sorte de complément de non-lieu. Il était une nouvelle fois obligé de reformuler sa pensée pour aboutir à :

"J'y pense donc je n'y suis pas". Mais alors, comment faire pour y être quand même ? Il fit alors une terrible erreur de logique qu'on s'explique mal encore aujourd'hui. Il formula la négation de sa précédente formule par "Je n'y pense pas donc j'y suis". Comment expliquer une telle erreur ? On sait bien depuis l'antiquité que la négation de "A implique B" n'est pas "non-A implique non-B". Peut-être que l'eau froide lui avait ralenti les neurones, peut-être avait-il faim ou mal au ventre. Toujours est-il qu'il continua en persistant dans son erreur. Si pour y être il fallait ne pas y penser, alors il fallait cesser de douter. Cesser de douter, c'est s'enferrer dans la certitude. Pour parler autrement, c'est avoir la foi. Mais cette proposition rentre en contradiction flagrante avec le cogito à partir duquel il avait commencé son raisonnement. Ne plus douter, c'est ne plus être, c'est ne plus exister en tant qu'individu au sein du monde, c'est donc ne plus y être, étant donné qu'on y est noyé dans un grand tout qui vous submerge. Il était bien obligé d'admettre comme conclusion finale :

"Je n'y pense pas donc je n'y suis pas". CQFD. Ainsi croire était le meilleur moyen de ne pas être. Satisfait, il sortit de son bain, enfila son plus beau peignoir et alla directement dans la cuisine prendre une petite collation. Durant tout le repas, il tenta d'expliquer sa découverte à sa bonne. Mais la pauvre n'y entendait rien. D'ailleurs elle n'était pas là pour penser. Alors que René, repu, partait prendre un repos bien mérité, elle aurait seulement dit, en nettoyant la table : "J'pensions pas, moi ! Donc j'essuie."

Pour la petite histoire on peut noter que René revint plus tard sur son erreur et se remit en bons termes avec l'inquisition. Il renia ses idées subversives et proposa une fort jolie quoique totalement fantaisiste preuve de l'existence de Dieu, sans doute pour s'amender.

Ramoran
14/08/2006, 11h58
Cette copie témoignagne d'une excellente connaissance de Descartes, la pensée en est parfaitement comprise et rendue de la manière la plus claire.
Mais malheureusement, l'ensemble est trop anecdotique, le plan est chronologique, il ne suit pas une dialectique, et la problématique n'est pas posée dans l'introduction.

Par ailleurs, à part une allusion à la logique, qui remonte à Aristote, vous ne faites pas suffisamment appel à d'autres penseurs, donc la discution n'est pas suffisamment discutée, (sauf pour la dernière étape d'un point de vue purement logique) même si elle est bien commentée.

8/20

Armestat
14/08/2006, 12h25
Ah merde... Faut lire?

Vais encore me niquer les yeux moi.

eldaura
14/08/2006, 12h30
Ramo m'a puni en me faisant écrire ça et maintenant il vous punit aussi en vous incitant à le lire http://forums.ubi.com/images/smilies/cry.gif

sam-le-pirate
14/08/2006, 14h53
Le lire, ayé, c'est fait http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif

...

Faut le comprendre aussi?

...

http://forums.ubi.com/images/smilies/cry.gif

Chtinecureuil
14/08/2006, 14h57
Se mordre tres fort un orteil pendant la lecture ca aide aussi

eldaura
15/08/2006, 00h43
Ce topic est un piège ! http://forums.ubi.com/images/smilies/35.gif Ne vous niquez pas les yeux ! Ne vous mordez pas les orteils ! Résistez !

Armestat
15/08/2006, 04h31
J'ai pas lu finallement.

eldaura
15/08/2006, 04h31
T'as pas perdu grand chose http://forums.ubi.com/images/smilies/88.gif

SammyFisherJr
15/08/2006, 04h33
Il est néanmoins possible de faire croire qu'on l'a lu et faire croire qu'on a comrpis http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif

GrandPapaMagie
15/08/2006, 06h05
J'ai commencé à lire, j'ai commencé à avoir les yeux qui se fermaient (après le repas c'est dur dur), j'ai donc lâché ce torchons d'ineptie qui parle de René prenant son bain. Tout le monde sait bien que les Français ne se lavent pas, il se parfument pour masquer les odeurs. Ta théorie ne tient pas.