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Afficher la version complète : Les contes de la crypte



dniepr
05/03/2005, 07h51
Salut tout le monde, voici un sujet de discussion ouvert à tous, grands anciens, jeunes nouveaux, nouveaux plus trop jeunes et anciens assez récent!!!

Le but de ce sujet est de faire découvrir et de débrider le côté sombre qui sommeille en vous. Pour ce faire, utilisons les arts: littérature, peinture, poésie, musique...etc On peut citer des passages d'une oeuvre (ou plusieurs), décrire des tableaux, des dessins...etc Vous pouvez même nous faire part vos oeuvres personnelles...

Ah oui, pour aller à la crypte, il suffit d'entrer dans le happy bar. Vous trouverez une trappe derrière le bar, c'est là que vous m'y trouverez...


Pour commencer dans le sombre, j'aime beaucoup Baudelaire. Ces poèmes sombres et désespérés sont trop nombreux. POur ma part, j'aime beaucoup La Charogne:

....
-Et pourtant vous serez semblable à cette ordure
A cette horrible infection
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!


Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements

Alors, ô ma beauté!dites à la vermine
Qui vous mangear de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essnce divine
De mes amours décomposés!

dniepr
05/03/2005, 07h51
Salut tout le monde, voici un sujet de discussion ouvert à tous, grands anciens, jeunes nouveaux, nouveaux plus trop jeunes et anciens assez récent!!!

Le but de ce sujet est de faire découvrir et de débrider le côté sombre qui sommeille en vous. Pour ce faire, utilisons les arts: littérature, peinture, poésie, musique...etc On peut citer des passages d'une oeuvre (ou plusieurs), décrire des tableaux, des dessins...etc Vous pouvez même nous faire part vos oeuvres personnelles...

Ah oui, pour aller à la crypte, il suffit d'entrer dans le happy bar. Vous trouverez une trappe derrière le bar, c'est là que vous m'y trouverez...


Pour commencer dans le sombre, j'aime beaucoup Baudelaire. Ces poèmes sombres et désespérés sont trop nombreux. POur ma part, j'aime beaucoup La Charogne:

....
-Et pourtant vous serez semblable à cette ordure
A cette horrible infection
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!


Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements

Alors, ô ma beauté!dites à la vermine
Qui vous mangear de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essnce divine
De mes amours décomposés!

Nairwolf
05/03/2005, 08h02
C'est crade tous ca mais comme c'est du Baudelaire on lui pardonne.
Les jeux video sont cosidérés comme de l'art ou pas ?
Sinon mon coté noir est trop profond j'arrive pas a le trouver.

dniepr
05/03/2005, 08h07
C'et pô crade, c'est de l'art!!! Tiens lis ça (c'est toujours à propos de la charogne):

....
Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.


Si tu veux parler des jeux vidéo et de ce que tu as pu trouver de sombre dedans, vas-y!!

Nairwolf
05/03/2005, 08h10
Ok c'est quand meme bien poetique, meme si c'est sur la moisissure mais j'aime bien.
Sinon j'ai aucun truc sombre qui me vien a l'esprit. désolé

Sehydra
05/03/2005, 08h10
De Baudelaire, j'adore "Poison" des Fleurs du Mal.

dniepr
05/03/2005, 08h14
<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><font size="-1">quote:</font><HR>Originally posted by Sehydra:
De Baudelaire, j'adore "Poison" des Fleurs du Mal. <HR></BLOCKQUOTE>

Le vin sait revêtir le plus sordide bouge
D'un luxe miraculeux
Et fait surgir plus d'un portique fabuleux
Dans l'or de sa vapeur rouge,
Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux

....

C'est vrai que c'est beau!!!

Nairwolf
05/03/2005, 08h16
C'est beau mais je comprend pas tout et vous vous comprenez Baudelaire ?

dniepr
05/03/2005, 08h21
<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><font size="-1">quote:</font><HR>Originally posted by Nairwolf:
C'est beau mais je comprend pas tout et vous vous comprenez Baudelaire ? <HR></BLOCKQUOTE>

Je me suis toujours demandé si ça vaut le coup de comprendre la poésie. Pour moi c'est juste suffisant de se laisser porter par les mots, les images, l'impression que te laisse un poème après l'avoir lu....

Je ne suis pas un expert en poésie, loin de là, mais je trouve que Baudelaire c'est relativement clair. Il y a pire que lui. Quand j'étais au lycée, je garde de muvais souvenirs de Mallarmé, par exemple.

JediMAX
05/03/2005, 08h23
Quand vous citez un poème, merci de le faire de manière intégrale... merci.

Et puis le coup du "j'ai trop de choses à dire, donc je ne dis rien", ce n'est pas ça qui fait avancer le shilimilimiblickmiblick... http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-wink.gif

http://img33.exs.cx/img33/4213/behindblueeyesbybrunoaraujo6ug.th.jpg (http://img33.exs.cx/my.php?loc=img33&image=behindblueeyesbybrunoaraujo6ug.jpg)

AmanoShiyaku
05/03/2005, 08h37
Il y a des heures dans la vie où l'homme, à la chevelure pouilleuse, jette, l'oeil fixe, des regards fauves sur les membranes vertes de l'espace; car, il lui semble entendre, devant lui, les ironiques huées d'un fantôme

Nairwolf
05/03/2005, 08h49
Et c'est de qui ca ?

Gaara3
05/03/2005, 08h49
Il existe d'étranges éons où même la mort peut mourir.
H.P. Lovecraft

Arkanne
05/03/2005, 09h08
[QUOTE]Originally posted by dniepr:

Le but de ce sujet est de faire découvrir et de débrider le côté sombre qui sommeille en vous. Pour ce faire, utilisons les arts: littérature, peinture, poésie, musique...etc

Voilà, je suis là ! ( peinture de Luis Royo )

http://monsite.wanadoo.fr/arkanne/images/8-picture1.gif?0.944267173527133

JediMAX
05/03/2005, 09h24
Arkanne, pense aux 56k, et mets plutôt une image réduite http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-wink.gif.

http://img187.exs.cx/img187/45/imnothing7aq.th.jpg (http://img187.exs.cx/my.php?loc=img187&image=imnothing7aq.jpg)

AmanoShiyaku
05/03/2005, 09h32
<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><font size="-1">quote:</font><HR>Originally posted by Nairwolf:
Et c'est de qui ca ? <HR></BLOCKQUOTE>

Isidore Ducasse (plus connu sous le nom de Lautréamont)

Ramoran
05/03/2005, 09h43
Encore du charles Baudelaire

C'est le diable qui tient les fils qui nous remuent,
Aux objets répugnants, nous trouvons des appâts
Chaque jour vers l'enfer nous descendons d'un pas,
Sans horreur, à travers des rénèbres qui puent.

Necron51
05/03/2005, 09h48
Ben ... Moi ce serait plutot le côté gentil qu'il faudrait montrer ... http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-very-happy.gif

Allez .. Un passage que j'aime bien dans "Waylander" de Gemmel :

"Des épées sifflèrent dans les airs et les cinq hommes passèrent à l'attaque. Rapidement l'étranger souleva son manteau et leva son bras droit. Un carreau d'arbalète noir transperça la poitrine de l'attaquant le plus proche, et un deuxième pénétra dans l'estomac d'un énorme guerrier qui venait à pein de lever son épée. L'étranger laissa tomber son arbalète à deux coups et sauta lestement en arrière. L'un des attaquants était mort et l'autre, à genoux, tenait dans ses mains le carreau qui dépassait de son ventre."

Voilà .. à souligner que l'étranger s'appelle Waylander, et que sa profession est assassin ..(non sans blague .. http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-tongue.gif)

Nairwolf
05/03/2005, 10h00
J'aime bien Gemmel.

dniepr
05/03/2005, 10h51
<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><font size="-1">quote:</font><HR>Originally posted by Arkanne:

Voilà, je suis là ! ( peinture de Luis Royo )

http://monsite.wanadoo.fr/arkanne/images/8-picture1.gif?0.944267173527133 <HR></BLOCKQUOTE>

Tu as été modèle pour ROYO?

lES METAMORPHOSES DU VAMPIRE/

La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant ainsi qu'un serpent sur la braise,
Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,
Laissait couler ces mots imprégnés de musc:

-"moi, j'ai la lèvre humide, et je sais la science
De perdre au fond d'un lit l'antique conscience.
Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants,
Et fais rire les vieux du rire des enfants.
Je remplace, le soleil, le ciel et les étoiles!
Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés,
Lorsque j'étouffe un homme en mes bras redoutés,
Ou lorsque j'abandonne aux morsures mon buste,
Timide et libertine, et fragile et robuste
Que sur ces matelas qui se pâme d'émoi,
Les anges impuissants se damneraient pour moi!"

Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle,
Et que languisamment je me tournai vers elle
Pour lui rendre un baiser d'amour, je ne vis plus
Qu'une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus!
Je fermai les deux yeux, dans ma froide épouvante,
Et quand le rouvris à la clarté vivante,
A mes côtés, au lieu du mannequin puissant
Tremblaient confusément des débris de squelette,
Qui d'eux mêmes rendaient le cri d'une girouette
Ou d'une enseigne au bout d'une tringle de fer,
Que balance le vent pendant les nuits d'hiver.

Baudelaire

JediMAX
05/03/2005, 12h09
http://img59.exs.cx/img59/7666/violencev25sb.th.jpg (http://img59.exs.cx/img59/7666/violencev25sb.jpg)

Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phoebus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J'ai rêvé dans la Grotte où nage la Sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.
-El Desdichado, de Gerard de Nerval

enidehalas
05/03/2005, 13h46
H.P. Lovecraft c'est bien
mangez en

AÏ ! AÏ ! Cthulhu Mna 'Fth'ngui Fgthan !

Gaara3
05/03/2005, 13h51
Ah le bouc aux milles chevraux, Niarlatothep, Dagon, Chtulu..... bref, les grands anciens quoi.
Quelle magnifique mythologie du mal http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-happy.gif.

dniepr
05/03/2005, 13h51
L'affaire Charles Dexter Ward, c'est un grand moment de lecture.

Gaara3
05/03/2005, 14h01
Magnifique ce livre http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-happy.gif.
Surtout la fin où il prononce la formule magique qui renvoit celui qui avait été invoqué (me souviens plus de son nom) à l'état de poudre http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-happy.gif.

dniepr
05/03/2005, 14h08
Dans un autre style, j'ai beaucoup apprécié Stormbringer. Ce n'est pas très bien écrit mais j'ai apprécié le côté héros déchu et maudit.

Gaara3
05/03/2005, 14h19
Arf, oui, Elric, c'est ça?
Bas, j'ai beaucoup aimé le premier mais les tomes d'après étaient vraiment pas top (enfin à mon goût, on comprenait pas toujours ce qui se passait).
Moi, j'adore les chroniques du krondor, c'est pas le même style mais c'est bien http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-happy.gif.

dniepr
05/03/2005, 14h27
Chroniques du krondor? C'est quoi?

Gaara3
05/03/2005, 14h34
C'est plutôt de la fantasy à la tolkien mais ça vaut vraiment le coup.
Si tu vois la série de bouquin (Pug l'apprenti, Milamber le mage, Silverthorn et Ténèbres sur Sethanon) fonces, tu seras pas déçu (foi de Gaara).
La série est de Raymond E. Feist.
Sinon, pour rester dans un univers noir, il y a aussi pot et un peu de Maupassant (le Horla...).

dniepr
05/03/2005, 14h41
En auteur actuel, y en a une que je n'arrive pas à lire tellement c'est glauque et horrible. Elle s'appelle Nancy Huston. C'est une Etatsunienne qui vit en France. Tout ce qu'elle raconte est plus ou moins tiré de sa vie...Et c'est glauquissime...

Arkanne
05/03/2005, 15h09
Elle a écrit quoi ? Et quel genre ?

dniepr
05/03/2005, 15h14
Par exemple: "une adoration" ou " l'empreinte de l'ange". Celui là c'est horrible...Bon courage...

C'est des romans dans lesquels il y a des éléments de sa vie...et de ce qu'il y a eu de plus triste....

AmanoShiyaku
06/03/2005, 00h57
Bah pour ceux qui aiment les trucs à la Lovecraft y'a toujours E.A. Poe ou bien Jean Ray.
Je vous conseille quand même de lire Lautréamont à l'occasion si vous voulez du noir bien noir bien corsé.

Attention avec Lovecraft : beaucoup des récits lovecraftiens ont été écrits ou complètés par d'autres (notamment August Delreth qui était si je ne m'abuse son exécuteur testamentaire).

Du VRAI Lovecraft c'est le livre "Dagon".

D'ailleurs on attend toujours depuis des lustres le jeu qui sera tiré de l'univers lovecraftien...

Si vous aimez le glauque vécu y'a toujours le livre de la fille qui a été séquestrée par Dutroux http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif ou alors "moi christiane F. droguée prostituée". Dans le genre glauque écu j'ai aussi "les médecins de la mort" qui raconte les expérimentations médicales dans les camps de concentration.

JediMAX
06/03/2005, 01h03
Un jeu pas tout à fait tiré de l'univers lovecraftien, mais très fortement inspiré: Eternal Darkness.

Gaara3
06/03/2005, 01h09
<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><font size="-1">quote:</font><HR> D'ailleurs on attend toujours depuis des lustres le jeu qui sera tiré de l'univers lovecraftien...
<HR></BLOCKQUOTE>

Bas, j'en vois au moins deux:
Prisoner of ice
Shadows in the comet (pas totalement sûr du titre là)

AmanoShiyaku
06/03/2005, 01h19
Non non c'est un jeu en préparation dont on parle depuis 2 bonnes années et dont j'ai complètement oublié le nom (ptet que le projet a été abandonné)

enidehalas
06/03/2005, 03h28
aaaah ! je suis pas le seul donc a l'attendre !
c'est simplement "call of cthulhu"
fait par fishtank
je croyais le dev abandonné aussi, mais non !
ils ont sorti une douzaine de screenshots en fin 2004, mais le dev reste assez secret et les screens peut nombreux pour pas spoil !

AmanoShiyaku
06/03/2005, 04h25
Si c'est comme HL2 on peut encore attendre http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif

dniepr
06/03/2005, 04h51
Frères humains qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq , six:
Quant à la chair que trop avons nourrrie
Elle est piéça, dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

Si frères vous clamont, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois,vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis;
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa Grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre.

La pluie nous a débués et lavés
Et le soleil desséchés et noircis;
Pies, corbeaux, nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes aasis;
Puis ça, puis là, comment le vent varie
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie;
A lui n'ayons que faire ni soudre
Hommes, ici n'a point de moquerie
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre

François Villon

Ballade des pendus

AmanoShiyaku
06/03/2005, 04h54
Grand classique ça http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif

dniepr
06/03/2005, 07h47
Ouais mais toujours efficace

AmanoShiyaku
06/03/2005, 10h01
On a une 1ere édition illustrée de trucs de Villon dans la collec de livres familiaux (de 1800 et des). Beau !

dniepr
06/03/2005, 10h07
C'est quoi comme genre d'illustrations? C'est un livre de famille, ou alors acheté dans une brocante?

AmanoShiyaku
06/03/2005, 10h08
C'est un livre de famille qui doit remonter à quelques générations déjà. Je saurais pas te préciser quel genre d'illustrations si tu parles de techniques d'impression. Mais ce sont des dessins d'un artiste de l'époque je suppose.

J'adore les vieux bouquins.

dniepr
06/03/2005, 10h13
Je voulais savoir si chaque poème était illustrée. ?Par exemple, pour le poème de la ballade des pendus quelle était l'illustration?

S'agit il de peintures, de dessins, d'esquisses?

AmanoShiyaku
06/03/2005, 10h21
Vu l'époque ca doit être de la lithographie ou un procédé similaire mais j'ai pas ce truc sous la main pour te confirmer, la dernière fois que j'ai vu ce truc j'avais 12 ans, depuis je sais pas ce que ma mère en a fait http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif

La seule antiquité véritable que j'ai ici (une avance sur mon héritage lol) c'est un atlas céleste de 1776

dniepr
06/03/2005, 10h26
Pas mal, déjà!!

enidehalas
06/03/2005, 11h41
sinon, c'est pas vraiment un bouquin ni rien, mais un site internet, sur la demonologie, l'inquisition et tout ce genre de truc

je le trouve plutot complet, et tres agreable a lire par son design (impression de lire un grimoire http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-tongue.gif )


www.heresie.com (http://www.heresie.com)

Le-Solitaire
06/03/2005, 12h32
Mon coté noir ? C'est plutot le côté homme de l'ombre : discret, attentif, nocturne.

Une de mes scènes préférés, c'est le moment où on voit le bras de Léon (dans le film éponyme de Luc Besson) sortir de l'ombre et attraper le gros camé par derrière. Je trouve que c'est l'une des plus belles scènes du cinéma français.

Arkanne
06/03/2005, 12h34
Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet,
Tour à tour amoureux insoucieux et tendre,
Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre.
Un jour il entendit qu'à sa porte on sonnait.

C'était la Mort! Alors il la pria d'attendre
Qu'il eut posé le point à son dernier sonnet;
Et puis sans s'émouvoir, il s'en alla s'étendre
Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.

Il était paresseux, à ce que dit l'histoire,
Il laissait trop sécher l'encre dans l'écritoire.
Il voulait tout savoir mais il n'a rien connu.

Et quand vint le moment où, las de cette vie,
Un soir d'hiver, enfin l'âme lui fut ravie,
Il s'en alla disant : " Pourquoi suis-je venu? "

Gerard de Nerval - Epitaphe

Le 26 janvier 1855, à l'aube livide d'un matin de misère, Gérard de Nerval est retrouvé pendu.
C'était dans un coin immonde du côté de la Vieille Place aux Veaux où serpentaient entre autres impasses tortueuses, dans le quartier des Anciennes Boucheries : la rue Haute de la Vieille-Lanterne, puis la Basse, et comme un couloir au fond duquel croupissait la fange d'un caniveau d'autrefois où coulait jusqu'à la Seine, détritus et sang des écorcheries.

Commentaire d'un fan au suicide de Sabansky

R.I.P. Sebansky

---------------
J'ai vu de grands navires en feu surgissant de l'épaule d'Orion.
J'ai vu des rayons fabuleux, des rayons C,
briller dans l'ombre de la porte de Tannhäuser.
Tous ces moments se perdront dans l'oubli ... comme les larmes dans la pluie.

<span class="ev_code_BLACK">Notre côté obscur ? Ou seulement l'un d'eux ? Que la force soit avec nous !La force blanche biensûr http://forums.ubi.com/images/smilies/88.gif </span>
http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif

dniepr
06/03/2005, 13h21
S'étendant sur les côtés du cimetière
La maison des morts l'encadrait comme un cloître
A l'intérieur des vitrines
Pareilles à celles des boutiques de modes
Au lieu de sourire debout
Les mannequins grimaçaient pour l'éternité

Arrivé à Munich depuis quinze ou vingt jours
J'étais entré pour la première fois et par hasard
Dans ce cimetière presque désert
Et je claquais des dents
Devant toute cette bourgeoisie
Exposée et vêtue le mieux possible
En attendant la sépulture

Soudain
Rapide comme ma mémoire
Les yeux se rallumèrent
De cellule vitrée en cellule vitrée
Le ciel se peupla d'une apocalypse
Vivace

Et la terre plate à l'infini
Comme avant Galillée
Se couvrit de mille mythologies immobiles
Un ange en diamant brisa toutes les vitrines
Et les morts m'accostèrent
Avec des mines de l'autre monde

Mais leur visage et leurs attitudes
Devinrent bientôt moins funèbres
Le ciel et la terre perdient
Leur aspect fanstamagorique

Les morts se réjouissssaient
De voir leurs corps trépassés entre eux et la lumière
Ils riaient de leur ombre et l'observaient
Comme si véritablement
C'eût été leur vie passée

Alors je les dénombrai
Ils étaient quarante neuf hommes
femmes et enfants
Qui embellissaient à vue d'oeil
Et me regardaient maintenant
Avec tant de cordialité
Tant de tendresse même
Que les prenant en amitié
Tout à coup
Je les invitai à une promenade
Loin des arcades de leur maison

Et tous bras dessus bras dessous
Fredonnant des airs militaires
Oui tout vos pêchés sont absous
Nous quittâmes le cimetière

Nous traversâmes la ville
Et rencontions souvent
Des parents des amis qui se joignaient
A la petite troupe des morts récents
Tous étaient si gais
Si charmants si bien portants
Que bien malin qui aurait pu
Distiguer les morts des vivants

Puis dans la campagne
On s'éparpilla
Deux chevau-légers nous joignirent
On leur fir la fête
Ils coupèrent du bois de viorne
Et de sureau
Dont ils firent des sifflets
Qu'ils distribuèrent aux enfants

Plus tard un bal champêtre
Les couples mains sur les épaules
Dansèrent au son aigre des cithares

Ils n'avaient pas oublié la danse
Ces morts ces mortes
On buvait aussi
Et de temps à autre une cloche
Annonçait qu'un noueau tonneau
Allait être mis en perce

Une morte assise sur un banc
Près d'un buisson d'épine-vinette
Laissait un étudiant
Agenouillé à ses pieds
Lui parler de fiançailles

....

Apollinaire

la maison des morts


C'est très long, la suite plus tard...

dniepr
06/03/2005, 13h41
....

Je vous attendrai
Dix ans vingt ans s'il le faut
Votre volonté sera mienne

Je vous attendrai
Toute votre vie
Répondai la morte

Des enfants
De ce monde ou bien de l'autre
Chantaient de ces rondes
Aux paroles absurdes et lyriques
Qui sans doute sont les restes
Des plus ancines monuments poétaiques
De l'humanité

L'étudiant passa une bague
A l'annulaire de la jeune morte
Voici le gage de mon amour
Des nos fiançailles
Ni le temps ni l'absence
Ne nous feront oublier nos promesses
Et un jour nous aurons une belle noce
Des touffes de myrte A nos vêtements et dans vos cheveux
Un beau sermon à l'église
De longs discours après ce banquet
Et de la musique
De la musique

Nos enfants
Dit la fiancée
Seront plus beaux et plus beux encore
Hélas, la bague était brisée
Que s'ils étaient d'argent ou d'or
D'émeraude ou de diamant
Seront plus clairs plus clairs encore
Ques les astres du firmament
Que la lumière de l'aurore
Que vos regards mon fiancé
Auront la meilleure odeur encore
Hélas, la bague était brisée
Que le lilas qui vient d'éclore
Que le thym la rose ou le romarin

dniepr
06/03/2005, 13h54
.....

Les musiciens s'en étant allés
Nous continuâmes la promenade


Au bord d'un lac
On s'amusa à faire des ricochets
Avec des cailloux plats
Sur l'eau qui dansait à peine

Des barques étaient ammarées
Dans un havre
On les détacha
Après que toute la troupe se fut embarquée
Et quelques morts ramaient
Avec autant de vigueur que les vivants

A l'avant du bateauque je gouvernais
Un mort parlait avec une jeune femme
Vêtue d'une robe jaune
D'un corsage noir
Avec des rubans bleus et d'un chapeau gris
Orné d'une seule petite plume défrisée

Je vous aime
Disait il
Comme le pigeon aime ma colombe
Comme l'insecte nocturne
Aime la lumière

Trop tard
Répondait la vivante
Repoussez repoussez cet amour défendu
Je suis mariée
Voyez l'anneau qui brille
Mes mains tremblaient
Je pleure et voudrais mourir

Les barques étaient arrivées
Aun endroit où les chevau-légers
Savaient qu'un écho répondait de la rive
On ne se lassait point de l'interroger
Il y eut des questions ecxtravagantes
Et des réponses tellement pleine d'à propos
Que c'était à mourrir de rire
Et le mort disait à la vivante

Nous serions si heureux ensemble
Sur nous l'eau se refermera
Mais vous pleurez et vos mains tremblent
Aucun de nous ne reviendra

.....

dniepr
06/03/2005, 14h09
.....

On reprit terre et cefut le retour
Les amoureux s'entr'aiment
Et par couples aux belles bouches
Marchaient à distances inégales
Les morts avaient choisi les vivantes
Et les vivants
Des mortes
Un genévrier parfois
Faisait l'effet d'un fantôme

Les enfants déchiraient l'air
En soufflant les joues creuses
Dansleur sifflet de viorne
Ou de sureau
Tandis que les militaires
Chantaient des tyroliennes
En se répondant comme on le fait
Dans la montagne

Dans la ville
Notre troupe diminua peu à peu
On se disait
Au revoir
A demain
A bientôt
Beaucoup entraient dans les brasseries
Quelques uns nous quittèrent
Devant une boucherie canine
Pour y acheter leur repas du soir

Bientôt je resati seul avec ces morts
Qui s'en allaient tout droit
Au cimetière

Sous les Arcades
Je leds reconnus
Couchés
Immobiles
Et bien vêtus
Attendant la sépulture derrière les vitrines

Ils ne se doutaient pas
De ce qui s'était passé
Mais les vivants en gardaient le souvenir
C'était un bonheur inespéré
Et si certain
Qu'ils ne craignaient point de le perdre

Ils vivaient si noblement
Que ceux qui la veille encore
Les regardaient comme leurs égaux
Ou même quelque chose de moins
Admiraient maintenant
Leur puissance et leur richesse et leur génie
Car y a-t-il rien qui vous éléve
Comme d'avoir aimé un mort ou une morte
On devient si pur qu'on en arrive
Dans les glaciers de la mémoire
A se confondre avec le souvenir
On est fortifié pour la vie
Et l'on n'a plus besoin de personne


Apollinaire


La maison des morts


Le début du poème est dans les messages précédents!!!!

Malkeeja
08/03/2005, 19h04
Aaah, magnifique, ce thread.
J'adore Baudelaire aussi ( parce que "les plus désespérés sont les chants les plus beaux, et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots" -Musset-) mais je ne vais pas vous chercher des poèmes à cette heure-ci, alors je vous mets quelques ch'tites images.

http://img22.exs.cx/img22/9628/caldwellthecomingofsorrows8es.th.jpg (http://img22.exs.cx/my.php?loc=img22&image=caldwellthecomingofsorrows8es.jpg)
Caldwell
http://img22.exs.cx/img22/2840/caldwell410la.th.jpg (http://img22.exs.cx/my.php?loc=img22&image=caldwell410la.jpg)
Caldwell
http://img22.exs.cx/img22/8165/bolton441au.th.jpg (http://img22.exs.cx/my.php?loc=img22&image=bolton441au.jpg)
Bolton
http://img22.exs.cx/img22/5183/bolton40nt.th.jpg (http://img22.exs.cx/my.php?loc=img22&image=bolton40nt.jpg)
Bolton
http://img22.exs.cx/img22/5968/worldofwarcraft53bn.th.jpg (http://img22.exs.cx/my.php?loc=img22&image=worldofwarcraft53bn.jpg)
Warcraft III, merci Eni http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_wink.gif!
http://img22.exs.cx/img22/9151/sorceress28fs.th.jpg (http://img22.exs.cx/my.php?loc=img22&image=sorceress28fs.jpg)
Illustre inconnu...
Elles sont-y pas mignonnes ??

( C'est pas mon dossier le plus complet celui-là : moi, ce n'est pas de la musique que je DL, mais des images, je dois en avoir plus de 500 à l'heure qu'il est - ben oui, quoi, j'suis une n00b ! Attendez un peu et j'en aurais le triple ! http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_wink.gif-)

e-bride
08/03/2005, 19h43
Y a bon Giger mangez en^^
http://img157.exs.cx/img157/1321/hrgigermirrorimage4ta.th.jpg (http://img157.exs.cx/my.php?loc=img157&image=hrgigermirrorimage4ta.jpg)
http://img50.exs.cx/img50/9662/hrgigernecronomvi7al.th.jpg (http://img50.exs.cx/my.php?loc=img50&image=hrgigernecronomvi7al.jpg)
http://img168.exs.cx/img168/3112/goth28zl.th.jpg (http://img168.exs.cx/my.php?loc=img168&image=goth28zl.jpg)
http://img168.exs.cx/img168/1342/dark6665kz.th.jpg (http://img168.exs.cx/my.php?loc=img168&image=dark6665kz.jpg)
http://img161.exs.cx/img161/200/lepoticaizver7ej.th.jpg (http://img161.exs.cx/my.php?loc=img161&image=lepoticaizver7ej.jpg)
http://img161.exs.cx/img161/1994/satan1sc.th.jpg (http://img161.exs.cx/my.php?loc=img161&image=satan1sc.jpg)
Je ne comprends pas pourquoi tant de personnes ont peur de la mort alors que tant d'entre elles redoutent la vie?

AmanoShiyaku
08/03/2005, 23h19
http://www.enfer.be/004/014.html

Ramoran
09/03/2005, 03h47
<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><font size="-1">quote:</font><HR>Originally posted by AmanoShiyaku:
C'est un livre de famille qui doit remonter à quelques générations déjà. Je saurais pas te préciser quel genre d'illustrations si tu parles de techniques d'impression. Mais ce sont des dessins d'un artiste de l'époque je suppose.

J'adore les vieux bouquins. <HR></BLOCKQUOTE>

Dans ma famille, il y a un vieux livre Villon avec des illustrations géniales, des desins en couleurs grotesques, avec des femmes énormes et hideuses, de Dubout je crois.

En tout ca ça m'étonnerait que tu aies un livre avec des illustrations de l'époque de Villon (14? ou 15? siècle...)

enidehalas
09/03/2005, 10h29
joli ! http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif
et c'est Warcraft III, pas World of Warcraft ! http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-tongue.gif

*regarde son dossier "Images" (sans les scan de manga, ni screenshots, ni photos etc..., juste des images telechargées)*
2496 fichiers... hmmm http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif

AmanoShiyaku
09/03/2005, 10h39
Ramoran : j'ai pas dit que c'tait de l'époque de Villon http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif

Par contre je pense bien que c'est exactement le même que le tien ... Te description correspond pile poil ! L'ariste de l'époque ... du livvre bien entendu. Si j'avais un vrai Villon il serait pas dans une bibliothèque dans le salon de ma mère mais dans un coffre fort à la banque http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif

dniepr
11/03/2005, 03h28
Voici un texte de Stefano Landi qui est un maître de musique italien (1589-1639). Cette pièce miusicale est en italien mais je vous mets ici la version fraçaise. J'encourage tout le monde à jeter une oreille attentive sur le cd. Il y a un soliste tenor à la voix magnifique...
Stephano Landi
"Homo fugit velut umbra...."
L'arpeggiata
Alpha 20

Tu te trompes
en pensant que le années
ne vont jamais finir
Il faut bien mourrir

La vie est un songe
elle semble si douce
mais la joie est courte,
il faut bien mourrir
A rien ne sert ma médecine
Inutile est la quinine
l'on ne peut pas guérir
Il faut bien mourrir

Rien ne vaut les jérémiades
les menaces, les bravades
que le courage sait bien bâtir
Il faut bien mourrir
Aucune bonne science,
ne trouve les bonnes paroles
pour calmer le désir.
Il faut bien mourrir

Il n' ya pas d'astuce
pour défaire ce noeud
à rien ne sert de fuir,
il faut bien mourrir.
C'est ainsi pour tout le monde.
Le malin ne sait pas
éviter ce coup bas.
Il faut bien mourrir.

L'on meurt en chantant
l'on meurt en jouant
la Cithare ou la Musette
Mourrir il le faut.
On meurt en dansant,
en buvant, en mangeant
Avec cette charogne,
mourrir, il faut.

La mort cruelle
n'est fidèle à personne,
et fait honte à tous.
Mourrir, il le faut.
Pourtant, ô délire,
ô grande folie,
on croirait mentir
Mourrir il le faut.

Jeunes enfants,
et tous les hommes
en cendres doivent finir.
Il faut bien mourrir.
Les saints, les doux
ils doivent tous finir.
Il faut bien mourrir.
Et lorsque tu
n'ypenses pas, dans ton sein,
tout se termine.
Il faut bien mourrir.
Si tu n'y songes pas
tu as perdu ta raison,
tu es mort et tu peux dire:
il faut bien mourrir.

dniepr
11/03/2005, 04h12
<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><font size="-1">quote:</font><HR>Originally posted by e-bride:
Y a bon Giger mangez en^^
http://img157.exs.cx/my.php?loc=img157&image=hrgigermirrorimage4ta.jpg
http://img50.exs.cx/my.php?loc=img50&image=hrgigernecronomvi7al.jpg
http://img168.exs.cx/my.php?loc=img168&image=goth28zl.jpg
http://img168.exs.cx/my.php?loc=img168&image=dark6665kz.jpg
http://img161.exs.cx/my.php?loc=img161&image=lepoticaizver7ej.jpg
http://img161.exs.cx/my.php?loc=img161&image=satan1sc.jpg
Je ne comprends pas pourquoi tant de personnes ont peur de la mort alors que tant d'entre elles redoutent la vie? <HR></BLOCKQUOTE>


J'aime bien celle de la femme face au dragon. Connaissez vous Brom? Moi j'adore.

Ramoran
11/03/2005, 05h54
Je trouve que cela manque de poésie chrétienne de la latinité tardive, et je comble cette grave lacune:

sic effata crucem domini feruentibus offert
obuia quadriiugis, lignum uenerabile in ipsos
intentans frenos. quod ut expauere feroces
cornibus obpansis et summa fronte coruscum,
uertunt praecipitem caeca formidine fusi
per praerupta fugam. fertur resupina reductis
nequiquam loris auriga comamque madentem
puluere foedatur. tunc et uertigo rotarum
inplicat excussam dominam; nam prona sub axem
labitur et lacero tardat sufflamine currum.
addit Sobrietas uulnus letale iacenti,
coniciens silicem rupis de parte molarem.
hunc uexilliferae quoniam fors obtulit ictum
spicula nulla manu sed belli insigne gerenti,
casus agit saxum, medii spiramen ut oris
frangeret, et recauo misceret labra palato.
dentibus introrsum resolutis lingua resectam
dilaniata gulam frustis cum sanguinis inplet.
insolitis dapibus crudescit guttur, et ossa
conliquefacta uorans reuomit quas hauserat offas.
"ebibe iam proprium post pocula multa cruorem,"
uirgo ait increpitans, "sint haec tibi fercula tandem
tristia praeteriti nimiis pro dulcibus aeui.
lasciuas uitae inlecebras gustatus amarae
mortis et horrifico sapor ultimus asperat haustu."

Prudentius, Psychomachia.

Arkanne
11/03/2005, 09h31
La Pythie explique son prêtre et demande une traduction.

Prudence (348-415), malgré son nom bien français, était espagnol, mais écrivait en latin et s'appelait Aurelius Prudentius Clemens. Il composa d'admirables poésies et allégories. Sa Psychomachia, allégorie mettant en scène le combat des vices et des vertus pour la possession de l'âme, fut un vrai classique au Moyen âge, car souvent reprise sur les planches et imitée par les poètes.

Ramoran
11/03/2005, 10h49
Première phrase. Il s'agit du comat de Sobriété contre Luxure, ce n'est pas facile à traduire, donc je vais pas être très rapide.

sic effata crucem domini feruentibus offert
obuia quadriiugis, lignum uenerabile in ipsos
intentans frenos. quod ut expauere feroces
cornibus obpansis et summa fronte coruscum,
uertunt praecipitem caeca formidine fusi
per praerupta fugam.

Sobriété présente la croix du seigneur pour faire obstacle aux quadriges furieux de Luxure, en tendant contre les freins le vénérable bois,
d'une lumière telle à ses bras ouverts et son haut font, qu'il terrifia les bêtes féroces, qui ébranlées par la peur, tournent leur fuite précipitée vers des rochers aiguisés.

AmanoShiyaku
11/03/2005, 10h50
Ch'aime la luxure moi ...

Ramoran
11/03/2005, 11h04
[QUOTE]Originally posted by Ramoran:

Deuxième et troisièm phrases.

fertur resupina reductis
nequiquam loris auriga comamque madentem
puluere foedatur. tunc et uertigo rotarum
inplicat excussam dominam; nam prona sub axem
labitur et lacero tardat sufflamine currum.

Elle est entraînée la tête en arrière sans que le conducteur puisse ramener à soi les lanières, et sa chevelure parfumée est souillée par la poussière.Alors le tourbillonement des roues entraîne la dame que la secousse a ejectée. En effet Elle glisse en avant sous l'essieu, et sa chair déchirée est une entrave qui retarde le char.

Ramoran
11/03/2005, 11h18
Désolé Amano, Luxure est très mal partie.

4? et 5? phrases

addit Sobrietas uulnus letale iacenti,
coniciens silicem rupis de parte molarem.
hunc uexilliferae quoniam fors obtulit ictum
spicula nulla manu sed belli insigne gerenti,
casus agit saxum, medii spiramen ut oris,
frangeret, et recauo misceret labra palato.

Sobriété donne en sus le coup mortel à celle qui git sur le sol en lançant une pierre extraite de la roche. Puisque le hasard présente à note porte enseigne ce projectile, qui ne tient nul pic en sa main, mais l'enseigne militaire (c'est la croix si vous avez suivi), le sort conduit la pierre de telle sorte qu'en plein milieu de sa gorge, elle fracasse le conduit de la respiration, et que ses lèvres viennent se mèler avec le fin fond de son palais.

Ramoran
11/03/2005, 11h27
6? et 7? phrase

dentibus introrsum resolutis lingua resectam
dilaniata gulam frustis cum sanguinis inplet.
insolitis dapibus crudescit guttur, et ossa
conliquefacta uorans reuomit quas hauserat offas.

La langue déchirée par les dents arrachées et emportées au dedans remplit le gosier de gorgées de sang. L'estomac ne peut digérer ces mets insolites, et tout en dévorant des os réduits en bouillie, elle revomit les bouchées qu'elle avait absorbées.

Ramoran
11/03/2005, 11h38
Fin

"ebibe iam proprium post pocula multa cruorem,"
uirgo ait increpitans, "sint haec tibi fercula tandem
tristia praeteriti nimiis pro dulcibus aeui.
lasciuas uitae inlecebras gustatus amarae
mortis et horrifico sapor ultimus asperat haustu."

"Maintenant bois jusqu'au bout, après tant de coupes, ton propre sang, dit la vierge en colère, prends dorénavant ces plats atroces à la place des douceurs excessives de ta vie qui est finie. Le goût amer de la mort et l'ultime saveur de cette gorgée te dégoûtent des attraits lascifs de cette vie."

Arkanne
11/03/2005, 11h39
dentibus introrsum resolutis lingua resectam
dilaniata gulam frustis cum sanguinis inplet.

J'adore ces 2 vers ! Il ne manque qu'une goutte de gudule !

Ramoran
11/03/2005, 11h48
Tu as choisi ces vers avec goût. Que ces beau cet entrechoquement de dentales puis de guturales qui mime le fracas des dents!

AmanoShiyaku
11/03/2005, 11h58
Aaah le goût des vers ....

hum ...

Le-Solitaire
11/03/2005, 12h11
C'est les poèmes du pote à Enidehalas. J'ai adoré.
@Eni : Tu m'en veut pas j'espère.

RUPTURE.

Aujourd'hui j'ouvre les yeux,
je pense a toi, encore un peu.
Depuis que tu es partie,
je suis tout seul dans mon lit,

tu m'a quittée, dans la souffrance,
pire que les gifles de mon enfance !
Pourquoi, pourquoi m'a tu trompée,
pourtant, dieu sait si j't'ai aimé !

la douleur etait trop forte,
surtout quand t'as claquée la porte.
ca m'a un peu enervé,
j'tai rattrapée dans l'escalier,

je n'ai pas pu résister,
et violemment, je t'ai poussé..


...ton crane à heurté le béton,
et ton cerveau s'est répandu,
c'en est fini pour de bon,
mais c'est toi qui l'a voulu !
__________


LOVIN 'OUECHOUECH

Par un joli soir d'hiver,
me promenant seul dans la rue,
j'entend au loin un "nique ta mere"
et aussi un "gros trou du cul"

du coup moi,je m'arrete net,
juste histoire d'apercevoir
cet espèce d'analphabete
qui va bientot manger le trottoir.

le jeune me demande :
"t'a pas une cigarette ?"
je lui répond tres calmement
"j'ai arreté, fumer c'est bete"

c'est dommage pour ma gueule
mais comme a l'accoutumé
ce connard n'est pas seul
du coup, je vais me faire lyncher !

cette bandes de cons me sautent dessus
en continuant a m'insulter
mon sang coule de plus en plus,
je sens le K.O arriver

je suis seul, sur le trottoir
le corps meurtrie, ensanglanté,
dire que mon seul tort, ce soir
c'est d'avoir arreté de fumer...

les secours vont arriver,
me disais-je pour me rassurer
mais qui les aurait appellé ?
je n'ai plus la force de crier...

sur une table, le regard livide
je me repose, enfin
le médecin, le regard vide
sors mes organes un par un.

je suis mort, pour une cigarette,
mais il faut leur pardonner,
a ces jeunes que personne n'arrete,
parce qu'il viennent de la cité.
__________

LUDIVINE

Ludivine a tout juste treize ans,
c'est une mignonne petite fille,
elle en a marre de ses parents,
ils ne la laissent jamais tranquille !

toute la nuit, elle a comploté,
cherché un plan machiavélique.
puis elle a tout organisé
pour qu'ils partent en une fin tragique !

elle mit sa tenue de kamikaze,
puis descendit dans la cuisine,
et ouvrit a fond le gaz,
quelle coquine, cette Ludivine !

mais hélas, elle a oublié,
et elle va le regretter,
son frère c'est remis à fumer,
la porte claque, il vient de rentrer !

s'en suivit une explosion,
qui rasa toute la maison,
elle qui voulait avoir la paix,
maintenant, elle l'a à tout jamais.
__________

BIERE

Si la bière, tu aimes comme moi,
alors, mon ami tu seras,
car tu seras bien pleine,
et que tu n'en pourras plus,
c'est avec moins de peine,
que je te défoncerais le C..

__________

AMOUR

L'amour ca n'a rien de banal
l'amour peut être un rapport anal
l'amour c'est Grégory dans son sac albal
l'amour m'est interdit, je suis un mec génial !
__________


HOPITAL PSYCHIATRIQUE

Dans ma chambre, abandonné
je vois ma toute ma vie défiler,
en plus, les murs capitonnés
n'empechent de m'assommer

Je hurle comme un forcené
certains diront comme un dingue
ça a alerté l'infirmier,
il arrive avec la seringue !

je ne me laisse pas faire !
même si il est très fort,
plutôt aller en enfer !
ces calmants sont pires que la mort !

ils m'ont sanglé sur mon lit
et drogué comme un junkie,
l'horloge fait toujours tic toc,
bientôt l'heure de l'électrochoc

mais pourquoi suis-je ici
et en sortirai-je un jour ?
en moi quelque chose me dit
que je suis ici pour toujours...
-----------

DERNIERES PAROLES

Cette fois ci c'en est trop
J'ai souffert plus qu'il n'en faut,
Ma vie n'a que trop duré,
ce soir elle va se terminer.

Je n'en n'explique pas les raisons
Vous me prendriez pour un con
Vous me diriez "ca sert a rien"
Mais vous me le diriez en vain.

Je suis déja bien décidé,
Je vais maintenant en terminer,
Je suis las de devoir lutter,
Personne n'est là pour m'arreter.

Et dans la baignoire, allongé
Je viens de m'ouvrir les poignets
Je regarde le sang couler,
Et avec lui, part mon passé,

Ce passé qui me torturait,
Que j'ai tout fait pour oublier,
Malheureusement, rien n'y a fait,
Pourtant je l'ai vraiment souhaité.

A présent mon corps se vide,
De ce sang si rouge et chaud,
Mon corps sera bientot livide,
Quelqu'un le trouvera bientot.

Mais il sera surement trop tard,
Il verra un visage serein,
Il criera, par desespoir,
Mais mon âme sera déjà loin.
__________

SEPARATION

Je viens juste de me lever,
Je n'ai pas dormi bien longtemps,
Même pas assez pour oublier
Comme nous étions heureux avant.

Tout ces moments qu'on a vécu,
Quand tu étais a mes cotés
Ils sont à tous jamais perdu
Car je n'ai pas pu te garder.

Je ne m'en sentais plus la force
Pourchassé par mes vieux démons,
Eux qui brisèrent mon écorce
Et mirent a jour ma dépression

Je supportais de moins en moins
De constater ma déchéance
Et j'ai donc voulu, pour ton bien
Qu'elle n'ait pas lieu en ta présence

Ce sera très dur pour d'oublier
Aussi bien pour toi que pour moi
mais nous devrons y arriver
j'espere que tu y parviendras.

Le-Solitaire
11/03/2005, 12h49
Après les textes, les images :

http://www.games-workshop-fr.com/40k/40k/space_marines/illustrations/img/8b.jpg
http://www.games-workshop-fr.com/40k/40k/space_marines/illustrations/img/13b.jpg
http://www.games-workshop-fr.com/40k/40k/space_marines/illustrations/img/16b.jpg
http://uk.games-workshop.com/daemonhunters/artwork/images/pic1-big.jpg
http://uk.games-workshop.com/daemonhunters/artwork/images/pic13-big.jpg
http://uk.games-workshop.com/witchhunters/artwork/images/chair.jpg
http://uk.games-workshop.com/witchhunters/artwork/images/codex-cover.jpg
http://uk.games-workshop.com/witchhunters/artwork/images/saint.jpg

http://www.confrontation.fr/images/carn/extr/headless_800.jpg
http://www.confrontation.fr/images/carn/extr/croq_800.jpg
http://www.confrontation.fr/images/carn/prev/conc_69.jpg

enidehalas
11/03/2005, 13h15
yen a des nouveaux dailleurs, faudra que je les poste http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif

Malkeeja
11/03/2005, 13h53
@ Dniepr : BROM ! Le maitre des clefs, le gardien des rêves, le seigneur de la nuit !
( Y'a bon, mangez-en http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_cool.gif)
http://img226.exs.cx/img226/747/brom125oz.th.jpg (http://img226.exs.cx/my.php?loc=img226&image=brom125oz.jpg)
http://img226.exs.cx/img226/587/brom26lilith0ip.th.jpg (http://img226.exs.cx/my.php?loc=img226&image=brom26lilith0ip.jpg)
http://img226.exs.cx/img226/8733/brom519lp.th.jpg (http://img226.exs.cx/my.php?loc=img226&image=brom519lp.jpg)
http://img226.exs.cx/img226/4510/brom46ax.th.jpg (http://img226.exs.cx/my.php?loc=img226&image=brom46ax.jpg)
http://img226.exs.cx/img226/2246/brom57sw.th.jpg (http://img226.exs.cx/my.php?loc=img226&image=brom57sw.jpg)
http://img226.exs.cx/img226/9339/brom401vu.th.jpg (http://img226.exs.cx/my.php?loc=img226&image=brom401vu.jpg)
@ Eni : salut, poète, n'attends pas trop !

enidehalas
11/03/2005, 14h41
attendre quoi ? http://forums.ubi.com/images/smilies/blink.gif

Malkeeja
11/03/2005, 14h57
<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><font size="-1">quote:</font><HR> AMOUR

L'amour ca n'a rien de banal
l'amour peut être un rapport anal
l'amour c'est Grégory dans son sac albal
l'amour m'est interdit, je suis un mec génial !
<HR></BLOCKQUOTE>
Euh, je croyais que t'avais de nouveaux poèmes à posterhttp://yelims.free.fr/Sourires/Sourire11.gif

enidehalas
11/03/2005, 15h38
Evidence.

La mort n'est pas une tragédie,
Ne pleurons plus sur toute ces tombes,
C'est simplement la fin d'une vie,
Pourquoi la douleur nous innonde ?

Ce n'est pourtant pas une surprise,
C'est même le destin de chacun,
Car nous sommes tous sous l'emprise,
De ce qu'on appelle le destin.

Peu importe ce que fut ta vie
Que tu ai soigné ou tué,
Ce que tu auras fait ou dit,
La mort te fera oublier...

Mais à présent ouvrons les yeux
Cessons de nous voiler la face
Nous ne finirons pas aux cieux
Le paradis était sur place...



__________________________________________________ _____________________________________


encore sans titre...
quand tu mourras, Je serais la
comme tu l'aurais fait pour moi,
et aussi quand tu souffriras,
ce sont mes mains que tu tiendras

quand tu seras dans l'ambulance
que c'est mon nom que tu crieras
quand tu n'auras plus aucune chance
et que bien sur, tu m'en voudras...

a ta famille attristé,
je leur dirais "pardonnez moi"
comme a ton corps ensanglanté
a qui j'ai crié "reveille toi"

mais tu étais déja parti,
et c'est entierement ma faute,
quant a moi je reste ici
au milieu des regards des autres

avec ta mort sur la conscience
et tout ca pour t'impressionner
un gros moteur, de la puissance
et d'un coup j'ai acceleré...

une incroyable sentation
je me pensais invulnérable
pour une minute de sentation...
a présent je suis misérable...

Malkeeja
11/03/2005, 16h38
BEAU!http://yelims5.free.fr/TopOuNul/Applaudissements03.gif et mêmehttp://yelims5.free.fr/TopOuNul/Super06.gif
J'adore particulièrement :
"Peu importe ce que fut ta vie
Que tu ai soigné ou tué,
Ce que tu auras fait ou dit,
La mort te fera oublier...

Mais à présent ouvrons les yeux
Cessons de nous voiler la face
Nous ne finirons pas aux cieux
Le paradis était sur place..."
et ça :
"quand tu seras dans l'ambulance
que c'est mon nom que tu crieras
quand tu n'auras plus aucune chance
et que bien sur, tu m'en voudras...

a ta famille attristé,
je leur dirais "pardonnez moi"
comme a ton corps ensanglanté
a qui j'ai crié "reveille toi""
C'est impressionnant. Merci !

Princesse-Sarah
13/03/2005, 02h51
Et moi j'adore :

Yep, j'ai vu un chat
Yep c'est Malkeeja
Hop elle est sérieuse
Hop, je suis morrose ! http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif

Ramoran
13/03/2005, 05h16
Petite Princesse Sarah,
Tu es stupide comme un rat,
Tu ne connais rien en poésie.
Ta misérable fantaisie
N'a rien à faire dans ces lieux
Où la terreur saisit les dieux.
Va donc jouer aux Pokémons
Et laisse les grandes personnes!

AmanoShiyaku
13/03/2005, 05h41
le "tu ne connais rien en poésie" est limite au niveau pieds ... "Tu es ignare en poésie" passerait mieux non?

Ramoran
13/03/2005, 05h48
Exact.
La Princesse m'a tellement énervée que j'en ai mmo même perdu des facultés.

Princesse-Sarah
13/03/2005, 06h09
Oh Ramoran méchant
Je te tue en chantant
Ton coeur va faire dring-dring
En alexandrings http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-very-happy.gif

Et Amano est là
Ma défense il prendra !

Enfin espérons-le...

AmanoShiyaku
13/03/2005, 06h40
Ca dépend ...

tu m'fais une gâterie si je te défend ?

Malkeeja
13/03/2005, 08h53
<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><font size="-1">quote:</font><HR> Yep, j'ai vu un chat
Yep c'est Malkeeja <HR></BLOCKQUOTE>
Oh, Princesse-Sarah, tu m'honores, plus jamais je ne parlerai de te torturer ( honte sur moi http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif), promis ( euh, sauf si on me torture, moi !)
Sérieuse, sérieuse, ça dépend des jours et surtout des sujets abordés.
Elle----&gt;
http://img62.exs.cx/img62/9819/freeman24ej.th.jpg (http://img62.exs.cx/my.php?loc=img62&image=freeman24ej.jpg)
elle est sérieuse ! Elle rigole pas, hein, faut pas l'énerver, gaffe.

Princesse-Sarah
13/03/2005, 09h29
<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><font size="-1">quote:</font><HR>Originally posted by AmanoShiyaku:
Ca dépend ...

tu m'fais une gâterie si je te défend ? <HR></BLOCKQUOTE>

Tu dis une « gâterie » ?
Défendu aux jeunes filles !
Je peux faire un bisou
Le plus chaste qu'on ait vu.

Et surtout je me barre
Si tu me chantes Gainsbarre !
http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-tongue.gif

enidehalas
13/03/2005, 17h51
<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><font size="-1">quote:</font><HR>Originally posted by Malkeeja:

Elle----&gt;
http://img62.exs.cx/my.php?loc=img62&image=freeman24ej.jpg
<HR></BLOCKQUOTE>
ohhh
tu te decides enfin a poster une photo ! http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif

dniepr
19/03/2005, 05h26
Et en B.D dark, qu'aimez vous?

Je me souviens il y a quelques années avoir lu les sandman de Neil Gaiman. Génial ce mec.

En ce moment je suis entrain de terminer la série des Sambre....Voilà un univers gothique, la France de 1848 et ses agitations révolutionnaires.Tout est dessiné dans des tons noirs, gris, rouges.... Au fur et à mesure des voulmes, les tons sont de plus en plus rouge, sang....

enidehalas
19/03/2005, 06h01
Lady Death http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-tongue.gif
Purgatory etc

en manga sinon, je vous conseille Angel Sanctuary
c'est excellent, mangez en

Necron51
19/03/2005, 06h41
Allez ... Un petit texte tiré du bouquin "Horde du chaos" de Warhammer :

Baiser empoisonné,
Est le tranchant du stylet.
Triomphe cramoisi,
Sont les lèvres de sang rougies.
Délectable chagrin,
Est l'âme du mortel qui s'éteint.
Danse des lames,
Envoûtante et exquise,
Douleur n'est que partie remise,
Hérault hurlant qui proclame
L'ultime et éternelle victoire.
Dans l'étreinte de Slaanesh, laisse toi choir,
Car il est notre Sombre Amour,
Notre Seigneur Noir.

enidehalas
19/03/2005, 07h28
SLAAAAANESH !!!!!!! http://www.farcry-thegame.com/fr/images/smileys/lovesmilie.gif (meme si je prefere jouer Tzeentch http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-tongue.gif )
http://www.zynetwc.com/~garbled/wpics/slaanesh.jpeg

mais en "texte" je prefere la chanson des Orks


<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><font size="-1">quote:</font><HR>On y va, On y va, On y va, On y va, On y va, dans le kosmos

On y va, On y va, On y va, On y va, On y va, avec not' boss

On y va, On y va, On y va, On y va, On y va, on l'saurat quand on y s'rat <HR></BLOCKQUOTE>

Necron51
19/03/2005, 07h43
Ben moi je joue Slaanesh d'abord .. http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-tongue.gif

Et niveau orque y'a un autre dicton symp (sauf pour Jolav' http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-very-happy.gif):

ce qu'il y a mieux qu'un nabot c'est un nabot mort;
ce qu'il y a de mieux qu'un nabot mort, c'est un nabot en train d'agoniser et de vous dire où trouver ses petits copains .. http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-very-happy.gif

(C'était la version littéraire bien sur)

Le-Solitaire
19/03/2005, 07h52
<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><font size="-1">quote:</font><HR> Copyright GW :

On vous a dit que l'Inquisition était l'ultime rempart contre les fantomes qui se terrent dans l'obscurité interstellaire...

On vous a dit que cette mystérieuse organisation défendait l'Humanité contre les périls de l'hérésie, de la possession, de l'influence extraterrestre et de la rébellion...

On vous a dit que l'Inquisition était unie dans son combat pour purifier la galaxie des dangers qui la menacent, de l'extérieur comme de l'interieur...

On vous a dit que l'Inquisition était la chandelle qui éclaire cet univers maléfique, qu'elle rassemblait les plus dévoués guerriers de l'Empereur...

Tout ce qu'on vous a dit n'était que mensonge ! <HR></BLOCKQUOTE>

Et quelques images :
http://uk.games-workshop.com/darkelves/artwork/images/assassin-big.jpg
http://uk.games-workshop.com/darkelves/artwork/images/big-11.jpg
http://uk.games-workshop.com/hordesofchaos/artwork/images/art03.jpg
http://uk.games-workshop.com/hordesofchaos/artwork/images/art08.jpg
http://uk.games-workshop.com/hordesofchaos/artwork/images/art10.jpg
http://uk.games-workshop.com/vampirecounts/artwork/

Necron51
19/03/2005, 07h56
Wouah l'assassin .... http://www.farcry-thegame.com/fr/images/smileys/lovesmilie.gif

Arkanne
19/03/2005, 13h44
Les Mémoires Volés ( Muad'Dib )

Je mesure le mal qu'on fait mes ancêtres parce que je suis eux. C'est un équilibre délicat à l'extrême. Je sais que peu d'entre vous, qui lisez ces lignes, avez jamais songé de cette manière à vos ancêtres. Sans doute ne vous est-il pas venu à l'idée qu'ils étaient faits pour survivre et que cette survie elle-même exigeait quelquefois des décisions brutales, marquées par cette sorte de sauvagerie absurde que l'humanité civilisée s'est toujours efforcée à grand-peine de faire disparaître. Mais quel prix êtes-vous prêts à payer pour cette disparition ? Acceptez-vous l'idée de votre propre extinction ?

dniepr
20/03/2005, 03h05
En B.d, j'ai oublié de vus dire que j'aime particulièrement Mills et Ledroit.

Leur série Requiem est carrément sympa. On suit dans l'autre monde, un soldat SS mort sur le front russe en 1944. Ce "pauvre" homme était amoureux d'une femme juive morte dans les camps...Une fois mort il se retrouve dans le monde des mrots, l'enfer. C'est le nôtre sauf que tout y est inversé....Sa femme aussi mais dans le camp opposé....Il reste amoureux d'elle...Il voudrait revivre avec elle mais lui est maintenat un chevalier vampire et elle un espèce de personne défendant la vie et les opprimés....Compliqué quoi...Il y a énormément d'intrigues secondaires....


Il y a une autre série terminée elle qui s'appelle Sha. C'est l'histoire d'une sorcière violée, torturée et tuée par l'inquisition Elle revient se venger plusiuers siècles après. Le thème de cette B.D tourne autour des réincarnations. Les auteurs ont fait plein de citations tirées des différentes religions sur le parcours des âmes.....

Les dessins de Ledroit sont terribles Ca foisonne de partout, ça part dans tous les sens...

Malkeeja
20/03/2005, 07h01
Marrant, à part Requiem, j'ai toutes les BD que tu as mentionnées. Tu dois connaitre les fantastiques histoires en noir et blanc de Comès, alors http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_wink.gif.
Sinon, j'aime beaucoup aussi "Le Soleil des Loups" ( de Qwak et Gonnort/Gratien ) et je ne résiste pas au plaisir de vous mettre le texte d'introduction :

Elle se tient en son enveloppe d'aveugles ténèbres, tel un oeil immobile captant le reflet d'une plus brûlante lumière. Observe-la.
Une moitié de son corps seule porte la lumière
Et décrivant dans la sphère porteuse le cercle parfait des quatorze jours,
Elle accomplira le cycle de son influence en un cercle plus vaste de vingt-huit jours.
Regarde et comprends.
Lorsqu'elle dirige sa face pleine de lumière vers le centre de la Terre,
Alors les êtres croissent, engraissent et se multiplient
Alors se forment les corps de lys et de lait tels le sel et la neige, les pierres pâles et précieuses
Alors naissent les êtres d'eau placés sous son ascendant.
Regarde et comprends.
Lorsqu'elle détourne sa face lumineuse pour l'orienter ver Mercure,
Alors les choses parvenues à l'accomplissement mûrissent et se déssèchent.
Alors les êtres qui sont en train de croître sont imparfaits.
Alors se complètent les êtres d'air placés sous son ascendant, tels le vers à soie ou le frelon
Dont la constitution est achevée en quatorze jours et dont la vie en chrysalide est de vingt-huit jours.
Ainsi, chacun de ces mouvements produit ici-bas l'excès et le manque, le fait de prendre et de donner, de vider puis de remplir,
Car la pleine lune est comme le poumon qui se dilate, et le croissant comme le poumon qui se contracte.
Ainsi respirent-ils, ceux dont la vie s'ouvre à l'influence durable du Soleil des Loups.
Ainsi perçoivent-ils le Lien unissant tout chose.
Car celui-là, Elle, reçoit des astres qui l'entourent leurs influx, venus du monde des sphères,
Pour les répandre en une fertile coulée sur ce monde intérieur où, partie d'ici, l'Ame descend jusqu'au bord extrême du ciel inférieur
Et, séduite par la beauté des formes matérielles, se penche dangereusement à cet Abîme réconfortant.
Sans soleil et sans lune sont ces mondes enveloppés d'aveugles ténèbres où, partis d'ici, vont tous ceux qui assassinent leur âme.

Ca parle de magie ancienne et de démons originels, dans un monde barbare où les plus puissants ne sont pas toujours ceux que l'on croit...

dniepr
20/03/2005, 12h15
Je ne connais pas Comès, c'et quoi? Et "le soleil des loups"? Ca a l'air de bien commencer.

Malkeeja
21/03/2005, 20h52
Didier Comès a écrit et dessiné Silence, La Belette, Eva, Iris, L'arbre-coeur, La maison où rêvent les arbres, Le maître des ténèbres, entre autres... Ce sont souvent des histoires de sorcellerie situées dans la campagne profonde ( où la bêtise humaine en prend pour son grade ), sur fond de secrets de famille, de vengeances et de drames en tout genre. Il maitrise l'ombre et la lumière comme Pratt mais son trait est un peu plus arrondi. L'ambiance est toujours très mystérieuse, oppressante comme le calme avant la tempête, avec un sentiment d'inéluctable qui fait que ses héros sont entrainés vers leur destin. Il fait souvent appel à la symbolique celtique.
"Le Soleil des Loups" parle de l'initiation d'un apprenti magicien, surveillé de loin par trois sorcières qui suivent une sorte de politique diabolique pour satisfaire leurs ambitions, et aussi par des dieux capricieux. Mais l'histoire s'élargit avec les tomes suivants, elle décrit toute ce que cette situation a suscité comme conséquences et se focalise après sur d'autres héros pour raconter des aventures corollaires ( ce qui fait, et c'est là où c'est du pur génie, que chaque BD narre une histoire complète, mais en reprenant les éléments de l'univers créé ). Là aussi, le lien avec la nature et les animaux est très présent et il y a, également, une exploration du côté le plus primitif chez l'homme ( mais avec une connotation plus positive ). Le graphisme fait style BD fantasy classique mais les couleurs ( alternance de rouge/marron et de jaune/bleu ) sont extraordinaires.

PS : Eni, dans le même style, tu dois connaitre Arkham Asylum ( Morrison/Mc Kean ) ?

dniepr
23/03/2005, 06h48
ca a l'air bien...En tout cas tu en parles bien...Faudra que je teste

Sinon voici un texte de Brendan Perry, l'ex néo futur chanteur de Dead Can Danse
Il est tiré de son album perso, la xhanson s'appelle Death Will Be My Bride

Woke up this morning
Set off down the road
Left behind me all those years
Searching for a common soul
I've been looking for a thousand
And one distractions
To empty my mind
Of thoughs and loneliness
I've been looking for someone
To take away my frustrations
But all I find is a sea of emptiness

Death will be my bride Death will be my bride

Three hours from sundown
I'm still on the road
With those voices in my head
Ringing down this years
For the wind whisper my name
And the leaves they lend a helping hand
If I don't reach by this time tomorrow
I'll be stone cold dead in the ground

Death will be my bride Death will be my bride

dniepr
25/03/2005, 09h18
Je serai triste comme un saule
Quand le dieu qui partout me suit
Me dira, la main sur l'épaule,
"va-t'en voir là haut si j'y suis"
Alors du ciel et de la terre
Il me faudra faire mon deuil
Est-il encor debout le chêne
Ou le sapin de mon cercueil?

S'il faut aller au cimetière
J'prendrai le chemin le plus long
J'ferai la tombe buissonnière
J'quitterai la vie à reculons
Tant pis si les croque morts me grondent
Tant s'ils me croient fous à lier
Je veux partir pour l'autre monde
Par le chemin des écoliers

Avant d'aller conter fleurette
Aux belles âmes des damnées
Je rêv'd'encore une amourette
Je rêv d'encore m'enjuponner
Encore un'fois dire "je t'aime"
Encore un'fois perdre le nord
En effeuillant le chrysanthème
Qui est la marguerite des morts

Dieu veuill'que ma veuve s'alarme
En enterrant son compagnon
Et qu'pour lui fair' verser des larmes
Il n' y ait pas besoin d'oignons
Qu'elle prenne en secondes noces
Un époux de mon acabit.
Il pourra profiter de mes bottes
Et d'mes pantoufles et d'mes habits

Qu'il boiv' mon vin qu'il aim' ma femme
Qu'il fume ma pipe et mon tabac
Mais que jamais, mort de mon âme
Jamais il ne fouette mes chats
Quoique je n'aie pas un atome
Une ombre de méchanceté
S'il fouette mes chats y a un fantôme
Qui viendra le persécuter

Ici gît une feuille morte
Ici finit mon testament
On a marqué dessus la porte "Fermé pour caus' d'enetrrement"
J'ai quitté la vie sans rancune
J'aurai plus jamais mal aux dents
Me v'là dans la fosse commune
La fosse commune du temps

Brassens: "le testament"

dniepr
26/03/2005, 12h15
Un songe, (me devrais je inquiéter d'un songe?)
Entretient dans mon coeur un chagrin qui me ronge
Je l'évite, partout, partout, il me poursuit.
C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit
Ma mère Jesabel à mes yeux s'est montrée.
Comme au jour de sa mort pompeusement parée
Les malheurs n'avaient point abattu sa fierté
Même elle avait encore cet éclat emprunté
Dont elle eût besoin de peindre et d'orner son visage
Pour réparer des ans l'irréparable outrage.
"Tremble, m'a t elle dit, fille digne de moi,
Le cruel dieu des juifs l'emporte aussi sur toi
Je te plains de tomber dans ses mains redoutables
Son ombre vers mon lit a paru se baisser
Et moi je lui tendai les mains pour l'embrasser
Mais je n'ai vu qu'un horrible mélange
D'os de chair meurtris et traînés dans la fange
Des lambeaux pleins de sang et de membres affreux
Que des chiens dévorant se disputaient entre eux.

Racine, monologue d'Atalie.

La-Justice
26/03/2005, 12h19
(ce n'es pas un monologue a moment où elle dit ça elle n'est pas seule sur scène)

A part ça quelle merveille d'horreur!

dniepr
26/03/2005, 12h24
JKe ne connais pas le reste de la pièce...Que se passe t il ?Quelle est l'histoire?

dniepr
27/03/2005, 12h10
(....)
Le loup vient et s'assoit, le deux jambes dressées
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris,
Alors,il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante
Et il n'a pas desserré ses machoires de fer
Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
Mort depuis longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le loup le quittte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flnac jusqu'à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang;
Nos fusils l'netouraient en sisnitre croissant.
-Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment, il a péri,
refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.


J'ai posé mon front sur mon fusil sans poudre,
Me prenantà penser, et n'ai pu me résoudre
A poursuivre sa louve et ses fils qui, tous trois,
Avaient voulu l'attendre, et, comme je le crois,
Sans ses deux louveteaux la belle et sombre veuve
Ne l'eût pas laissé seul subir la grande épreuve;
Mais son devoir était de les sauver, afin
De pouvoir leur apprendrze à bien souffrir la faim,
A ne jamais entrer dans le pacte des villes
Que l'homme a fait avec les animaux serviles
Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
Les premiers possesseurs du bois et du rocher

Hélas! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
Que j'ai honte de nous, débiles, que nous sommes!
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C'est vous qui savez, sublimes animaux
A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse,
Seul le silence est grand; tout le reste est faiblesse.
-Ah! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,
Et ton dernier regard m'et allé jusqu'au coeur!
Il disait: "Si tu peux, fais que ton âme arrive,
A force de rester studieuse et pensive,
Jusqu'à ce haut degré de stoîque fierté
Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.
Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler".

Alfred de Vigny, la mort du loup.

Malkeeja
27/03/2005, 14h25
Il me semble parfois que mon sang coule à flots,
Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots.
Je l'entends bien qui coule avec un long murmure,
Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.
A travers la cité, comme dans un champs clos,
Il s'en va, transformant les pavés en flots,
Désaltérant la soif de chaque créature,
Et partout colorant en rouge la nature.
J'ai demandé souvent à des vins captieux
D'endormir pour un jour la terreur qui me mine ;
Le vin rend l'oeil plus clair et l'oreille plus fine !
J'ai cherché dans l'amour un sommeil oublieux ;
Mais l'amour n'est pour moi qu'un matelas d'aiguilles
Fait pour donner à boire à ces cruelles filles !
Baudelaire, La Fontaine de Sang

dniepr
28/03/2005, 05h41
je ne le connaissais pas....bien joué Malk!!

Arkanne
28/03/2005, 11h37
Le Revenant


Comme les anges à l'oeil fauve,
Je reviendrai dans ton alcôve
Et vers toi glisserai sans bruit
Avec les ombres de la nuit;
Et je te donnerai, ma brune,
Des baisers froids comme la lune
Et des caresses de serpent
Autour d'une fosse rampant.
Quand viendra le matin livide,
Tu trouveras ma place vide,
Où jusqu'au soir il fera froid.
Comme d'autres par la tendresse,
Sur ta vie et sur ta jeunesse,
Moi, je veux régner par l'effroi.


Baudelaire

<span class="ev_code_BLACK">C'est tout moi, ça !</span> http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif

dniepr
01/04/2005, 10h28
La pythie nous a honoré d'un poème, remercions la!!!!


MERCI LA PYTHIE

Malkeeja
05/04/2005, 15h41
Eh bien, ça dort par ici !
http://img104.exs.cx/img104/1189/hildebrandt524tf.th.jpg (http://img104.exs.cx/my.php?loc=img104&image=hildebrandt524tf.jpg)
( Hildebrandt )
Un petit réveil-matin vampirique http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_wink.gif?

dniepr
08/04/2005, 09h34
Si tu aimes ce genre de dessins tu dois certainement connaître ceux de Ravenloft? Le jeu d'horreur gothique d'ADD.

Malkeeja
08/04/2005, 15h24
Argh, non, Ravenloft, jamais vu, tu as des screens ? C'est sorti quand ? Besoin de combien de RAM ? Quelle histoire ?
Et sinon... tu vas te décider à mettre ton âge, un de ces jours, sur ton "profile" ( simple curiosité ) ?

e-bride
08/04/2005, 17h23
Il est moins vieu que toi c'est déjà une certitude http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_razz.gif
Quand à Ravenloft,c'est un jeu de role papier si je ne m'abuse.A moins qu'il y ai eu une déclinaison pixélisée http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_confused.gif

Malkeeja
09/04/2005, 00h28
@ Ibi : Oui, je suis très curieuse http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_redface.gif, je veux tout savoir de tout le monde... http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_rolleyes.gif... comme tu le sais déjà. Ca me permet de me faire une image plus complète, moins impersonnelle, des forumeurs.
Toi, je te croyais bien plus vieux, par ex. ( c'est un compliment http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_smile.gif). Bon, tout ça pour dire que je ne comprends toujours pas pourquoi faudrait arrêter de jouer à un certain âge, voire à un âge certain : ça me rappelle une sign de je sais plus qui sur Wiwiland " c'est pas parce qu'on vieillit qu'on arrête de jouer, c'est parce qu'on arrête de jouer qu'on vieillit ", c'est ô combien vrai !
Signé : Mémère http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-very-happy.gif.

dniepr
09/04/2005, 03h09
Ravenloft est effectivement un jdr papier, il est sorti,il y a ......pfff au moins 10 ans. C'est une déclinaison d'advanced donjons et dragons dans un monde d'horreur gothique médiéval. Il faudrait que je retrouve les noms des dessinateurs (il s'agit des dessinateurs officiels d'add). C'est uniquement à base de vampires, fant^ômes, malédictions, gitans, forêts de sapins.....

Quant à mon âge, je ne savais pas que ça t'intéressait....Je vais l'inscrire!!!! 30 ans.

dniepr
09/04/2005, 10h38
amors c'est tout ce que j'ai trouvé sur Ravenloft, c'est pas génial. On doit pouvoir trouver mieux en chercehnt un peu plus ...

http://www.geocities.com/timesquare/Dungeon/8967/ravening.html

Malkeeja
09/04/2005, 13h24
Hello Dniepr, merci pour ta réponse ( ben oui, je suis curieuse... mais pas envahissante, j'espère ) maieuh, quand j'ai cliqué sur ton lien, ça ne marche pas ( "sorry, site not found" ) http://forums.ubi.com/images/smilies/blink.gif?
Je vais voir si je peux trouver des renseignements ailleurs http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_smile.gif.

Le-Solitaire
10/04/2005, 08h41
...et elle était étendue près de moi, pâle et exsangue !
Terrible soit le chemin des elfes, ai-je dit.
Terrible soit le chemin de tous ceux qui passent cette clairière
car le jadis bel amour de Nosferatu
n'est plus,oh elle n'est plus...

...au milieu de coffres plein et de cercueils vides,
la maléfique chauve-souris est venue !
Sang écarlate, yeux écarlates et poils flamboyant...
mais plus écarlate encore étaient ces
deux dents acérées qui brillaient là...

Ici se termine la dernière et meilleur pièce de Galahynne, "Nosferatu" !

Un artiste, au Festival de Nashkel.

Arkanne
10/04/2005, 13h29
Je suis la peur, je suis l'effroi
Qui hante vos âmes sans éclat,
Vous qui croyez être des rois
La tombe, elle vous attend déjà.

( Inscription funéraire - Père Lachaise )

Edroym
11/04/2005, 06h48
Les voix de la Mère Patrie mènent parfois au Père Lachaise

Malkeeja
11/04/2005, 18h44
http://img140.exs.cx/img140/1511/brom4215ht.th.jpg (http://img140.exs.cx/my.php?loc=img140&image=brom4215ht.jpg)
Mère Patrie
http://img140.exs.cx/img140/663/bromguardian5fi.th.jpg (http://img140.exs.cx/my.php?loc=img140&image=bromguardian5fi.jpg)
Père Lachaise

Et c'est du Brom, bien sûr.

Vae-primat
11/04/2005, 23h38
Ci-git qui aima tant prendre
que jamais il ne put rendre
Or donc ne plaignez point sa dame
tout heureuse de ce funeste drame
qui depuis danse, boit et rit
à quoi ça tient les joie de la vie
qu'un jour son epoux soit mort
pour qu'enfin elle ait du reconfort.
Etranger, passe donc de bon aloi
En ce lieu de repos dont je suis le roi
Toi qui passes et qui est bien aise
Tu me rejoindras au Père Lachaise

Edroym
12/04/2005, 07h24
Antonio Torres Heredia
Hijo y nieto de Camborios
Va con vara de mibre
A Sevilla a ver los toros

Moreno de verde luna
Anda despacio y garposo
Sus empavonados bucles
Le brillan entre los ojos

A la mitad del camino
Corto limones redondos
Y los fue tirando al agua
Hasta que la puso de oro

A a la mitad del camino
Bajo las ramas de un olmo
Guardia civil caminera
Lo llevo codo con codo

El día se va despacio
La tarde colgada de un hombro
Dando una larga torera
Sobre el mar y los arroyos

Las aceitunas aguardan
La noche del Capricornio
Y laorta birsa, ecuestre
Salta los montes de plomo

Antonio Torres Heredia
Hijo y nieto de Camborios
Viene sin vara de mimbre
Entre los cinco tricornios

¿Antonio quien eres tú?
Si te llamaras Camborio
Ubieras hecho una fuente
De sangre con cinco chorros
Tu no eres hijo de nadie
Ni lejitimo Camborio
Se acabaron los gitanos
Que Iban pour el monte solo
Estan los viejos cuchillos
Tiritando bajo el polvo

Y a las nueve de la noche
Le hechan al calabozo
Mientras los guardias civiles
Beben limonada todos

Y a las nueve de la noche
Le cierran el calabozo
Mientras el cielo reluce
Como la grupa de un potro.

Federico García Lorca

dniepr
15/04/2005, 08h04
Dis moi Edroym, aurais tu unr traduction de ce texte ?

Je ne comprends pas bien l'espagnol...

Edroym
15/04/2005, 11h58
Antonio Torres Heredia
Fil et petit fils de Camborios*
Va, tige d'osier en main,
A Seville voir les taureaux

Brun tel lune verte
Il avance lent et elegent
Ses boucles d'acier fondu
Luisent entre ses yeux

A la moitié du chemin
Il coupa les citrons ronds
Et le sjeta dans l'eau
Jusqu'a la faire d'or

Et a la moitié du chemin
Sous les branches d'un orme
Les gardes civils cheminants
L'emportèrent coude a coude

Le jour s'en va doucement
Le soir pendu a l'épaule
Faisant une "larga"** taurine
Sur la mer et les fleuves

Les olives attendent
La nuit du capricorne
Et la courte brise equestre
Saute les montagnes de plomb

Antonio qui es tu, toi?
Si ton nom était Camborio
Tu aurais fait une fontaine
De sang avec cinq jets
Tu n'es le fils de personne
Ni legitme Camborio
Les gitans se sont étaints
Qui allaient par la montagne, seuls
Et voila les vieux couteaux
Tremblants sous la poussière

A neuf heures du soir
Ils le mettent au cachot
Alors que les gardes civils
S'abreuvent de citronande

Et a neuf heures du soir
Ils ferment le cachot
Alors que le ciel reluis
Tel la croupe d'un poulain

*celebre famille de brigans andalous (gitans)
**Passe de corrida qui s'effectue avec le capote (large cape rose et jaune), largement déployé

Ma traduction vaut ce qu'elle vaut, si je t'en trouve une meilleure, j'edit

Le-Solitaire
20/04/2005, 09h37
(...)

Seuls la toux et le froid m'empèchent de mourrir :
mon âme est par en bas impuissant à sortir,
quant à ma bouche, à peine exhale-t-elle un souffle.

Je suis moulu, vanné, crevé : de mes fatigues
voilà le fruit ; la mort est l'auberge où j'aurai,
en payant mon écot, le vivre et le couvert.

Mon allégresse à moi, c'est la mélancolie,
et mon repos, ce sont les misères souffertes :
Dieu donne des tribulations à qui les cherche.

(...)

Nulle flamme d'amour ne subsiste en mon coeur
et puisqu'un pire mal toujours en chasse un moindre,
mon âme a vu rogner et déplumer ses ailes.

(...)

Mes yeux violacés sont battus et pochés,
mes dents sont pareilles aux clefs d'un instrument
et leur branle entrave ma voix ou la libère.

Mon visage inspire l'effroi ; quant à mes hardes,
elles font fuir sans autres armes les corbeaux
d'un champ où les semences attendent la pluie.

(...)

Mon art prisé si fort, qui me valut un temps
si grande estime, enfin me réduit à ceci
que, vieux et misérable et l'esclave d'autrui,

je suis perdu si je ne crève promptement.

Extraits de Tercets sur son propre sort, de Michel-Ange, peintre, sculpteur, architecte, et poète.

Et une image de son Jugement dernier, à l'interieur de la Chapelle Sixtine.
http://images.encarta.msn.com/xrefmedia/sharemed/targets/images/pho/t013/T013300A.jpg

dniepr
22/04/2005, 04h26
je ne savais pas que Michel Ange avait laissé des écrits. Ca parle de quoi "Tercets"?

Le-Solitaire
22/04/2005, 07h47
Aucune idée, j'ai un exposé sur le "non finito" de Michel-Ange et en feuilletant un livre, je suis tombé sur quelques poèmes qu'il a écrit.

dniepr
22/04/2005, 17h15
bon ben va falloir que je me docmente par moi même alors!!!!

Deemoon
25/04/2005, 07h54
" Dans les caveaux d'insondable tristesse
Où le Destin m'a déjà relégué ;
Où jamais n'entre un rayon rose et gai ;
Où seul avec la Nuit, maussade hôtesse,
Je suis comme un peintre qu'un Dieu moqueur
Condamne à peindre, hélas ! Sur les ténèbres ;
Où cuisinier aux appétits funèbres,
Je fais bouillir et je mange mon coeur,
Par instants brille, et s'allonge, et s'étale
Un spectre fait de grâce et de splendeur.
A sa rêveuse allure orientale,
Quand il atteint sa totale grandeur,
Je reconnais ma belle visiteuse :
C'est Elle ! Noire et pourtant lumineuse.



Charles Baudelaire, Les Ténèbres

Arkanne
27/04/2005, 02h04
"Aux abattoirs, je regardai, ce matin-là, les bêtes qu'on acheminait au massacre. Presque toutes, au dernier moment, refusaient d'avancer. Pour les y décider, on les frappait sur les pattes de derrière.
Cette scène me revient souvent à l'esprit lorsque, ejecté du sommeil, je n'ai pas la force d'affronter le supplice quotidien du Temps." http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif

dniepr
29/04/2005, 13h25
j'ai l'impression de connaître ce texte. Est ce possible? D'où vient il?

Arkanne
29/04/2005, 14h13
" De l'inconvénient d'être né " Emile Cioran, philosophe et essayiste français, d'origine roumaine, mort en 1995, quintessence du mal de vivre pétri d'humour féroce. Je viens de le redécouvrir grâce à un ami, parti depuis, très loin.
Les gagas et les hypocrites s'abstenir. Les tièdes, les sans opinions et les de tous bords aussi !
Faut être honnête envers soi-même et les autres pour écrire de cette façon comme pour écouter du Buxtehude ( Membra Jesu nostri par ex.) http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_wink.gif
C'est bien dans l'air du temps, tout ça ! http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif

<span class="ev_code_BLACK">Et un autre puisqu'on y est et que ça rime avec le forum ces jours-ci :
"Comment peut-on être philosophe ? Comment avoir le front de s'attaquer au temps, à la beauté, à Dieu et au reste ? L'esprit s'enfle et sautille sans vergogne. Méthaphysique, poésie, - impertinence d'un pou...
</span> (Syllogismes de l'amertume.)

Il y a pire que les poux, les poux tarés et fiers de l'être. Voir des spécimens sur d'autres forums. http://forums.ubi.com/images/smilies/88.gif

Malkeeja
15/05/2005, 18h16
La nuit roule en silence autour de nos demeures
Sur les vagues du ciel la plus noire des heures :
Nul rayon sur mes yeux ne pleut du firmament,
Et la brise n'a plus même un gémissement,
Une plainte, qui dise à mon âme aussi sombre :
Quelque chose avec toi meurt et se plaint dans l'ombre!
Je n'entends au-dehors que le lugubre bruit
Du balancier qui dit : le temps marche et te fuit,
Au-dedans, que le pouls, balancier de la vie,
Dont les coups inégaux dans ma tempe engourdie
M'annoncent sourdement que le doigt de la mort
De la machine humaine a pressé le ressort,
Et que, semblable au char qu'un coursier précipite,
C'est pour mieux se briser qu'il s'élance plus vite!
Et c'est donc là le terme! - Ah! s'il faut une fois
Que chaque homme à son tour élève enfin la voix,
C'est alors! C'est avant qu'une terre glacée
Engloutisse avec lui sa dernière pensée!
C'est à cette heure même où, prête à s'exhaler,
Toute âme a son secret qu'elle veut révéler,
Son mot à dire au monde, à la mort, à la vie,
Avant que pour jamais, éteinte, évanouie,
Elle n'ait disparu, comme un feu de la nuit,
Qui ne laisse après soi ni lumière ni bruit!
Que laissons-nous, ô vie, hélas! quand tu t'envoles?
Rien, que ce léger bruit des dernières paroles,
Court écho de nos pas, pareil au bruit plaintif
Que fait en palpitant la voile de l'esquif,
Au murmure d'une eau courante et fugitive,
Qui gémit sur sa pente et se plaint à sa rive;
Ah! Donnons-nous du moins ce charme consolant
D'entendre murmurer ce souffle en l'exhalant!
Parlons! Puisqu'un vain son que suit un long silence
Est le seul monument de toute une existence,
La pierre qui constate une vie ici-bas!
Comme ces marbres noirs qu'on élève au trépas,
Dans ces champs, du cercueil, solitaire domaine,
Qui marquent d'une date une poussière humaine,
Et disent à notre oeil de néant convaincu :
Un homme a passé là! Cette argile a vécu!
Paroles, faible écho qui trompez le génie!
Enfantement sans fruit! Douloureuse agonie
De l'âme consumée en efforts impuissants,
Qui veut se reproduire au moins dans ses accents,
Et qui, lorsqu'elle croit contempler son image,
Vous voit évanouir en fumée, en nuage!
Au moins aujourd'hui, servez mieux ma douleur!
Condensez-vous, semblable à l'ardente vapeur
Qui, s'élevant le soir des sommets de la terre,
Se condense en nuée et jaillit en tonnerre;
Comme l'eau des torrents, parole, amasse-toi!
Afin de révéler ce qui s'agite en moi!
Pour dire à cet abîme appelé vie ou tombe,
A la nuit d'où je sors, à celle où je retombe,
A ce je ne sais quoi qui m'envie un instant;
Pour lui dire à mon tour, sans savoir s'il m'entend :
Et moi je passe aussi parmi l'immense foule
D'êtres créés, détruits, qui devant toi s'écoule;
J'ai vu, pensé, senti, souffert, et je m'en vais,
Ebloui d'un éclair qui s'éteint pour jamais,
Et saluant d'un cri d'horreur ou d'espérance
La rive que je quitte et celle où je m'élance,
Comme un homme jugé, condamné sans retour
A se précipiter du sommet d'une tour,
Au moment formidable où son pied perd la cime,
D'un cri de désespoir remplit du moins l'abîme!
J'ai vécu ; c'est-à-dire à moi-même inconnu
Ma mère en gémissant m'a jeté faible et nu ;
J'ai compté dans le ciel le coucher et l'aurore
D'un astre qui descend pour remonter encore,
Et dont l'homme, qui s'use à les compter en vain,
Attend, toujours trompé, toujours un lendemain;
Mon âme a, quelques jours, animé de sa vie
Un peu de cette fange à ces sillons ravie,
Qui répugnait à vivre et tendait à la mort,
Faisait pour se dissoudre un étemel effort,
Et que par la douleur je retenais à peine;
La douleur! Noeud fatal, mystérieuse chaîne,
Qui dans l'homme étonné réunit pour un jour
Deux natures luttant dans un contraire amour
Et dont chacune à part serait digne d'envie,
L'une dans son néant et l'autre dans sa vie,
Si la vie et la mort ne sont pas même, hélas!
Deux mots créés par l'homme et que Dieu n'entend pas?
Maintenant ce lien que chacun d'eux accuse,
Prêt à se rompre enfin sous la douleur qui l'use,
Laisse s'évanouir comme un rêve léger
L'inexplicable tout qui veut se partager ;
Je ne tenterai pas d'en renouer la trame,
J'abandonne à leur chance et mes sens et mon âme :
Qu'ils aillent où Dieu sait, chacun de leur côté!
Adieu, monde fuyant! Nature, humanité,
Vaine forme de l'être, ombre d'un météore,
Nous nous connaissons trop pour nous tromper encore!
( ... )

Alphonse de Lamartine, Novissima Verba

Le-Solitaire
16/05/2005, 07h27
L'Ecorché de Houdon.
http://www.artnet.com/magazine/features/dixon/Images/dixon6-5-2.jpg

http://www.keropiansculpture.com/houdca.jpg

Rokhen
16/05/2005, 10h51
Mmmmmm..... qu'il est beau http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif

AmanoShiyaku
16/05/2005, 10h57
Je préfère celui ci:

http://www.jespersen.de/jespersen.de/fotografie/kataloge/koerperwelten/image/20-8-01_korperwelten_64.jpg

Certains se souviennent peut-être de cette fabuleuse expo Korperwelten ...

barbak1910
21/05/2005, 04h14
Amano tu es l'écorché (tu me rappelles mon père!!) ou l'élégante personne à côté (que je croquerai bien)?

Malkeeja
21/05/2005, 17h09
A propos d'écorché... comment trouvez-vous celui-là ?
http://img262.echo.cx/img262/7089/doriancleavengervanity5id.th.jpg (http://img262.echo.cx/my.php?image=doriancleavengervanity5id.jpg)
Vanity by Dorian Cleavenger.

Vae-primat
21/05/2005, 20h37
Il aurait pas abusé du lifting? http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-very-happy.gif

Malkeeja
23/05/2005, 20h37
@ Vae : http://forums.ubi.com/images/smilies/88.gif
Ben si justement... puisqu'il s'appelle Vanité !

Ramoran
28/06/2005, 05h59
LE SULTAN MOURAD (extrait)

Un jour, comme il passait à pied dans une rue
A Bagdad, tête auguste au vil peuple apparue,
A l'heure où les maisons, les arbres et les blés
Jettent sur les chemins de soleil accablés
Leur frange d'ombre au bord d'un tapis de lumière,
Il vit, à quelques pas du seuil d'une chaumière,
Gisant à terre, un porc fétide qu'un boucher
Venait de saigner vif avant de l'écorcher ;
Cette bête râlait devant cette masure ;
Son cou s'ouvrait, béant d'une affreuse blessure ;
Le soleil de midi brûlait l'agonisant ;
Dans la plaie implacable et sombre dont le sang
Faisait un lac fumant à la porte du bouge,
Chacun de ses rayons entrait comme un fer rouge ;
Comme s'ils accouraient à l'appel du soleil,
Cent moustiques suçaient la plaie au bord vermeil ;
Comme autour de leur nid voltigent les colombes,
Ils allaient et venaient, parasites des tombes,
Les pattes dans le sang, l'aile dans le rayon ;
Car la mort, l'agonie et la corruption,
Son ici-bas le seul mystérieux désastre
Où la mouche travaille en même temps que l'astre,
Le porc ne pouvait faire un mouvement, livré
Au féroce soleil, des mouches dévoré ;
On voyait tressaillir l'effroyable coupure ;
Tous les passants fuyaient loin de la bête impure ;
Qui donc eût pitié de ce malheur hideux ?
Le porc et le sultan étaient seuls tous les deux ;
L'un torturé, mourant, maudit, infect, immonde ;
L'autre empereur, puissant, vainqueur, maître du monde,
Triomphant aussi haut que l'homme peut monter,
Comme si le destin eût voulu confronter
Les deux extrémités sinistres des ténèbres.
Le porc, dont un frisson agitait les vertèbres,
Râlait, triste, épuisé, morne ; et le padischah
De cet être difforme et sanglant s'approcha,
Comme on s'arrête au bord d'un gouffre qui se creuse ;
Mourad pencha son front vers la bête lépreuse,
Puis la poussa du pied dans l'ombre du chemin,
Et de ce même geste énorme et surhumain
Dont il chassait les rois, Mourad chassa les mouches.
Le porc mourant rouvrit ses paupières farouches,
Regarda d'un regard ineffable, un moment,
L'homme qui l'assistait dans son accablement ;
Puis son oeil se perdit dans l'immense mystère ;
Il expira.

Victor Hugo, La légende des siècles

dniepr
01/07/2005, 10h28
Ce texte me rappelle une scène dans le " Cheval d'Orgueil" (le film), il me semble, où un porc était égorgé. Les cris (si humains) du porc ont longtemps été dans mes cauchemards de petit garçon....

Malkeeja
04/07/2005, 22h42
Il paraitrait que les cris d'un tel porc sont dans les cauchemars de beaucoup de petits garçons, qu'on a obligés à assister ( voire à participer ) à de telles scènes, pour les faire "grandir"... je pense à un livre d'une Grecque dont je ne me rappelle plus le nom, Zyranna Zatelli ou quelque chose comme ça, qui parlait d'une telle scène où son frère avait été irrémédiablement choqué par la mort brutale de l'animal, et à certains sous-entendus d'amis musulmans concernant la fête de l'Aïd-El-Kébir ( si je ne m'abuse ), qui témoignaient de leur malaise vis-à-vis du sacrifice imposé.
Mais on est dans Les Contes De La Crypte et nul sacrifice ne nous fait peur, même celui de notre propre peau, la preuve :
http://img171.echo.cx/img171/2987/cleavengerthegift3qw.th.jpg (http://img171.echo.cx/my.php?image=cleavengerthegift3qw.jpg)
The Gift, par Dorian Cleavenger.

Arkanne
05/07/2005, 04h20
L'EXAMEN DE MINUIT ( Baudelaire )

La pendule, sonnant minuit,
Ironiquement nous engage
A nous rappeler quel usage
Nous fîmes du jour qui s'enfuit :
- Aujourd'hui, date fatidique,
Vendredi, treize, nous avons,
Malgré tout ce que nous savons,
Mené le train d'un hérétique ;
Nous avons blasphémé Jésus,
Des Dieux le plus incontestable !
Comme un parasite à la table
De quelque monstrueux Crésus,
Nous avons, pour plaire à la brute,
Digne vassale des Démons,
Insulté ce que nous aimons,
Et flatté ce qui nous rebute ;
Contristé, servile bourreau,
Le faible qu'à tort on méprise ;
<span class="ev_code_BLACK">Salué l'énorme Bêtise,
La Bêtise au front de taureau ;</span>
Baisé la stupide Matière
Avec grande dévotion,
Et de la putréfaction
Béni la blafarde lumière.
Enfin, nous avons, pour noyer
Le vertige dans le délire,
Nous, prêtre orgueilleux de la Lyre,
Dont la gloire est de déployer
L'ivresse des choses funèbres,
Bu sans soif et mangé sans faim !...
- Vite soufflons la lampe, afin
De nous cacher dans les ténèbres !

missy_rikku
05/07/2005, 08h42
http://image.jeuxvideo.com/images/p2/s/h/shl3p2029.gif

Etouffant et lugubre, j'adore..

dniepr
08/07/2005, 07h36
<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><div class="ip-ubbcode-quote-title">quote:</div><div class="ip-ubbcode-quote-content">Originally posted by Malkeeja:
Il paraitrait que les cris d'un tel porc sont dans les cauchemars de beaucoup de petits garçons, qu'on a obligés à assister ( voire à participer ) à de telles scènes, pour les faire "grandir"... je pense à un livre d'une Grecque dont je ne me rappelle plus le nom, Zyranna Zatelli ou quelque chose comme ça, qui parlait d'une telle scène où son frère avait été irrémédiablement choqué par la mort brutale de l'animal, et à certains sous-entendus d'amis musulmans concernant la fête de l'Aïd-El-Kébir ( si je ne m'abuse ), qui témoignaient de leur malaise vis-à-vis du sacrifice imposé.
Mais on est dans Les Contes De La Crypte et nul sacrifice ne nous fait peur, même celui de notre propre peau, la preuve :
http://img171.echo.cx/img171/2987/cleavengerthegift3qw.th.jpg (http://img171.echo.cx/my.php?image=cleavengerthegift3qw.jpg)
The Gift, par Dorian Cleavenger. </div></BLOCKQUOTE>



Ce que tu dis me fait penser à un reportage que j'ai vu sur la 5, je crois... Un conteur décrivait à l'appui d'images les ruines gallo romaines du site de Baal au Moyen Orient.

Il montrait la magnificence de ces colonnades, sculptures, avenues, temples colossaux qui nous laissent muet d'admiration devant tant de beauté... Soudain son discours a changé et il s'est mis à raconté ce qui se passait dans ses temples: ls sacrifices animaux par dizaine, les fontaines de sang, les mouches, la puanteur de la chair morte, les foules obligées de s'agenouiller... Tout ceci nous semble totalement inhumain...

C'était impressionnant car par son discours on passait du ravissement le plus total devant ces ruines à l'horreur de ce qui s' y passait....

Ramoran
02/08/2005, 15h39
Bartholoméo Belvidéro, père de don Juan, était un vieillard nonagénaire qui avait passé la majeure partie de sa vie dans les combinaisons du commerce. Ayant traversé souvent les talismaniques contrées de l'Orient, il y avait acquis d'immenses richesses et des connaissances plus précieuses, disait-il, que l'or et les diamants desquels alors il ne se souciait plus guère. « Je préfère une dent à un rubis, et le pouvoir au savoir », s'écriait-il parfois en souriant. Ce bon père aimait à entendre don Juan lui raconter une étourderie de jeunesse, et disait d'un ton goguenard, en lui procurant l'or : « Mon cher enfant, ne fais que les sottises qui t'amuseront. » C'était le seul vieillard qui éprouvât du plaisir à voir un jeune homme, l'amour paternel trompait sa caducité par la contemplation d'une si brillante vie. À l'âge de soixante ans, Belvidéro s'était épris d'un ange de paix et de beauté. Don Juan avait été le seul fruit de ce tardif et passager amour. Depuis quinze années, le bonhomme déplorait la perte de sa chère Juana. Ses nombreux serviteurs et son fils attribuaient à cette douleur de vieillard les habitudes singulières qu'il avait contractées. Réfugié dans l'aile la plus incommode de son palais, Bartholoméo n'en sortait que très rarement, et don Juan lui-même ne pouvait pénétrer dans l'appartement de son père sans en avoir obtenu la permission. Si ce volontaire anachorète allait et venait dans le palais ou par les rues de Ferrare, il semblait chercher une chose qui lui manquait ; il marchait tout rêveur, indécis, préoccupé comme un homme en guerre avec une idée ou avec un souvenir. Pendant que le jeune homme donnait des fêtes somptueuses et que le palais retentissait des éclats de sa joie, que les chevaux piaffaient dans les cours, que les pages se disputaient en jouant aux dés sur les degrés, Bartholoméo mangeait sept onces de pain par jour et buvait de l'eau. S'il lui fallait un peu de volaille, c'était pour en donner les os à un barbet noir, son compagnon fidèle. Il ne se plaignait jamais du bruit. Durant sa maladie, si le son du cor et les aboiements des chiens le surprenaient dans son sommeil, il se contentait de dire : « Ah ! c'est don Juan qui rentre. » Jamais, sur cette terre, un père si commode et si indulgent ne s'était rencontré ; aussi le jeune Belvidéro, accoutumé à le traiter sans cérémonie, avait-il tous les défauts des enfants gâtés ; il vivait avec Bartholoméo comme vit une capricieuse courtisane avec un vieil amant, faisant excuser une impertinence par un sourire, vendant sa belle humeur, et se laissant aimer. En reconstruisant, par une pensée, le tableau de ses jeunes années, don Juan s'aperçut qu'il lui serait difficile de trouver la bonté de son père en faute. En entendant, au fond de son cÅ“ur, naître un remords, au moment où il traversait la galerie, il se sentit près de pardonner à Belvidéro d'avoir si longtemps vécu. Il revenait à des sentiments de piété filiale, comme un voleur devient honnête homme par la jouissance possible d'un million, bien dérobé. Bientôt le jeune homme franchit les hautes et froides salles qui composaient l'appartement de son père. Après avoir éprouvé les effets d'une atmosphère humide, respiré l'air épais, l'odeur rance qui s'exhalaient de vieilles tapisseries et d'armoires couvertes de poussière, il se trouva dans la chambre antique du vieillard, devant un lit nauséabond, auprès d'un foyer presque éteint. Une lampe, posée sur une table de forme gothique, jetait, par intervalles inégaux, des nappes de lumière plus ou moins forte sur le lit, et montrait ainsi la figure du vieillard sous des aspects toujours différents. Le froid sifflait à travers les fenêtres mal fermées ; et la neige, en fouettant sur les vitraux, produisait un bruit sourd. Cette scène formait un contraste si heurté avec la scène que don Juan venait d'abandonner qu'il ne put s'empêcher de tressaillir. Puis il eut froid, quand, en approchant du lit, une assez violente rafale de lueur, poussée par une bouffée de vent, illumina la tête de son père : les traits en étaient décomposés, la peau collée fortement sur les os avait des teintes verdâtres que la blancheur de l'oreiller, sur lequel le vieillard reposait, rendait encore plus horribles ; contractée par la douleur, la bouche entrouverte et dénuée de dents laissait passer quelques soupirs dont l'énergie lugubre était soutenue par le hurlement de la tempête. Malgré ces signes de destruction, il éclatait sur cette tête un caractère incroyable de puissance. Un esprit supérieur y combattait la mort. Les yeux, creusés par la maladie, gardaient une fixité singulière. Il semblait que Bartholoméo cherchât à tuer, par son regard de mourant, un ennemi assis au pied de son lit. Ce regard, fixe et froid, était d'autant plus effrayant que la tête restait dans une immobilité semblable à celle des crânes posés sur une table chez les médecins. Le corps entièrement dessiné par les draps du lit annonçait que les membres du vieillard gardaient la même roideur. Tout était mort, moins les yeux. Les sons qui sortaient de la bouche avaient enfin quelque chose de mécanique.
Don Juan éprouva une certaine honte d'arriver auprès du lit de son père mourant en gardant un bouquet de courtisane dans son sein, en y apportant les parfums d'une fête et les senteurs du vin.
Â* Tu t'amusais ! s'écria le vieillard en apercevant son fils.
Au même moment, la voix pure et légère d'une cantatrice qui enchantait les convives, fortifiée par les accords de la viole sur laquelle elle s'accompagnait, domina le râle de l'ouragan, et retentit jusque dans cette chambre funèbre. Don Juan voulut ne rien entendre de cette sauvage affirmation donnée à son père.
Bartholoméo dit : « Je ne t'en veux pas, mon enfant. »
Ce mot plein de douceur fit mal à don Juan, qui ne pardonna pas à son père cette poignante bonté.
Â* Quel remords pour moi, mon père ! lui dit-il hypocritement.
Â* Pauvre Juanito, reprit le mourant d'une voix sourde, j'ai toujours été si doux pour toi que tu ne saurais désirer ma mort ?
Â* Oh ! s'écria don Juan, s'il était possible de vous rendre la vie en donnant une partie de la mienne ! (Ces choses-là peuvent toujours se dire, pensait le dissipateur, c'est comme si j'offrais le monde à ma maîtresse !)
À peine sa pensée était-elle achevée, que le vieux barbet aboya. Cette voix intelligente fit frémir don Juan ; il crut avoir été compris par le chien.
Â* Je savais bien, mon fils, que je pouvais compter sur toi, s'écria le moribond. Je vivrai. Va, tu seras content. Je vivrai, mais sans enlever un seul des jours qui t'appartiennent.
« Il a le délire », se dit don Juan.
Puis il ajouta tout haut :
Â* Oui, mon père chéri, vous vivrez, certes, autant que moi, car votre image sera sans cesse dans mon cÅ“ur.
Â* Il ne s'agit pas de cette vie-là, dit le vieux seigneur en rassemblant ses forces pour se dresser sur son séant, car il fut ému par un de ces soupçons qui ne naissent que sous le chevet des mourants. Écoute, mon fils, reprit-il d'une voix affaiblie par ce dernier effort, je n'ai pas plus envie de mourir que tu ne veux te passer de maîtresses, de vin, de chevaux, de faucons, de chiens et d'or.
« Je le crois bien », pensa encore le fils en s'agenouillant au chevet du lit et en baisant une des mains cadavéreuses de Bartholoméo.
Â* Mais, reprit-il à haute voix, mon père, mon cher père, il faut se soumettre à la volonté de Dieu.
Â* Dieu, c'est moi, reprit le vieillard en grommelant.
Â* Ne blasphémez pas, s'écria le jeune homme en voyant l'air menaçant que prirent les traits de son père. Gardez-vous-en bien, vous avez reçu l'extrême-onction, et je ne me consolerais pas de vous voir mourir en état de péché.
Â* Veux-tu m'écouter ! s'écria le mourant dont la bouche grinça.
Don Juan se tut. Un horrible silence régna. À travers les sifflements lourds de la neige, les accords de la viole et la voix délicieuse arrivèrent encore, faibles comme un jour naissant. Le moribond sourit.
Â* Je te remercie d'avoir invité des cantatrices, d'avoir amené de la musique ! Une fête, des femmes jeunes et belles, blanches, à cheveux noirs ! Tous les plaisirs de la vie, fais-les rester, je vais renaître.
Â* Le délire est à son comble, dit don Juan.
Â* J'ai découvert un moyen de ressusciter. Tiens ! cherche dans le tiroir de la table, tu l'ouvriras en pressant un ressort caché par le griffon.
Â* J'y suis, mon père.
Â* Là, bien, prends un petit flacon de cristal de roche.
Â* Le voici.
Â* J'ai employé vingt ans à...
En ce moment, le vieillard sentit approcher sa fin et rassembla toute son énergie pour dire :
Â* Aussitôt que j'aurai rendu le dernier soupir, tu me frotteras tout entier de cette eau, je renaîtrai.
Â* Il y en a bien peu, répliqua le jeune homme.
Si Bartholoméo ne pouvait plus parler, il avait encore la faculté d'entendre et de voir ; sur ce mot, sa tête se tourna vers don Juan par un mouvement d'une effrayante brusquerie, son cou resta tordu comme celui d'une statue de marbre que la pensée du sculpteur a condamnée à regarder de côté, ses yeux agrandis contractèrent une hideuse immobilité. Il était mort, mort en perdant sa seule, sa dernière illusion. En cherchant un asile dans le cÅ“ur de son fils, il y trouvait une tombe plus creuse que les hommes ne la font d'habitude à leurs morts. Aussi ses cheveux furent-ils éparpillés par l'horreur, et son regard convulsé parlait-il encore. C'était un père se levant avec rage de son sépulcre pour demander vengeance à Dieu !
Â* Tiens ! le bonhomme est fini, s'écria don Juan.
Empressé de présenter le mystérieux cristal à la lueur de la lampe, comme un buveur consulte sa bouteille à la fin d'un repas, il n'avait pas vu blanchir l'Å“il de son père. Le chien béant contemplait alternativement son maître mort et l'élixir, de même que don Juan regardait tour à tour son père et la fiole. La lampe jetait des flammes ondoyantes. Le silence était profond, la viole muette. Belvidéro tressaillit en croyant voir son père se remuer. Intimidé par l'expression roide de ses yeux accusateurs, il les ferma, comme il aurait poussé une persienne battue par le vent pendant une nuit d'automne. Il se tint debout, immobile, perdu dans un monde de pensées. Tout à coup, un bruit aigre, semblable au cri d'un ressort rouillé, rompit ce silence. Don Juan, surpris, faillit laisser tomber le flacon. Une sueur, plus froide que ne l'est l'acier d'un poignard, sortit de ses pores. Un coq de bois peint surgit au-dessus d'une horloge et chanta trois fois. C'était une de ces ingénieuses machines à l'aide desquelles les savants de cette époque se faisaient éveiller à l'heure fixée pour leurs travaux. L'aube rougissait déjà les croisées. Don Juan avait passé dix heures à réfléchir. La vieille horloge était plus fidèle à son service qu'il ne l'était dans l'accomplissement de ses devoirs envers Bartholoméo. Ce mécanisme se composait de bois, de poulies, de cordes, de rouages, tandis que lui, avait ce mécanisme particulier à l'homme, et nommé un cÅ“ur. Pour ne plus s'exposer à perdre la mystérieuse liqueur, le sceptique don Juan la replaça dans le tiroir de la petite table gothique. En ce moment solennel, il entendit dans les galeries un tumulte sourd : c'était des voix confuses, des rires étouffés, des pas légers, les froissements de la soie, enfin le bruit d'une troupe joyeuse qui tâche de se recueillir. La porte s'ouvrit, et le prince, les amis de don Juan, les sept courtisanes, les cantatrices apparurent dans le désordre bizarre où se trouvent des danseuses surprises par les lueurs du matin, quand le soleil lutte avec les feux pâlissants des bougies. Ils arrivaient tous pour donner au jeune héritier les consolations d'usage.
Â* Oh ! oh ! le pauvre don Juan aurait-il donc pris cette mort au sérieux, dit le prince à l'oreille de la Brambilla.
Â* Mais son père était un bien bon homme, répondit-elle.
Cependant, les méditations nocturnes de don Juan avaient imprimé à ses traits une expression si frappante qu'elle imposa silence à ce groupe. Les hommes restèrent immobiles. Les femmes, dont les lèvres étaient séchées par le vin, dont les joues avaient été marbrées par des baisers, s'agenouillèrent et se mirent à prier. Don Juan ne put s'empêcher de tressaillir en voyant les splendeurs, les joies, les rires, les chants, la jeunesse, la beauté, le pouvoir, toute la vie personnifiée se prosternant ainsi devant la mort. Mais, dans cette adorable Italie, la débauche et la religion s'accouplaient alors si bien que la religion y était une débauche et la débauche une religion ! Le prince serra affectueusement la main de don Juan ; puis, toutes les figures ayant formulé simultanément une même grimace mi-partie de tristesse et d'indifférence, cette fantasmagorie disparut, laissant la salle vide. C'était bien une image de la vie ! En descendant les escaliers, le prince dit à la Rivabarella :
Â* Hein ! qui aurait cru don Juan un fanfaron d'impiété ? Il aime son père !
Â* Avez-vous remarqué le chien noir ? demanda la Brambilla.
Â* Le voilà immensément riche, repartit en soupirant la Bianca Cavatolino.
Â* Que m'importe ! s'écria la fière Varonèse, celle qui avait brisé le drageoir.
Â* Comment, que t'importe ? s'écria le duc. Avec ses écus il est aussi prince que moi.
D'abord don Juan, balancé par mille pensées, flotta entre plusieurs partis. Après avoir pris conseil du trésor amassé par son père, il revint, sur le soir, dans la chambre mortuaire, l'âme grosse d'un effroyable égoïsme. Il trouva dans l'appartement tous les gens de sa maison occupés à rassembler les ornements du lit de parade sur lequel feu monseigneur allait être exposé le lendemain, au milieu d'une superbe chambre ardente, curieux spectacle que tout Ferrare devait venir admirer. Don Juan fit un signe, et ses gens s'arrêtèrent tous, interdits, tremblants.
Â* Laissez-moi seul ici, dit-il d'une voix altérée, vous n'y rentrerez qu'au moment où j'en sortirai.
Quand les pas du vieux serviteur qui s'en allait le dernier ne retentirent plus que faiblement sur les dalles, don Juan ferma précipitamment la porte, et, sûr d'être seul, il s'écria :
Â* Essayons !

Le corps de Bartholoméo était couché sur une longue table. Pour dérober à tous les yeux le hideux spectacle d'un cadavre qu'une extrême décrépitude et la maigreur rendaient semblable à un squelette, les embaumeurs avaient posé sur le corps un drap qui l'enveloppait, moins la tête. Cette espèce de momie gisait au milieu de la chambre ; et le drap, naturellement souple, en dessinait vaguement les formes, mais aiguës, roides et grêles. Le visage était marqué de larges taches violettes qui indiquaient la nécessité d'achever l'embaumement. Malgré le scepticisme dont il était armé, don Juan trembla en débouchant la magique fiole de cristal. Quand il arriva près de la tête, il fut même contraint d'attendre un moment, tant il frissonnait. Mais ce jeune homme avait été, de bonne heure, savamment corrompu par les mÅ“urs d'une cour dissolue ; une réflexion digne du duc d'Urbin vint donc lui donner un courage qu'aiguillonnait un vif sentiment de curiosité, il semblait même que le démon lui eût soufflé ces mots qui résonnèrent dans son cÅ“ur : « Imbibe un Å“il ! » Il prit un linge, et, après l'avoir parcimonieusement mouillé dans la précieuse liqueur, il le passa légèrement sur la paupière droite du cadavre. L'Å“il s'ouvrit.
Â* Ah ! ah ! dit don Juan en pressant le flacon dans sa main comme nous serrons en rêvant la branche à laquelle nous sommes suspendus au-dessus d'un précipice.
Il voyait un Å“il plein de vie, un Å“il d'enfant dans une tête de mort, la lumière y tremblait au milieu d'un jeune fluide ! Et, protégée par de beaux cils noirs, elle scintillait pareille à ces lueurs uniques que le voyageur aperçoit dans une campagne déserte, par les soirs d'hiver. Cet Å“il flamboyant paraissant vouloir s'élancer sur don Juan, et il pensait, accusait, condamnait, menaçait, jugeait, parlait, il criait, il mordait. Toutes les passions humaines s'y agitaient. C'étaient les supplications les plus tendres : une colère de roi, puis l'amour d'une jeune fille demandant grâce à ses bourreaux ; enfin le regard profond que jette un homme sur les hommes en gravissant la dernière marche de l'échafaud. Il éclatait tant de vie dans ce fragment de vie, que don Juan épouvanté recula ; il se promena par la chambre, sans oser regarder cet Å“il, qu'il revoyait sur les planchers, sur les tapisseries. La chambre était parsemée de pointes pleines de feu, de vie, d'intelligence. Partout brillaient des yeux qui aboyaient après lui.
Â* Il aurait bien revécu cent ans, s'écria-t-il, involontairement au moment où, ramené devant son père par une influence diabolique, il contemplait cette étincelle lumineuse.
Tout à coup la paupière intelligente se ferma et se rouvrit brusquement, comme celle d'une femme qui consent. Une voix eût crié : « Oui ! », don Juan n'aurait pas été plus effrayé.
« Que faire ? » pensa-t-il.
Il eut le courage d'essayer de clore cette paupière blanche. Ses efforts furent inutiles.
« Le crever ? Ce sera peut-être un parricide ? » se demanda-t-il.
« Oui », dit l'Å“il par un clignotement d'une étonnante ironie.
Â* Ha ! ha ! s'écria don Juan, il y a de la sorcellerie là-dedans.
Et il s'approcha de l'Å“il pour l'écraser. Une grosse larme roula sur les joues creuses du cadavre et tomba sur la main de Belvidéro.
Â* Elle est brûlante, s'écria-t-il en s'asseyant.
Cette lutte l'avait fatigué comme s'il avait combattu, à l'exemple de Jacob, contre un ange.
Enfin, il se leva en se disant :
« Pourvu qu'il n'y ait pas de sang ! »
Puis, rassemblant tout ce qu'il faut de courage pour être lâche, il écrasa l'Å“il, en le foulant avec un linge, mais sans le regarder. Un gémissement inattendu, mais terrible, se fit entendre. Le pauvre barbet expirait en hurlant.
« Serait-il dans le secret ? » se demanda don Juan en regardant le fidèle animal.
Don Juan Belvidéro passa pour un fils pieux. Il éleva un monument de marbre blanc sur la tombe de son père, et en confia l'exécution des figures aux plus célèbres artistes du temps. Il ne fut parfaitement tranquille que le jour où la statue paternelle, agenouillée devant la Religion, imposa son poids énorme sur cette fosse, au fond de laquelle il enterra le seul remords qui ait effleuré son cÅ“ur dans les moments de lassitude physique. En inventoriant les immenses richesses amassées par le vieil orientaliste, don Juan devint avare, n'avait-il pas deux vies humaines à pourvoir d'argent ? Son regard profondément scrutateur pénétra dans le principe de la vie sociale et embrassa d'autant mieux le monde qu'il le voyait à travers un tombeau. Il analysa les hommes et les choses pour en finir d'une seule fois avec le Passé, représenté par l'Histoire ; avec le Présent, configuré par la Loi ; avec l'Avenir, dévoilé par les Religions. Il prit l'âme et la matière, les jeta dans un creuset, n'y trouva rien, et dès lors il devint Don Juan.

Chtinecureuil
03/08/2005, 08h09
Tres joli Ramoran http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-happy.gif

Arkanne
03/08/2005, 12h52
Après un Balzac qui donne des frissons un beau poème :

Ophélie

I

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir,
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.

II

Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;

C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu !

III

- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.


Arthur Rimbaud

Randall-Flagg
03/08/2005, 16h01
Il y a vraimant des mines d'or sur ce forum et ce thread en fait partie.

Je me permets de vous proposer ces quelques livres qui, je pense, ont leur place dans la bibliothèque de la crypte même si se ne sont pas vraiment des livres d'horreur:
-je suis une légendede Richard Matheson: le dernier homme sur Terre assaillit par des vampires.
-Sa majesté des mouchesde William Golding: des enfants sur une île deserte, sans adulte. C'est l'aventure, plus de régles, plus de punitions, ... plus d'interdits.
Et bien sur quelques livres de Stephen King: Shining, Simetière, Ca ... Mais n'oublions surtout pas ces livres de nouvelles: Brume-paranoïa, brume-la faucheuse et danse macabre. Brume et les enfants du maïs sont deux nouvelles que j'ai particulièrement appréciées.

Randall-Flagg
04/08/2005, 03h12
Pour commencer un poème bien connu:

Le dormeur du val
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit

Arthur RIMBAUD



Deux extrait de nouvelles de Dan Simmons tirées du recueil le Styx coule à l'envers.

Extrait de Le Styx coule à l'envers:

...
Ils sont en train de la déterrer en ce moment.
J'ai couru à la balançoire et me suis mis à pousser rageusement des jambes sur la terre à nu. La rouille faisait grincer le métal et un des pieds du portique sortait du sol.
Non, c'est déjà fait, imbécile. en ce moment ils sont en train de la brancher sur leurs grosses machines. Est-ce qu'ils vont lui réinjecter du sang neuf ?
J'ai pensé à des guirlandes de flacons. Je me suis souvenu des grosses tiques rouges qui s'accrochaient à notre chien en été. De rage, je me suis lancé bien haut, projetant les pieds en l'air de toutes mes forces alors que je montais déjà à la hauteur maximum.
Est-ce que ce sont d'abord ses doigts qui remuent ? Ou est-ce que ce sont simplement ses yeux qui s'ouvrent comme quand une chouette se réveille ?
...


Extrait de photo de classe:

...
Elle jeta un coup d'Å“il dans la salle de classe avant de se rendre dans le débarras du premier étage. Les élèves étaient agités, tiraient sur leurs chaînes et leur colliers d'acier, excités par la faim et la lumière. La petite Samantha Stewart, qui, vu son âge, aurait du être en cours élémentaire, avait presque entièrement déchiré sa robe durant la nuit. Sara et Sarah J. avaient emmêlé leurs chaînes. Todd, le plus costaud des garçons et naguère le plus brutal, avait encore dévoré le rembourrage de son collier. Ms. Geiss aperçut des bouts de caoutchouc noir sur ces lèvres livides et vit que l'acier lui avait rongé les chairs autour du cou. Il lui faudrait bientôt prendre une décision à propos de Todd.
...



Je trouve que la nouvelle est un genre littéraire qui convient parfaitement à l'horreur; c'est un peu comme ces histoires qu'on se raconte autour d'un feu de camp.

dniepr
05/08/2005, 10h42
Je viens de lire une BD qui a sza place dans la bibli de la crypte. Elle s'appelle "La chronique des Immortels" de Wollfgang Hohlbein....

Sur le 4eme de couverture c'est écrit: "certaines blessures guérsissent, d'autres coulent à jamais..."

Parmi les BD, je cite également "Mardi Gras Des Cendres" d'Eric Liberge.

Sur le 4eme de couverture est écrit: " Si c'est ça l'Immortalité, je crois qu'on se fiche de nous!"

Je cite également "Prophet" de Lorisson et Laufray. Si vous aimez Loftcraft ça vous plaira.



Je cite aussi "Le Processus" de Marc Antoine Matthieu. Une bd schizofrénique!!

Randall-Flagg
05/08/2005, 15h40
J'ai fouillé ma toute petite bibliothèque et j'y ai trouvé un autre livre qui pourrait intéresser les gens de passage ou perdus dans la crypte.
Il s'agit d'un livre de Graham Masterton intitulé: le portrait du mal. Ce livre est un "remake" du portrait de Dorian Gray(que je n'ai jamais lu et dont je ne connais pas l'auteur).

Voici un petit extrait (j'espére l'avoir bien choisi pour qu'il vous donne envie de lire ce livre sans trop vous dévoiler l'histoire).

...
Cordilia mangeait d'une façon tout à fait singulière. Edward s'en était aperçu pour la première fois lorsqu'elle avait commencé à manger son bar, mais, bien sûr, il ne lui en avait pas fait la remarque, par politesse.
D'abord elle prenait un morceau avec sa fourchette, au bout de sa fourchette, elle plaçait son autre main devant, de telle sorte que la nourriture disparaissait comme par un tour de passe-passe. Après lui avoir jeté des regards discrets plusieurs fois au cours du repas, il réalisa qu'il ne l'avait pas vue ouvrir la bouche une seule fois et mettre directement dedans un morceau de nourriture.
Elle mâchait également d'une façon étrange. Apparemment, elle ne remuait pas les mâchoires; pourtant ses joues ondulaient. C'était la seule manière dont Edward pouvait décrire ce mouvement. Il songea que ce serait grossier de sa part de la regarder avec trop d'attention. Peut-être portait-elle un dentier, en dépit de son élégance et de sa beauté, et elle avait du mal à mâcher. Après tout, elle devait avoir au moins... au fait, quel âge avait-elle? Trente-huit, quarante ans ? Peut-être plus. Difficile à dire. Sa peau était encore aussi douce que celle d'une jeune fille; elle n'avait pas de rides au coin des yeux.
...
Cordilia plaça sa main devant sa bouche, avalant la parcelle de fromage qu'elle venait de couper. Comme elle faisait cela, un petit morceau blanc tomba de derrière sa main dans son assiette. Aussitôt elle le saisit entre le pousse et l'index et le fit disparaître dans sa bouche par le même tour de passe-passe.
Son geste fut si rapide que Edward aurait été incapable de dire ce qui s'était passé exactement. Pourtant cela lui laissa l'impression désagréable qu'il avait vu le morceau se tortiller, comme s'il était vivant. Il regarda Cordilia dans l'espoir d'une explication spontanée, mais elle lui retourna son regard, lointaine et impassible selon son habitude, fixant sur lui ces yeux qui étaient seulement des miroirs.
...

Arkanne
05/08/2005, 16h16
<BLOCKQUOTE class="ip-ubbcode-quote"><div class="ip-ubbcode-quote-title">quote:</div><div class="ip-ubbcode-quote-content">Il s'agit d'un livre de Graham Masterton intitulé: le portrait du mal. Ce livre est un "remake" du portrait de Dorian Gray(que je n'ai jamais lu et dont je ne connais pas l'auteur). </div></BLOCKQUOTE>

<span class="ev_code_BLACK">@ Randall : Oscar Wilde</span>

Mon rêve familier
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues

Paul Verlaine

Randall-Flagg
10/10/2005, 03h05
Méga up pour ce thread. (Il était en troisième page. C'est inadmissibble http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-mad.gif)


Mais pour ne pas être accusé de flood, voici une composition personnelle que je vous invite à compléter, à améliorer, ...



Là, un homme allongé.
Las? Un somme prolongé?
Une forte odeur m'assaille.
« Quelle horreur » Je tressaille.
Sur lui, les insectes grouillent.

A un moment, son corps, c'est
Sûre, luit. J'inspecte la dépouille.
Mes mouvements sont corsés...

Arkanne
10/10/2005, 03h36
Là, un homme allongé.
Las? Un somme prolongé?
Une forte odeur m'assaille.
« Quelle horreur » Je tressaille.
Sur lui, les insectes grouillent.

A un moment, son corps, c'est
Sûre, luit. J'inspecte la dépouille.
Mes mouvements sont corsés...
<span class="ev_code_BLACK">Et mon sourire forcé
Je découvre une douille
Tout en mangeant mes nouilles
Car la faim me tenaille
Dévorant mes entrailles http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_razz.gif
</span>

Randall-Flagg
10/10/2005, 04h38
Jusqu'à "douille", ça colle bien. Ensuite ... http://forums.ubi.com/images/smilies/blink.gif


*Posted Mon October 10 2005 11:36 AM*

Ben oui forcément! http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-wink.gif

dniepr
26/01/2006, 17h38
http://bloodsister.free.fr/luisroyo.html

C'est un lien qui va faire plaisir à Arkanne et qui a sa place ici http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_wink.gif


http://www.bromart.com/index.html

Un lien vers un autre dessinateur que j'aime beaucoup http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_razz.gif

Arkanne
27/01/2006, 13h44
Merci. http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_smile.gif J'ai même trouvé des choses que je n'avais pas.

Voilà ma contribution :

LE GOÛT DU NÉANT


Morne esprit, autrefois amoureux de la lutte,
L'Espoir, dont l'éperon attisait ton ardeur,
Ne peut plus t'enfourcher! Couche-toi sans pudeur,
Vieux cheval dont le pied à chaque obstacle butte

Résigne-toi, mon cÅ“ur; dors ton sommeil de brute.

Esprit vaincu, fourbu! Pour toi, vieux maraudeur,
L'amour n'a plus de goût, non plus que la dispute;
Adieu donc, chants du cuivre et soupirs de la flûte!
Plaisirs, ne tentez plus un cœur sombre et boudeur!

Le Printemps adorable a perdu son odeur!

Et le Temps m'engloutit minute par minute,
Comme la neige immense un corps pris de roideur;
Je contemple d'en haut le globe en sa rondeur
Et je n'y cherche plus l'abri d'une cahute.

Avalanche, veux-tu m'emporter dans ta chute?

Charles Baudelaire

SammyFisherJr
27/01/2006, 16h49
Petit hommage à Baudelaire avec ce très joli site (http://perte-de-temps.com/lhorloge.htm), qui n'est peut-être pas le meilleur (celui cité par Arkanne est plus "poétique", mais qu'est ce qui est poétique, et qu'est ce qui ne l'est pas... ), mais reste quand même assez pessimiste, et il me semble que c'est le propos de ce topic.

JediMAX
28/01/2006, 00h11
Beaucoup de Baudelaire, et pas un seul Mallarmé ! http://forums.ubi.com/images/smilies/16x16_smiley-surprised.gif
Réparons ce petit oubli :

Angoisse
Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête
En qui vont les péchés d'un peuple, ni creuser
Dans tes cheveux impurs une triste tempête
Sous l'incurable ennui que verse mon baiser :

Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes
Planant sous les rideaux inconnus du remords,
Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,
Toi qui sur le néant en sais plus que les morts.

Car le Vice, rongeant ma native noblesse
M'a comme toi marqué de sa stérilité,
Mais tandis que ton sein de pierre est habité

Par un coeur que la dent d'aucun crime ne blesse,
Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.


Renouveau
Le printemps maladif a chassé tristement
L'hiver, saison de l'art serein, l'hiver lucide,
Et, dans mon être à qui le sang morne préside
L'impuissance s'étire en un long bâillement.

Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne
Qu'un cercle de fer serre ainsi qu'un vieux tombeau
Et triste, j'erre après un rêve vague et beau,
Par les champs où la sève immense se pavane

Puis je tombe énervé de parfums d'arbres, las,
Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,
Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

J'attends, en m'abîmant que mon ennui s'élève...
- Cependant l'Azur rit sur la haie et l'éveil
De tant d'oiseaux en fleur gazouillant au soleil.


Quand l'ombre menaça ...
Quand l'ombre menaça de la fatale loi
Tel vieux Rêve, désir et mal de mes vertèbres,
Affligé de périr sous les plafonds funèbres
Il a ployé son aile indubitable en moi.

Luxe, ô salle d'ébène où, pour séduire un roi
Se tordent dans leur mort des guirlandes célèbres,
Vous n'êtes qu'un orgueil menti par les ténèbres
Aux yeux du solitaire ébloui de sa foi.

Oui, je sais qu'au lointain de cette nuit, la Terre
Jette d'un grand éclat l'insolite mystère,
Sous les siècles hideux qui l'obscurcissent moins.

L'espace à soi pareil qu'il s'accroisse ou se nie
Roule dans cet ennui des feux vils pour témoins
Que s'est d'un astre en fête allumé le génie.

eldaura
29/01/2006, 16h28
Bon, c'est pas du Mallarmé ni du Charles, mais j'avais ça sur le coeur:

J'aime parfois jouer à l'humain que j'étais
Avant que de savoir les secrets de nos âmes.
Oubliant pour un temps notre nature infâme,
Je me lève et je ris, tout à coup c'est l'été.
Trop fausse humanité.

Comment la préserver, comment la secourir ?
Toute une nuit durant, je me suis demandé,
Mais au matin, pleurant, je me suis décidé:
Il valait mieux la tuer que la laisser pourrir.
Trop vaine humanité.

Au plus profond de nous nous cachons, horrifiés,
Sous le vernis brillant qui recouvre nos coeurs,
Mince voile éphémère jeté sur nos noirceurs,
Nos péchés à venir et nos fautes passées.
Trop fourbe humanité.

Tant de nobles passions qui font notre fierté !
Amour ? Je vais te mordre, et puis te dévorer.
Amitié ? Des rivaux, qu'il nous faut dominer.
Dévouement ? Autre nom de notre vanité.
Hideuse humanité.